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mardi 17 février 2026

La Trahison de Finkielkraut. JBCH N° 2602 - 876

La polémique enfle autour d’Alain Finkielkraut. Depuis le 7 octobre, les prises de position de l’académicien sur Israël divisent profondément une partie de la communauté juive française et des soutiens de l’État hébreu. 


Dernier épisode en date : son approbation de la reconnaissance unilatérale d’un Énouvel état arabe au proche orient  par le président Emmanuel Macron, perçue par ses détracteurs comme une rupture majeure. Pour certains, il ne s’agit plus d’un simple désaccord intellectuel, mais d’une dérive, voire d’une trahison



Longtemps, Alain Finkielkraut fut identifié comme l’une des voix les plus fermes contre l’antisémitisme et l’antisionisme issus de l’extrême gauche française. Son engagement lui avait valu respect et inimitiés. 


Mais aujourd’hui, son discours sur Israël, qualifiant notamment la guerre à Gaza d’« atroce » et affirmant avoir « honte d’Israël », a provoqué stupeur et indignation chez nombre de ses anciens soutiens.



Ses critiques dénoncent une position paradoxale : conservateur revendiqué sur les questions d’identité française, il adopterait, selon eux, une grille de lecture proche de la gauche radicale dès lors qu’il s’agit d’Israël. Ce grand écart idéologique alimente un procès en incohérence. Mais au-delà du terrain politique, certains voient dans son évolution un déplacement plus profond, culturel et spirituel.





Plusieurs observateurs ont souligné chez le philosophe une fascination ancienne pour le christianisme. Se définissant comme « juif athée », Finkielkraut a évoqué à maintes reprises son admiration pour la figure du Christ, pour la Pietà de Michel-Ange ou encore pour le cardinal Lustiger. Des déclarations qui, pour ses détracteurs, traduisent moins un dialogue interreligieux qu’un éloignement du judaïsme traditionnel et une méconnaissance de ses sources.






C’est ce lien que ses critiques établissent aujourd’hui entre son tropisme chrétien et son regard sur Israël. Selon eux, son empathie marquée pour les souffrances civiles à Gaza, conjuguée à une sévérité extrême envers le gouvernement israélien, relèverait d’une lecture morale héritée d’une culture chrétienne de la compassion et de la faute, appliquée à l’État juif. Une grille d’analyse jugée réductrice et déformante.





Ses soutiens, au contraire, défendent la constance d’un intellectuel attaché à l’exigence morale, y compris envers Israël. Ils rappellent que la tradition juive elle-même valorise la critique interne et le débat, et voient dans ses propos l’expression douloureuse d’un attachement inquiet plutôt qu’un reniement.





Reste que la fracture est réelle. Pour ses détracteurs, Alain Finkielkraut ne participe plus à un débat « judéo-juif », mais adopte un regard extérieur, accusateur, qui essentialise Israël en opposant un pays idéalisé à un autre coupable. Pour eux, le philosophe serait passé d’une défense vigoureuse de l’État juif à une posture de mise en accusation morale permanente.





Dans un climat déjà tendu, la controverse dépasse la personne de Finkielkraut. Elle interroge plus largement la place des intellectuels juifs en France, le rapport entre universalisme et solidarité nationale, et la ligne de crête entre critique légitime d’un gouvernement et délégitimation d’un État. Entre fidélité, conscience morale et fractures identitaires, le débat ne fait que commencer.









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