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dimanche 11 octobre 2026

Pas de génocide .à Gaza .. JBCH N° 2610 - 238





Éditorial · Réfléchissez, il est encore temps

JBCH Réflexions N° 238                                   11 Octobre  2026

Gaza : le poids d’un mot


Trois ans de « génocide » sans un seul juge pour le prononcer

J'ai créé ce blog pour compenses à toute petite échelle ce que tous les médias annoncent sans vérification par simple facilité qui elle pousse à l'antisémitisme ... On commence par des mots et on finit par tuer ... les juifs !

Le mot a surgi avant même la riposte israélienne. Trois ans plus tard, il s’est installé partout : dans les cortèges, les universités, les rédactions. Partout, sauf là où il a un sens : devant un tribunal.

Le mot a précédé la guerre. Le 7 octobre 2023, alors que le monde découvre le pogrom du Hamas, 1 200 morts, 251 otages, « génocide » circule déjà sur les réseaux sociaux. 

Mais ce n’est pas pour qualifier le massacre des Israéliens : c’est pour accuser Israël, qui n’a encore rien fait.

8 octobre 2023. À Times Square, des manifestants brandissent « Zionism is genocide ».
9 octobre. Israël annonce un siège de Gaza ; Nicolas Maduro proclame aussitôt le début d’un « génocide ».
13 octobre. Un universitaire américain parle de « cas d’école » dans une revue militante.
27 octobre. L’offensive terrestre israélienne commence. Le verdict, lui, était rendu depuis trois semaines.

Comme le montre une enquête du Point signée Géraldine Woessner, la qualification s’est imposée avec une rapidité stupéfiante, au point que la contester revient aujourd’hui à passer pour complice de la « barbarie » israélienne.


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Un crime qui n’existe qu’en droit

Le génocide n’est pas un mot d’indignation, c’est une qualification juridique précise. La Convention des Nations unies de 1948 le définit par une série d’actes commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel. 

Sans cette intention prouvée, les tueries de masse relèvent d’autres crimes : crimes de guerre, crimes contre l’humanité. Et seul un juge peut constater un génocide.

Or aucun juge ne l’a fait. Une commission d’enquête de l’ONU et l’Association internationale des chercheurs sur le génocide l’ont affirmé en 2025, mais ce ne sont pas des juridictions. 

Quant aux pétitions d’universitaires, elles sont signées, rappelle le juriste Yann Jurovics, ancien de la Cour pénale internationale et des tribunaux pour le Rwanda et l’ex-Yougoslavie, par des gens qui sont pour la plupart spécialistes d’autre chose.

Soit l’intention existe et il y a génocide, soit elle n’existe pas.

Ce que les deux cours ont réellement dit

La Cour pénale internationaleElle juge des individus. En novembre 2024, elle a émis des mandats d’arrêt contre Benyamin Netanyahou et Yoav Gallant pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Pas pour génocide. Son procureur a expliqué qu’il ne cédait pas à la pression de l’opinion : tout dépend des preuves.
La Cour internationale de justiceSaisie par l’Afrique du Sud fin 2023, elle a ordonné en janvier 2024 des mesures conservatoires d’urgence, qui ne préjugent pas du fond. La presse mondiale en a tiré un « risque plausible de génocide ». Sa présidente d’alors, Joan Donoghue, a dû corriger publiquement ce contresens. Le jugement sur le fond n’est pas attendu avant 2030.

Une condamnation d’Israël reste possible, mais sur un autre terrain : l’article III de la Convention punit l’« incitation directe et publique ». Si des déclarations de responsables israéliens étaient jugées constitutives de ce délit, Israël pourrait être condamné pour ne pas les avoir poursuivies. Ce ne serait pas un constat de génocide. On devine pourtant déjà les titres.

Pour les spécialistes, une condamnation pour génocide reste peu probable. L’argument de Yann Jurovics est simple : si une armée aussi sophistiquée avait reçu l’ordre de détruire un groupe, elle l’aurait fait. Tout ce qui s’est passé à Gaza est horrible, dit-il, mais cela ne correspond pas à un plan d’extermination.


Pourquoi ce mot, et pourquoi contre Israël

L’historien Joël Kotek, de l’Université libre de Bruxelles, rappelle que le 7 octobre fut, lui, un massacre volontaire de civils : hommes, femmes et bébés, prémédité et systématique : hors les otages, tous ceux qui étaient à portée de balle ont été tués. 

Il ne nie ni la gravité de la guerre à Gaza, ni la souffrance réelle des gazaouis. Mais il s’interroge sur l’usage obsessionnel du mot « génocide » dès qu’il s’agit d’Israël. 

Cette accusation, souligne-t-il, n’est jamais neutre lorsqu’elle vise l’État juif.

Car c’est bien là le cœur de l’affaire. Accuser de génocide le peuple qui a subi la Shoah, c’est l’inversion suprême : faire des descendants des victimes les héritiers des bourreaux. 

Le mot ne décrit pas Gaza. Il désigne Israël comme le mal absolu, et rend la haine des Juifs respectable.

On peut pleurer les morts de Gaza, dénoncer des crimes de guerre, exiger des comptes. 
Mais le génocide est une accusation trop grave pour être lancée avant la guerre, sans preuve, et sans juge. Ceux qui l’ont fait le savaient.

© JBCH Octobre 2026 

D’après Géraldine Woessner, « Gaza : le poids du mot “génocide” », Le Point, 8 octobre 2026 (série « Gaza, failles médiatiques », 3/3).

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