Gaza : le poids d’un mot
Trois ans de « génocide » sans un seul juge pour le prononcer
J'ai créé ce blog pour compenses à toute petite échelle ce que tous les médias annoncent sans vérification par simple facilité qui elle pousse à l'antisémitisme ... On commence par des mots et on finit par tuer ... les juifs !
Le mot a surgi avant même la riposte israélienne. Trois ans plus tard, il s’est installé partout : dans les cortèges, les universités, les rédactions. Partout, sauf là où il a un sens : devant un tribunal.
Le mot a précédé la guerre. Le 7 octobre 2023, alors que le monde découvre le pogrom du Hamas, 1 200 morts, 251 otages, « génocide » circule déjà sur les réseaux sociaux.
Mais ce n’est pas pour qualifier le massacre des Israéliens : c’est pour accuser Israël, qui n’a encore rien fait.
Comme le montre une enquête du Point signée Géraldine Woessner, la qualification s’est imposée avec une rapidité stupéfiante, au point que la contester revient aujourd’hui à passer pour complice de la « barbarie » israélienne.
Un crime qui n’existe qu’en droit
Le génocide n’est pas un mot d’indignation, c’est une qualification juridique précise. La Convention des Nations unies de 1948 le définit par une série d’actes commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel.
Sans cette intention prouvée, les tueries de masse relèvent d’autres crimes : crimes de guerre, crimes contre l’humanité. Et seul un juge peut constater un génocide.
Or aucun juge ne l’a fait. Une commission d’enquête de l’ONU et l’Association internationale des chercheurs sur le génocide l’ont affirmé en 2025, mais ce ne sont pas des juridictions.
Quant aux pétitions d’universitaires, elles sont signées, rappelle le juriste Yann Jurovics, ancien de la Cour pénale internationale et des tribunaux pour le Rwanda et l’ex-Yougoslavie, par des gens qui sont pour la plupart spécialistes d’autre chose.
Soit l’intention existe et il y a génocide, soit elle n’existe pas.
Ce que les deux cours ont réellement dit
Une condamnation d’Israël reste possible, mais sur un autre terrain : l’article III de la Convention punit l’« incitation directe et publique ». Si des déclarations de responsables israéliens étaient jugées constitutives de ce délit, Israël pourrait être condamné pour ne pas les avoir poursuivies. Ce ne serait pas un constat de génocide. On devine pourtant déjà les titres.
Pour les spécialistes, une condamnation pour génocide reste peu probable. L’argument de Yann Jurovics est simple : si une armée aussi sophistiquée avait reçu l’ordre de détruire un groupe, elle l’aurait fait. Tout ce qui s’est passé à Gaza est horrible, dit-il, mais cela ne correspond pas à un plan d’extermination.
Pourquoi ce mot, et pourquoi contre Israël
L’historien Joël Kotek, de l’Université libre de Bruxelles, rappelle que le 7 octobre fut, lui, un massacre volontaire de civils : hommes, femmes et bébés, prémédité et systématique : hors les otages, tous ceux qui étaient à portée de balle ont été tués.
Il ne nie ni la gravité de la guerre à Gaza, ni la souffrance réelle des gazaouis. Mais il s’interroge sur l’usage obsessionnel du mot « génocide » dès qu’il s’agit d’Israël.
Cette accusation, souligne-t-il, n’est jamais neutre lorsqu’elle vise l’État juif.
Car c’est bien là le cœur de l’affaire. Accuser de génocide le peuple qui a subi la Shoah, c’est l’inversion suprême : faire des descendants des victimes les héritiers des bourreaux.
Le mot ne décrit pas Gaza. Il désigne Israël comme le mal absolu, et rend la haine des Juifs respectable.
© JBCH Octobre 2026
D’après Géraldine Woessner, « Gaza : le poids du mot “génocide” », Le Point, 8 octobre 2026 (série « Gaza, failles médiatiques », 3/3).





















