Ce racisme est structurel depuis la fondation de l'État
Depuis la création en 1948, de l'État d'Israël, les juifs mizrahim, originaires d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient (Yéménites, Marocains, Bnéi Menashé, Falashas) ont été traités en citoyens de seconde zone par l'establishment ashkénaze.
À leur arrivée, beaucoup furent envoyés de force dans des villes de développement périphériques, loin des centres économiques, cumulant retard scolaire imposé et discrimination à l'emploi.
Ma tante Suzanne s'est présentée un jour avec son fils ainé Gad, à Haïfa devant une commission de sélection pour l'entrée en 6ème , au collège, elle est tombé sur une commission d'orientation qui avait décidé de mettre Gad en apprentissage de menuiserie, sans faire de test, simplement parceque la famille venait du Maroc, alors que, ironie du sort, le président de cette commission venait lui aussi du Maroc.
Ma tante a refusé ce choix, ... "Mon fils sera médecin" ... rire et quolibets ... Impossible pour un "Marocain !!!!" à force de courage et d'abnégation elle parvint à tenir jusqu'au bac et envoya son fils à Marseille chez son oncle ... Gad a fait de brillantes études de médecine, et est retourné en Israël, c'est aujourd'hui un des meilleurs gynécologues du Galilée.
"Marocain" : une insulte banalisée : Le terme « Marocain » est resté en hébreu une insulte courante, synonyme de violent, d'arriéré, d'incontrôlable.
Aucun juif séfarade n'a jamais accédé au poste de Premier ministre, malgré le fait que les mizrahim représentent aujourd'hui la majorité de la population juive israélienne. Le paradoxe est saisissant : cette majorité démographique vote massivement Likoud, le parti de Netanyahu tout en restant méprisée par ses propres cadres.
L'affaire Agmon : quand l'impudeur révèle la fissure Le conseiller Agmon a tenu des propos particulièrement virulents à l'encontre de responsables politiques et de citoyens d'origine marocaine, ciblant notamment des députés du Likoud. Ce qui lui a valu sa démission sur le champ. Il aurait également critiqué l'entourage du Premier ministre, évoquant Sara Netanyahu, Yair Netanyahu et le fonctionnement interne du gouvernement. L'affaire ne choque pas par sa nouveauté, mais par son impudeur : un homme du pouvoir dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.
Dans sa réaction, Agmon conteste fermement les accusations : « Les citations qui ont été publiées ont été sorties de leur contexte et visaient uniquement à mener une campagne de diffamation contre moi et à porter atteinte au Premier ministre que je sers. » Il rejette toute accusation de racisme « Les propos qui me sont attribués sont à mille lieues de mes valeurs et de mes convictions » souligne ses propres origines familiales marocaines et présente ses excuses « à toute personne qui aurait pu être blessée ».
L'affaire des bébés volés : le crime d'État oublié ... Entre les années 1948 et 1970, des milliers de nourrissons issus de familles yéménites et marocaines furent arrachés à leurs mères dans les maternités et camps de transit israéliens. Les parents se voyaient annoncer la mort subite de leur enfant, sans corps ni certificat à l'appui. Ces bébés étaient en réalité confiés, voire vendus, à des familles ashkénazes stériles, ou envoyés vers des familles juives à l'étranger, notamment aux États-Unis.
Les estimations varient entre 3 000 et 8 000 enfants disparus. Trois commissions d'enquête gouvernementales se sont succédé (Bahaloul, Minkovitch, Cohen-Kedmi), sans jamais aboutir à des poursuites ni à la reconnaissance officielle d'un enlèvement systématique. Les dossiers médicaux de nombreuses familles ont mystérieusement disparu des archives de l'État. Ce silence institutionnel prolongé est lui-même perçu comme une forme de violence d'État supplémentaire.
Des tests ADN réalisés des décennies plus tard ont permis à quelques familles de retrouver leurs enfants devenus adultes — parfois élevés sous une autre identité, dans l'ignorance totale de leurs origines. En 2016, le gouvernement israélien a partiellement ouvert les archives scellées, alimentant davantage la colère des familles mizrahim que jamais totalement apaisées. Cette affaire reste l'une des pages les plus sombres du traitement réservé aux communautés séfarades par les institutions de l'État hébreu.
Un racisme instrumentalisé, une fissure béante ... Ce racisme structurel nourrit une colère sociale profonde, instrumentalisée par la droite nationaliste.
L'insulte du conseiller de Netanyahu révèle une fissure que ni l'unité nationale ni la guerre ne parviennent à refermer. Les communautés yéménites, marocaines, les Bnéi-Menashé et les Falashas restent les témoins vivants d'une promesse d'égalité qui n'a jamais pleinement été tenue.
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