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samedi 28 mars 2026

La radicalité est ancrée à Gaza .. JBCH N° 2603 - 972

Gaza : l’impossible déradicalisation

Pourquoi le remède le plus cité contre l’islamisme à Gaza est probablement aussi le plus illusoire.

La déradicalisation de Gaza est présentée comme une solution de bon sens : si l’islam radical est le problème, éliminer la radicalité devrait être la réponse. Cette logique en apparence imparable masque deux questions sans réponse : comment ? et par qui ? Pour Martin Sherman, l’idée relève moins d’un programme politique que d’une illusion confortable.



Des analogies trompeuses 

On invoque volontiers les exemples de l’Allemagne nazie et du Japon impérial, déradicalisés avec succès après 1945. Mais l’analogie ne tient pas. Ces régimes étaient géographiquement isolés : aucune nation « téutonique » ou « nipponique » voisine ne venait nourrir la résistance. Gaza, elle, est bordée par le Sinaï égyptien et entourée de vastes zones à majorité musulmane, autant de bassins d’où peut sourdre en permanence une incitation hostile.



La radicalisation n’a plus de frontière 

La technologie a rendu caduque toute barrière géographique. Internet, téléphones mobiles et réseaux sociaux permettent aux imams fanatiques de toucher directement les esprits, où qu’ils se trouvent. 

L’attentat de Bondi Beach en 2025, perpétré par deux individus d'origine pakistanaise radicalisés en Australie, l’illustre cruellement. Ainsi, même des programmes de déradicalisation sérieux dans les écoles de Gaza seraient systématiquement défaits par des contenus extrémistes diffusés depuis l’extérieur.




Vingt ans d’endoctrinement, des décennies pour défaire


Le nazisme a régné douze ans. Le Hamas domine la sphère palestinienne depuis 2006, année de sa victoire électorale sur le Fatah d’Abbas qui n’a pas risqué d’autres élections depuis. 


Deux décennies à inculquer son idéologie à une génération entière à l'aide de livres scolaires négationnistes financés par l'Europe, et qui n’a jamais connu d’autre régime. Les experts les plus optimistes parlent de vingt à vingt-cinq ans de transformation en supposant des conditions favorables qui, précisément, n’existent pas.





La conclusion que personne ne veut entendre

Si Israël prend en charge la déradicalisation, si on la confie à une puissance extérieure, laquelle aura la volonté et l’endurance nécessaires face à une opposition islamiste acharnée ? 


Sherman tire la conclusion que le débat évite : la seule déradicalisation durable passe par le contrôle israélien du territoire et donc par le départ de sa population. Ce n’est pas, dit-il, de l’extrémisme. C’est de la science politique. Un point de vue qui demande réflexion !



 

Martin Sherman a passé sept ans dans l’appareil de défense israélien. Il est membre du Israel Defense & Security Forum. — 




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