Les Négociations à Genève :
Une Partie d’Échecs Géopolitique entre l’Iran, les États-Unis et Israël
Le 17 février 2026 marque une journée cruciale dans les tensions au Moyen-Orient. À Genève, les délégations iranienne et américaine ont conclu une deuxième ronde de négociations indirectes sur le programme nucléaire de Téhéran, médiées par Oman. Selon des sources officielles, des progrès ont été réalisés, avec un accord sur des “principes directeurs” pour un potentiel accord.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a qualifié les discussions de “constructives et positives”, indiquant un chemin plus clair vers un accord, bien que du travail reste à faire. Du côté américain, des responsables ont confirmé des avancées, mais soulignent que des propositions détaillées de l’Iran sont attendues dans les deux prochaines semaines pour combler les écarts persistants.
Pourtant, ce tableau optimiste masque une réalité plus sombre. Le régime iranien semble jouer la montre, utilisant ces pourparlers pour gagner du temps face à une administration Trump déterminée à imposer des concessions drastiques. Les négociateurs iraniens, habiles et rompus aux tactiques dilatoires, espèrent embrouiller leurs homologues américains, comme l’a suggéré le récit initial. Les États-Unis, initialement confiants en des résultats rapides, commencent à percevoir la duplicité de Téhéran.
Trump a fixé un délai d’un mois pour un accord, avertissant que sans cela, l’Iran fera face à un “très mauvais jour”. Cette rhétorique n’est pas vaine : l’armada américaine se renforce dans la région, avec l’envoi d’un deuxième porte-avions, le USS Gerald R. Ford, rejoignant le USS Abraham Lincoln, accompagné de milliers de troupes, d’avions de chasse et de destroyers lance-missiles.
Pendant ce temps, la rue iranienne bouillonne à nouveau. Les émeutes, brutalement réprimées en janvier 2026 avec plus de 36 500 morts – l’un des épisodes les plus sanglants de l’histoire moderne – reviennent hanter le régime. Aujourd’hui, marquant les 40 jours depuis le massacre, des cérémonies rivales opposent familles endeuillées et autorités. Les forces de sécurité ont ouvert le feu et imposé des coupures internet pour étouffer les commémorations indépendantes.
À l’étranger, la diaspora iranienne organise des rallies massifs, comme à Munich où 100 000 personnes ont défilé pour exiger un changement de régime. Ces mouvements, nés d’une crise économique aggravée par les sanctions, ont évolué en contestation politique profonde contre la théocratie. Le Guide suprême Khamenei tente de diviser les victimes en “martyrs” (forces de sécurité et civils innocents) et “émeutiers corrompus”, excluant les leaders des protestations de toute miséricorde.
Au cœur de cette crise, Israël joue un rôle pivotal, souvent perçu comme le “maître du jeu” au Proche-Orient. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, après une rencontre avec Trump, insiste pour que tout accord démantèle intégralement l’infrastructure nucléaire iranienne, expulse tout uranium enrichi et interdise toute capacité d’enrichissement.
Israël refuse que les négociations se limitent au nucléaire, exigeant des limites sur les missiles balistiques et le soutien aux proxies comme le Hezbollah ou les Houthis. La guerre de 12 jours en juin 2025, où Israël et les États-Unis ont bombardé des sites nucléaires iraniens, a affaibli l’axe de résistance iranien, avec la chute du régime Assad en Syrie et des pertes chez les proxies. Trump, soutenant Netanyahu, a indiqué que si les talks échouent, les États-Unis pourraient appuyer des frappes israéliennes, ou même mener des opérations prolongées de plusieurs semaines.
Cette posture militaire n’est pas seulement dissuasive ; elle prépare potentiellement une action directe. Des analystes estiment que le déploiement américain – incluant plus de 50 chasseurs (F-35, F-22, F-16) – vise des cibles étendues en Iran, des sites nucléaires aux bases des Gardiens de la Révolution. L’Iran, de son côté, rejette toute négociation sur ses missiles, les considérant comme une “ligne rouge” défensive. Des exercices navals dans le détroit d’Ormuz soulignent sa capacité à perturber le trafic maritime, risquant une escalade régionale.
En somme, Genève représente un pari fragile. Si l’Iran continue à temporiser, les Américains pourraient enfin acter la “duperie” et activer leur armada. Trump, préférant un deal mais prêt à frapper, pourrait couvrir des opérations israéliennes, renforçant le rôle dominant d’Israël.
Les rues iraniennes, en ébullition, pourraient alors précipiter un basculement interne, transformant ces négociations en catalyseur d’un changement majeur. Mais le risque d’une guerre ouverte plane, avec des conséquences incalculables pour la région et au-delà. La diplomatie a deux semaines pour l’éviter ; sinon, l’histoire pourrait basculer vers le conflit.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire