Israël, heureux d’être là !
Dans le dernier rapport mondial sur le bonheur, Israël crève les prévisions. Un paradoxe qui en dit long sur la cohésion sociale en temps de guerre.
En pleine guerre, sous la menace permanente, Israël figure dans le top 10 mondial du bonheur. Ses voisins — Syrie, Jordanie, Égypte, Liban — croupissent dans le bas du classement. Et ses moins de 25 ans sont les troisièmes plus heureux du monde. Une anomalie ? Plutôt une leçon.
Un classement qui défie la logique
Le World Happiness Report place cette année les pays nordiques en tête — Finlande, Danemark, Islande — suivis de la Norvège, des Pays-Bas, d’Israël et du Luxembourg. Aucun pays anglophone n’atteint le top 10 : les États-Unis sont 23es, juste après l’Arabie saoudite et les Émirats, le Royaume-Uni seulement 29e. l’Égypte la 139e, le Liban la 141e. L’Afghanistan ferme la marche en 147e position.
Les réseaux sociaux, ennemis du bonheur
Le rapport établit un lien net entre usage des réseaux sociaux et mal-être : selon les données PISA portant sur 15 millions d’élèves dans 47 pays, la satisfaction de vivre est la plus élevée là où l’usage est le plus faible. À l’inverse, les pays anglo-saxons — États-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande — où les jeunes sont les plus exposés figurent entre la 122e et la 133e place pour le bonheur des moins de 25 ans. Les émotions négatives progressent dans toutes les régions du monde, à l’exception notable des plus jeunes générations israéliennes.
Le secret : « pas moi, nous »
Pendant que leurs pairs occidentaux débattent d’espaces sécurisés et de pronoms, les jeunes Israéliens de 18 ans font leur service militaire. Douglas Altabef, dans le Jerusalem Post, y voit une clé : « Ils ont embrassé la mission de protéger le pays qu’ils aiment. Ils ont intériorisé que ce n’est pas une question de ‘moi’, mais de ‘nous’. » La chercheuse Anat Fanti (Bar-Ilan) confirme : les liens familiaux, la communauté, la foi et la cohésion sociale soutiennent le bien-être global, même sous une pression prolongée. Les étrangers se portent volontiers au secours des autres en cas de crise. « Les crises, nous n’en manquons pas », note l’auteur avec un humour typiquement israélien.
Pessah, ou le bonheur comme acte de résistance
Ce classement tombe à la veille de Pessah. La fête rappelle l’Exode d’Égypte, matrice de l’identité juive depuis trois millénaires. Sa formule populaire résume l’histoire avec le même humour : « Ils ont essayé de nous tuer, on a survivé, passons à table. »
Que des familles entières se retrouvent chaque année, partout dans le monde, pour raconter cette histoire comme si chacun en était personnellement sorti, est peut-être le plus ancien des réseaux de cohésion sociale connus. Et l’un des plus efficaces.
D’après le World Happiness Report 2025 e
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