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jeudi 23 juillet 2026

Le Troisième Temple JBCH 2607 - 021

 


En ce jour de Ticha BeAv, jour de deuil pour le peuple juif, celui où nous pleurons la destruction des deux Temples de Jérusalem, j’ai fait un songe d’une rare intensité . 






Il ne ressemblait pas à une vision de puissance ou de victoire, mais à une image de paix si forte qu’elle m’a poursuivi jusqu’au réveil. J’ai vu le Troisième Temple élevé avec l’assentiment des nations.


Comme si, pour la première fois dans l’histoire, les peuples avaient choisi de reconnaître qu’il existe des lieux qui dépassent les intérêts des hommes et appartiennent au patrimoine spirituel de l’humanité.


Et dans ce songe, il y avait Hiram, roi de Tyr, et les cèdres du Liban qui ont fait l’ossature et la charpente du Temple, peut être représenté par ce Général Aoun, le nouveau Président. Non comme de simples souvenirs d’un passé lointain, mais comme les signes d’une alliance ancienne entre Israël et les nations. 


Les charpentes faites de bois de cèdre,  parfumées, semblaient revenir vers Jérusalem comme au temps de Salomon, lorsque le bois des montagnes du Nord furent apporté pour élever la nouvelle Maison de l’Éternel.


Cette image m’a ramené aux paroles du prophète Isaie : « Ma maison sera appelée maison de prière pour tous les peuples. » Non pas une maison de prière pour Israël seul, mais pour tous les peuples.  Formule vertigineuse qui place le Temple juif au cœur d’une vocation universelle sans jamais effacer son identité propre.


Ce serait la reconnaissance, par les nations elles-mêmes, que ce lieu appartient à l’histoire spirituelle du monde autant qu’à l’histoire d’Israël.


Le Premier Temple portait déjà cette vocation. Lorsque Salomon le consacra, il pria non seulement pour Israël, mais aussi pour l’étranger venu d’un pays lointain, afin que sa prière soit également entendue et que tous les peuples connaissent le Nom de l’Éternel. 


Dès son origine, le Temple n’était donc pas conçu comme un sanctuaire fermé sur lui-même, mais comme un point de rencontre entre Dieu et l’humanité. Cette vocation universelle n’effaçait pas la singularité d’Israël. Au contraire, elle la confirmait. Le peuple d’Israël demeurait le gardien d’une alliance particulière appelée à devenir une bénédiction pour toutes les nations.


 C’est cette alliance entre l’élection et l’universalité qui donne au Temple sa dimension unique. La réalité contemporaine semble pourtant à l’opposé de ce rêve. Le mont du Temple est aujourd’hui l’un des lieux les plus disputés de la planète, chargé de mémoires, de blessures et de revendications qui s’affrontent. Imaginer un accord universel paraît presque irréel. 





C’est aussi la responsabilité du tout petit peuple d’Israël de rassembler tout ce qui est épars dans ce monde, et d’appliquer l’exemple d’Abraham qui accueillait l’autre, l’étranger sous sa tente  de lire et relire Emmanuel Levinas … «  Le visage de l’autre m’oblige » et qui pousse l’Amour en avant de toutes les valeurs.


Les prophètes n’ont jamais présenté cette espérance comme une simple poésie. Isaïe et Michée annoncent un temps où les nations monteront ensemble vers la montagne de l’Éternel pour apprendre Ses voies. 


Alors, les épées deviendront des socs de charrue et les lances des serpes. Cette phrase célèbre issue des prophéties d’Isaï et qui a été gravée dans le marbre devant le siège de l’ONU à New York. Ce ne sera pas une paix imposée par la peur ou l’équilibre des armes, mais une paix née d’une transformation intérieure des hommes.


En ce jour de Ticha BeAv, mon songe m’a rappelé que la reconstruction la plus difficile n’est peut-être pas celle des pierres, mais celle des consciences. 


Un Temple élevé dans la concorde ne signifierait pas seulement la renaissance d’un édifice ; il témoignerait que les nations ont enfin reconnu la profondeur du lien qui unit le peuple juif à Jérusalem et compris que cette histoire particulière porte une espérance qui dépasse Israël lui-même.


Et pourtant, dans cette vision, il y avait aussi la mémoire des matériaux : les cèdres du Liban, le bronze, l’or, les mains des ouvriers, des Cohanim qui répètent à l’envi les gestes ancestraux des artisans sacrés, dans un atelier proche du Mont du Temple à Jérusalem.


Comme si le rêve rappelait que la sainteté n’a jamais méprisé la matière, mais qu’elle l’ordonne et la transfigure. Hiram et les cèdres devenaient alors les témoins d’une paix où les nations ne seraient pas abolies, mais appelées à contribuer à l’édifice commun. A ce jour, les soixante dix nations n’y sont pas prêtes, et l’ombre menaçante d’Amalek siège et conduit toujours les nations, jalouses dans la haine d’Israël qui renait à chaque génération.


Peut-être est-ce cela que les prophètes voulaient transmettre : la paix véritable ne se construit pas uniquement dans les chancelleries ou les négociations politiques. Elle naît d’abord dans le cœur des hommes, lorsqu’ils apprennent à reconnaître le caractère sacré de l’histoire de l’autre sans renoncer à la leur.


Ce matin, 9 de Av, en ouvrant les yeux, je ne savais pas si ce songe annonçait un avenir ou exprimait simplement un désir profond.  Mais en ce jour où le peuple juif pleure ses Temples disparus, j’ai voulu croire qu’un jour Jérusalem pourrait devenir, selon les mots d’Isaïe, une véritable maison de prière pour tous les peuples, et que les cèdres d'Hiram, eux aussi, y trouveraient encore leur place.

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