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dimanche 11 octobre 2026

Macron humilié par Abbas. JBCH N° 2610 - 237

Éditorial



Macron humilié par Abbas

Il fallait s’y attendre : la France joue toujours perdante quand il s’agit d’Israël


JBCH Réflexions N° 237.                                                        11 Octobre 2026

Un an après avoir reconnu l’État de Palestine sur la foi de ses promesses écrites, Paris apprend par une simple lettre que les élections palestiniennes sont, une fois de plus, reportées. 

Mahmoud Abbas n’a même pas pris la peine d’attendre la fin de la comédie.

La scène a quelque chose de cruel. Le 8 octobre, Hussein al-Cheikh, numéro deux de l’Autorité palestinienne, écrit au ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. 

Le message tient en une phrase : les conditions politiques, sécuritaires et économiques nécessaires à la tenue des élections « ne sont pas réunies ». 

Deux jours plus tard, Mahmoud Abbas signe le décret. Les législatives prévues le 28 novembre 2026 sont annulées, remplacées par des élections présidentielle et législatives fixées au 11 septembre 2027.

Paris, qui avait fait de ces élections la preuve vivante de la bonne foi palestinienne, est prévenu par courrier, comme un fournisseur dont on décale la livraison.





Vingt ans de promesses

2005Mahmoud Abbas est élu pour un mandat de quatre ans. C’est la dernière élection présidentielle palestinienne.
2006Dernières législatives, remportées par le Hamas. L’année suivante, il chasse le Fatah de Gaza par les armes.
2021Abbas convoque des élections, puis les annule à quelques semaines du scrutin.
Juin 2025Dans sa lettre à Emmanuel Macron, il promet des élections dans l’année suivant la fin de la guerre.
Septembre 2025À la tribune de l’ONU, la France reconnaît l’État de Palestine.
10 octobre 2026Nouveau report, à septembre 2027.
« Depuis plus de vingt ans, Abbas vend la même chose : des mensonges. »
— Gideon Saar, ministre israélien des Affaires étrangères

Le prétexte habituel

Le décret invoque, comme toujours, l’occupation, les colonies, les incursions israéliennes. Israël serait responsable de l’impossibilité de voter. Gideon Saar a balayé l’argument : un « mensonge ridicule » destiné à fuir toute responsabilité. Il a traité Abbas de « dictateur corrompu » qui a « une fois de plus trompé la communauté internationale », et rappelé que les autres promesses faites à Paris, la fin des allocations aux familles de terroristes et de l’incitation à la haine dans les manuels scolaires, restent lettre morte.

Le plus frappant est ailleurs : ce report ne surprend personne. Ni à Jérusalem, ni à Ramallah, ni dans les chancelleries. Sauf, semble-t-il, à l’Élysée.





La France, perdante à chaque coup

Emmanuel Macron a cru pouvoir acheter un processus avec un symbole. Il a donné d’avance la seule chose que la France avait à offrir, la reconnaissance, contre des engagements sans calendrier ni contrôle. 

Il ne lui reste aujourd’hui aucun levier : on ne retire pas une reconnaissance. Abbas le sait, et il en tire la seule conclusion logique : il n’a plus rien à prouver à Paris.

C’est le drame de la diplomatie française au Proche-Orient. À force de vouloir peser contre Israël, elle ne pèse plus sur personne. 

Israël la tient pour hostile, les Palestiniens pour acquise, Washington pour inutile. Elle multiplie les gestes et ne recueille que des camouflets.

Un président qui reconnaît un État sur parole, puis apprend par lettre que la parole ne vaut rien, ne fait pas de la diplomatie : il fait de la figuration. La France méritait mieux que ce rôle.

© JBCH Octobre 2026 

Source : JNS, « Abbas issues decree to postpone Palestinian election », 10 octobre 2026 ; Reuters (9 octobre 2026) ; agence WAFA.

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