Et Saraï devint Sarah , La Promesse, l'Espérance
Les débuts du peuple
Juif ... Rien n a été simple ... reste l'Espérance, la Hatikva
Et Saraï devient
Sarah !
Nous voila retournés
dans les Temps où D. détruisit la Tour de Babel, dispersant les Hommes a
travers le Monde, Nous voilà à UR, ville de Mésopotamie, dans la famille de
Terah, lequel a trois fils : Avram, Nahor et Haran. Puis c’est le
« Lekh Lécha » de la Genèse … Téra donne sa fille Saraï (ma
Princesse) née d une autre couche à son fils Avram, et offre la fille de Haran,
Milca à Nahor, Haran meurt, Avram adopte Loth son neveu, et la famille
s’enfuit…
Pour la Terre promise
par D. à Avram : Canaan. Avram est évidemment un fondateur. On s'en
souvient, il est un jour sommé par Dieu de détruire les idoles, de quitter la
maison de son père et de fonder un nouveau peuple. " Va-t-en de ton pays,
de ta patrie et de la maison de ton père vers le pays que je te montrerai. Je
ferai de toi une grande nation… " (Genèse, XI, 1, 2).
Mais comment être à
l'origine d'une lignée lorsqu'on est stérile? "Car Saraï était stérile et
n'avait pas d'enfant… " (Genèse, XI, 30, répété et développé dans Genèse,
XVI et XVII). Etrange contradiction que celle contenue dans l'injonction divine
de fonder une lignée tout en condamnant le fondateur à la stérilité.
Mais
longeant le fleuve, Terah s’arrête dans la ville d’Haran, qui porte le nom de
son fils défunt. Ils vécurent quelques années là.
Saraï est stérile, elle
ne peut pas avoir d’enfant, et pour une femme, aussi belle soit-elle, Saraï
était très belle, c’est un drame, pourtant Avram reste avec elle, c’est aussi
sa demi- sœur, il ne peut la quitter sans affronter les foudres de son père
Terah … Avram aurait- il pu consommer un mariage à la lisière de
l’inceste ? Terah a vécu 205 ans et est enterré à Haran.
Alors, Avram se souvient
de la parole de D. et repart vers la Terre promise de Canaan, accompagné de
Saraï et de son neveu Loth. Avram a 75 ans.
Il s’installe donc avec
sa femme, mais une terrible disette touche le pays… et c’est à nouveau le
départ, Avram décide de se rendre en Egypte. Il rentre en étranger et en nomade
dans ce pays, gouverné d’une main de fer par Pharaon. Là, il est pris de
panique et présente Saraï comme étant sa sœur … ce qui n’était pas un mensonge…
En effet, les gardes de Pharaon ont pour mission de remplir son gynécée et de
lui trouver les plus belles femmes, et Saraï était très belle. Sa grande beauté
(Genèse 12,11) est décrite avec des détails légendaires dans un texte découvert
parmi les manuscrits de la mer Morte.
Ce qui devait arriver
est arrivé, Saraï est donc « invitée » à se présenter devant
Pharaon.; et Avram dit à Sara : « Voici je te prie, je sais que tu es
une femme belle à voir, Lorsque les égyptiens te verront ils diront C’est sa
femme… et ils me tueront, Dis, je te prie que tu es ma sœur, afin que soit bien
par toi, grâce à moi et que vive mon être à cause de toi. (Genèse 12.10-13).
Egoïste ou opportuniste, Avram est alors honoré par les autorités. De grandes
richesses lui sont données.
Mais voila que suite a
des épidémies et des manifestations surnaturelles, Pharaon devine que Saraï est
l’épouse d’Avram, il les renvoie tous les deux, et Saraï repart d’Egypte avec
une servante nommée Haggar.
Le Croissant Fertile
Lorsqu’Avram arrive sur
les terres d'Abimèlekh, roi de Gérar, il présente Saraï à nouveau comme sa
sœur, Abimèlekh fait entrer Saraï dans son palais. Mais D. apparut au roi dans
un rêve et lui dit que Saraï était l'épouse d’Avram. Aussitôt, Abimèlekh les
laissa avec de nombreux présents.
Avram s installe à Beer
Sheva. Saraï est toujours stérile,
Pour assurer à son mari
qui avait 90 ans une progéniture, Saraï offre à Avram sa servante, Haggar,
comme concubine.
La proposition de Saraï à Avram était conforme au code
d'Hammourabi, mais ne correspondait pas à ce que Dieu avait dit et promis à
Avram.
Le fruit de cette union,
Ischmaël naît ainsi de la servante Haggar. Une partie des problèmes qu’aura à
affronter le peuple juif proviendra, on le sait de cette descendance. Un
problème lourd, un problème d’héritage et de partage. D’ailleurs, à plusieurs
reprises, Haggar défie Saraï, elle essaie de la supplanter, et de la séparer
d’Avram…Saraï s’en plaint, et la traite mal.
Treize ans plus tard D.
propose une alliance à Avram … « On ne t'appellera plus Avram
(אברם, ABRM), mais ton nom sera Abraham
(אברהם, ABRHM), car je te
fais père d'une foule de nations (GWYM, Goyim).
Je te fructifierai beaucoup,
beaucoup, tu engendreras des nations, des rois sortiront de toi ». Avram
accepte cette alliance et circoncis tous les hommes de sa maison et devient
Abraham. Saraï devient Sarah (princesse) (SRH) par la même alliance, en
guématria, le couple garde sa valeur numérique, Saraï perd le aï devient Sarah,
et offre à Avram cette numération, Avram devient Abraham.
Il prend l ascendant
sur elle, la prophétesse ! En revenant au format originel du texte, en
hébreu, il apparaît que, dans les deux cas, le changement de nom opéré procède
de la même opération : l'adjonction de la lettre "hei"
(ה) qui figure deux fois dans le nom imprononçable de D.ieu, le tétragramme :
יהוה En partageant avec Abraham et
Sarah la lettre Hé figurant deux fois dans son nom, l'Eternel scelle l'alliance
(berith) de l'esprit.
D. ordonne la
circoncision c’est le signe physique de l Alliance, l abandon du prépuce c’est
le pacte de cette alliance scellé entre Dieu et la descendance d'Abraham. Sur
ordre de Dieu, la circoncision de tous les mâles est ordonnée, Ischmaël est
aussi circoncis à 13 ans. Enfin … la bonne nouvelle est là : la stérilité
du couple Abram/Saraï est vaincue, ils ne se considèrent plus comme frère et
sœur, mais comme de véritables époux. Sarah a quatre vingt dix ans, Ils auront
un fils, Isaac, premier sourire du Livre. D'Isaac naîtra Yaacov qui deviendra
Israël. Sarah est enfin mère, et la promesse que D. avait fait à Abraham va
pouvoir se réaliser…
Un jour, voyant Ischmaël
se moquer d'Isaac, Sarah demande à Abraham de chasser Haggar et son fils
Ischmaël. Abraham s’y refuse, mais D. intervient. « En tout ce que Sarah
te dira, écoute sa voix » … Selon le commentaire de la Aggadah, les
pouvoirs prophétiques de Sarah dépassaient ceux d'Abraham. Et ce dernier se
soumit à la demande de Sarah.
Dieu réconforte Abraham sur l'avenir de son fils
Ischmaël. Il en fera une grande nation mais c'est à la descendance d'Isaac
qu'est réservée l'Alliance. Il l'encourage ainsi à réaliser tout ce que Sarah
t'a dit. Abraham renvoie donc dans le désert sa servante Haggar et son fils,
Ischmaël, qui manque d'y périr. Un ange apparaît alors à Haggar, sauve son fils
et lui promet d'en faire le "père d'une grande nation".
D. met Abraham à
l'épreuve et lui demande de lui « rendre » son fils Isaac, de le lui
sacrifier. Il accepte. Isaac a trente sept ans. Ce faisant, il reconnaît ainsi
celui dont il tient l'enfant. Mais au moment du sacrifice, un ange retint le
couteau, et c’est un bélier qui sera sacrifié. Le symbole est grand : Le
peuple juif ne sacrifiera jamais les enfants, contrairement aux sociétés
idolâtres qui l’entourent.
Contrairement aux autres
matriarches, la Bible donne l'âge de Sarah, aussi bien lorsqu'elle enfante
Isaac (90 ans) que lorsqu'elle meurt, âgée de cent vingt-sept ans, à Hébron. A
la mort de Sarah, Abraham acheta la grotte de Makhpélah pour l'utiliser comme
caveau.
Sarah était aussi
appelée Yiskah car elle avait reçu le don de prophétie ; elle figure comme
la première femme juive et l'une des sept prophétesses. Sarah est la première
femme Juive, elle engendre Isaac, c’est la première femme mère citée dans la
Torah … on ne connaît ni le nom de la mère de Noe, ni le nom de la mère
d’Abraham !
Sarah aurait dû vivre
comme Abraham, cent soixante-quinze ans, mais il lui fut ôté quarante-huit
années à cause de ses disputes avec Abraham au sujet d'Haggar. Ses portes
furent, sa vie durant ouvertes à tous, sa pâte montait miraculeusement, une
lumière brillait du vendredi soir au samedi soir, et la nuée divine résidait
au-dessus de sa tente.
Sa mort fut causée par
le choc qu'elle ressentit en entendant la nouvelle du sacrifice d'Isaac.
Abraham meurt trente-huit ans plus tard s’étant remarié et ayant eu cinq
enfants.
Elle était stérile, mais
un miracle la rendit féconde après que son nom eut été modifié et sa jeunesse
lui fut rendue.
C’est la promesse de l’espérance, la Hatikva qui va caractériser
le peuple juif tout au long de son histoire. Oui, le destin n’est pas une
fatalité, un juif peut essayer de forcer et la nature et l’ordre des choses
pour atteindre les buts les plus louables.
Malgré les leçons
spirituelles bien connues que l’on peut tirer de la vie d’Abraham et de Sarah,
avouons que l’histoire de ce ménage est loin d’être triste ! Abraham
oblige Sarah à l’appeler son frère et dit d’elle que c’est sa sœur (c’était
d’ailleurs sa demi-sœur). Sarah l’appelle aussi mon Seigneur, très exactement
mon Baal. Ce terme dénote une relation toujours infériorisante pour elle.
Elle
a, semble-t-il, peu d’occasions de l’appeler simplement mon mari ou mon chéri.
Alors que le besoin premier d’une épouse est la sécurité, chaque fois
qu’Abraham rencontre un problème, un danger, il ne trouve rien de mieux que
d’imposer à sa femme d’avoir des relations intimes, que ce soit avec le Pharaon
(Genèse 12.18) ou avec Abiméleckh (Genèse 20.2).
Il n’est pas étonnant
que Sarah refuse, sans doute de manière inconsciente, d’avoir un enfant d’un
homme aussi insécurisant, et qu’elle somatise et affirme dans son corps son
désir d’être reconnue, en étant stérile. Elle est si sûre que c’est elle qui
est stérile qu’elle le fait vérifier à son mari en le poussant à avoir un
enfant avec sa servante Haggar. Dès que Isaac, le fils promis, naît (le miracle
de sa naissance montre que Sarah n’avait aucune malformation physique
l’empêchant d’enfanter), il est accaparé par sa mère qui reporte sur lui tout
l’amour dont elle est frustrée.
Son insécurité personnelle fait qu’elle l’élève
en le protégeant de tout : il sera un homme d’action mais fuira sans cesse
les conflits. Il est incapable de chercher lui-même une femme et c’est Abraham
qui doit en prendre l’initiative, quand il réalise qu’il est encore célibataire
à quarante ans. Ce n’est que trois ans après la mort de Sarah (âgée de 127 ans
!) qu’Isaac se marie enfin avec une jeune fille de la famille de sa mère… Les
quatre matriarches sont issues de la descendance de Nachor…
Voila une histoire qui
couvre principalement les parachiot "Lekh Leha" et "
Vayéra", l histoire d’une vie d’errance, d’erreurs, de mensonges, de
problèmes, Sarah a traversé ces épreuves sans rechigner la stérilité qui lui a
été imposée et qui l’a faite souffrir, l’autorité d’un mari-frère, qui a rendu
cette union, du moins pendant la première partie à la limite de l inceste et de
la consommation d’un hymen impossible, voire « lacanien ».
Le voyage à travers
l’espace et le temps s’est achevé et a trouvé une conclusion heureuse. Une
magie, Saraï consent à perdre de sa superbe et donne le complément,
c'est-à-dire le verbe à Abraham … c’est là sa grandeur Il a fallu attendre
l’âge de quatre vingt dix ans pour que ce couple s’unisse, et puisse enfanter
la descendance d’Israël.

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