Rechercher dans ce blog

jeudi 13 août 2026

La Grèce avec Israël ... JBCH N° 2026- 082

Édition numérique13 août 2026Monde — Israël

JBCH RÉFLEXIONS

Regards sur Israël, le Proche-Orient et le monde juif
N° du jourChronique internationaleUne seule page
Grèce · Israël

Le ministre grec de la Santé perplexe devant la réussite juive

« Je n'ai aucune explication » : la sortie d'Adonis Georgiadis, bras levés devant les caméras, relance une énigme aussi vieille que la survie du peuple juif lui-même.


Le ministre grec de la Santé, Adonis Georgiadis, a de nouveau créé la surprise en évoquant, caméras allumées, son incompréhension face à la trajectoire d'Israël. Dans un monologue diffusé sur la chaîne Action24 puis relayé lors d'une interview accordée à la télévision publique israélienne Kan 11, le vice-président du parti Nouvelle Démocratie a décrit un pays « grand comme le Péloponnèse » dont l'économie rivaliserait, selon lui, avec celle de deux Grèces réunies.






« Je n'ai aucune explication », a-t-il lancé, bras levés, en confrontant la puissance économique et technologique israélienne à la situation de son propre pays. La Grèce, a-t-il rappelé, jouit d'un climat clément et d'un confort de vie enviable — et reste pourtant à la traîne dans les classements du bonheur, loin derrière un Israël régulièrement cité parmi les cinq nations les plus heureuses du monde, malgré la guerre et le terrorisme.

Cette sortie n'est pas isolée. Depuis plusieurs mois, Georgiadis multiplie les déclarations publiques en soutien à Israël, qualifiant le pays de « miracle de l'humanité » lors des célébrations du 78ᵉ anniversaire de l'indépendance israélienne, en mai dernier. Son parcours reste toutefois marqué par une controverse ancienne : en 2013, il avait fait polémique pour avoir promu un ouvrage antisémite, avant de présenter des excuses publiques à la communauté juive de Grèce en 2017.




« Une nation constamment menacée peut-elle vraiment figurer parmi les plus heureuses du monde ? »l'énigme que personne ne résout

Un paradoxe déjà relevé par les historiens

La perplexité du ministre grec rejoint une interrogation ancienne. L'historien britannique Arnold Toynbee, dont la théorie du cycle des civilisations prévoyait la disparition des peuples marginaux, n'était jamais parvenu à expliquer la persistance du peuple juif à travers les siècles — une anomalie qu'il n'a jamais réussi à faire entrer dans son propre système.

Les explications avancées

Plusieurs pistes sont régulièrement avancées pour expliquer la résilience israélienne :
















  • le dynamisme technologique de la « start-up nation », porté par un écosystème d'innovation dense ;
  • la cohésion sociale, renforcée par le service national et une mémoire collective partagée ;
  • la tradition juive du questionnement et de l'apprentissage, transmise comme rempart psychologique ;
  • pour les commentateurs religieux, une dimension de providence divine, liée à l'alliance du peuple juif ;
  • pour les sociologues, la densité des réseaux communautaires et diasporiques, source de solidarité en temps de crise.





Reste une question que la sortie de Georgiadis remet sur la table : comment une nation en état de menace permanente parvient-elle à figurer parmi les plus heureuses du monde ? Aucune des grilles d'analyse classiques ne suffit à elle seule à en rendre compte — et c'est peut-être précisément ce qui rend le témoignage du ministre grec si révélateur.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire