Rapport Colonna sur l’UNRWA : trois ans après, un audit qui s’est révélé inexact et tendancieux
On attendait des réponses. On a reçu un audit de procédures.
Commandé après les accusations d’Israël sur la participation d’employés de l’UNRWA au massacre du 7 octobre, le rapport remis à l’ONU en avril 2024 devait rassurer. Il a surtout servi à rouvrir le robinet des financements.
En avril 2024, Catherine Colonna, ancienne ministre française des Affaires étrangères, remettait à l’ONU son rapport sur la neutralité de l’UNRWA. Le contexte était lourd : Israël accusait des employés de l’agence d’avoir participé au massacre du 7 octobre 2023. Le monde attendait des réponses.
Il a reçu un audit de procédures, d’une grande banalité.
Un mandat étroit, un ton rassurant
Le rapport n’était pas une enquête sur les faits : les cas individuels relevaient de l’OIOS, le bureau des services de contrôle interne de l’ONU. Mme Colonna s’est donc bornée à examiner les règles. Sa conclusion : l’UNRWA disposerait d’un cadre de neutralité « parmi les plus élaborés » du système onusien.
Elle relevait au passage qu’Israël n’avait pas encore fourni de preuves à l’appui de ses accusations les plus larges, une affirmation que Jérusalem a vivement contestée. Une cinquantaine de recommandations suivaient, dont la révision de certains contenus éducatifs.
Israël a parlé de « solutions cosmétiques », l’ONG UN Watch de « whitewash », de blanchiment. Les faits allaient vite leur donner raison.
Les faits ont contredit le rapport
En août 2024, l’OIOS lui-même concluait que, pour neuf des dix-neuf employés visés, les éléments disponibles pouvaient indiquer une implication dans les attaques du 7 octobre. Neuf. Dans une agence censée être un modèle de neutralité.
Les dossiers israéliens ont ensuite avancé que plusieurs centaines d’employés ou anciens employés étaient liés au Hamas ou au Djihad islamique : enseignants, médecins, travailleurs sociaux. Et l’armée israélienne a découvert, sous le siège même de l’UNRWA à Gaza, un centre de données du Hamas, alimenté par l’électricité de l’agence.
Quand le terrorisme s’installe sous votre siège, la neutralité n’est plus une procédure : c’est une fiction.
On peut débattre des chiffres. On ne peut plus soutenir que l’UNRWA a été un rempart contre le Hamas. Elle a été, au mieux, un paravent ; au pire, une complice.
Ce que le rapport n’a pas voulu voir
Un exercice pour débloquer les fonds
L’ONU et l’UNRWA vantent leurs « progrès » et le caractère « irremplaçable » de l’agence. Pour ma part, je vois dans le rapport Colonna un exercice qui a surtout servi à débloquer des financements suspendus, sans rien régler.
Dans la foulée, Paris et la plupart des capitales européennes ont repris leurs versements. Emmanuel Macron a validé un rapport qui allait dans le sens de ses positions récentes. Le hasard fait bien les choses.
Les sources primaires sont accessibles : le rapport Colonna, les conclusions de l’OIOS, les dossiers israéliens. Que chacun les lise, et juge.
JBCH
© JBCH Octobre 2026 Sources : rapport du Groupe d’examen indépendant présidé par Catherine Colonna (ONU, avril 2024) ; conclusions de l’OIOS (août 2024) ; Le Point (6 octobre 2026).




Que la vérité éclate
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