Israël avance à pas de géants dans la protection de son territoire avec des lasers
Au salon aéronautique de Farnborough, Rafael a levé un coin du voile sur l'avenir de son système laser Iron Beam — et sur ses ambitions américaines.
C'est une déclaration qui mérite qu'on s'y arrête. Le président de Rafael, Yuval Steinitz, a annoncé au salon de Farnborough que le laser Iron Beam serait, d'ici trois à quatre ans, capable d'abattre des missiles balistiques à longue distance — et non plus seulement des roquettes, obus de mortier ou drones, sa cible initiale. Le système, livré à l'armée israélienne fin 2025, fonctionne déjà en complément du Dôme de fer. Sa force : un coût d'interception quasi nul comparé aux missiles intercepteurs classiques. Sa faiblesse historique, la vitesse et la robustesse structurelle des missiles balistiques, serait en passe d'être surmontée.
Steinitz va plus loin : il évoque un horizon de dix à vingt ans où la défense antimissile mondiale reposerait principalement sur le laser, non plus sur l'interception cinétique. Rafael a par ailleurs obtenu ses premières licences d'exportation pour l'Iron Beam, sans en préciser les destinataires — un silence qui, en matière d'armement israélien, en dit long sur la sensibilité géopolitique du dossier.
L'autre volet de l'entretien concerne le Golden Dome, l'ambitieux bouclier antimissile continental voulu par Washington. Steinitz affirme avoir déjà rencontré des responsables américains pour proposer les technologies de Rafael, promettant des capacités livrées plus vite et à moindre coût. Rien n'est acquis : la balle est, dit-il lui-même, dans le camp américain, et suppose une ouverture que Washington n'a pas encore formellement accordée.
Mais la manœuvre est révélatrice d'une ambition assumée : faire de l'industrie israélienne, forgée par des décennies de guerre défensive, un pilier technologique de la protection du territoire américain lui-même. L'ironie n'échappera à personne — le pays qui dut abandonner son propre chasseur sous pression de Washington en 1987 se propose aujourd'hui de bâtir une pièce du bouclier stratégique américain.
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