Rechercher dans ce blog

lundi 21 juillet 2025

On a découvert une Cité de 3500 ans au Pérou


Peñico, carrefour des anciens mondes : une cité émergente au cœur de la civilisation de Caral

En juillet 2025, la presse péruvienne annonçait une découverte exceptionnelle : celle de la cité antique de Peñico, nichée dans la vallée de Supe, au nord de Lima. Située au sein de la zone archéologique de Caral, berceau de l’une des plus anciennes civilisations des Amériques, cette cité fondée entre 1800 et 1500 av. J.-C. remet en lumière le rôle central que jouait cette région dans les échanges culturels et commerciaux précolombiens. Ce texte commente l’importance de cette découverte, les traits majeurs de la vie à Peñico et son inscription dans une histoire méconnue : celle d’une Amérique andine déjà interconnectée, rationnelle, et hautement civilisée. Une découverte majeure au sein de la civilisation de Caral
La civilisation de Caral, dont les premières traces remontent à 3000 av. J.-C., est l’une des plus anciennes de la planète, contemporaine des grandes cultures de Mésopotamie, d’Égypte ou de la vallée de l’Indus. Toutefois, elle a longtemps été ignorée ou reléguée au second plan dans les narrations historiques occidentales. La mise au jour de la cité de Peñico, grâce à huit années de recherches menées par l’archéologue Ruth Shady, directrice du projet Caral, vient confirmer l’ampleur et la sophistication de cette culture.
 
La civilisation de Caral, dont les premières traces remontent à 3000 av. J.-C., est l’une des plus anciennes de la planète, contemporaine des grandes cultures de Mésopotamie, d’Égypte ou de la vallée de l’Indus. Toutefois, elle a longtemps été ignorée ou reléguée au second plan dans les narrations historiques occidentales. La mise au jour de la cité de Peñico, grâce à huit années de recherches menées par l’archéologue Ruth Shady, directrice du projet Caral, vient confirmer l’ampleur et la sophistication de cette culture.

Peñico, par sa position géographique dans la vallée fertile de Supe, à proximité de la mer, des Andes et des contreforts amazoniens, occupait une place nodale dans les réseaux d'échange andins. Là où les vestiges de Caral témoignaient d’une civilisation urbaine planifiée, pacifique et savante, Peñico révèle une extension de ces principes dans un espace où la circulation des biens et des idées prévalait.
Une ville marchande, carrefour des civilisations andines Ce qui rend Peñico si remarquable, c’est sa fonction économique et sociale : elle servait de point de jonction entre les différentes régions naturelles du Pérou ancien.

La côte Pacifique fournissait des ressources marines et du sel ; les Andes, des textiles, des plantes cultivées en altitude et des métaux ; quant à l’Amazonie, elle acheminait des produits tropicaux rares comme des fruits, des plumes ou des plantes médicinales. Peñico orchestrée ces échanges au moyen de places centrales, de routes planifiées et de structures publiques probablement utilisées pour le stockage, les rites ou l’administration.

Cette activité marchande n’était pas simplement économique : elle était aussi culturelle et symbolique. Les biens échangés portaient des valeurs spirituelles et sociales. Cette ville facilitait l'intégration entre peuples, entre altitudes, entre mémoires collectives différentes. En ce sens, Peñico est une métaphore de l’intégration andine : un lieu où se rencontraient le monde océanique, les hauteurs mystiques et les forêts profondes.

Qui étaient les habitants de Peñico ? Les recherches archéologiques montrent que les habitants de Peñico n’étaient pas de simples commerçants. Ils étaient également bâtisseurs, astronomes, gestionnaires de l’eau, et sans doute théologiens. Comme à Caral, on retrouve des traces d’organisation sociale complexe, sans fortification ni signe d’activité guerrière. Cela suggère une culture de la paix et de la concertation.

L’architecture de la ville, ses pôles communautaires, et les vestiges de pratiques agricoles irriguées indiquent une maîtrise technique élevée. Les élites, probablement sacerdotales ou astronomiques, administraient la ville en harmonie avec les cycles lunaires et solaires. L'économie était redistributive, peut-être théocratique, mais non oppressive.

Une leçon contemporaine sur l’intégration et la mémoire Dans un monde où les cloisonnements culturels s’accroissent, la découverte de Peñico agit comme un rappel puissant : bien avant les grands empires incas ou les invasions européennes, l’Amérique andine était déjà une terre d’échange, de dialogue et de savoir partagé.

Ruth Shady, à la tête de cette recherche, ne défend pas qu’une identité nationale, mais une vision universelle du patrimoine : celui d’une humanité ancienne, interconnectée, inventive, et pacifique. Peñico nous invite à repenser nos frontières modernes, à reconnaître que les civilisations les plus élevées ne sont pas toujours celles que les armées ont fondées, mais celles que les marchands, les sages et les bâtisseurs ont patiemment organisées.

Peñico, au cœur de la vallée de Supe, enrichit l’héritage de Caral et redonne une voix aux peuples oubliés des premiers âges andins. Cette cité, carrefour commercial et culturel, nous rappelle que les fondations de la civilisation reposent souvent sur l’harmonie entre les hommes et leur environnement, sur l’ouverture à l’autre et sur la mémoire de l’ancien. En racontant l’histoire de Peñico, nous racontons aussi une autre version de notre humanité.


© 2025 JBCH Reproduction interdite sans autorisation.

Drame ! ... Plus d'eau en Iran


Voici les dernières informations sur la sécheresse en Iran et ses conséquences potentielles sur la stabilité du régime des mollahs :

💧 2025 ... Sécheresse sans précédent • Barrages quasi vides : Les principaux réservoirs autour de Téhéran sont à leur plus bas niveau depuis un siècle ; certains, comme le barrage de Lar, sont tombés à seulement 1 % de leur capacité . • Pluies en chute libre : La pluviométrie nationale accuse une baisse de 40 à 45 % par rapport à la normale, entraînant un déficit proche de 30 à 44 % des réserves   .

🔥 Impact immédiat • Coupe d’eau et d’électricité : À Téhéran, les habitants subissent désormais des coupures quotidiennes d’eau entre 3 et 18 heures, couplées à des coupures d’électricité . • Restrictions industrielles : Les horaires de travail ont été raccourcis dans certaines provinces pour économiser l’eau et l’énergie  .

🌾 Agriculture et économie en détresse • Effondrement agricole : Plus de 50 % des terres agricoles sont menacées, les cultures irriguées sont à l’arrêt, poussant de nombreux agriculteurs à migrer vers les villes  . • Crise économique aggravée : Industries liées à l’eau doivent réduire leurs activités, aggravant la précarité, les pertes d’emplois et la flambée des prix   . • Affaissement des villes : Plus d’un tiers des nappes phréatiques sont épuisées, entraînant des affaissements du sol gravement signalés à Téhéran  .

⚠️ Risques politiques et sociaux • Mécontentement populaire croissant : Les habitants manifestent localement en Iran depuis plusieurs années (2018, 2021). Un nouveau pic de protestations est actuellement en cours dans plusieurs régions, notamment à Téhéran . • Catégorie politique à la limite : Les experts (Time, Climate Diplomacy) soulignent que la crise de l’eau pourrait aggraver les tensions politiques déjà présentes. Ils rappellent qu’une crise environnementale de cette ampleur affaiblit la légitimité de la République islamique .

👑 Le régime tiendra-t-il ? • Volontarisme du régime : Les autorités multiplient les mesures symboliques – journées chômées, rationnement vertical (priorité aux étages supérieurs), négociations pour importer de l’eau (Turkménistan, Afghanistan…)   . • Manque de solutions structurelles : La dépendance au drip-feed, aux coupes ponctuelles et aux importations révèle l’absence de plan durable ou de réforme profonde du secteur agricole et industriel   . • Poids de l’opposition populaire : Dans un climat déjà tendu (crise économique, inflation, répression politique), le mécontentement autour de l’eau représente une nouvelle étincelle potentiellement explosive   .

Les Roses sacrées d'Ispahan


🌸 Les Roses d’Ispahan, Nowruz et l’amitié oubliée : Israël et la Perse éternelle

Il fut un temps où l’Iran s’appelait la Perse, où la poésie chantait plus fort que les armes, et où les roses d’Ispahan embaumaient les jardins et les âmes. Un temps où la religion unissait au lieu de diviser, et où l’amitié entre les Juifs et les Perses se construisait sur des siècles d’estime et de reconnaissance.

Aujourd’hui, ce parfum est presque oublié, étouffé sous le voile noir d’un régime autoritaire. Mais la mémoire persiste, comme un jardin secret, dans les cœurs libres.

🔥 Zoroastre et le feu sacré : une sagesse oubliée

Avant l’islam, l’Iran était le berceau du zoroastrisme, l’une des plus anciennes religions monothéistes du monde. Fondée par Zarathoustra, elle prônait :

• la lumière contre les ténèbres,

• la vérité (asha) contre le mensonge,

• le libre arbitre comme fondement éthique.

Le feu sacré, perpétuel, y symbolisait la présence divine. Loin d’un dogme, c’était une vision cosmique où chaque être humain avait un rôle à jouer dans la lutte entre le bien et le mal.

« Pense de bonnes pensées, dis de bonnes paroles, fais de bonnes actions. » — Devise zoroastrienne éternelle

☀️ Nowruz : le Nouvel An des âmes libres

Nowruz marque l’équinoxe de printemps. C’est une fête païenne, solaire, poétique, célébrée depuis 3 000 ans. On y dresse une table appelée haft-sin, sur laquelle reposent sept symboles de la renaissance, du temps, de l’amour, du destin.

C’est un appel à la joie, à la paix, à la lumière intérieure. Même aujourd’hui, malgré les interdictions et les censures, les Iraniens célèbrent Nowruz avec obstination : une fleur de liberté sous la neige du silence. « Chaque printemps est une promesse, chaque rose un messager. » — Proverbe persan

✡️ L’amitié juive-persane : un fil d’or à travers l’Histoire

L’histoire d’amitié entre les Juifs et les Perses est une des plus anciennes au monde.

• Cyrus le Grand, en 538 av. J.-C., libère les Juifs de Babylone.

• Le Tanakh (Bible hébraïque) le nomme « Mashiah » (Messie) – titre unique pour un roi non-juif.

• Des communautés juives prospèrent en Perse durant plus de deux millénaires.

• Jusqu’en 1979, les Juifs d’Iran vivaient librement, avec écoles, synagogues, journaux, hôpitaux.

« Béni soit Cyrus, oint de l’Éternel, pour avoir permis à Israël de reconstruire la Maison de Dieu. » — Livre d’Ezra 1:2-4

🕯️ Des poètes, deux peuples, un souffle

La poésie a toujours uni les âmes iraniennes et juives. Voici quelques vers qui résonnent comme des ponts.

🏵️ Hafez de Shiraz (XIVe siècle) – Perse « Même si le jardin est brûlé par l’hiver, La rose ne désespère jamais du printemps. »

✡️ Rabbi Yehuda Halevi (XIe siècle, Espagne, influencé par la Perse) « Mon cœur est en Orient, et moi en Occident. Comment pourrais-je me satisfaire de vin, Alors que Sion est en deuil ? »

Deux poètes, deux continents, mais un même langage du désir sacré, de l’exil, et de l’attente du renouveau.

☠️ Quand les ayatollahs ont brisé la rose

Depuis 1979, le régime des ayatollahs a : • instauré une théocratie anti-juive et anti-israélienne, • marginalisé les minorités, dont les Zoroastriens et les Juifs, • censuré la poésie libre, • instrumentalisé la religion contre les peuples.

L’Iran n’a jamais été un pays arabe. Il fut multiculturel, spirituel, raffiné, admiré même par les Lumières. Aujourd’hui, son peuple aspire à renouer avec cette identité profonde.

« Le mensonge est comme une rose sans parfum. Il attire l’œil, mais non le cœur. » — Proverbe persan

🌹 Et si les roses d’Ispahan refleurissaient…

Les roses d’Ispahan sont peut-être silencieuses aujourd’hui, mais elles n’ont pas fané.

Elles survivent dans : • les poèmes murmurés en cachette, • les maisons en exil de Los Angeles à Jérusalem, • les cœurs des Iraniens qui écoutent Hafez en secret, • les rêves des femmes persanes, toujours debout, toujours fières.

L’amitié entre Israël et la Perse n’est pas morte : elle attend simplement la fin du poison.

Un jour, quand la lumière reviendra sur la Perse, les roses parleront à nouveau. Et les enfants de Jérusalem et d’Ispahan riront ensemble, au pied du même cyprès.


© 2025 JBCH Reproduction interdite sans autorisation.

On ne perd plus une seule goutte ... et on permet a des milliards d'humains de vivre ...


: Une invention née du désert – Contexte historique et naissance de l’idée

Israël, dès sa création en 1948, s’est retrouvé confronté à un double défi : une population croissante et un territoire majoritairement aride ou semi-aride, notamment dans le sud du pays (le désert du Néguev). L’eau, ressource rare et stratégique, devait être gérée avec la plus grande parcimonie. C’est dans ce contexte de survie et d’innovation nécessaire qu’est née une invention majeure : l’irrigation goutte-à-goutte.

L’histoire commence dans les années 1930 avec Simcha Blass, ingénieur en hydraulique d’origine polonaise, installé en Palestine mandataire. En observant un arbre prospérant près d’un tuyau qui fuyait lentement, il réalise que l’eau diffusée en petites quantités et directement à la racine est plus efficace que l’irrigation par inondation ou aspersion. Cette intuition scientifique, restée en suspens plusieurs années, se transforme en prototype dans les années 1960, en collaboration avec le kibboutz Hatzerim, dans le désert du Néguev.

De cette collaboration naît en 1965 la société Netafim, qui deviendra le leader mondial de l’irrigation intelligente. Ce système, à la fois simple dans sa mécanique et révolutionnaire dans son application, permet de délivrer de petites quantités d’eau enrichie en nutriments, de manière ciblée, directement au pied des plantes, à travers un réseau de tuyaux percés de micro-émissions calibrées.

Un bouleversement agronomique global – Efficacité, durabilité et impact

L’irrigation goutte-à-goutte transforme radicalement l’agriculture, tant dans sa logique agronomique que dans ses retombées écologiques et économiques.

D’abord, l’efficacité de ce système est sans précédent : • Jusqu’à 70 % d’économie d’eau par rapport aux méthodes classiques. • Une augmentation significative du rendement agricole, même dans des zones arides. • Une réduction de l’évaporation, du ruissellement, et des pertes de nutriments.

Sur le plan environnemental, la technologie permet : • Une utilisation raisonnée des ressources en eau et en engrais. • Une réduction de l’érosion des sols. • La limitation de la pollution des nappes phréatiques par excès d’irrigation.

Le système a été adopté dans des centaines de pays, de la Californie à l’Inde, en passant par le Kenya ou l’Espagne. Il est aujourd’hui utilisé dans des projets humanitaires pour lutter contre la faim et la sécheresse. Le goutte-à-goutte est devenu un instrument-clé de la sécurité alimentaire mondiale et un exemple emblématique de technologie au service de la résilience climatique.

Par ailleurs, Netafim, aujourd’hui une multinationale, a été au cœur de ce succès. L’entreprise continue de développer des innovations, en associant désormais la technologie à des systèmes numériques intelligents (capteurs, gestion automatisée, IA) pour un pilotage de l’irrigation en temps réel.

Une illustration du génie israélien – Innovation, vision et diplomatie de l’eau

L’irrigation goutte-à-goutte symbolise à elle seule le génie de la Start-Up Nation : une innovation née d’un besoin vital, enrichie par la recherche scientifique, portée par une vision à long terme, et rapidement transformée en technologie d’envergure mondiale.

Elle incarne également la philosophie israélienne de l’innovation : • Résoudre un problème local avec une solution globale. • Innover en contexte de pénurie, ce qui pousse à la créativité et à l’efficacité. • Allier agriculture, technologie, écologie et développement économique.

Israël a également fait de cette technologie un outil diplomatique. Dans le cadre de sa politique d’aide au développement, le pays forme depuis des décennies des milliers d’agronomes venus du monde entier à travers le programme MASHAV (coopération internationale). Des projets d’irrigation goutte-à-goutte ont été implantés en Afrique, en Amérique latine, en Asie du Sud, permettant à Israël d’exporter non seulement une invention, mais un modèle de coopération humaniste et technologique.

Enfin, cette invention pose aussi la question du partage et de la gestion de l’eau au XXIe siècle. Dans un monde confronté à la raréfaction des ressources, à la désertification et aux défis climatiques, l’irrigation intelligente est devenue une technologie stratégique, et Israël un acteur incontournable dans cette révolution verte.

• En Inde, l’irrigation goutte-à-goutte est en fort développement : entre 4,7 et 5,4 millions d’hectares sont déjà couverts, bénéficiant à plus d’un million d’agriculteurs, avec un énorme potentiel inexploité restant (~27 M ha).

• En Afrique, l’adoption est encore limitée (seulement 6 % des terres cultivées irriguées), mais de nombreux projets pilotes montrent des résultats très prometteurs, touchant parfois des dizaines à centaines de milliers d’agriculteurs, en particulier dans l’horticulture et les petites exploitations.

Par sa simplicité, son efficacité, et son impact mondial, l’irrigation goutte-à-goutte est sans doute l’invention israélienne la plus marquante. Elle a non seulement transformé l’agriculture, mais elle continue à inspirer des solutions innovantes pour un avenir plus durable.

Elle incarne à merveille la philosophie de la Start-Up Nation : innover pour survivre, mais aussi pour faire grandir le monde entier.


© 2025 JBCH Reproduction interdite sans autorisation.


Essai sur le Temps


Ce texte, rédigé en mai 1997, propose une méditation sur le Temps, cette entité insaisissable qui structure notre expérience, mais échappe à nos sens et à notre compréhension complète. Le présent travail propose une version enrichie, clarifiée et accompagnée de références philosophiques, scientifiques et spirituelles.




LE MYSTÈRE DU TEMPS ET LA CONSCIENCE HUMAINE

Le Temps est le plus grand mystère auquel l’homme soit confronté. Il nous échappe totalement : aucun de nos cinq sens ne peut le saisir. Il est pur concept, abstraction incarnée dans la continuité, sans forme, sans limite. Comme le dit saint Augustin dans Les Confessions : « Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; si je veux l’expliquer à quelqu’un, je ne le sais plus. »

Nous ne sommes jamais sortis du Temps. Nous le vivons de l’intérieur, sans jamais pouvoir l’observer de l’extérieur. Le Temps n’a pas d’extérieur ; c’est une dimension constitutive de notre condition humaine.

LE TEMPS DANS LA PENSÉE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE


Au XVIIe siècle, Galilée le pose comme grandeur mesurable. Newton en fait une entité absolue et uniforme. Puis vient Einstein, qui, au XXe siècle, avec ses théories de la relativité restreinte et générale, bouleverse notre rapport au Temps : il n’est plus universel, mais relatif au mouvement et à la gravitation.

Enfin, Bergson oppose au Temps scientifique (temps spatialisé) le temps vécu ou durée (La durée et la simultanéité, 1922). La science quantifie le Temps ; la conscience humaine le qualifie.

LE TEMPS SPIRALÉ : DE LA TRADITION AU MYSTIQUE

Dans la tradition juive, notamment le Talmud et la Kabbale, le Temps est vu comme une spirale : il revient cycliquement, mais toujours à un niveau différent. Le Chabbat, par exemple, n’est pas seulement un jour de repos hebdomadaire, mais une élévation temporelle, une re-création spirituelle.

La Bible, contrairement aux mythes païens qui sacralisent des lieux, sacralise le Temps. La sainteté s’attache au septième jour (Genèse 2:3), non à un objet spatial. Pour Abraham Heschel, le judaïsme est une religion du Temps plus que de l’espace (The Sabbath, 1951).

LA CONSCIENCE DU TEMPS : ENTRE MÉMOIRE ET ANTICIPATION

La conscience du Temps naît dans la relation entre un avant et un après. C’est cette succession qui construit la narration, la musique, la mémoire. Comme le dit Emmanuel Levinas : « Le Temps, ce n’est pas ce qui passe, c’est ce qui fait qu’il y ait du sens. » (Le Temps et l’Autre, 1947).

Le Temps structure nos sentiments : l’attente, l’espérance, la nostalgie, la patience, la peur. Il est l’élément invisible de nos états intérieurs. Nous ne possédons pas le Temps : il nous traverse.

LE TEMPS COMME RÉVÉLATEUR DU SACRÉ

Le Temps est sacré. Il est le contenant de la Révélation. La Bible ne nous montre pas un Dieu des montagnes ou des rivières, mais un Dieu de l’Histoire. L’exode d’Égypte (Exode 20:2) est un événement temporel, fondateur.

Contrairement aux religions archaïques attachées à des lieux sacrés, la Bible inscrit le divin dans une narration historique. Le sabbat devient la première révolution sociale et spirituelle : faire cesser le travail, même pour les esclaves, les animaux, et la terre.

LA TECHNIQUE, L’ESPACE ET LE TEMPS

Notre civilisation moderne a triomphé de l’espace : nous avons parcouru les océans, conquis le ciel, marché sur la Lune. Mais nous restons impuissants devant le Temps. Nous le mesurons, nous l’évaluons, mais nous ne le possédons pas.

Nous gagnons de l’espace en gaspillant du Temps. Et nous avons sacrifié l’Être à l’Avoir. Le monde profane privilégie la possession plutôt que la présence.

LE TEMPS ET LA MORT

La mort est le scandale du Temps. Elle n’est pas un événement spatial, mais un point d’irruption dans la durée. Vladimir Jankélévitch dit : « La mort est irréversible. » (La Mort, 1966).
Heidegger, dans Être et Temps (1927), voit dans la mort l’horizon du sens. Elle structure notre existence comme finitude. Bergson, lui, affirme que la durée vécue contient en elle tout le passé : chaque instant recrée tout ce qui l’a précédé. L’espérance, selon Ernst Bloch (Le Principe Espérance, 1959), est un dépassement du Temps par l’utopie. TEMPS, CIVILISATIONS ET VANITÉ DE L’EMPREINTE
Les civilisations anciennes ont voulu inscrire leur passage dans la pierre : pyramides, routes romaines, stèles. Mais les monuments s’érodent. Les pierres parlent d’un passé que plus personne ne comprend. Chez les Romains, l’immortalité n’était pas spirituelle, mais mémorielle : on survivait dans le souvenir des vivants, dans les honneurs. Cicéron écrivait : « La vie brève que nous accorde la nature peut être rendue éternelle par la mémoire des actions nobles. » Mais ces gloires de l’espace sont vouées à l’oubli si elles ne sont pas transcendées par le Temps spirituel.

LE TEMPS, L’ÊTRE ET LA SPIRITUALITÉ

Le Temps est la dimension de l’Être. Être, c’est durer. C’est cheminer dans le Temps en conscience. La technique triomphe de l’espace ; seule la spiritualité triomphe du Temps. L’homme spirituel ne cherche pas à avoir davantage, mais à être davantage. Ce renversement axiologique est central : préférer l’épanouissement intérieur à l’accumulation extérieure.
LE TEMPS DÉTRÔNE LES DIEUX DE L’ESPACE

Les mythologies anciennes localisaient le divin : une montagne (l’Olympe), une forêt, un temple. Le Dieu biblique, au contraire, n’est pas un Dieu de l’espace, mais du Temps. Le divin se manifeste dans l’histoire, dans l’alliance, dans les commandements donnés dans le Temps. Même le panthéisme, tel que Spinoza l’envisage (Deus sive Natura), reste spatial. Le sacré véritable est dans la transformation du Temps en sanctuaire.

LE TEMPS ET LA BIBLE

Dans la Bible, l’espace est secondaire par rapport au Temps. Le premier objet sanctifié dans la Torah n’est ni une montagne ni un objet : c’est un jour. « Et Dieu bénit le septième jour et le sanctifia » (Genèse 2:3). Le mot hébreu kaddosh, saint, signifie aussi séparé. Le Chabbat n’est pas un lieu mais un moment. Il nous apprend que la sainteté n’est pas dans les choses, mais dans le Temps, dans la conscience que nous en avons.

LE TEMPS COMME CHEMIN VERS LA LUMIÈRE

Notre époque sacrifie le Temps sur l’autel de la rentabilité, de la vitesse, de la technique. Pourtant, le Temps reste le seul sanctuaire inviolé. Il est le lieu de la mémoire, de la conscience, de la prière, de la rencontre avec l’autre et avec le divin. « Le présent est la chose suprême », écrivait Spinoza. Vivre le présent, ce n’est pas oublier le passé ni ignorer l’avenir, mais entrer pleinement dans le mystère du Temps qui nous traverse. C’est dans ce rapport au Temps que l’homme retrouve sa dignité, son universalité, et peut, s’il le souhaite, tendre vers l’éternité.

« L’espérance et le Temps sont intimement liés, y compris dans la notion de l’infini et de la Totalité. »— Emmanuel Levinas


© 2025 JBCH Reproduction interdite sans autorisation.

La lettre Zain

Zayin : symbolisme de cette lettre hébraïque (l’épée)
La lettre Z est présente le symbolique ... Dirigeons nous vers l'origine orientale de cette lettre. Zayin : symbolisme et signification ésotérique de la septième lettre de l’alphabet hébraïque et phénicienne. Qu’évoque Zayin ? Quel sens ? 

Dans la tradition ésotérique de la Kabbale, chaque lettre de l’alphabet hébraïque porte une dimension de la connaissance sacrée. A chaque lettre est associée une valeur numérique qui nécessite une interprétation symbolique. L’ésotérisme de la lettre Zayin évoque l’idée d’un combat intérieur, qui passe par la connaissance de soi. Par ailleurs, Zayin est indissociable du symbolisme de l’épée. Entrons dans le symbolisme et la signification de la lettre Zayin. La lettre Zayin et son symbolisme ésotérique. 

Zayin est la septième des 22 lettres de l’alphabet hébraïque. Issue de l’alphabet phénicien, elle correspond à la lettre Z de notre alphabet, et au Zêta grec. Zayin signifie arme en hébreu ; la forme de la lettre évoque une épée, un glaive ou un poignard.

Voici les caractéristiques de Zayin : 

• gématrie (valeur numérique) : 7 
• signe ou symbolisme associé : l’épée flamboyante, le glaive 
• autre symbolisme rencontré : les Gémeaux 
• couleur associée : jaune feu • caractéristiques : le discernement, la lutte intérieure

Zayin et sa signification ésotérique. Voici les différentes dimensions symboliques et ésotériques de la lettre hébraïque Zayin. Le symbolisme de Zayin : l’épée, le discernement. 

C’est ainsi qu’il chassa Adam ; et il mit à l’orient du jardin d’Eden les chérubins qui agitent une épée flamboyante, pour garder le chemin de l’arbre de vie. Genèse 3, 24

Zayin signifie « arme », en l’occurrence il s’agit d’un glaive. Cette épée évoque celle des chérubins interdisant l’entrée du jardin d’Eden à Adam et Eve après qu’ils aient croqué du fruit défendu de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. 

L’épée est ce qui tranche, ce qui sépare. En l’occurrence, elle établit une séparation entre ce qui est en-dedans (le paradis avec l’arbre de Vie en son centre) et ce qui est en-dehors (le monde de la souffrance, de l’inconscience et de la haine). 

 L’épée nous invite à trancher en nous-mêmes, à distinguer ce qu’il y a en nous de grand et d’universel, et au contraire ce qu’il y a d’égoïste et de décentré. Zayin nous incite à discerner : un effort qui passe nécessairement par une plongée en soi-même, une introspection. 

Il s’agit de visiter notre psychisme, de rencontrer notre inconscient, de comprendre de quoi nous sommes faits (génétique, psychologie, vécu personnel, influences extérieures, éducation reçue…), bref de connaître l’origine de nos pensées. Peu à peu, nous prenons conscience de nos conditionnements, et nous arrivons à combattre ce qui relève en nous de l’illusion, de la séparation, de la fausse certitude, de l’aveuglement, du préjugé. Cette épée est une épée de lumière : elle offre la guérison. 

C’est une grâce : à nous de savoir nous en servir. Savoir l’utiliser, c’est savoir discerner. Zayin : du combat à la réconciliation. Le combat intérieur dont nous avons parlé (qui évoque aussi le grand djihad de l’Islam) est une lutte contre la face sombre et égoïste de nous-mêmes.

En réalité, il ne s’agit pas de haïr ou de rejeter une partie de soi-même, ce qui mènerait à l’autodestruction, mais de comprendre de quoi nous sommes faits. C’est en effet l’ouverture de la conscience qui permet de dissoudre les ténèbres de l’inconscient, comme la lumière dissout l’obscurité. 

Il s’agit donc plus d’une transformation intérieure (au sens d’une transmutation alchimique), ou encore d’une conquête des aspects inconnus de nous-mêmes, que d’une guerre contre soi-même.

L’objectif final est la réconciliation, la paix retrouvée avec notre individualité et notre ego : c’est l’amour qui triomphe.

La valeur numérique 7: Zayin est indissociable du chiffre 7, qui évoque la présence divine, la perfection, la plénitude, l’achèvement. C’est un chiffre très présent dans la Bible. C’est bien sûr la création du monde en 6 jours, le repos du septième jour symbolisant le “pacte” entre Dieu et l’Homme. 

Ce septième jour récapitule le travail des six jours précédents : il est la synthèse du monde matériel (le chiffre 4) et du monde spirituel (le chiffre 3). Enfin, le chiffre 7 est celui de la gnose, ou connaissance intégrale de la vérité (cf. les Sept vérités gnostiques, les Sept métaux ou les Sept sphères de purification alchimique).

Conclusion sur Zayin et son symbolisme . L’épée Zayin est l’arme du guerrier de lumière : l’outil de celui qui sait plonger en lui-même pour y trouver la vérité. C’est une arme puissante, parfois douloureuse (elle entre dans la chair), mais qui peut donner l’accès au paradis, c’est-à-dire à la sérénité.

La mythologie grecque n'est pas en reste puisque Zeta est une des lettres les plus importantes , du moins dans le sacré ... Zeus détient la foudre ... en forme de Z, Zéphir, Zélos, Zetes siègent aussi au Panthéon de l'Olympe.

Revenons à Zayin, cette lettre nous libère de nos conditionnements, de nos bagages inconscients, de nos poids accumulés, trop présents en nous parce que mal compris. 

Le fil de sa lame nous coupe de nos incompréhensions, de nos illusions, de nos souffrances. Zayin nous questionne : sommes-nous prêts à plonger en nous-mêmes ? à visiter notre inconscient ? à abandonner nos pulsions ?

Histoire de l'écriture


L'Histoire de l'écriture

De tous temps, l’Homme a cherché à communiquer, il a inventé le langage, ce qui le différencie des animaux, voire des végétaux, puis le dessin, les représentations en sorte de sculptures, les plus anciennes traces sont retrouvées dans les grottes, avec les peintures rupestres, et d’autres signes, ont été créés afin de communiquer avec les divinités, sur des sites tels les Dolmen, les Menhirs, les statues de l’ile de Pâques, les dessins des Nazca, des olmèques, et les premières écritures que l’on a trouvé en Mésopotamie et en Égypte.


 

Le silence est souvent associé à la réflexion, à la méditation et à la prudence.

L'écriture peut être perçue comme un outil pour documenter et réfléchir sur son propre cheminement personnel et spirituel. Cela peut inclure la tenue d'un journal de réflexion, la rédaction de discours maçonniques, de planches . Voilà pourquoi on conçoit des planches, écrites avec patience, avec le recul et la réflexion, ou même la création d'œuvres artistiques.

Vous le comprendrez, comme il y a un avant et un après usage de la parole, il y aura un avant et un après au sujet de l’écriture. En effet l’écriture permet de sortir des sociétés orales, celles-ci existent encore et perdurent en Afrique par le biais des griots qui tels les troubadours voyagent de villages en villages afin de transmettre la mémoire, d’un clan, d’un peuple, d’une nation.

L'invention de l'écriture est l'un des événements les plus fondamentaux de l'histoire de l'humanité, marquant le passage de la préhistoire à l'histoire et permettant le développement de civilisations complexes

Claude Lévi-Strauss sépare la pensée sauvage, la pensée mythique et magique de la pensée domestiquée, celle du monde dit moderne, porté par la pensée scientifique.

Avec l’écriture, la pensée devient plus avancée que dans les sociétés sans écriture, car elle est un outil à la portée de tous.

Si la parole, que nous appelons Dvar, d’où vient le mot Débir, est liée à la personne qui parle, elle procède à la communicationnel face à face, alors que l’écriture se situe en dehors du contexte immédiat.

La pensée critique est facilitée par l’écriture, je peux me relire, rectifier ma phrase, la bonifier, le temps agit sur ma pensée, alors qu’avec la parole, il est difficile de revenir en arrière. La Logique semble être du côté de l’écriture,

Quant à l’Histoire, sans l’écriture, c’est difficile , car le passé sans l’écrit s’évanouit, il y a des histoires, des évènements, qui sont restreints, car la mémoire ce n’est pas l’Histoire

Mais les peuples sans écriture, on l’a dit précédemment, en Afrique, ont une pensée philosophique, j’ai personnellement assisté en Afrique a des palabres où lorsqu’on évoque les questions du « Bien et du Mal » ou de l’origine de l’Humanité on y retrouve la distinction entre les éléments , en général : le Feu, l’Air, le Sang et l’Eau, et bien d’autres techniques héritées de génération en génération.

Bien qu’il ait existé des systèmes graphiques découverts dans les grottes, et sur des monuments néolithiques qui datent de 10 000 à 5 000 ans, l'écriture est apparue de manière indépendante dans différentes régions du monde, avec des systèmes distincts comme le cunéiforme en Mésopotamie, les hiéroglyphes en Égypte, utilisés pendant trois mille ans, de-3150 à la fin du IVème siècle, puis les caractères chinois en Chine, et l'alphabet en Phénicie.

C’est avec Champollion qu’on a véritablement décrypté les hiéroglyphes par le biais de la découverte de la pierre de Rosette, et découvert la splendeur d’une civilisation, puis on a pu relire des papyrus, écrits par des scribes. Toujours au 19ème siècle, les tablettes en écritures cunéiformes, ont été retrouvées en Mésopotamie, et en Perse. Ainsi on a pu connaitre le Code d’Hammourabi, la légende de Gilgamesh …

C’est ainsi qu’au sortir d’une captivité de 70 ans à Babylone, où ils ont côtoyé une multitude de civilisations, que les juifs, libérés par Cyrus rentrent avec leur trésor rendu , et se rendent en Judée pour reconstruite le second Temple, conduits par Zorobabel, entouré du prophète Néhémie, et surtout du scribe Ezra. C’est Ezra qui va sortir l’hébreux de son cocon cunéiforme, et créer l’alphabet hébraïque en combinant vingt-deux consonnes sans voyelles, et crée la lettre la plus majestueuse, la plus élégante le Lamed peut être la lettre la plus fondamentale Lamed, enseigner, transmettre et de l’autre côté : Le mot hébreu Lamed signifie autant enseigner qu’« étudier »,. Graphiquement, la lettre Lamed dépasse les autres lettres, ce qui peut renvoyer à la notion d’élévation par l’apprentissage. Lamed est la douzième des 22 lettres de l’alphabet hébraïque. Elle correspond au lambda grec, et à la lettre L de notre alphabet. Ezra a donc réécrit les cinq livres qui composent le Torah, et cette écriture est présente depuis 2500 ans.

Chez les Précolombiens, l’écriture est présente depuis au moins 28 siècles ; les Olmèques puis les Mayas utilisaient une écriture idéographique, c’est une écriture dite glyphique sous forme de calendriers, les Aztèques aussi ils peignaient sur stuc, ou sur papier végétal, mais on estime que ce sont les Olmèques qui ont inventé l’écriture méso-américaine, les Incas avaient aussi leur écriture. Il va de soi que les conquistadors accompagnés des clercs ont détruit tout ce qu’ils pouvaient sur leur passage dévastateur.

L’écriture alphabétique nous apparait comme un système simple et évident. On l’apprend en France dès la maternelle et cela constitue le « B.-A.-BA » Pourtant on parle d’alphabétisation à propos de pays dont l’écriture n’est pas alphabétique comme la Chine ou l’Inde.

En fait, l’écriture moderne va émerger sur les côtes méditerranéennes de l’Asie, en Phénicie et en Judée.

Les Grecs reconnaissent devoir aux phéniciens la naissance de leur écriture, les phéniciens, grands navigateurs avaient avec leurs voisins établis des comptoirs commerciaux partout en méditerranée et aussi le long des côtes africaines. Le Punique et son dérivé l’araméen et l’hébreu ont alors perduré avec 22 consonnes . Les Grecs se sont approprié non seulement cette écriture, mais aussi la forme des lettres et leur ordre. Aleph, Beth, Gimmel en hébreux sont devenus Alpha Beta, Gamma …

Cette écriture est simple et s’adapte ; elle n’a pas la pesanteur de l’écriture chinoise, ni celle des Égyptiens. C’est là un système démocratique, ouvert à tous, la culture livresque s’ouvre à tous, fini le monopole des scribes. Les religions dites du Livre , en premier lieu le Judaïsme, sont nées dans ces sociétés où on connaissait l’alphabet.
La philosophie a pu à partir d’Athènes se faire connaitre, la mise en écrit des Lois, et de la représentation du monde, l'écriture des textes sacrés, des rituels religieux, des mythes et des légendes. Finalement, ce sont toutes les civilisations et leurs mémoires qui dépendent de cette invention.
Il a fallu rassembler les textes, sur les tablettes sumériennes , c’était mission impossible , sur les papyrus, c’était plus facile, il suffisait de coudre les morceaux écrits, puis plus tard sur les gros volumes, il a fallu coudre les pages et fabriquer des codex, dont on tourne les pages, les ancêtres de nos livres.

Malheureusement la majorité des originaux et de leurs premières copies ont disparu. A Alexandrie, le roi Ptolémée a eu l’idée de conserver, de protéger les livres, il construisit à cet effet un monument pour l’Humanité, la fameuse Bibliothèque d’Alexandrie, détruite partiellement et involontairement par Jules César. Au VIIème siècle, Nous voilà à Alexandrie, la ville est jeune, cosmopolite, les ruelles grouillent de marchands, passants, mendiants, Nous sommes en l’an 642, le 22 décembre, les troupes arabes du Calife Omar viennent d’entrer en triomphateurs dans la Ville, et là au détour d’une rue, ils se trouvent face à la Grande Bibliothèque d’Alexandrie, la plus célèbre du Monde, qui renfermait des millions de documents, de manuscrits et qui va en cette journée disparaître pour toujours… 

Le calife Omar Ier, questionné sur ce qu'on devait faire de tous ces livres, de tous ces documents répondit : « S’ils sont conformes au Coran, ils sont inutiles, s’ils sont contraires au Coran, ils sont pernicieux : donc il faut les détruire ». En conséquence, son gouverneur Amrou ibn al-Asi fit distribuer les millions de manuscrits de papyrus de tablettes et de livres dans les bains d'Alexandrie qu’ils chauffèrent durant plus de deux ans. On raconte que les écrits des philosophes grecs, les tablettes sumériennes et les papyrus sacrés disparurent. Tout comme les originaux de la septante ! un désastre pour la Mémoire de l'Humanité.

La transmission se faisait par la copie, les scribes pouvaient alors à leur gré, rectifier, modifier , embellir l’original qui était devant lui, souvent selon son inspiration, plus souvent selon les tendances philosophiques et politiques, c’est-à-dire imposer une sorte de censure. Qui n’a pas un jour été fasciné par les manuscrits, tous écrits à la main, ces splendides textes calligraphiés sur parchemin, enluminés, scellés. Il est à noter que les arabes ont créé une calligraphie spectaculaire, avec la dynastie omeyyade. Les califes à la tête d’un empire établi sur trois continents ont voulu dépasser les écritures byzantines et perses sassanides, Il fallait qu’en regardant simplement le texte sacré, soit une phrase du Coran, on absorbe une bénédiction. Les Chinois ont excellé dans la copie des textes, seul moyen de transmission de la connaissance, et ce n’est que vers 1644 que la production de livres, sous la dynastie des Ming a pu se développer.

Le fait le plus important est apparu avec l'invention miraculeuse de l'imprimerie par Gutenberg en 1454. C’est l’arrivée du Progrès, Plus jamais un texte quel qu’il soit ne sera trahi, par la volonté d'un seul homme. On assiste là à une véritable révolution, et à la fin des copistes, et des scribes. Mais fini l’art des pleins et des déliés, dessinés à la plume et qui nous réjouissent encore aujourd’hui. L'invention de l'imprimerie par Johannes Gutenberg au XVe siècle a été une révolution majeure dans l'histoire de l'humanité et a profondément bouleversé l'ordre du monde à de nombreux niveaux. Voici quelques-unes des façons dont l'imprimerie a eu un impact significatif sur l'ordre du monde : L'imprimerie a permis une reproduction rapide et moins coûteuse des livres, des journaux et d'autres documents, favorisant ainsi la diffusion des connaissances à une échelle sans précédent. 

Cela a contribué à l'essor de la Renaissance, de la Réforme et des Lumières en Europe, stimulant le développement des arts, des sciences, de la philosophie et de la politique. L'imprimerie a contribué à réduire les barrières à l'accès à l'information. Les livres imprimés sont devenus plus accessibles à un plus large éventail de personnes, ce qui a favorisé l'éducation et l'apprentissage chez les masses. Cela a également contribué à l'émergence d'une classe intellectuelle plus éclairée et a stimulé l'émergence de mouvements sociaux et politiques. L'imprimerie a joué un rôle crucial dans la propagation des idées religieuses et politiques. Par exemple, elle a contribué à la diffusion des écrits de Martin Luther pendant la Réforme protestante, ce qui a eu des répercussions profondes sur la religion et la société en Europe. De même, les pamphlets imprimés ont été utilisés pour diffuser des idées politiques et mobiliser l'opinion publique lors de révolutions et de mouvements de réforme. L'imprimerie a également eu un impact économique significatif en favorisant le développement du commerce et de l'économie. La production en masse de documents commerciaux tels que les contrats, les factures et les livres de compte a facilité les transactions commerciales et financières, contribuant ainsi à l'essor du capitalisme et du commerce international.

L'écriture a révolutionné la communication en permettant de transmettre des informa-tions sur de longues distances et à travers les générations. Cela a favorisé le développe-ment des échanges commerciaux, de la diplomatie, de la science, de la religion, et de la littérature. L'écriture a contribué à l'organisation sociale en permettant la tenue de registres, la gestion des ressources, l'administration des lois et des règlements, ainsi que la hiérarchisation des sociétés en classes sociales ou en castes. L'écriture a été essentielle au développement des connaissances et des savoirs. Les textes écrits ont permis la conservation des connaissances scientifiques, historiques, philosophiques, médicales et artistiques, favorisant ainsi l'accumulation et la transmission du savoir. L'écriture a joué un rôle majeur dans le développement des religions et des croyances spirituelles en permettant l'écriture des textes sacrés, des rituels religieux, des mythes et des légendes.

L'alphabétisation, c'est-à-dire la capacité à lire et à écrire, est devenue une compétence essentielle pour la participation à la vie sociale, politique et économique des civilisations. L'éducation formelle a prospéré grâce à l'écriture qui a permis de conserver l'histoire des civilisations à travers les récits historiques, les chroniques, les inscriptions et les archives, offrant ainsi un aperçu précieux sur le développement des sociétés humaines. 

 L'écriture a contribué à l'évolution et à la standardisation des langues, facilitant la diffusion des cultures et des idées à travers les frontières géographiques et temporelles. Attention au dicton : « C’est imprimé … donc c’est vrai » le faux en écriture apparait, et les tribunaux se mettent à juger les plagias, et les fausses nouvelles, si « verba volant » les écrits restent ! Les journaux se multiplient, et vont quotidiennement avoir des tirages de plusieurs millions d’exemplaires, la Liberté de la presse est garantie par la Constitution, les journaux satiriques vont jusqu’à critiquer les gouvernants, et même à faire pencher les opinions. A chacun de choisir et de se faire son opinion.

Voilà qu’à la fin du XXème et au début du XXIème siècle le monde change subitement, une nouvelle ère apparait, mettant de côté l’écriture, celle de l’Image … qui peut être déviée, tronquée, falsifiée, avec l’aide de Photoshop. En ce qui concerne la vision maçonnique de l'écriture et de son utilisation, la franc-maçonnerie valorise l'éducation, la connaissance et la communication. L'écriture est considérée comme un outil essentiel pour transmettre des idées, des valeurs et des enseignements maçonniques. Dans les rituels maçonniques, des symboles et des allégories sont souvent utilisés pour illustrer des concepts plus profonds, et l'écriture peut être utilisée pour documenter et transmettre ces enseignements de génération en génération

Et l’écriture tombe dans le panneau celle des réseaux sociaux, par le biais de l’Internet, ces nouveaux médias peuvent être pervers, ils ont permis la diffusion de messages islamiques, d’embrigadement d’esprits faibles, de diffusion par des états autoritaires de « fake-news », pour faire basculer et déstabiliser nos démographies. L’écriture numérique bouleverse notre monde, c’est une révolution , elle va déclasser le livre, fini le plaisir sensuel de feuilleter un ouvrage, fini le plaisir de sentir le papier et l’encre ; pour nous un livre est une entité, il y a un début et une fin, l’électronique permet de se porter directement sur le paragraphe le plus saillant, trahissant le sens donné et le but de l’écrivain. L’écriture numérique est à prendre avec précaution, elle dématérialise, elle désacralise le texte, il faut impérativement enseigner et faire porter un nouveau regard critique, afin d’éviter le danger du copier-coller ; de nouvelles formes d’écrit apparaissent : les SMS, les textos, les courriels avec l’@, les Tweets ou « X ». le quoi 2-9 est apparu !! ainsi que l’apparition des nouvelles calligraphies transformées en icones appelée smileys. Et nous revenons donc aux hiéroglyphes.

Mais voilà qu’il y a quelques mois, une nouvelle application bouleverse l’écriture … c’est l’arrivée sur le marché de l’intelligence artificielle, laquelle offre probablement une prime à la paresse. L'intelligence artificielle (IA) est déjà en train de bouleverser l'écriture, la lecture et l'enseignement de multiples façons, et ces tendances sont susceptibles de se renforcer à l'avenir. Les outils d'écriture assistée par l'IA, tels que les correcteurs grammaticaux avancés, les générateurs de contenu automatiques et les assistants d'écriture, peuvent accélérer le processus d'écriture et d’améliorer la qualité des textes produits. Cependant, cela soulève des questions sur l'authenticité et l'originalité des œuvres créées, ainsi que sur la dépendance excessive à ces outils. 

 Les systèmes d'IA utilisés par les plateformes de lecture numérique et les réseaux sociaux analysent les préférences et les comportements de lecture des utilisateurs pour proposer des recommandations personnalisées. Cela peut enrichir l'expérience de lecture, mais cela peut aussi conduire à une bulle de filtrage où les lecteurs sont exposés uniquement à des contenus similaires à leurs préférences existantes, limitant ainsi leur exposition à de nouvelles idées et perspectives. L'IA sera utilisée dans l'éducation pour créer des systèmes d'apprentissage personnalisés et adaptatifs. 

Ces systèmes peuvent analyser les performances des élèves, identifier leurs lacunes et adapter les cours et les exercices en conséquence. Cela peut améliorer l'efficacité de l'enseignement, bien sûr, sous le contrôle de l’enseignant, mais cela soulève également des préoccupations concernant la confidentialité des données des élèves et la pertinence des évaluations automatisées. Les systèmes d'IA peuvent reproduire et amplifier les biais présents dans les données sur lesquelles ils sont entraînés, ce qui peut entraîner des décisions injustes ou discriminatoires, notamment dans le domaine de l'éducation. 

 Une dépendance excessive à l'IA dans les processus d'écriture, de lecture et d'enseignement pourrait conduire à une déshumanisation des interactions, réduisant la créativité, l'empathie et les compétences sociales. L'utilisation généralisée de l'IA soulève des préoccupations quant à la perte de contrôle sur les processus décisionnels et la manipulation de l'information, en particulier lorsque les algorithmes sont opaques et non réglementés. Il va falloir dompter, maîtriser cette nouvelle technologie, et une fois, les règles établies, l’adopter, car il en va du progrès. Ainsi l’IA deviendra une chance pour élever le niveau d’éducation.

L’arrivée de l’écriture a donc transformé l’humanité en profondeur en facilitant la gestion des sociétés, en transmettant la connaissance et en favorisant le progrès. Elle a permis aux hommes de se libérer des limites de la mémoire orale et d'initier une civilisation écrite qui a changé pour toujours le cours de l’histoire humaine. Elle marque le passage de la préhistoire à l'histoire et continue d'être au cœur du développement culturel et scientifique de l’humanité.

Aujourd’hui, dans le Monde quatre adultes sur cinq sont alphabétisés.


© 2025 JBCH Reproduction interdite sans autorisation.


Massacres de Druzes en Syrie

Massacre des Druzes en Syrie : quand Nathalie Loiseau se trompe lourdement et que l’Occident détourne le regard Depuis plusieurs semaines, dans le sud de la Syrie, une épuration à peine voilée vise la minorité druze de la région de Soueïda. 

Tandis que les Druzes, encerclés, tentent de se défendre contre les milices pro-iraniennes et les services du régime syrien, l’Occident reste muet, voire indifférent. Et pire encore : certaines voix prétendument éclairées, à l’image de Mme Nathalie Loiseau, députée européenne française, galvaudent la réalité et inversent les rôles. 

Une vérité établie : « 1 160 morts » au soir du 21 Juillet 2025 Deux fautes majeures en une phrase : 

Oui, il y a eu un massacre. Selon les estimations les plus prudentes (OSDH, rapports croisés), plus de 880 Druzes ont été tués, et plus de 280 civils et le reste en troupes du régime envoyé par Damas , et les chiffres continuent de monter. Mais ce n’est pas un “prétexte”. C’est un drame, une hécatombe, une réalité documentée. 





Madame Loiseau commet une effroyable erreur en accusant Israël ! ...

Et non, Israël ne se cache pas derrière ce drame : il est intervenu précisément parce qu’aucune autre puissance ne bougeait. Israël, qui compte en son sein une communauté druze loyale et intégrée, ne pouvait rester indifférent à la souffrance de ses frères en Syrie. 







Un lien de sang, pas une instrumentalisation Ce que Mme Loiseau refuse de voir, c’est que les liens entre les Druzes d’Israël et ceux de Syrie sont organiques, familiaux, historiques. Ce n’est pas un “calcul géopolitique” mais un devoir moral. Pendant que Paris, Bruxelles ou Berlin relativisent ou ignorent la situation, Israël agit — avec ses moyens, certes militaires, mais avec clarté. 🤐 Le silence occidental : une honte Où sont les grandes voix européennes pour défendre les minorités persécutées au Moyen-Orient ? 

Où sont les ONG, les médias, les diplomates pour dénoncer ce qui ressemble à une épuration ? Pourquoi un massacre de civils (hommes, femmes, enfants, chefs religieux druzes) ne déclenche-t-il aucune réunion d’urgence au Conseil de sécurité, aucune déclaration conjointe de l’UE, aucune couverture en “une” de nos journaux ? 





 Mme Nathalie Loiseau devrait présenter ses excuses, pour avoir banalisé un massacre réel en le qualifiant de “prétexte” israélien. Quand une minorité millénaire comme les Druzes, loyale, pacifique et profondément enracinée dans le Levant, est prise pour cible, notre devoir n’est pas de relativiser, mais de dénoncer et de soutenir. 

Un cessez-le-feu fragile a été signé il y a peu de temps, espérons qu'il durera !

 Et si Israël est aujourd’hui le seul État à avoir agi, ce n’est pas une faute : c’est un rappel glaçant de l’abandon occidental. 

L’ONU s’est une nouvelle fois decrebiléisée. Une nouvelle trève vient d'être signée, espérons que ce sera la dernière !


© 2025 JBCH Reproduction interdite sans autorisation.
 

dimanche 20 juillet 2025

Le Stoffato, Recette Livournaise pour Pessah


La mémoire du goût, celui de l'enfance ... ne s'efface pas, Ma grand'mère Mamy Georgette De Paz était la championne en cuisine livournaise.




Le stoffato (ou “foie à l’étouffée”) est un plat traditionnel préparé par les Juifs de Livourne, en Italie, souvent pour les fêtes de Pessah. Ce plat savoureux, à base de foie, est cuit lentement pour obtenir une texture fondante et des saveurs riches. 

Voici une recette typique, inspirée des traditions livournaises, adaptée pour respecter les règles de Pessah (sans ingrédients interdits comme le pain ou les céréales non autorisées). Recette du Stoffato (Foie à l’étouffée) pour Pessah Ingrédients (pour 4 personnes) : • 500 g de foie de veau ou de poulet (frais et kasher, bien nettoyé) • 2 oignons moyens, finement émincés • 2-3 cuillères à soupe d’huile d’olive (ou de graisse d’oie, selon la tradition) • 1 verre de vin rouge kasher pour Pessah • 1 petite boîte de concentré de tomate (environ 100 g, sans additifs non kasher) • 1 cuillère à café de sucre (facultatif, pour équilibrer l’acidité) • Sel et poivre noir (au goût) • 1 pincée de noix de muscade (facultatif, pour une touche traditionnelle) • 1/2 verre d’eau ou de bouillon de poulet kasher (optionnel, pour ajuster la consistance) • Quelques feuilles de laurier ou de sauge (facultatif, pour parfumer) Préparation : 

1. Préparer le foie : • Nettoyez soigneusement le foie pour retirer les veines et les membranes. Si nécessaire, faites-le tremper dans de l’eau froide pendant 30 minutes pour éliminer tout résidu de sang, puis égouttez et séchez avec du papier absorbant. • Coupez le foie en morceaux moyens (environ 3-4 cm). 

2. Faire revenir les oignons : • Dans une grande casserole ou une cocotte à fond épais, faites chauffer l’huile d’olive à feu moyen. • Ajoutez les oignons émincés et faites-les revenir lentement jusqu’à ce qu’ils soient dorés et fondants (environ 10-15 minutes). Remuez régulièrement pour éviter qu’ils ne brûlent. 

3. Cuire le foie : • Ajoutez les morceaux de foie dans la casserole avec les oignons. Faites-les dorer légèrement de tous les côtés à feu moyen (environ 5 minutes). • Assaisonnez avec du sel, du poivre et, si vous le souhaitez, une pincée de noix de muscade. 

4. Ajouter les ingrédients pour l’étouffée : • Versez le vin rouge dans la casserole et laissez mijoter à feu doux pendant 2-3 minutes pour que l’alcool s’évapore. • Ajoutez le concentré de tomate dilué dans un peu d’eau ou de bouillon, et mélangez bien pour enrober le foie. • Si vous utilisez du laurier ou de la sauge, ajoutez-les à ce stade. • Couvrez la casserole et laissez cuire à feu très doux pendant 30 à 40 minutes, en remuant de temps en temps. Si la sauce épaissit trop, ajoutez un peu d’eau ou de bouillon pour obtenir une consistance onctueuse. 

5. Vérifier et ajuster : • Goûtez et rectifiez l’assaisonnement si nécessaire. Si la sauce est trop acide, ajoutez une petite pincée de sucre pour équilibrer. • Le foie doit être tendre et la sauce bien réduite, enrobant les morceaux. 

6. Servir : • Servez le stoffato chaud, accompagné de légumes cuits (comme des pommes de terre ou des carottes, autorisés pour Pessah) ou de matzah pour respecter la tradition de Pessah. • Ce plat peut aussi être préparé à l’avance et réchauffé doucement avant le repas. Conseils : • Respect des règles de Pessah : Assurez-vous que tous les ingrédients (vin, concentré de tomate, etc.) soient certifiés kasher pour Pessah. Vérifiez auprès de votre autorité rabbinique si nécessaire. • Texture : Le secret du stoffato réside dans une cuisson lente et douce pour que le foie reste moelleux et la sauce bien parfumée. • Variante : Certaines familles ajoutent des herbes comme du persil haché en fin de cuisson pour une touche de fraîcheur. Ce plat est un véritable hommage à la cuisine juive livournaise, mêlant simplicité et richesse des saveurs.


© 2025 JBCH Reproduction interdite sans autorisation.

L'Homme qui a apprivoisé la Lumière ... Claude Cohen-Tannoudji Prix Nobel de Physique 1997

Claude Cohen-Tannoudji : l’homme qui a apprivoisé la lumière Le 15 octobre 1997, la science française brillait de mille feux : Claude Cohen-Tannoudji recevait le Prix Nobel de physique, aux côtés des Américains Steven Chu et William D. Phillips. 

Leur distinction saluait une révolution silencieuse mais décisive : la maîtrise des atomes par la lumière. Une prouesse longtemps considérée comme impossible… et qui a pourtant changé le monde. Qui est Claude Cohen-Tannoudji ? Né en 1933 à Constantine, en Algérie, dans une famille juive sépharade, Claude Cohen-Tannoudji suit un parcours brillant : École normale supérieure, thèse sous la direction du prix Nobel Alfred Kastler, puis professeur au Collège de France. 

Très vite, il se passionne pour la physique atomique et l’interaction entre la lumière et la matière. Mais là où d’autres observent les atomes, lui veut les contrôler. Pas les casser comme dans une bombe atomique, mais les manipuler en douceur, avec la lumière, sans contact, avec la précision d’un horloger. Refroidir les atomes avec un rayon de lumière ? Oui, c’est possible. 

 C’est en ralentissant les atomes que Cohen-Tannoudji va frapper un grand coup. Un atome, c’est comme une minuscule bille qui bouge très vite quand elle est chaude. Le ralentir, c’est le refroidir. Et comment faire ? Avec un laser ! 

 En envoyant un faisceau lumineux à l’encontre d’un atome en mouvement, celui-ci absorbe de l’énergie… et ralentit. Si l’on combine plusieurs faisceaux dans toutes les directions, on obtient ce que les chercheurs appellent une “mélasse optique” : un piège de lumière où les atomes perdent leur énergie, jusqu’à des températures proches du zéro absolu. 

 Cohen-Tannoudji ira encore plus loin en perfectionnant ce refroidissement avec des méthodes dites de “sub-recul”, permettant une précision inégalée. Pourquoi est-ce une révolution ? Parce qu’en ralentissant les atomes, on peut : • mesurer leur comportement avec une précision extrême ; • fabriquer des horloges atomiques (comme celles utilisées pour le GPS ou la synchronisation des télécommunications) ; • sonder les lois de la physique quantique dans des conditions inédites ; • préparer le terrain à l’ordinateur quantique, qui pourrait un jour surpasser toutes nos machines actuelles. 

 Ces techniques sont aujourd’hui utilisées dans les plus grands laboratoires du monde, et même… dans notre vie quotidienne ! Et concrètement, quelles applications ? • 🛰️ GPS : sans horloges atomiques ultra-précises, impossible de calculer la position avec exactitude. 
 • 🧭 Horloges de référence : nécessaires à la navigation, à la finance, à la météo.
 • 🧬 Recherche fondamentale : tests de la relativité, observation d’états de matière exotiques. 
 • 🖥️ Informatique quantique : manipuler les atomes, c’est manipuler l’information à une échelle jamais atteinte. 

Un homme de science… et de transmission Claude Cohen-Tannoudji est aussi un immense pédagogue. Son cours de mécanique quantique, coécrit avec Bernard Diu et Franck Laloë, est une référence mondiale. Des générations d’étudiants ont appris la physique grâce à son style rigoureux, progressif et limpide.

Un héritage vivant Aujourd’hui en 2025,  âgé de plus de 90 ans, Claude Cohen-Tannoudji incarne une science rigoureuse, passionnée et utile. Il n’a pas seulement contribué à la physique fondamentale, il a changé notre rapport au temps, à l’espace et à l’invisible. « Je voulais simplement comprendre comment les choses fonctionnent… », dit-il humblement. 

Mais ce qu’il a découvert a permis à l’humanité de mieux maîtriser la matière, et d’imaginer les technologies du futur.

© 2025 JBCH Reproduction interdite sans autorisation.