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dimanche 15 février 2026

ZIM s'en va .. JBCH N° 2602 - 871

ZIM, symbole de l’indépendance israélienne, vendue à un géant allemand

  

Partout dans le monde, on voit avec fierté des containers marqué du cygle "ZIM" et quelle fierté de les apercevoir à Singapoue, Calcutta, San Diègo ou à Rotterdam ... 


L’emblématique compagnie maritime israélienne ZIM tourne une page historique. Un accord de scission-vente complexe, conclu cette nuit, associe le géant allemand Hapag-Lloyd et le fonds israélien FIMI. Il marque la fin de l’indépendance de l’armateur né avec l’État hébreu il y a quatre-vingts ans.




Pour contourner les obstacles géopolitiques et réglementaires, les acquéreurs ont imaginé une structure inédite. Hapag-Lloyd reprendra l’essentiel du réseau international de ZIM (99 navires en location, routes globales hors Israël, réseau commercial et technologique)



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FIMI acquerra les lignes stratégiques desservant directement Israël : 16 navires en propriété (dont ceux battant pavillon israélien, mobilisables en cas de guerre), le siège de Haïfa, les systèmes informatiques et le personnel naval israélien. Une nouvelle entité, « New ZIM », verra le jour sous contrôle israélien, avec accès au réseau mondial de Hapag-Lloyd.



Israël conserve sa « golden share », qui lui permet de bloquer toute décision contraire à la sécurité nationale et d’exiger le maintien d’une flotte israélienne en cas de conflit. Cette précaution s’imposait : Hapag-Lloyd compte parmi ses actionnaires des fonds souverains saoudiens (environ 10 %) et qataris (environ 12 %), rendant impossible une prise de contrôle totale d’actifs jugés vitaux par le ministère de la Défense.



L’opération, valorisée à plus de 3,5 milliards de dollars, entraînera le retrait de ZIM de la Bourse de New York. Succès financier spectaculaire : introduite en 2021 à 1,5 milliard, la compagnie a vu sa valeur exploser grâce à la crise du transport maritime post-Covid.





Le maire de Haïfa, Yona Yahav, a réagi avec vigueur. Il exige l’arrêt immédiat de la vente :

« ZIM, dont le siège est à Haïfa, n’est plus une simple entreprise. C’est un actif stratégique pour la sécurité nationale. Transférer sa propriété à des intérêts étrangers, même avec un partenaire israélien, est problématique et pourrait entraîner des milliers de licenciements. »




Fondée en 1945 par l’Agence juive sous le nom de ZIM Palestine Navigation Company, avant même la création de l’État, ZIM a été l’un des piliers du développement économique israélien. D’abord publique, elle a été partiellement privatisée dans les années 1970, puis totalement cédée dans les années 1990 sous le premier gouvernement Netanyahou. Cette scission marque la fin de l’entité unique telle qu’elle existait depuis quatre-vingts ans, au profit d’une intégration dans les flux mondiaux du transport maritime.

Pour l’État d’Israël, l’enjeu dépasse l’économie : en temps de guerre, lorsque les compagnies étrangères refusent parfois d’accoster, seuls les navires israéliens assurent la continuité logistique. Avec cette opération, le pays tente de concilier ouverture mondiale et souveraineté maritime.

Une ère s’achève. Une autre commence, sous pavillon partagé




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