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samedi 28 mars 2026

B-21 Raider. JBCH N° 2603 - 974

JBCH / Défense & Stratégie
Samedi 28 mars 2026  |  Numéro 2603-974
Édition spéciale Puissance aérienne
Bombardier de 6ᵉ génération

Le B-21 Raider,
fantôme à 800 millions
que Pékin dit avoir percé





Le futur fleuron de l'aviation stratégique américaine, attendu pour 2027, serait vulnérable selon des chercheurs chinois. Entre furtivité, autonomie et course aux armements, le point sur l'appareil le plus secret de l'US Air Force.
800 M$Coût unitaire estimé
2027Mise en service prévue
200Appareils recommandés
40 Md$Budget supplémentaire / an

Il doit succéder aux légendes de l'aviation de guerre. Le B-21 Raider, bombardier stratégique furtif de sixième génération développé par Northrop Grumman, est prévu pour entrer en service en 2027, prenant le relais du B-2 Spirit — en service depuis les années 1990 — et du B-1 Lancer, ce foudre de guerre capable de Mach 2 hérité des années 1970. À 800 millions de dollars l'exemplaire, il incarne à lui seul l'ambition américaine de maintenir une suprématie aérienne contestée.

Officiellement dévoilé en 2022, l'appareil est entré en phase d'essais intensifs au-dessus de la Californie. Ce mois-ci encore, un passionné d'aviation capturait sur vidéo un B-21 en plein ravitaillement aérien derrière un KC-135, escorté d'un F-16 — preuve que l'avion est désormais opérationnel à l'entraînement.

Un appareil taillé pour le combat de demain

Ce qui distingue le Raider de ses prédécesseurs, c'est sa capacité d'autonomie. Conçu pour fonctionner sans équipage lors des missions les plus risquées — frappes en profondeur dans des zones fortement défendues, guerre électronique, reconnaissance — il représente une rupture doctrinale majeure. Intégré au réseau Joint All-Domain Command and Control (JADC2), il peut collecter et distribuer des informations en temps réel, coordonner des drones ailiers et agir comme un véritable poste de commandement volant. Un bombardier, certes, mais aussi un cerveau opérationnel.






« La furtivité reste soumise à des lois physiques universelles. La Chine dispose des moyens pour en tester les limites. »

Harry J. Kazianis, analyste de défense — 19FortyFive

La Chine dit avoir trouvé la faille

C'est ici que le scénario se complique. Selon l'analyste Harry J. Kazianis, des chercheurs chinois affirment avoir identifié deux vulnérabilités potentielles dans la conception du Raider. La première concerne la signature radar : sous certains angles d'observation, l'appareil pourrait être exposé aux radars de nouvelle génération. La seconde touche à la signature thermique : les capteurs infrarouges — indépendants du radar — progressent assez vite pour envisager le suivi d'aéronefs furtifs à haute altitude.

Ces affirmations sont à manier avec prudence. Le programme B-21 reste l'un des plus classifiés au monde. Mais elles ne peuvent être réduites à de la seule propagande : elles s'inscrivent dans une démarche scientifique crédible, portée par un pays qui dispose des capacités industrielles et académiques pour modéliser la physique radar et infrarouge à l'échelle du laboratoire.

B-21 Raider
© Northrop Grumman / US Air Force

Le B-21 lors d'essais à la base d'Edwards, Californie. Sa silhouette d'aile volante rappelle le B-2, mais avec une signature radar réduite.






Trop peu, trop tard ?

C'est le verdict du Mitchell Institute for Aerospace Studies. Selon ses experts, les volumes prévus de B-21 sont insuffisants pour un conflit de haute intensité contre la Chine. En cause : la position géographique de Pékin et ses systèmes de défense A2/AD, qui permettent de créer des bulles d'exclusion depuis lesquelles les forces chinoises peuvent frapper efficacement tout en étant protégées. Pour saturer ces défenses, le rapport préconise la production d'environ 200 B-21 et 300 F-47, le futur chasseur de 6ᵉ génération, assorti d'une augmentation budgétaire pouvant atteindre 40 milliards de dollars supplémentaires par an.

D'ici à ce que ces appareils soient disponibles en nombre, l'US Air Force devra s'appuyer sur des plateformes vieillissantes — B-52, B-1, B-2 — moins adaptées aux environnements fortement contestés. Le temps presse. Et pendant ce temps, la Chine avance.










« 200 B-21 et 300 F-47 : le minimum pour tenir face à Pékin. »

Mitchell Institute for Aerospace Studies, 2026JBCH - Défense & Stratégie — Samedi 28 mars 2026

Igor Tulchinsky Algorithmes quantiques, Hassid et Milliardaire ! JBCH N° 2603 - 973

Igor Tulchinsky : 

Le milliardaire Hassid et  "quant" qui prie  !


Fondateur de WorldQuant, discret philanthrope pro-Israël, adepte du Habad et utilisateur avancé de l’IA  

 

Coiffé d’une casquette sobre — sauf pour l’étoile de David brodée dessus, insigne d’une unité des forces spéciales israéliennes. Ce détail, qui aurait pu passer inaperçu, dit l’essentiel sur Igor Tulchinsky : un homme qui agit dans l’ombre mais porte ses convictions sur lui.





Fondateur et PDG de WorldQuant, firme de gestion quantitative fondée en 2007, Tulchinsky a bâti sa fortune en détectant des signaux dans des océans de données de marché. Des millions d’algorithmes — les « alphas » dans le jargon du secteur — cherchent en permanence à anticiper les mouvements de prix. Un monde abstrait, presque stérile. Lui ne l’est pas.




De Minsk à Manhattan, trente déménagements

Né à Minsk, il a quitté l’URSS à dix ans. Il raconte avoir « commencé à immigrer à 10 ans et terminé à 11 » — moitié bureaucratique, moitié comique. La famille s’installe à Queens, puis Richmond, puis dans une trentaine d’autres endroits. 



Cette mobilité permanente l’a formé plutôt qu’abimé. « Je crois que c’est de la dopamine », dit-il du goût pour le changement. À 13 ans il travaille, à 14 il programme sur un Commodore 64 acheté avec ses économies, à l’adolescence il écrit des jeux vidéo à 20 dollars de l’heure après avoir répondu à une petite annonce texane.




Oct. 7 : le déclencheur public

Tulchinsky avait ouvert son premier bureau en Israël dès 2009, à Ramat Gan. Mais c’est le 7 octobre 2023 qui accélère tout. « Incrédulité. Engourdissement. » Un rabbin l’appelle le jour même : il faut affréter un avion pour amener les familles d’otages à Washington. « Vous payez ? » — « Oui. » La réponse est venue vite. Depuis, il multiplie les voyages en Israël — familles d’otages, soldats blessés, centres de traitement du stress post-traumatique, hôpitaux. Il a tout fait discrètement. « Quand quelqu’un à l’hôpital est content de vous voir, ça va dans les deux sens. »




L’IA expliquée en termes hassidiques

Depuis 2001, ce juif formé dans le Soviet à ne vivre son identité que « comme un facteur ethnique » étudie la Torah avec un rabbin Chabad du Connecticut — une leçon par semaine, pendant des années. Il est aujourd’hui un soutien majeur des institutions Habad. 



Et il demande à ChatGPT d’expliquer ses questions religieuses en termes hassidiques. Cette fusion entre quantification et spiritualité n’est pas une contradiction chez lui : c’est un système. Il a rédigé sa mission par écrit et s’efforce de faire des choses qui « bénéficient à la mission plutôt qu’à moi-même ».




Dans un essai publié en décembre, il appelle Israël à devenir une « Quant Nation » :  traiter la donnée comme un actif national, modéliser l’incertitude, anticiper plutôt que réagir.

« Tout est là pour le potentiel », dit-il. Et le potentiel, chez Tulchinsky, n’est jamais seulement une métaphore.

 D'après un article du Jerusalem Post 




La radicalité est ancrée à Gaza .. JBCH N° 2603 - 972

Gaza : l’impossible déradicalisation

Pourquoi le remède le plus cité contre l’islamisme à Gaza est probablement aussi le plus illusoire.

La déradicalisation de Gaza est présentée comme une solution de bon sens : si l’islam radical est le problème, éliminer la radicalité devrait être la réponse. Cette logique en apparence imparable masque deux questions sans réponse : comment ? et par qui ? Pour Martin Sherman, l’idée relève moins d’un programme politique que d’une illusion confortable.



Des analogies trompeuses 

On invoque volontiers les exemples de l’Allemagne nazie et du Japon impérial, déradicalisés avec succès après 1945. Mais l’analogie ne tient pas. Ces régimes étaient géographiquement isolés : aucune nation « téutonique » ou « nipponique » voisine ne venait nourrir la résistance. Gaza, elle, est bordée par le Sinaï égyptien et entourée de vastes zones à majorité musulmane, autant de bassins d’où peut sourdre en permanence une incitation hostile.



La radicalisation n’a plus de frontière 

La technologie a rendu caduque toute barrière géographique. Internet, téléphones mobiles et réseaux sociaux permettent aux imams fanatiques de toucher directement les esprits, où qu’ils se trouvent. 

L’attentat de Bondi Beach en 2025, perpétré par deux individus d'origine pakistanaise radicalisés en Australie, l’illustre cruellement. Ainsi, même des programmes de déradicalisation sérieux dans les écoles de Gaza seraient systématiquement défaits par des contenus extrémistes diffusés depuis l’extérieur.




Vingt ans d’endoctrinement, des décennies pour défaire


Le nazisme a régné douze ans. Le Hamas domine la sphère palestinienne depuis 2006, année de sa victoire électorale sur le Fatah d’Abbas qui n’a pas risqué d’autres élections depuis. 


Deux décennies à inculquer son idéologie à une génération entière à l'aide de livres scolaires négationnistes financés par l'Europe, et qui n’a jamais connu d’autre régime. Les experts les plus optimistes parlent de vingt à vingt-cinq ans de transformation en supposant des conditions favorables qui, précisément, n’existent pas.





La conclusion que personne ne veut entendre

Si Israël prend en charge la déradicalisation, si on la confie à une puissance extérieure, laquelle aura la volonté et l’endurance nécessaires face à une opposition islamiste acharnée ? 


Sherman tire la conclusion que le débat évite : la seule déradicalisation durable passe par le contrôle israélien du territoire et donc par le départ de sa population. Ce n’est pas, dit-il, de l’extrémisme. C’est de la science politique. Un point de vue qui demande réflexion !



 

Martin Sherman a passé sept ans dans l’appareil de défense israélien. Il est membre du Israel Defense & Security Forum. — 




Israël, le Bonheur et la Guerre. JBCH N° 2603 - 971

Israël, heureux d’être là !

Dans le dernier rapport mondial sur le bonheur, Israël crève les prévisions. Un paradoxe qui en dit long sur la cohésion sociale en temps de guerre.

 

En pleine guerre, sous la menace permanente, Israël figure dans le top 10 mondial du bonheur. Ses voisins — Syrie, Jordanie, Égypte, Liban — croupissent dans le bas du classement. Et ses moins de 25 ans sont les troisièmes plus heureux du monde. Une anomalie ? Plutôt une leçon.





Un classement qui défie la logique

Le World Happiness Report place cette année les pays nordiques en tête — Finlande, Danemark, Islande — suivis de la Norvège, des Pays-Bas, d’Israël et du Luxembourg. Aucun pays anglophone n’atteint le top 10 : les États-Unis sont 23es, juste après l’Arabie saoudite et les Émirats, le Royaume-Uni seulement 29e.  l’Égypte la 139e, le Liban la 141e. L’Afghanistan ferme la marche en 147e position.





Les réseaux sociaux, ennemis du bonheur

Le rapport établit un lien net entre usage des réseaux sociaux et mal-être : selon les données PISA portant sur 15 millions d’élèves dans 47 pays, la satisfaction de vivre est la plus élevée là où l’usage est le plus faible. À l’inverse, les pays anglo-saxons — États-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande — où les jeunes sont les plus exposés figurent entre la 122e et la 133e place pour le bonheur des moins de 25 ans. Les émotions négatives progressent dans toutes les régions du monde, à l’exception notable des plus jeunes générations israéliennes.




Le secret : « pas moi, nous »

Pendant que leurs pairs occidentaux débattent d’espaces sécurisés et de pronoms, les jeunes Israéliens de 18 ans font leur service militaire. Douglas Altabef, dans le Jerusalem Post, y voit une clé : « Ils ont embrassé la mission de protéger le pays qu’ils aiment. Ils ont intériorisé que ce n’est pas une question de ‘moi’, mais de ‘nous’. » La chercheuse Anat Fanti (Bar-Ilan) confirme : les liens familiaux, la communauté, la foi et la cohésion sociale soutiennent le bien-être global, même sous une pression prolongée. Les étrangers se portent volontiers au secours des autres en cas de crise. « Les crises, nous n’en manquons pas », note l’auteur avec un humour typiquement israélien.





Pessah, ou le bonheur comme acte de résistance

Ce classement tombe à la veille de Pessah. La fête rappelle l’Exode d’Égypte, matrice de l’identité juive depuis trois millénaires. Sa formule populaire résume l’histoire avec le même humour : « Ils ont essayé de nous tuer, on a survivé, passons à table. » 







Que des familles entières se retrouvent chaque année, partout dans le monde, pour raconter cette histoire comme si chacun en était personnellement sorti, est peut-être le plus ancien des réseaux de cohésion sociale connus. Et l’un des plus efficaces.

 

D’après le World Happiness Report 2025 e 







vendredi 27 mars 2026

France Inter continue à rouler à gauche et encore plus à gauche JBCH N° 2603 - 970

 Le Sénateur Roger Karoutchi tire la sonnette d’alarme : 

Nos impôts financent-ils une politique partisane ?


Le sénateur LR des Hauts-de-Seine Roger Karoutchi a publié une charge directe contre plusieurs institutions culturelles et médiatiques publiques françaises. 

Dans une déclaration sans détour, il pointe France Inter, dont la ligne éditoriale serait selon lui systématiquement anti-droite, anti-américaine et anti-israélienne : une orientation difficilement conciliable avec les exigences de pluralisme d’un service public financé par l’ensemble des contribuables.



Macron y tient : le Service public (TV et Radios) doit être a ses bottes bien à gauche et du côté des banlieues, et pour l'autre TV, il fait acheter BFM par son ami libanais Saadé. (CGAM) 





Mais c’est la révélation concernant le Centre National du Cinéma qui constitue le cœur explosif de l’accusation. Une membre du jury chargé d’attribuer les crédits du CNC aurait reconnu ouvertement voter contre tous les projets s’apparentant à la droite. 




Un aveu qui, s’il est avéré, dépasse la simple polémique : l’attribution d’aides publiques sur critère idéologique représenterait une violation flagrante du principe d’égalité de traitement, socle du droit administratif français.





Ce que Karoutchi dénonce au fond, c’est un système où une certaine élite culturelle et médiatique, nourrie de financements publics, s’est progressivement affranchie de toute obligation de neutralité pour faire ouvertement de la politique  aux frais du contribuable. 






La mécanique est simple : nominations entre pairs, jurys cooptés, rédactions homogènes sur le plan idéologique. Le résultat, lui, est concret : des millions d’euros d’argent public orientés selon une grille de lecture partisane.





La conclusion du sénateur  « Vivement 2027 » —n’est pas un simple soupir d’impatience. C’est un programme en deux mots : seule une alternance politique permettrait de reprendre la main sur ces institutions, de revoir les nominations et d’exiger enfin que le service public serve vraiment le public dans toute sa diversité.​​​​​​​​​​​​​​​​



Claude Malhuret : Un sénateur, un Homme bien ... JBCH N° 2603 - 969


Malhuret à LFI : « Vous avez trahi la République »



Claude Malhuret ne fait pas dans la nuance quand il monte à la tribune. Et sur La France Insoumise, il a depuis longtemps dit ce qu’il pense avec cette précision chirurgicale qui est sa marque : LFI n’est pas un parti de gauche. 




C’est un parti populiste qui a fait de la haine son fonds de commerce électoral, et qui a trouvé dans la cause palestinienne un carburant qu’il alimente sans scrupule ni vergogne.



Depuis le 7 octobre 2023, le masque est tombé définitivement. Pendant que la France entière était sous le choc du massacre le plus meurtrier contre des Juifs depuis la Shoah, LFI tergiversait, ergotait, pesait ses mots avec une froideur qui en disait long. Mélenchon n’a pas appelé les familles des otages. 





Ses lieutenants ont refusé le mot « terrorisme ». Des élus du groupe ont défilé aux côtés de drapeaux du Hamas sans que la direction ne bronche. Ce n’est pas de la maladresse. C’est un choix politique délibéré, calculé pour ne pas froisser un électorat que le parti a méthodiquement construit sur le ressentiment et l’identitarisme.





Ce que Malhuret ne pardonne pas, c’est la lâcheté intellectuelle habillée en courage militant. LFI se drape dans les droits de l’homme pour mieux piétiner ceux des Juifs de France, qui vivent depuis des mois dans une anxiété que ce parti contribue directement à alimenter. Les actes antisémites ont explosé. 




Les familles retirent leurs enfants de certaines écoles. Des synagogues sont gardées en permanence. Et pendant ce temps, Mélenchon fait des meetings.


La gauche républicaine   celle de Jaurès, de Blum, de Mendès France — s’est toujours définie par un universalisme sans exception. LFI a choisi l’exception. 



Elle a choisi de hiérarchiser les victimes, de trier les indignations selon leur rentabilité électorale. Pour Malhuret, c’est simplement une trahison — de la gauche, de la République, et de la France.​​​​​​​​​​​​​​​​