Après avoir été renversé par le colonel Houari Boumediene lors du coup d’État de 1965, Ahmed Ben Bella, premier président de l’Algérie indépendante, passe quinze années en prison avant d’être libéré en 1980.
Il s’exile ensuite en Suisse, dans le village vaudois de Begnins, où il mène une vie discrète tout en poursuivant son engagement politique.
Protégé par ses amis Noé Graff, un vigneron aux convictions trotskistes, et Françoise Fort, il transforme sa résidence en quartier général de son opposition au régime algérien.
Son emprisonnement l’a profondément marqué.
Soumis à un isolement extrême, il redécouvre la foi musulmane et développe une réflexion politique renouvelée.
À sa libération, il dénonce fermement le parti unique, qu’il considère comme un échec des indépendances africaines.
Il conserve son engagement anti-impérialiste, mais y ajoute une dimension spirituelle, écologiste et favorable au dialogue avec les islamistes.
Depuis son exil, Ben Bella voyage beaucoup, soutient diverses causes internationales, et les peuples autochtones, et fonde en 1984 le Mouvement pour la démocratie en Algérie.
Son activité politique inquiète les autorités françaises, qui limitent progressivement sa liberté d’action.
Une perquisition à son domicile en 1983, liée à l’arrestation de son garde du corps armé, accélère son installation définitive en Suisse.
Malgré son image de militant révolutionnaire, Ben Bella mène un train de vie confortable, financé en grande partie par le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.
Il possède plusieurs résidences en Europe, voyage fréquemment et entretient un vaste réseau politique.
Cette situation contraste avec son discours démocratique et suscite parfois l’incompréhension de ses proches.
En 1990, les autorités algériennes lui permettent de rentrer au pays.
Son parcours illustre les paradoxes d’un dirigeant devenu opposant : héros de l’indépendance, prisonnier politique, exilé influent, mais aussi personnage complexe, partagé entre idéaux révolutionnaires, alliances controversées et volonté constante de retrouver une place dans la vie politique algérienne.
Je n’ai jamais aimé cet homme si proche de Nasser
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