Liberté, Liberté Chérie !
LIBERTE
Liberté, Liberté Chérie !!
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LA L I B E R T E
"Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom
Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom
Sur les images lues
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom
Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer"
Liberté.
Paul Eluard
"Pour Robert Sabatier,
La liberté naquit de la parole, Elle fut chant dès son premier éveil Et nul, ne put jamais la museler Sans en périr à lui-même et au monde."
Aujourd'hui, je vais vous entretenir de la Liberté, c'est une gageure pour moi, un pari, car c'est là un sujet abstrait, profond, et peut-être fondamental pour la compréhension de notre histoire, et cette notion de liberté se doit être évoquée, consolidée pour préparer notre avenir.
le plan que j'ai formulé se compose de la manière suivante:
Dans un premier temps nous évoquerons la liberté d’agir Ensuite, en seconde partie, je vais aborder le sens purement philosophique de la liberté, la Liberté de penser ;
C'est véritablement une Utopie, oui, la Liberté ne peut pas exister seule, c'est contre-nature, Eh! bien, oui, la Liberté sans accommodement est aussi un poison pour l'homme.
Pourtant, notre chère patrie républicaine a bien adopté comme devise "Liberté, Egalité, Fraternité" cette devise, nous la trouvons sur le fronton de toutes nos mairies, sur notre monnaie, sur tous nos timbres-poste, elle est devenue le symbole de notre société républicaine, la Liberté est un idéal à atteindre, et c'est un des objectifs que nous nous devons de mettre en avant pour pour chasser toutes les inégalités et toutes les iniquités qui dominent notre monde.
La déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 26 août 1789, dans son article premier reconnaissait que " Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. , et dans l'article 4 :" la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui...", dans l'article 11 : " La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.
L'article premier de la Constitution de 1958 est les suivant : " La France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. L'article 2 mentionne outre la langue, la couleur du drapeau, l'hymne national, que la devise qui est "Liberté, Egalité, Fraternité", et que le principe est :" Le gouvernement du peuple par le peuple, et pour le peuple". Comme on le voit, dans notre constitution, la liberté n'est pas placée au premier plan, est soujascente,
I./ LA LIBERTE d'agir
Je fais ce que je veux, je suis donc libre, si rien ni personne ne s'oppose à mon projet. Mais voilà, nombres d'obstacles se dressent ;
Le premier de ces obstacle , c'est la LOI, les hommes , en effet, pour vivre ensemble et en harmonie, ont édicté certaines règles, qui sont en fait des contraintes, et si l'on franchit ces contraintes, on se met "hors-la-loi", et donc au banc de la société. est-ce là la liberté ! Mais il faut comprendre que c'est la seule manière de garantir cette liberté, c'est paradoxal, mais c'est ainsi.
Certes, cette liberté, limitée par la ou les lois, est plus fournie, plus grande dans une démocratie que dans les états totalitaires. Mais si on se met dans une situation de société sauvage, non structurée et proche de la nature, où l'instinct est le premier acte dit réflexe, va automatiquement impliquer que les individus vont se battre et s'entre-tuer. peut-être l'hégémonie du chef, de l'étalon, du leader, va calmer momentanément les ardeurs individuelles, mais au prix de la servitude, et du sang.
Sans les lois, il n'y aurait qu'insécurité, peur et violence, la menace d'un danger à tout moment pèserait tellement sur les individus qu'ils ne vivraient que dans la hantise et dans le but de sauver leur peau.
Bien sûr, dès le début de leur vie en groupe, les hommes se sont dotés de règles, ces règles que les ethnologues , comme Lévy Strauss ont retrouvé dans les tribus primitives d'Amazonie, de Nouvelle Guinée, ou parmi les aborigènes d'Australie.
Dans ces peuplades primitives, le pouvoir est souvent partagé entre le Conseil des Anciens et le pouvoir du "Chamane", du sorcier qui a lui le pouvoir de se mettre en relation avec les Dieux, le pouvoir de guérir, et le pouvoir d'être le maître de toute spiritualité. Déjà la liberté avait ses limites, mais des limites contrôlées par des institutions antagonistes, si minimes soient-elles.
Dans notre monde judéo chrétien occidental, les premières lois écrites sont apparues avec le code d'Hammourabi en Mésopotamie, les tablettes datant de plus 4000 ans en témoignent, les Egyptiens dont la civilisation était si raffinée créèrent des lois, des administrations déjà tatillonnes, douanes, impôts, police, armée et prêtres. La liberté du citoyen était garantie ... pas celle du prisonnier, de l'étranger ou de l'esclave. Moïse issu de cette civilisation fit sortir d'Egypte le peuple Hébreux qui y vivait en esclavage et leur remit dans le désert du Sinaï les Dix Commandements, base de notre civilisation depuis-1230.
Plus raffinées furent les lois édictées par Nabuchodonosor à Babylone, cet empereur qui régna 43 ans, avait établi un Empire qui s'étendait de l'Indus à la Méditerranée, et avait eu l'intelligence de "kidnapper" toutes les forces vives des pays conquis, tous les prêtres, tous les savants, pour les établir près de lui, afin que la civilisation qu'il avait bâtie puisse s'épanouir, et il avait réussi son pari, car tous ces peuples vivaient en harmonie, dans une liberté totale, si ce n'est qu'ils ne pouvaient plus retourner sur leurs terres d'origine.
Il faut rappeler que Nabuchodonosor avait détruit en -587 le Temple que Salomon avait érigé et déporté toute l'élite juive de Jérusalem. Ces derniers, au contact des autres peuples venus de tout l'Empire, renforcèrent et fortifièrent en Babylonie leur religion, et leur philosophie.
L'esclavage néanmoins reste. Et pour longtemps ...Un homme pouvait être privé de sa liberté et pouvait appartenir comme chose, ou comme animal à un autre homme, et être vendu ; cet état de fait devait perdurer jusqu'au siècle dernier, et l'esclavage a été aboli en France par Schœlcher en 1848
Que dire aussi de la situation qu'ont vécu les femmes pendant des siècles, leur libération civique n'a été levée qu'en 1945 par le gouvernement du Général de Gaulle, et l'égalité civique vient de leur être constitutionnellement accordée ... en l'an 2000, au 3 ème millénaire. La première partie est formulée dans la loi constitutionnelle N° 99-569 du 8 juillet 1999 énonce « : La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives", la seconde partie concernant la parité le sera en janvier 2000.Familialement et sexuellement, la femme n’a pu se libérer qu’avec la première loi Newton sur la contraception, suivie de la loi Weil sur l'avortement qui a aujourd'hui 25 ans. Les intégristes dogmatiques s'opposent là aussi à cette liberté durement acquise. Et depuis 25 ans on assiste à une régression de cette loi, sous la pression des fondamentalistes.
Les enfants ne sont pas encore libérés aujourd'hui; on le sait, ils travaillent dans les mines, dans les ateliers, dans les bordels, ceci nous parait monstrueux, voire inadmissible, mais que fait-on pour lutter contre, seules des ONG tentent de ramasser de petits moyens pour combattre ce fléau.
La religion peut nous asservir, par ses dogmes immuables et si nous n'y prenons pas garde, nous risquons de nous trouver dans un drôle de dilemme, à suivre des préceptes dépassés qui pourrait entraver, notre volonté d'agir selon un libre arbitre. C'est au nom de la religion que des hommes se combattent... L'Irlande, Sri Lanka, l'Indonésie, L'Inde et le Pakistan et bien d'autres. Choisissons librement de pratiquer ou non, avec discrétion, certains peuvent trouver qu'elle apporte un complément intime et spirituel, et leur libre appréciation, c'est personnel.
Les sectes se sont multipliées, profitant de la naïveté de nos dirigeants et des failles de notre démocratie, des faiblesses de nos institutions démocratiques. Un jeune , idéologue ou pas est pris dans leur nasse, il est affaibli, il est avili, et après un lavage de cerveau savamment ordonné, il se met au service de l'organisation et bien sûr du gourou, qui tout puissant s'arroge tous les droits sur ces âmes égarées.
Les hors-la-loi, voleurs, criminels, escrocs lorsqu'ils sont pris, doivent payer un tribut à la société. soit une amende, soit une peine de prison. On les prive de la liberté, pour les punir.
La société fait chèrement payer ceux qui ne respectent pas la règle, le code, la loi; Mais leur réinsertion est voué souvent à l’échec social, parce que l’univers carcéral est un piège, dans lequel, il n'y a pas de place pour le faible.
Les plus libres d'entre nous ne sont-ils pas ceux qui inconsciemment sortent du rail social, délirent, et deviennent irrécupérables pour le système. Alors on les retire du milieu social et on les interne dans des institutions psychiatriques, souvent ils n'en ressortent plus, peut-être vivent-ils cet internement comme la sublimation de la liberté.
La liberté des peuples semble avoir eu un large échos après la seconde guerre mondiale, et le nombre des nations représentées à l'ONU est passé de 30 à près de 200.
La liberté démocratique quant à elle, n'est pas assurée sur 80 % de la planète, Combien de dictatures, combien de tyrans, combien d'idéologies totalitaires ! Nous nous devons d'être présents sur ce front !
Le pouvoir économique a pris le dessus sur tous les autres pouvoirs. Alors en ce début de millénaire, on peut se réjouir de l'échec de la conférence de l'OMC à Seattle, de ce frein que de petits groupuscules, et de petites organisations ont poussé, afin qu'avorte la prise de pouvoir officielle par voie de Mondialisation qu'auraient voulu valider les Multinationales.
En effet, c'est à Seattle, siège social de Microsoft et de Boeing qu' a eu lieu, en novembre dernier, cette conférence, Seattle est devenue une ville symbole, symbole du Coup d'état de Coca Cola, de Microsoft, de Monsanto... l'économie des denrées alimentaires qu'ils voulaient imposer doit échouer... stérilisation des grains de blé... monopoles indécents boeuf élevé aux hormones, culture, médias, presse, télévisions, communications monopolistiques, tout devait leur être du ! Echec, la guérilla s'organise contre ces monstres, ce sera notre combat dans les décennies qui arrivent.
Elf fait et défait les gouvernements en Afrique! notre Président pour des raisons économiques plaide à Lomé, l'été dernier l'impossible, devant la presse il nous coupe le souffle, il défend le président-dictateur du Togo, le général Eyadema aujourd’hui décédé; bien plus, il le soutient ouvertement; Que dira l'Histoire!
Nous voilà esclaves de la société de consommation, esclaves des médias, de la presse, de la télévision, de la publicité, qui telle le cancer s'attaque aux enfants, cible, marquette, façonne, dirige, conditionne notre façon de vivre, de manger, de nous divertir, de nous habiller, Et gare à celui qui nage à contre courant, à celui qui dénonce le système. Il doit prendre le maquis, ou se dissimuler.
Notre devoir n'est-il pas de forger des armes contre ces pouvoirs qui nous asservissent. Aujourd'hui, nous ne pouvons que mesurer notre degré de résistance. Nous ne sommes pas seuls, nous devons travailler pour que notre société soit plus juste, plus humaine.
II./ LA LIBERTE AU SENS PHILOSOPHIQUE
C'est donc dans cette seconde partie que nous allons évoquer la liberté de la volonté, celle de la pensée; peut-on penser ce que l'on veut ?
La liberté de penser suppose comme le dit Comte Sponville, la liberté d'information, d'expression, de discussion; ceci fait partie des droits de l'homme et des exigences de nos démocraties. nous avons donc accès au libre choix; par contre, avec la liberté de l'esprit, nous n'avons pas de libre choix, car c'est la liberté de la raison, c'est une nécessité. C'est l'avis de Spinoza, d'Hegel, d'Engels de Marx et de Freud: " Etre libre, c'est n'être soumis qu'à sa propre nécessité" nous dit Spinoza " c'est en quoi la raison est libre, et libère". Pour lui la liberté est le début de la sagesse.
On ne naît pas libre, on le devient ! la liberté n'est jamais absolue, ni infinie, ni définitive, car on est plus ou moins libre, il suffit de travailler en son fort intérieur pour tendre vers cet idéal, de faire un effort sur soi pour s'y rapprocher, pour que cette liberté soit synonyme d'un de nos buts , et devienne la finalité de notre processus de libération, car on accomplit là une véritable gestation qui permet de nourrir le germe qui pousse en nous afin d'arriver à l'accouchement, souvent en douleur, et à la naissance de cet idéal qui nous l'avons dit est issu de l'utopie.
Déjà, dans l'antiquité, Epitete reconnaît à l'homme le pouvoir d'échapper à toute contrainte qui pèserait sur sa décision. Il découvre qu'un tel pouvoir repose sur le liberté intérieure du jugement, ainsi, la menace peut devenir impuissante face à l'homme qui arrive à maîtriser sa crainte L'homme est libre s'il a le pouvoir de choisir. La volonté , c'est à dire l'action, peut aider l'homme à trouver ou à conserver sa liberté : la recherche de la justice, de l'équité et de la vérité conforte l'homme dans sa quête.
Pour Spinoza, dans le "Traité théologico-politique", l'état existe pour libérer l'individu de la crainte; pour lui, c'est dans un état libre qu'il est loisible à chacun de penser, et de dire ce qu'il pense. C'était une véritable révolution à l'époque, l'état doit donc être le garant de la liberté individuelle, et non pas à assurer la sécurité des biens et des personnes, les considérant comme des automates, prêts à obéir, ou à aller à la guerre, au détriment de la liberté. Spinoza écrit en effet, à une époque où les individus se déchiraient dans toute l'Europe pour défendre ou imposer leurs convictions religieuses. Alors dit Spinoza, l'homme peut accéder à une forme d'existence supérieure, caractérisée par l'usage d'une raison libre.
L'ordre à mettre sur pied est un ordre faisant droit à la raison et non à la "soumission machinale"; au contraire, il est institué pour que l' âme et le corps s'acquittent en sûreté de toutes leurs fonctions, pourqu'elles même usent d'une raison libre, pour qu'ils ne luttent point par haine, colère ou ruse, pour qu'ils se supportent sans malveillance les uns les autres.
Il faut se méfier des passions (haine et colère). Ce même Spinoza, dans le "Traité Politique, livre III, chapitre 6", déclare que "la raison n'enseigne rien qui soit contre la nature" et il considère que la liberté, loin de résider dans la licence, consiste à vivre conformément à sa nature. L'homme qui vit guidé par la raison est plus libre, il observera les lois de la Cité, et obéira au souverain dont il est le sujet, lequel refusera les orientations et les lois absurdes.
Nous avons créé en France un comité d'éthique, composé des plus grands savants et chercheurs, afin de surveiller les recherches, particulièrement dans les cas de bioéthique. Les recherches en biologie avancent à pas de géant. A partir de la connaissance du noyau de la cellule, on peut dresser le génome humain, et intervenir au moment de la conception pour corriger certaines erreurs génétiques qui programmées naturellement auraient pu donner naissance à des monstres. Alors a-t-on le droit d'user de cette liberté que nous apporte la science, quelles en sont les limites, est-ce que l'on a pour but de favoriser l'eugénisme, la perfection dans l'être humain!
Plus grave au point de vue de la morale, on est capable aujourd'hui de clôner un individu, d'en faire son double. La liberté a trouvé des limites, car tous les gouvernements ont condamné et interdit les recherches en ce domaine. souvenons nous de la marche-arrière effectuée par le professeur Testard il y a quelques années. Je pense que les recherches vont se diriger dans une autre voie, nous allons probablement assister à la fabrication d'organes, compatibles avec les rhésus, mettre au point une banque de foies, de cœurs, de poumons , de reins etc... C'est nouveau, et la question se pose : Allons nous nous priver de cette liberté qui va permettre de redonner une espérance de vie à des milliers d'hommes ! Où se trouve la limite !
La commission Informatique et liberté a fort à faire depuis quelques mois. En effet, elle doit lutter contre les grandes entreprises qui dominent l'information , qui collectent les fichiers et les revendent à prix d'or. Mais elle doit aussi lutter contre la perversité d'un état qui profite de toutes les occasions pour faire fusionner les banques de données, afin de traquer le contribuable indélicat, le malade imaginaire, Si tous les abus commis, toutes les contraventions collectées durant toute une vie, tous les remboursements maladie etc... étaient réunis sur un même fichier, nous serions tous les ennemis publics N°1. Il nous faut constater qu'une loi, qui permet à l'état de fusionner le N° de sécurité sociale, le N° de l'INSEE et le N° fiscal a été voté, un soir de 99 à 4 heures du matin en présence de quatre députés . Est-ce là la véritable liberté ! Pourquoi n'a t on pas consulté la commission Informatique et Liberté avant ? l'état de droite ou de gauche reste l'état, A nous de critiquer, à nous d'agir pour contrer tous les abus. Et si un jour un gouvernement totalitaire s'emparait de ces fichiers ! Il n'y a que 60 ans que le nazisme et Vichy faisaient la loi en France!
La lutte qui concerne la censure, imposée par certaines élites, sous la conduite de clercs, ou de pseudo-clercs va s'intensifier dans les prochains mois. La lutte que nous aurons à mener sera cette fois dans le domaine de l'information et du virtuel. Certains veulent ressusciter Torquemada, et l'index, en créant au sein de l'ONU, via l'UNESCO une agence, voire une police internationale, chargée de surveiller les réseaux de l'information, d'internet, et de couper les lignes qui ne conviendraient pas à certains critères.
Il est évident qu’une règle du jeu doit s’établir, au nom de la liberté, Pas de pédophilie, pas de nazisme, ni de négationnisme ; mais, sous prétexte de blanchiment de l'argent sale, de lutte contre la pédophilie, cette police pourrait être infiltrée par des éléments négationistes , ou sectaires et produire des censures contraires à toutes les règles de la liberté. Alors soyons vigilants!
III./ LIBERTE DANS MON PARCOURS
Après avoir brossé les deux sens, l'un actif, l'autre éthique de la liberté, permettez moi de vous parler de ma modeste expérience.
Elevé dans une famille laïque et républicaine, dans un milieu socialiste, avec des oncles qui ont laissé des traces et des œuvres importantes, à la SFIO , avec un père journaliste, proche de Pierre Mendés France, la notion de liberté, m'a été naturellement transmise. A Tunis, j'ai côtoyé les chefs de certains mouvements de libération, alors que j’ avais dix ans, j'ai appris ce que c'était pour un peuple que de combattre pour recourir à la liberté.
Expulsé de Tunisie, de retour en France en 1958, nous avons dû faire face à la rébellion des égarés de l'OAS, la hantise du putsch et du coup d'état, et l'appel de Michel Debré pour s'apprêter à combattre le fascisme, est encore présent dans ma mémoire, les dérives des organisations pseudo-républicaines dites gaullistes, par les mouvements appelés SAC ou autres m'ont fait comprendre prématurément que la Liberté devait se gagner, qu'elle ne pouvait nous être ravie à tous moments, et que seule l'action permettait de la défendre et de la maintenir en place.
Mai 68, j'ai vingt ans, je suis étudiant et je fréquente Nanterre; de la gare à la fac, nous devions traverser un bidonville, les enfants jouaient dans un cloaque, la misère était à notre porte, alors, comment ne pas se rebeller contre cette injustice ! ce fut alors le fameux ..."Il est interdit d'interdire..."
Puis l'entrée dans le monde adulte, avec un service national en Côte d'Ivoire, où j'ai côtoyé dans la vie civile la corruption, si néfaste pour ces peuples africains admirables, la société de consommation leur avait fait quitter leur village où la liberté était reine, la démocratie vivante, avec le conseil des vieux autour du baobab, la nourriture à profusion et la solidarité innée, pour rejoindre les usines, les cadences de travail infernales, proches de l'esclavage, et un habitat indigne de la condition humaine; que d'inégalités avions nous créés en leur accordant une pseudo-indépendance!
Liberté, ce mot est gravé dans notre pensée, car aucune chose, aucune idéologie et aucun homme, non personne ne pourra nous imposer, ni idées , ni théorie, ni religion, ni Dieu , si ce n'est de notre propre choix conscient, car libre choix il y a, et il est réfléchi et on peut dès lors combattre les dogmes qui rendent les hommes fanatiques, fondamentalistes, sourds, aveugles et muets, si loin de notre philosophie ....
Liberté n'est pas qu'un mot pour nous, Liberté n'est pas qu'une idée, ce n'est pas non plus seulement une espérance, mais c'est le fondement de la mission que nous nous sommes donnée, c'est une action permanent, et si nous relâchons la pression, la Liberté risque de nous abandonner,
Camus dit dans la Peste que "la peste reste dans la cave", ce qui implique que la bête est là , elle sommeille en nous, que l'homme peut à tout moment se laisser aller au vice, ou faire basculer la société de l'autre côté du miroir, et perdre la Liberté ; combattre pour la retrouver coûte très cher, et met un temps infini... cette Liberté que nous chérissons tous, choyons la, soyons vigilants, et prenons les uns après les autres notre tour de garde pour veiller.
Cette vigilance est pour nous un acte ô combien volontaire’ Nous le répétons, par notre formation permanente, nous essayons d'acquérir la maîtrise de toute situation, pour nous permettre librement de juger objectivement des situations, et d'agir efficacement sur la réalité.
Nous sommes les adeptes d¹une conduite sociale qui a toujours été à l'avant-garde des nations évoluées et tolérantes, dans cette voie triomphale de la tolérance par le biais d¹un concept que nous avons élevé au dessus des autres :la laïcité. Nous sommes ses plus fidèles soutiens, ses combattants.
Elle seule possède le pouvoir de rassembler tous les citoyens de quelques origines qu’ils soient. La laïcité est mère de toutes les libertés. Elle admet le pluralisme religieux, elle ne nous prive d’aucune croyance et règle, si elles sont exercées dans le domaine privé, elle règle leur compte à l'irrationalité, aux dogmes, aux intégrismes sans interdire foi et prière, en prônant l¹union pour combattre l’obscurantisme, le fondamentalisme, la haine, la ségrégation.
La Laïcité, c’est le plus grand commun dénominateur qui lutte contre les divisions archaïques. Nous essayons de transmettre aux pays de la toute jeune Europe cette valeur de liberté ô combien fragile et ô combien riche et de l’imposer comme porte-drapeau de notre nouvelle Union Européenne. A ce jour, nous n’avons pas réussi, seul le Portugal nous a suivi dans cette voie, il est vrai que nombre sont ici les nations monarchiques, Est-ce là un échec, ou est-ce le début d’un nouveau combat, d’un nouveau défi’
Votée en 1905, la loi de séparation de l’église et de l’état impose à l E’tat d’être le garant de la laïcité Dès sa promulgation, cette loi rétablit l¹apaisement dans une société si longtemps troublée par l’affaire Dreyfus. Cette loi réaffirme clairement la liberté religieuse et l’indépendance’ de l’état par rapport à toutes les religions.
Liberté, Liberté chérie,
Liberté, Liberté Chérie !!
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LA L I B E R T E
"Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom
Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom
Sur les images lues
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom
Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer"
Liberté.
Paul Eluard
"Pour Robert Sabatier,
La liberté naquit de la parole, Elle fut chant dès son premier éveil Et nul, ne put jamais la museler Sans en périr à lui-même et au monde."
Aujourd'hui, je vais vous entretenir de la Liberté, c'est une gageure pour moi, un pari, car c'est là un sujet abstrait, profond, et peut-être fondamental pour la compréhension de notre histoire, et cette notion de liberté se doit être évoquée, consolidée pour préparer notre avenir.
le plan que j'ai formulé se compose de la manière suivante:
Dans un premier temps nous évoquerons la liberté d’agir Ensuite, en seconde partie, je vais aborder le sens purement philosophique de la liberté, la Liberté de penser ;
C'est véritablement une Utopie, oui, la Liberté ne peut pas exister seule, c'est contre-nature, Eh! bien, oui, la Liberté sans accommodement est aussi un poison pour l'homme.
Pourtant, notre chère patrie républicaine a bien adopté comme devise "Liberté, Egalité, Fraternité" cette devise, nous la trouvons sur le fronton de toutes nos mairies, sur notre monnaie, sur tous nos timbres-poste, elle est devenue le symbole de notre société républicaine, la Liberté est un idéal à atteindre, et c'est un des objectifs que nous nous devons de mettre en avant pour pour chasser toutes les inégalités et toutes les iniquités qui dominent notre monde.
La déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 26 août 1789, dans son article premier reconnaissait que " Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. , et dans l'article 4 :" la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui...", dans l'article 11 : " La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.
L'article premier de la Constitution de 1958 est les suivant : " La France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. L'article 2 mentionne outre la langue, la couleur du drapeau, l'hymne national, que la devise qui est "Liberté, Egalité, Fraternité", et que le principe est :" Le gouvernement du peuple par le peuple, et pour le peuple". Comme on le voit, dans notre constitution, la liberté n'est pas placée au premier plan, est soujascente,
I./ LA LIBERTE d'agir
Je fais ce que je veux, je suis donc libre, si rien ni personne ne s'oppose à mon projet. Mais voilà, nombres d'obstacles se dressent ;
Le premier de ces obstacle , c'est la LOI, les hommes , en effet, pour vivre ensemble et en harmonie, ont édicté certaines règles, qui sont en fait des contraintes, et si l'on franchit ces contraintes, on se met "hors-la-loi", et donc au banc de la société. est-ce là la liberté ! Mais il faut comprendre que c'est la seule manière de garantir cette liberté, c'est paradoxal, mais c'est ainsi.
Certes, cette liberté, limitée par la ou les lois, est plus fournie, plus grande dans une démocratie que dans les états totalitaires. Mais si on se met dans une situation de société sauvage, non structurée et proche de la nature, où l'instinct est le premier acte dit réflexe, va automatiquement impliquer que les individus vont se battre et s'entre-tuer. peut-être l'hégémonie du chef, de l'étalon, du leader, va calmer momentanément les ardeurs individuelles, mais au prix de la servitude, et du sang.
Sans les lois, il n'y aurait qu'insécurité, peur et violence, la menace d'un danger à tout moment pèserait tellement sur les individus qu'ils ne vivraient que dans la hantise et dans le but de sauver leur peau.
Bien sûr, dès le début de leur vie en groupe, les hommes se sont dotés de règles, ces règles que les ethnologues , comme Lévy Strauss ont retrouvé dans les tribus primitives d'Amazonie, de Nouvelle Guinée, ou parmi les aborigènes d'Australie.
Dans ces peuplades primitives, le pouvoir est souvent partagé entre le Conseil des Anciens et le pouvoir du "Chamane", du sorcier qui a lui le pouvoir de se mettre en relation avec les Dieux, le pouvoir de guérir, et le pouvoir d'être le maître de toute spiritualité. Déjà la liberté avait ses limites, mais des limites contrôlées par des institutions antagonistes, si minimes soient-elles.
Dans notre monde judéo chrétien occidental, les premières lois écrites sont apparues avec le code d'Hammourabi en Mésopotamie, les tablettes datant de plus 4000 ans en témoignent, les Egyptiens dont la civilisation était si raffinée créèrent des lois, des administrations déjà tatillonnes, douanes, impôts, police, armée et prêtres. La liberté du citoyen était garantie ... pas celle du prisonnier, de l'étranger ou de l'esclave. Moïse issu de cette civilisation fit sortir d'Egypte le peuple Hébreux qui y vivait en esclavage et leur remit dans le désert du Sinaï les Dix Commandements, base de notre civilisation depuis-1230.
Plus raffinées furent les lois édictées par Nabuchodonosor à Babylone, cet empereur qui régna 43 ans, avait établi un Empire qui s'étendait de l'Indus à la Méditerranée, et avait eu l'intelligence de "kidnapper" toutes les forces vives des pays conquis, tous les prêtres, tous les savants, pour les établir près de lui, afin que la civilisation qu'il avait bâtie puisse s'épanouir, et il avait réussi son pari, car tous ces peuples vivaient en harmonie, dans une liberté totale, si ce n'est qu'ils ne pouvaient plus retourner sur leurs terres d'origine.
Il faut rappeler que Nabuchodonosor avait détruit en -587 le Temple que Salomon avait érigé et déporté toute l'élite juive de Jérusalem. Ces derniers, au contact des autres peuples venus de tout l'Empire, renforcèrent et fortifièrent en Babylonie leur religion, et leur philosophie.
L'esclavage néanmoins reste. Et pour longtemps ...Un homme pouvait être privé de sa liberté et pouvait appartenir comme chose, ou comme animal à un autre homme, et être vendu ; cet état de fait devait perdurer jusqu'au siècle dernier, et l'esclavage a été aboli en France par Schœlcher en 1848
Que dire aussi de la situation qu'ont vécu les femmes pendant des siècles, leur libération civique n'a été levée qu'en 1945 par le gouvernement du Général de Gaulle, et l'égalité civique vient de leur être constitutionnellement accordée ... en l'an 2000, au 3 ème millénaire. La première partie est formulée dans la loi constitutionnelle N° 99-569 du 8 juillet 1999 énonce « : La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives", la seconde partie concernant la parité le sera en janvier 2000.Familialement et sexuellement, la femme n’a pu se libérer qu’avec la première loi Newton sur la contraception, suivie de la loi Weil sur l'avortement qui a aujourd'hui 25 ans. Les intégristes dogmatiques s'opposent là aussi à cette liberté durement acquise. Et depuis 25 ans on assiste à une régression de cette loi, sous la pression des fondamentalistes.
Les enfants ne sont pas encore libérés aujourd'hui; on le sait, ils travaillent dans les mines, dans les ateliers, dans les bordels, ceci nous parait monstrueux, voire inadmissible, mais que fait-on pour lutter contre, seules des ONG tentent de ramasser de petits moyens pour combattre ce fléau.
La religion peut nous asservir, par ses dogmes immuables et si nous n'y prenons pas garde, nous risquons de nous trouver dans un drôle de dilemme, à suivre des préceptes dépassés qui pourrait entraver, notre volonté d'agir selon un libre arbitre. C'est au nom de la religion que des hommes se combattent... L'Irlande, Sri Lanka, l'Indonésie, L'Inde et le Pakistan et bien d'autres. Choisissons librement de pratiquer ou non, avec discrétion, certains peuvent trouver qu'elle apporte un complément intime et spirituel, et leur libre appréciation, c'est personnel.
Les sectes se sont multipliées, profitant de la naïveté de nos dirigeants et des failles de notre démocratie, des faiblesses de nos institutions démocratiques. Un jeune , idéologue ou pas est pris dans leur nasse, il est affaibli, il est avili, et après un lavage de cerveau savamment ordonné, il se met au service de l'organisation et bien sûr du gourou, qui tout puissant s'arroge tous les droits sur ces âmes égarées.
Les hors-la-loi, voleurs, criminels, escrocs lorsqu'ils sont pris, doivent payer un tribut à la société. soit une amende, soit une peine de prison. On les prive de la liberté, pour les punir.
La société fait chèrement payer ceux qui ne respectent pas la règle, le code, la loi; Mais leur réinsertion est voué souvent à l’échec social, parce que l’univers carcéral est un piège, dans lequel, il n'y a pas de place pour le faible.
Les plus libres d'entre nous ne sont-ils pas ceux qui inconsciemment sortent du rail social, délirent, et deviennent irrécupérables pour le système. Alors on les retire du milieu social et on les interne dans des institutions psychiatriques, souvent ils n'en ressortent plus, peut-être vivent-ils cet internement comme la sublimation de la liberté.
La liberté des peuples semble avoir eu un large échos après la seconde guerre mondiale, et le nombre des nations représentées à l'ONU est passé de 30 à près de 200.
La liberté démocratique quant à elle, n'est pas assurée sur 80 % de la planète, Combien de dictatures, combien de tyrans, combien d'idéologies totalitaires ! Nous nous devons d'être présents sur ce front !
Le pouvoir économique a pris le dessus sur tous les autres pouvoirs. Alors en ce début de millénaire, on peut se réjouir de l'échec de la conférence de l'OMC à Seattle, de ce frein que de petits groupuscules, et de petites organisations ont poussé, afin qu'avorte la prise de pouvoir officielle par voie de Mondialisation qu'auraient voulu valider les Multinationales.
En effet, c'est à Seattle, siège social de Microsoft et de Boeing qu' a eu lieu, en novembre dernier, cette conférence, Seattle est devenue une ville symbole, symbole du Coup d'état de Coca Cola, de Microsoft, de Monsanto... l'économie des denrées alimentaires qu'ils voulaient imposer doit échouer... stérilisation des grains de blé... monopoles indécents boeuf élevé aux hormones, culture, médias, presse, télévisions, communications monopolistiques, tout devait leur être du ! Echec, la guérilla s'organise contre ces monstres, ce sera notre combat dans les décennies qui arrivent.
Elf fait et défait les gouvernements en Afrique! notre Président pour des raisons économiques plaide à Lomé, l'été dernier l'impossible, devant la presse il nous coupe le souffle, il défend le président-dictateur du Togo, le général Eyadema aujourd’hui décédé; bien plus, il le soutient ouvertement; Que dira l'Histoire!
Nous voilà esclaves de la société de consommation, esclaves des médias, de la presse, de la télévision, de la publicité, qui telle le cancer s'attaque aux enfants, cible, marquette, façonne, dirige, conditionne notre façon de vivre, de manger, de nous divertir, de nous habiller, Et gare à celui qui nage à contre courant, à celui qui dénonce le système. Il doit prendre le maquis, ou se dissimuler.
Notre devoir n'est-il pas de forger des armes contre ces pouvoirs qui nous asservissent. Aujourd'hui, nous ne pouvons que mesurer notre degré de résistance. Nous ne sommes pas seuls, nous devons travailler pour que notre société soit plus juste, plus humaine.
II./ LA LIBERTE AU SENS PHILOSOPHIQUE
C'est donc dans cette seconde partie que nous allons évoquer la liberté de la volonté, celle de la pensée; peut-on penser ce que l'on veut ?
La liberté de penser suppose comme le dit Comte Sponville, la liberté d'information, d'expression, de discussion; ceci fait partie des droits de l'homme et des exigences de nos démocraties. nous avons donc accès au libre choix; par contre, avec la liberté de l'esprit, nous n'avons pas de libre choix, car c'est la liberté de la raison, c'est une nécessité. C'est l'avis de Spinoza, d'Hegel, d'Engels de Marx et de Freud: " Etre libre, c'est n'être soumis qu'à sa propre nécessité" nous dit Spinoza " c'est en quoi la raison est libre, et libère". Pour lui la liberté est le début de la sagesse.
On ne naît pas libre, on le devient ! la liberté n'est jamais absolue, ni infinie, ni définitive, car on est plus ou moins libre, il suffit de travailler en son fort intérieur pour tendre vers cet idéal, de faire un effort sur soi pour s'y rapprocher, pour que cette liberté soit synonyme d'un de nos buts , et devienne la finalité de notre processus de libération, car on accomplit là une véritable gestation qui permet de nourrir le germe qui pousse en nous afin d'arriver à l'accouchement, souvent en douleur, et à la naissance de cet idéal qui nous l'avons dit est issu de l'utopie.
Déjà, dans l'antiquité, Epitete reconnaît à l'homme le pouvoir d'échapper à toute contrainte qui pèserait sur sa décision. Il découvre qu'un tel pouvoir repose sur le liberté intérieure du jugement, ainsi, la menace peut devenir impuissante face à l'homme qui arrive à maîtriser sa crainte L'homme est libre s'il a le pouvoir de choisir. La volonté , c'est à dire l'action, peut aider l'homme à trouver ou à conserver sa liberté : la recherche de la justice, de l'équité et de la vérité conforte l'homme dans sa quête.
Pour Spinoza, dans le "Traité théologico-politique", l'état existe pour libérer l'individu de la crainte; pour lui, c'est dans un état libre qu'il est loisible à chacun de penser, et de dire ce qu'il pense. C'était une véritable révolution à l'époque, l'état doit donc être le garant de la liberté individuelle, et non pas à assurer la sécurité des biens et des personnes, les considérant comme des automates, prêts à obéir, ou à aller à la guerre, au détriment de la liberté. Spinoza écrit en effet, à une époque où les individus se déchiraient dans toute l'Europe pour défendre ou imposer leurs convictions religieuses. Alors dit Spinoza, l'homme peut accéder à une forme d'existence supérieure, caractérisée par l'usage d'une raison libre.
L'ordre à mettre sur pied est un ordre faisant droit à la raison et non à la "soumission machinale"; au contraire, il est institué pour que l' âme et le corps s'acquittent en sûreté de toutes leurs fonctions, pourqu'elles même usent d'une raison libre, pour qu'ils ne luttent point par haine, colère ou ruse, pour qu'ils se supportent sans malveillance les uns les autres.
Il faut se méfier des passions (haine et colère). Ce même Spinoza, dans le "Traité Politique, livre III, chapitre 6", déclare que "la raison n'enseigne rien qui soit contre la nature" et il considère que la liberté, loin de résider dans la licence, consiste à vivre conformément à sa nature. L'homme qui vit guidé par la raison est plus libre, il observera les lois de la Cité, et obéira au souverain dont il est le sujet, lequel refusera les orientations et les lois absurdes.
Nous avons créé en France un comité d'éthique, composé des plus grands savants et chercheurs, afin de surveiller les recherches, particulièrement dans les cas de bioéthique. Les recherches en biologie avancent à pas de géant. A partir de la connaissance du noyau de la cellule, on peut dresser le génome humain, et intervenir au moment de la conception pour corriger certaines erreurs génétiques qui programmées naturellement auraient pu donner naissance à des monstres. Alors a-t-on le droit d'user de cette liberté que nous apporte la science, quelles en sont les limites, est-ce que l'on a pour but de favoriser l'eugénisme, la perfection dans l'être humain!
Plus grave au point de vue de la morale, on est capable aujourd'hui de clôner un individu, d'en faire son double. La liberté a trouvé des limites, car tous les gouvernements ont condamné et interdit les recherches en ce domaine. souvenons nous de la marche-arrière effectuée par le professeur Testard il y a quelques années. Je pense que les recherches vont se diriger dans une autre voie, nous allons probablement assister à la fabrication d'organes, compatibles avec les rhésus, mettre au point une banque de foies, de cœurs, de poumons , de reins etc... C'est nouveau, et la question se pose : Allons nous nous priver de cette liberté qui va permettre de redonner une espérance de vie à des milliers d'hommes ! Où se trouve la limite !
La commission Informatique et liberté a fort à faire depuis quelques mois. En effet, elle doit lutter contre les grandes entreprises qui dominent l'information , qui collectent les fichiers et les revendent à prix d'or. Mais elle doit aussi lutter contre la perversité d'un état qui profite de toutes les occasions pour faire fusionner les banques de données, afin de traquer le contribuable indélicat, le malade imaginaire, Si tous les abus commis, toutes les contraventions collectées durant toute une vie, tous les remboursements maladie etc... étaient réunis sur un même fichier, nous serions tous les ennemis publics N°1. Il nous faut constater qu'une loi, qui permet à l'état de fusionner le N° de sécurité sociale, le N° de l'INSEE et le N° fiscal a été voté, un soir de 99 à 4 heures du matin en présence de quatre députés . Est-ce là la véritable liberté ! Pourquoi n'a t on pas consulté la commission Informatique et Liberté avant ? l'état de droite ou de gauche reste l'état, A nous de critiquer, à nous d'agir pour contrer tous les abus. Et si un jour un gouvernement totalitaire s'emparait de ces fichiers ! Il n'y a que 60 ans que le nazisme et Vichy faisaient la loi en France!
La lutte qui concerne la censure, imposée par certaines élites, sous la conduite de clercs, ou de pseudo-clercs va s'intensifier dans les prochains mois. La lutte que nous aurons à mener sera cette fois dans le domaine de l'information et du virtuel. Certains veulent ressusciter Torquemada, et l'index, en créant au sein de l'ONU, via l'UNESCO une agence, voire une police internationale, chargée de surveiller les réseaux de l'information, d'internet, et de couper les lignes qui ne conviendraient pas à certains critères.
Il est évident qu’une règle du jeu doit s’établir, au nom de la liberté, Pas de pédophilie, pas de nazisme, ni de négationnisme ; mais, sous prétexte de blanchiment de l'argent sale, de lutte contre la pédophilie, cette police pourrait être infiltrée par des éléments négationistes , ou sectaires et produire des censures contraires à toutes les règles de la liberté. Alors soyons vigilants!
III./ LIBERTE DANS MON PARCOURS
Après avoir brossé les deux sens, l'un actif, l'autre éthique de la liberté, permettez moi de vous parler de ma modeste expérience.
Elevé dans une famille laïque et républicaine, dans un milieu socialiste, avec des oncles qui ont laissé des traces et des œuvres importantes, à la SFIO , avec un père journaliste, proche de Pierre Mendés France, la notion de liberté, m'a été naturellement transmise. A Tunis, j'ai côtoyé les chefs de certains mouvements de libération, alors que j’ avais dix ans, j'ai appris ce que c'était pour un peuple que de combattre pour recourir à la liberté.
Expulsé de Tunisie, de retour en France en 1958, nous avons dû faire face à la rébellion des égarés de l'OAS, la hantise du putsch et du coup d'état, et l'appel de Michel Debré pour s'apprêter à combattre le fascisme, est encore présent dans ma mémoire, les dérives des organisations pseudo-républicaines dites gaullistes, par les mouvements appelés SAC ou autres m'ont fait comprendre prématurément que la Liberté devait se gagner, qu'elle ne pouvait nous être ravie à tous moments, et que seule l'action permettait de la défendre et de la maintenir en place.
Mai 68, j'ai vingt ans, je suis étudiant et je fréquente Nanterre; de la gare à la fac, nous devions traverser un bidonville, les enfants jouaient dans un cloaque, la misère était à notre porte, alors, comment ne pas se rebeller contre cette injustice ! ce fut alors le fameux ..."Il est interdit d'interdire..."
Puis l'entrée dans le monde adulte, avec un service national en Côte d'Ivoire, où j'ai côtoyé dans la vie civile la corruption, si néfaste pour ces peuples africains admirables, la société de consommation leur avait fait quitter leur village où la liberté était reine, la démocratie vivante, avec le conseil des vieux autour du baobab, la nourriture à profusion et la solidarité innée, pour rejoindre les usines, les cadences de travail infernales, proches de l'esclavage, et un habitat indigne de la condition humaine; que d'inégalités avions nous créés en leur accordant une pseudo-indépendance!
Liberté, ce mot est gravé dans notre pensée, car aucune chose, aucune idéologie et aucun homme, non personne ne pourra nous imposer, ni idées , ni théorie, ni religion, ni Dieu , si ce n'est de notre propre choix conscient, car libre choix il y a, et il est réfléchi et on peut dès lors combattre les dogmes qui rendent les hommes fanatiques, fondamentalistes, sourds, aveugles et muets, si loin de notre philosophie ....
Liberté n'est pas qu'un mot pour nous, Liberté n'est pas qu'une idée, ce n'est pas non plus seulement une espérance, mais c'est le fondement de la mission que nous nous sommes donnée, c'est une action permanent, et si nous relâchons la pression, la Liberté risque de nous abandonner,
Camus dit dans la Peste que "la peste reste dans la cave", ce qui implique que la bête est là , elle sommeille en nous, que l'homme peut à tout moment se laisser aller au vice, ou faire basculer la société de l'autre côté du miroir, et perdre la Liberté ; combattre pour la retrouver coûte très cher, et met un temps infini... cette Liberté que nous chérissons tous, choyons la, soyons vigilants, et prenons les uns après les autres notre tour de garde pour veiller.
Cette vigilance est pour nous un acte ô combien volontaire’ Nous le répétons, par notre formation permanente, nous essayons d'acquérir la maîtrise de toute situation, pour nous permettre librement de juger objectivement des situations, et d'agir efficacement sur la réalité.
Nous sommes les adeptes d¹une conduite sociale qui a toujours été à l'avant-garde des nations évoluées et tolérantes, dans cette voie triomphale de la tolérance par le biais d¹un concept que nous avons élevé au dessus des autres :la laïcité. Nous sommes ses plus fidèles soutiens, ses combattants.
Elle seule possède le pouvoir de rassembler tous les citoyens de quelques origines qu’ils soient. La laïcité est mère de toutes les libertés. Elle admet le pluralisme religieux, elle ne nous prive d’aucune croyance et règle, si elles sont exercées dans le domaine privé, elle règle leur compte à l'irrationalité, aux dogmes, aux intégrismes sans interdire foi et prière, en prônant l¹union pour combattre l’obscurantisme, le fondamentalisme, la haine, la ségrégation.
La Laïcité, c’est le plus grand commun dénominateur qui lutte contre les divisions archaïques. Nous essayons de transmettre aux pays de la toute jeune Europe cette valeur de liberté ô combien fragile et ô combien riche et de l’imposer comme porte-drapeau de notre nouvelle Union Européenne. A ce jour, nous n’avons pas réussi, seul le Portugal nous a suivi dans cette voie, il est vrai que nombre sont ici les nations monarchiques, Est-ce là un échec, ou est-ce le début d’un nouveau combat, d’un nouveau défi’
Votée en 1905, la loi de séparation de l’église et de l’état impose à l E’tat d’être le garant de la laïcité Dès sa promulgation, cette loi rétablit l¹apaisement dans une société si longtemps troublée par l’affaire Dreyfus. Cette loi réaffirme clairement la liberté religieuse et l’indépendance’ de l’état par rapport à toutes les religions.
Liberté, Liberté chérie,

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