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dimanche 11 octobre 2026

Pas de génocide .à Gaza .. JBCH N° 2610 - 238





Éditorial · Réfléchissez, il est encore temps

JBCH Réflexions N° 238                                   11 Octobre  2026

Gaza : le poids d’un mot


Trois ans de « génocide » sans un seul juge pour le prononcer

J'ai créé ce blog pour compenses à toute petite échelle ce que tous les médias annoncent sans vérification par simple facilité qui elle pousse à l'antisémitisme ... On commence par des mots et on finit par tuer ... les juifs !

Le mot a surgi avant même la riposte israélienne. Trois ans plus tard, il s’est installé partout : dans les cortèges, les universités, les rédactions. Partout, sauf là où il a un sens : devant un tribunal.

Le mot a précédé la guerre. Le 7 octobre 2023, alors que le monde découvre le pogrom du Hamas, 1 200 morts, 251 otages, « génocide » circule déjà sur les réseaux sociaux. 

Mais ce n’est pas pour qualifier le massacre des Israéliens : c’est pour accuser Israël, qui n’a encore rien fait.

8 octobre 2023. À Times Square, des manifestants brandissent « Zionism is genocide ».
9 octobre. Israël annonce un siège de Gaza ; Nicolas Maduro proclame aussitôt le début d’un « génocide ».
13 octobre. Un universitaire américain parle de « cas d’école » dans une revue militante.
27 octobre. L’offensive terrestre israélienne commence. Le verdict, lui, était rendu depuis trois semaines.

Comme le montre une enquête du Point signée Géraldine Woessner, la qualification s’est imposée avec une rapidité stupéfiante, au point que la contester revient aujourd’hui à passer pour complice de la « barbarie » israélienne.


La Honte ... Elle a eu le Prix Nobel de la Paix !


Un crime qui n’existe qu’en droit

Le génocide n’est pas un mot d’indignation, c’est une qualification juridique précise. La Convention des Nations unies de 1948 le définit par une série d’actes commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel. 

Sans cette intention prouvée, les tueries de masse relèvent d’autres crimes : crimes de guerre, crimes contre l’humanité. Et seul un juge peut constater un génocide.

Or aucun juge ne l’a fait. Une commission d’enquête de l’ONU et l’Association internationale des chercheurs sur le génocide l’ont affirmé en 2025, mais ce ne sont pas des juridictions. 

Quant aux pétitions d’universitaires, elles sont signées, rappelle le juriste Yann Jurovics, ancien de la Cour pénale internationale et des tribunaux pour le Rwanda et l’ex-Yougoslavie, par des gens qui sont pour la plupart spécialistes d’autre chose.

Soit l’intention existe et il y a génocide, soit elle n’existe pas.

Ce que les deux cours ont réellement dit

La Cour pénale internationaleElle juge des individus. En novembre 2024, elle a émis des mandats d’arrêt contre Benyamin Netanyahou et Yoav Gallant pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Pas pour génocide. Son procureur a expliqué qu’il ne cédait pas à la pression de l’opinion : tout dépend des preuves.
La Cour internationale de justiceSaisie par l’Afrique du Sud fin 2023, elle a ordonné en janvier 2024 des mesures conservatoires d’urgence, qui ne préjugent pas du fond. La presse mondiale en a tiré un « risque plausible de génocide ». Sa présidente d’alors, Joan Donoghue, a dû corriger publiquement ce contresens. Le jugement sur le fond n’est pas attendu avant 2030.

Une condamnation d’Israël reste possible, mais sur un autre terrain : l’article III de la Convention punit l’« incitation directe et publique ». Si des déclarations de responsables israéliens étaient jugées constitutives de ce délit, Israël pourrait être condamné pour ne pas les avoir poursuivies. Ce ne serait pas un constat de génocide. On devine pourtant déjà les titres.

Pour les spécialistes, une condamnation pour génocide reste peu probable. L’argument de Yann Jurovics est simple : si une armée aussi sophistiquée avait reçu l’ordre de détruire un groupe, elle l’aurait fait. Tout ce qui s’est passé à Gaza est horrible, dit-il, mais cela ne correspond pas à un plan d’extermination.


Pourquoi ce mot, et pourquoi contre Israël

L’historien Joël Kotek, de l’Université libre de Bruxelles, rappelle que le 7 octobre fut, lui, un massacre volontaire de civils : hommes, femmes et bébés, prémédité et systématique : hors les otages, tous ceux qui étaient à portée de balle ont été tués. 

Il ne nie ni la gravité de la guerre à Gaza, ni la souffrance réelle des gazaouis. Mais il s’interroge sur l’usage obsessionnel du mot « génocide » dès qu’il s’agit d’Israël. 

Cette accusation, souligne-t-il, n’est jamais neutre lorsqu’elle vise l’État juif.

Car c’est bien là le cœur de l’affaire. Accuser de génocide le peuple qui a subi la Shoah, c’est l’inversion suprême : faire des descendants des victimes les héritiers des bourreaux. 

Le mot ne décrit pas Gaza. Il désigne Israël comme le mal absolu, et rend la haine des Juifs respectable.

On peut pleurer les morts de Gaza, dénoncer des crimes de guerre, exiger des comptes. 
Mais le génocide est une accusation trop grave pour être lancée avant la guerre, sans preuve, et sans juge. Ceux qui l’ont fait le savaient.

© JBCH Octobre 2026 

D’après Géraldine Woessner, « Gaza : le poids du mot “génocide” », Le Point, 8 octobre 2026 (série « Gaza, failles médiatiques », 3/3).

Macron humilié par Abbas. JBCH N° 2610 - 237

Éditorial



Macron humilié par Abbas

Il fallait s’y attendre : la France joue toujours perdante quand il s’agit d’Israël


JBCH Réflexions N° 237.                                                        11 Octobre 2026

Un an après avoir reconnu l’État de Palestine sur la foi de ses promesses écrites, Paris apprend par une simple lettre que les élections palestiniennes sont, une fois de plus, reportées. 

Mahmoud Abbas n’a même pas pris la peine d’attendre la fin de la comédie.

La scène a quelque chose de cruel. Le 8 octobre, Hussein al-Cheikh, numéro deux de l’Autorité palestinienne, écrit au ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. 

Le message tient en une phrase : les conditions politiques, sécuritaires et économiques nécessaires à la tenue des élections « ne sont pas réunies ». 

Deux jours plus tard, Mahmoud Abbas signe le décret. Les législatives prévues le 28 novembre 2026 sont annulées, remplacées par des élections présidentielle et législatives fixées au 11 septembre 2027.

Paris, qui avait fait de ces élections la preuve vivante de la bonne foi palestinienne, est prévenu par courrier, comme un fournisseur dont on décale la livraison.





Vingt ans de promesses

2005Mahmoud Abbas est élu pour un mandat de quatre ans. C’est la dernière élection présidentielle palestinienne.
2006Dernières législatives, remportées par le Hamas. L’année suivante, il chasse le Fatah de Gaza par les armes.
2021Abbas convoque des élections, puis les annule à quelques semaines du scrutin.
Juin 2025Dans sa lettre à Emmanuel Macron, il promet des élections dans l’année suivant la fin de la guerre.
Septembre 2025À la tribune de l’ONU, la France reconnaît l’État de Palestine.
10 octobre 2026Nouveau report, à septembre 2027.
« Depuis plus de vingt ans, Abbas vend la même chose : des mensonges. »
— Gideon Saar, ministre israélien des Affaires étrangères

Le prétexte habituel

Le décret invoque, comme toujours, l’occupation, les colonies, les incursions israéliennes. Israël serait responsable de l’impossibilité de voter. Gideon Saar a balayé l’argument : un « mensonge ridicule » destiné à fuir toute responsabilité. Il a traité Abbas de « dictateur corrompu » qui a « une fois de plus trompé la communauté internationale », et rappelé que les autres promesses faites à Paris, la fin des allocations aux familles de terroristes et de l’incitation à la haine dans les manuels scolaires, restent lettre morte.

Le plus frappant est ailleurs : ce report ne surprend personne. Ni à Jérusalem, ni à Ramallah, ni dans les chancelleries. Sauf, semble-t-il, à l’Élysée.





La France, perdante à chaque coup

Emmanuel Macron a cru pouvoir acheter un processus avec un symbole. Il a donné d’avance la seule chose que la France avait à offrir, la reconnaissance, contre des engagements sans calendrier ni contrôle. 

Il ne lui reste aujourd’hui aucun levier : on ne retire pas une reconnaissance. Abbas le sait, et il en tire la seule conclusion logique : il n’a plus rien à prouver à Paris.

C’est le drame de la diplomatie française au Proche-Orient. À force de vouloir peser contre Israël, elle ne pèse plus sur personne. 

Israël la tient pour hostile, les Palestiniens pour acquise, Washington pour inutile. Elle multiplie les gestes et ne recueille que des camouflets.

Un président qui reconnaît un État sur parole, puis apprend par lettre que la parole ne vaut rien, ne fait pas de la diplomatie : il fait de la figuration. La France méritait mieux que ce rôle.

© JBCH Octobre 2026 

Source : JNS, « Abbas issues decree to postpone Palestinian election », 10 octobre 2026 ; Reuters (9 octobre 2026) ; agence WAFA.

Darius Milhaud. JBCH N° 2610 - 236



Musique · Portraits

JBCJ Réflexions N° 236                11 Octobre 2026

Darius Milhaud (1892-1974)

Le Provençal universel

Juif du Comtat, ami de Claudel, enfant terrible du Groupe des Six, passeur du jazz et de la samba, maître de Dave Brubeck et de Steve Reich : Darius Milhaud a fait chanter la Provence à toute la planète, sans jamais renier ses racines.

443numéros d’opus
18quatuors à cordes
12symphonies

Une enfance sous les oliviers

Darius Milhaud naît le 4 septembre 1892 à Marseille, dans une famille juive provençale installée depuis des siècles dans le Comtat Venaissin, ces terres pontificales où les « Juifs du pape » vécurent à l’abri de l’expulsion. Son père, Gabriel, est négociant en amandes ; sa mère, Sophie Allatini, vient d’une famille juive d’origine italienne. La famille s’installe très tôt à Aix-en-Provence, où l’enfant grandit entre les oliviers, la lumière du Midi et les parfums de la garrigue. Cette terre restera la matrice de toute son œuvre.

« Je suis un Français de Provence et de religion israélite. »— Darius Milhaud, première phrase de ses mémoires

Bercé de musique dès trois ans, il apprend le violon et joue bientôt en quatuor avec des amis de la famille. Au lycée d’Aix, il se lie avec le poète Léo Latil, premier d’une longue lignée de complices littéraires, qui tombera en 1915. Toute sa vie, Milhaud souffrira d’une polyarthrite rhumatoïde sévère qui finira par le clouer dans un fauteuil roulant. Il trouvera dans la création un refuge, et une force.




Paris, le Brésil et le Groupe des Six

En 1909, il entre au Conservatoire de Paris, où il étudie notamment auprès d’André Gédalge et de Charles-Marie Widor, et y rencontre Arthur Honegger et Jacques Ibert. Surtout, il se lie avec Paul Claudel, qui sera son compagnon d’écriture pendant des décennies. Lorsque Claudel est nommé ministre plénipotentiaire de France au Brésil en 1917, il emmène Milhaud comme secrétaire. Rio est une révélation : les rythmes brésiliens, le tango, la samba et le choro imprègnent pour toujours sa langue musicale. Il en rapporte Le Bœuf sur le toit (1919-1920) et les Saudades do Brasil (1920).

De retour à Paris, il participe à l’aventure du « Groupe des Six », réuni autour de Jean Cocteau et d’Erik Satie, avec Poulenc, Auric, Honegger, Durey et Germaine Tailleferre. Plus amical qu’esthétique, le groupe prône une musique claire et directe, libérée des brumes wagnériennes et debussystes.

Une œuvre immense

Avec 443 numéros d’opus, Milhaud est l’un des compositeurs les plus prolifiques du siècle. Sa signature : la polytonalité, la superposition de plusieurs tonalités à la fois, qu’il manie avec une aisance et une chaleur toutes méditerranéennes.

Le jazzÀ Harlem, en 1922, il découvre le jazz authentique. Il en tire La Création du monde (1923), ballet fondateur sur un argument de Blaise Cendrars, qui marie la fugue classique et l’esprit du jazz, un an avant la Rhapsody in Blue de Gershwin.
L’opéraLes Malheurs d’Orphée, Christophe Colomb sur un livret de Claudel, Médée, Bolivar : un vaste théâtre lyrique.
La chambre et l’orchestreDix-huit quatuors à cordes, douze symphonies, des concertos pour presque tous les instruments.
La scène et l’écranMusiques de scène et de film pour Claudel, Cocteau, Giraudoux et bien d’autres.


L’exil et la fidélité juive

En 1940, Milhaud, juif, doit fuir la France occupée. Il s’exile aux États-Unis et enseigne au Mills College d’Oakland, en Californie. Parmi ses élèves : le jazzman Dave Brubeck, qui donnera à son fils le prénom de Darius, et Steve Reich, futur père de la musique minimaliste. Après la guerre, il partage sa vie entre la Californie et le Conservatoire de Paris, où il enseigne à partir de 1947.

Le compositeur juif

  • Poèmes juifs (1916) et Chants hébraïques, mélodies sur des textes et des thèmes de la tradition.
  • Esther de Carpentras, opéra-bouffe qui fait revivre les Juifs du Comtat et leur Pourim.
  • Les Prières journalières à l’usage des Juifs du Comtat Venaissin et la Liturgie comtadine, mémoire vivante de sa famille.
  • Service sacré (Avodath Hakodesh), commandé par le Temple Emanu-El de San Francisco, achevé en 1947 et créé en 1949.
  • David, opéra composé pour les trois mille ans de Jérusalem et créé en Israël en 1954.

Darius Milhaud s’éteint à Genève le 22 juin 1974. Il laisse une autobiographie savoureuse, Notes sans musique (1949), devenue Ma vie heureuse. Le titre dit tout : malgré la maladie, l’exil et la guerre, il aura fait de sa vie une fête de la lumière.

Provençal et juif, Français et Américain, classique et jazz, Milhaud n’a jamais vu de contradiction entre ses fidélités. Il a prouvé qu’on peut être universel sans cesser d’être de quelque part.

© JBCH Octobre 2026

samedi 10 octobre 2026

Pourquoi un Consulat de France à Jérusalem ? JBCH 2610 - 235

 



JBCH.  Réflexions.        N° 235                                            10 Octobre 2026


Diplomatie · Réfléchissez, il est encore temps


Le Consulat de France à Jérusalem, une ambassade fantôme auprès de Ramallah




Un « consulat » qui n’en est pas un, sous la coupe directe du Quai d’Orsay


Il porte le nom de consulat, mais fonctionne comme une ambassade auprès de l’Autorité palestinienne. Il ne rend pas compte à l’ambassadeur de France en Israël. Et son histoire récente est jalonnée d’affaires embarrassantes.


À Jérusalem, le Consulat général de France n’est pas un consulat ordinaire. Il ne dépend pas de l’ambassade de France en Israël, installée à Tel Aviv, mais directement du Quai d’Orsay. 

Son ressort couvre Jérusalem, la Cisjordanie et la bande de Gaza. Autrement dit, c’est de fait la représentation de la France auprès de l’Autorité palestinienne, sans en porter le nom.

Cette singularité remonte à l’époque ottomane, quand la France s’était faite protectrice des chrétiens d’Orient et de leurs lieux saints. 

Paris y tient comme à la prunelle de ses yeux : elle traduit sa position selon laquelle le statut de Jérusalem doit être négocié entre les parties, et non tranché par Israël. 

Le consul général n’est donc pas placé sous l’autorité de l’ambassadeur à Tel Aviv, même si les deux postes se coordonnent sur les dossiers israéliens.


Le Consul de France s'annonce !


L’ambassade, à Tel AvivLa relation avec l’État d’Israël : politique, économie, culture, visites officielles.
Le consulat, à JérusalemLe dialogue direct avec les Palestiniens, les écoles et hôpitaux de Jérusalem-Est, les visas pour Gaza et la Cisjordanie, les domaines nationaux français. la garde de monuments confiés depuis l'Empire Ottoman
Une ambassade qui n’ose pas dire son nom, dans une ville dont la France refuse de reconnaître le statut.

Le revers de la singularité




Cette position à part a un prix : elle expose le consulat à toutes les tensions du terrain, et l’affranchit d’une partie des regards. 

Des plaques diplomatiques, des véhicules qui passent les points de contrôle, des personnels locaux, des réseaux anciens : autant de failles possibles pour qui voudrait détourner l’institution.

L’affaire Romain Franck

En mars 2018, le Shin Bet arrête Romain Franck, un Français employé comme chauffeur au consulat. Il est accusé d’avoir utilisé son véhicule diplomatique, moins fouillé aux points de passage, pour faire sortir des armes de la bande de Gaza vers la Cisjordanie : 70 pistolets et deux fusils automatiques, contre rémunération.

En avril 2019, il est condamné par le tribunal de Beer-Sheva à sept ans de prison, après avoir plaidé coupable. Paris assure n’avoir rien su ; l’affaire fait un vif émoi, car elle touche à la fois la sécurité d’Israël et la crédibilité de la France.

D’autres frictions, moins spectaculaires, ont émaillé ces dernières années. La France gère à Jérusalem des domaines nationaux chargés d’histoire, comme l’église Sainte-Anne ou le domaine de l’Éléona sur le mont des Oliviers, qui ont donné lieu à des incidents répétés avec la police israélienne.  

La fille ainée de l'église

Des soupçons ont aussi circulé sur l’usage de liens anciens avec certaines congrégations religieuses. Le consulat a toujours démenti, affirmant ne pas contrôler les activités privées de ses interlocuteurs.

Une diplomatie qui refuse de choisir

Le consulat doit à la fois maintenir la présence française à Jérusalem, protéger les intérêts français, gérer l’humanitaire et la sécurité, et éviter d’être instrumentalisé par des réseaux parallèles. 

Chaque incident tourne à la crise : Israël accuse Paris de fermer les yeux, les arabes reprochent à la France de ne pas en faire assez.


Au fond, ce consulat est le symbole d’une diplomatie française qui prétend ne pas choisir entre Israël et les arabes de Judée Samarie, mais qui, par son architecture même, a déjà choisi : une ambassade de plein exercice auprès de Ramallah, rattachée directement à Paris, et un ambassadeur en Israël tenu à l’écart de Jérusalem. 

Depuis que la France a reconnu l’État fantôme  de "Palestine", la fiction est devenue encore plus voyante.

C’est dans les zones grises entre Tel Aviv et Jérusalem que naissent les affaires les plus délicates. Il serait temps que le Quai d’Orsay assume enfin ce qu’est vraiment son « consulat », et qu’il en rende compte.

© JBCH Octobre 2026 

Sources : Times of Israel, « Israel jails French consulate worker for Gaza gun smuggling » (8 avril 2019) ; Al Jazeera, NBC News (mars 2018).

Le Bluff de Mahmoud Abbas et la stupidité de Macron ! JBCH N° 2026 - 234

 


JBCH Réflexions      N° 234.                                                                 le 10 Octobre 2026

Éditorial · Réfléchissez, il est encore temps

Le bluff de l’Autorité de Ramallah et la crédulité de Macron



Un an après la reconnaissance, l’État fantôme n’a rien tenu

 

On lui avait promis la lune. Emmanuel Macron a signé. Un an plus tard, il ne reste de la grande ouverture de Mahmoud Abbas qu’une lettre, un discours à l’ONU et un silence glacial.

Il y a un peu plus d’un an, une lettre a circulé dans les chancelleries, présentée comme une ouverture historique. Préparée par le Consulat de France à Jérusalem qui dessert l'autorité de Ramallah et signée de Mahmoud Abbas et adressée à Emmanuel Macron, préparée et relayée par le consulat de France à Jérusalem, qui dessert aussi Ramallah, elle était chargée de promesses si grandioses qu’on aurait dit qu’on y offrait la lune : condamnation du 7 octobre, désarmement du Hamas, réforme des allocations versées aux familles de terroristes, élections, État démilitarisé, reconnaissance d’Israël.

Emporté par ce récit, Emmanuel Macron a franchi le pas. En septembre 2025, à la tribune de l’ONU, il a reconnu au nom de la France un "État  palestinien" qui, sur le terrain, n’existe encore que sur le papier, unétat fantôme,  Il voulait entrer dans l’histoire. Il est entré dans une impasse.





Reconnaître un État qui n’existe pas, ce n’est pas faire la paix : c’est signer un chèque sans provision.

 

Le bilan, promesse par promesse

Ce qui avait été promisUn an après
Le désarmement du Hamas et la fin de son rôle politiqueLe Hamas reste armé et contrôle toujours une partie de Gaza
Des élections générales dans l’année suivant la fin de la guerreAucun scrutin ; Mahmoud Abbas, élu en 2005, gouverne toujours
La fin des allocations aux familles de terroristesUne réforme annoncée, dont beaucoup doutent qu’elle ait changé autre chose que l’étiquette
Une gouvernance réformée et transparenteUne Autorité fragile, sans contrôle réel du territoire
La reconnaissance d’Israël et le retour à la négociation directeAucune négociation, aucun geste concret

Le constat est implacable : aucun des engagements de fond prêtés à l’Autorité palestinienne n’a été honoré. La promesse d’un État a accouché d’un silence diplomatique, tandis que la réalité palestinienne reste fracturée entre Ramallah et Gaza, sans élections, sans contrôle réel, sans souveraineté.

Le symbole sans levier

Paris a offert à Ramallah ce qu’elle avait de plus précieux : la reconnaissance. Elle l’a donnée d’avance, sans condition vérifiable, sans calendrier, sans mécanisme de contrôle. C’était la seule carte que la France avait en main ; elle l’a jouée avant le début de la partie. Que peut-elle exiger aujourd’hui ? Rien. On ne retire pas une reconnaissance.

Le plus cruel est ailleurs. En récompensant des promesses plutôt que des actes, la France a envoyé un message limpide : le terrorisme du 7 octobre a fait avancer la cause palestinienne plus vite que trente ans d’Oslo. 

Le Hamas l’a compris. Ceux qui, à Ramallah, auraient pu tenter de vraies réformes ont compris qu’ils n’avaient plus besoin de les faire.





Le bluff et la crédulité

Mahmoud Abbas n’a rien inventé. Il a fait ce qu’il fait depuis vingt ans : promettre à l’Occident ce que l’Occident veut entendre, sachant qu’on ne lui demandera jamais de comptes. 

Le bluff ne fonctionne que face à un joueur qui veut y croire. Emmanuel Macron voulait y croire. Il voulait son geste historique, sa photo à New York, sa place dans les livres.

Il reste une diplomatie française affaiblie, minable, une crédibilité entamée auprès d’Israël, et des arabes de Judée Samarie qui ne sont pas plus libres, pas mieux gouvernés, pas plus proches de la paix.

À quoi sert de reconnaître un État qui n’existe pas, sinon à nourrir l’illusion et à affaiblir la crédibilité de ceux qui prétendent faire la paix ? Un an après, la question reste posée. Et l’Élysée n’a toujours pas de réponse.

© JBCH.   Octobre 2026 

Tabacs et Chinois à Paris ! JBCH N° 223


Société · Commerce



Des bougnats aux Wenzhou : 

qui tient les bureaux de tabac ?



JBCH Réflexions.   N°  223 10 Octobre 2026

Le comptoir change de mains, pas de fonction

En Île-de-France, près d’un tabac sur deux serait aujourd’hui tenu par des Français d’origine chinoise. Ni complot, ni invasion : une histoire très française de relève, de travail et de solidarité familiale, que les Auvergnats avaient écrite avant eux.

~40 %des tabacs franciliens tenus par des familles d’origine asiatique
~23 000buralistes en France
80-90 %des bars-tabacs parisiens tenus par des « bougnats » jusqu’aux années 1980

Poussez la porte d’un bureau de tabac à Paris ou en petite couronne : il y a de fortes chances que la famille derrière le comptoir soit originaire de Wenzhou, dans le sud-est de la Chine. Selon les estimations, environ 40 % des tabacs d’Île-de-France sont désormais tenus par des personnes d’origine asiatique, parfois 45 % ou davantage selon les sources, et jusqu’aux trois quarts dans certains secteurs. À l’échelle nationale, aucune statistique officielle ne le mesure, mais la tendance est nette et gagne la province : Charente, Loir-et-Cher, Montargis, Reims.

Le phénomène intrigue, parfois inquiète. Il mérite mieux que les fantasmes : une explication.




Hier l’Aveyron, aujourd’hui Wenzhou : le comptoir parisien a toujours été une affaire de familles venues d’ailleurs.

Une histoire qui se répète

Jusque dans les années 1980, 80 à 90 % des bars-tabacs parisiens appartenaient aux « bougnats », ces Auvergnats et Aveyronnais montés à Paris, qui vendaient d’abord du charbon et du vin avant de régner sur les zincs de la capitale. Ils avaient leurs réseaux, leurs prêts entre « pays », leur endurance au travail. La communauté wenzhou reproduit, à quarante ans de distance, exactement le même schéma.





Cinq raisons d’un basculement



1

La relève manque. Les enfants des bougnats et des buralistes traditionnels ne veulent plus du métier : douze à quatorze heures par jour, six ou sept jours sur sept, debout, face à une clientèle parfois difficile. Les fonds se vendent, et les repreneurs se font rares.

2

Une culture du travail et de l’épargne. Arrivés en nombre à partir des années 1980 dans la restauration, l’import-export et la maroquinerie, les Wenzhou ont transmis à leurs enfants nés en France une forte capacité de travail et d’entraide familiale.



3

Un financement familial. Hier les tontines, ces prêts solidaires sans intérêt que pratiquaient aussi les Auvergnats ; aujourd’hui surtout un apport familial de 40 à 50 % du prix, complété par un crédit bancaire. Un fonds coûte de 200 000 € à plus de 3 millions selon l’emplacement.

4

Un commerce prévisible. Pas de diplôme exigé, pas de denrées périssables. Le tabac, monopole d’État aux commissions fixées, les jeux de la FDJ et du PMU et la presse assurent une trésorerie régulière, plus sûre que la restauration.

5

Le bouche-à-oreille. Quand quelques familles réussissent, les autres suivent : c’est le « mimétisme commercial ». Le mouvement, parti de la région parisienne dans les années 2000, a représenté par moments la moitié des transactions.




Ce qu’il faut savoir

  • Ce sont des Français. Pour gérer un bureau de tabac, il faut être de nationalité française ou ressortissant de l’Union européenne. Il s’agit en majorité de la deuxième génération, née en France.
  • Des soupçons ont circulé. Des financements occultes ou du blanchiment ont été évoqués, et les Douanes vérifient l’origine des fonds. Les professionnels insistent sur la légalité croissante des montages et sur un travail bien réel.
  • La génération suivante se banalise. Les tontines reculent, les crédits bancaires classiques prennent le relais.

Une leçon d’intégration

Ce que racontent ces bureaux de tabac, c’est moins une conquête qu’un vide. Un métier exigeant, déserté par ceux qui l’exerçaient, repris par ceux qui acceptent ses contraintes, mobilisent l’épargne familiale et ne comptent pas leurs heures. 




C’est ainsi que les Auvergnats, les Italiens, les Juifs d’Afrique du Nord ou les Portugais ont, chacun en leur temps, trouvé leur place dans l’économie française.

On peut regretter la disparition du bistrot d’antan. On ne peut pas reprocher à d’autres d’avoir repris ce que plus personne ne voulait tenir. La vraie question n’est pas « pourquoi eux ? », mais « pourquoi plus nous ? ».

Le bureau de tabac reste ce qu’il a toujours été : le dernier commerce du coin de la rue, ouvert avant tout le monde et fermé après tout le monde. 
Ceux qui en tiennent la clé aujourd’hui ne font que perpétuer une très vieille tradition française.

JBCH