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mardi 19 septembre 2017

Le Non Sacrifice d'Abraham

Sacrifice : ... Le non Sacrifice d'Isaac, ou le Sacrifice d'Abraham ?

Nous allons par le biais de l’Histoire du Patriarche Abraham, découvrir la richesse du don de soi, car le Sacrifice d’Abraham est exemplaire …. Il ne se réfère pas à la mort, mais à la vie, c’est ce qui diffère des autres sociétés de son époque. Il y avait un avant Abraham … incestes, meurtres, vols, viols… , il y aura dorénavant un après Abraham, celui qui montre le chemin, prêt à toucher à l’intégrité de son être ou d’un être qui lui est cher, celui qui a la Foi (Emouna) en l’autre, qui transmet l’Espérance (Hatikva) en l’Homme pour arriver à l’Amour (Hahava). Cet Amour qui doit être une véritable libération de soi et de l’autre.

Cet Amour exige le Sacrifice…. Et sacrifice signifie séparation tout comme en hébreux Kaddoch signifie sanctifié mais aussi séparation. Nous devons offrir à l’autre pour se fondre en lui et partager sans aucune barrière le pain du savoir, de nos doutes et de notre intimité de communier totalement avec l’Autre qui nous enrichit, surtout s’il ne pense pas comme nous et surtout s’il est différent.

Il ne peut donc pas y avoir d’Amour sans Sacrifice, et ce Sacrifice, comme le montre l’exemple d’Abraham c’est d’être en harmonie avec notre être et notre pensée pour offrir ce qui est le plus important pour nous, c’est-à-dire Soi-même.

Comme on le conçoit, le Sacrifice est lié au Sacré, et n’est pas accessible au profane. Seuls donc les initiés ont accès à cette notion. Seuls les prêtres, (chez nous les Cohanim) peuvent exiger des sacrifices dits rituels.

Plus tard, la Nation demande aux Hommes de se sacrifier pour la sauver, l’évolution de cette notion permet sa démocratisation, mais le but extrême est bien de donner sa vie pour une cause.

La Vie seule est sacrée, et le Sacrifice de mort doit se transformer en Sacrifice de vie. Voilà pourquoi j’ai choisi Abraham, le premier Prince connu, tel que nous le concevons, c’et celui qui crée, par l’exemple de son parcours et de son vécu, le symbole de l’Amour qui unit les Hommes ; Abraham est l’initiateur de la Modernité.

Marie-Louise Mallet proposera une réflexion sur les quelques pages consacrées par Levinas à Kierkegaard dans Noms propres, pour s'orienter vers une réflexion sur le différend qui oppose Levinas à Kierkegaard à propos d'Abraham et du "sacrifice d'Isaac", différend qu'elle examinera à partir de ce qu'en écrit Jacques Derrida dans Donner la mort. David Brézis s'arrêtera sur ce qu'il envisage comme une "dérive sacrificielle chez Kierkegaard et Levinas". Il mettra en parallèle l'évolution des deux penseurs en soulignant l'attrait de plus en plus fort qu'exerce sur eux l'idée du sacrifice, et en les montrant également obsédés par ce qu'ils perçoivent, chacun à sa manière, comme culpabilité fondamentale du moi face à la souffrance indescriptible de l'Autre.

Chez Levinas, le corporel devient essentiel quand il s'agit de penser une autre subjectivité où le moi est appelé au don, au sacrifice, à répondre de la souffrance de l'autre et à élever celle-ci au rang de « suprême principe éthique » d'une communauté qui vient après « les cruautés de notre siècle »

Pourtant l’Holocauste a sali le XXème siècle, le sacrifice du Peuple Juif issus de la tradition d’Abraham, avec six millions de femmes, d’enfants et d’hommes, assassinés simplement parce qu’ils étaient juifs, ce sacrifice connu des Nations qui savaient et auraient dû intervenir, et qui ne l’ont pas fait, parce ce que ce n’était pas une priorité selon Winston Churchill.

Le livre le plus diffusé de tous les Temps est la Bible, et cette dernière trace l’histoire de la création du Monde. Certes, ce n’est pas un livre scientifique, car rien n’est prouvé, mais ce Livre est considéré comme sacré, il raconte la naissance de l’Humanité.
Nous nous arrêterons à Noé, premier patriarche qui édicte les Sept premières Lois que devaient respecter les Hommes, les nouveaux hommes qu’il a engendrés après le déluge :

1. L'interdiction de l'idolâtrie
2. L'interdiction de blasphémer
3. L'interdiction de TUER et de se SUICIDER
4. L'interdiction du vol
5. L'interdiction des unions immorales
6. L'interdiction de consommer d'un animal vivant
7. L'obligation d'instituer des tribunaux

Ces lois qui essayent de gérer le Monde sont retrouvées dans les tablettes du code d’Hammourabi… mais les Hommes, toujours avides d’en savoir plus construisirent une Tour si haute qu’elle disparaissait dans les cieux. .. Ils voulaient atteindre le domaine des Anges et de Dieu. Dieu se fâcha et détruisit la Tour, il dispersa les Hommes en différenciant leur langage, brisant ainsi la chaîne de communication.
Nous voila retournés dans les Temps où D. détruisit la Tour de Babel, dispersant les Hommes à travers le Monde, Nous voilà à UR, ville de Mésopotamie, dans la famille de Terah,
Abraham n’est pas l’inventeur, ni le fondateur du monothéisme. La croyance en un D.unique et transcendant remonte au début de l’humanité, à Adam.

Abraham vit a Our, en Mésopotamie, sous le règne de Nemrod, roi totalitaire qui règne sur une société matérialiste et inhumaine qui s’adonne au culte des idoles.
Son père a un commerce prospère de fabrication et vente d’idoles. Les voyageurs et les habitants d’Our se procurent dans cette boutique de quoi adorer, de quoi guérir, de quoi espérer, de quoi changer le destin, bref tout ce qui permet d’exploiter la crédulité et la peur et de quoi conforter le pouvoir absolu de Nemrod que les idoles représentent en un D. vivant.

En rupture totale avec cette mode de l’idolâtrie, Abraham qui se moque des clients et vilipende la marchandise, redécouvre la bonne voie, celle du D.unique. Il recueille la parole perdue, préexistante, cette parole ne faisait qu’un avec la puissance créatrice, elle éclairait l’humanité aux origines, ce qui peut établir pour nous l’idée d’une connaissance primordiale.
Avram s’enfuit avec sa famille…Pour la Terre promise par D. : Canaan. Avram est évidemment un fondateur. On s'en souvient, il est un jour sommé par Dieu de détruire les idoles, de quitter la maison de son père et de fonder un nouveau peuple. " Va-t-en de ton pays, de ta patrie et de la maison de ton père vers le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation… " (Genèse, XI, 1, 2).
Par cet acte de rupture Abraham devient un homme libre, affranchi de tous les liens qui le rattachaient à cette société pervertie et matérialiste.


C’est en homme libre, en véritable symbole de liberté, qu’il entreprend son exil dans le désert. Préfigurant par la même tous les exils, les Galouts, du peuple juif : l’exil égyptien, l’exil babylonien après la destruction du premier temple, l’exil romain après la destruction du second

C’est donc un voyage initiatique qu’Abraham entreprend dans l’immensité de ce désert, désert qui symbolise selon Ernest Renan le néant, le vide absolu, dont chaque grain de sable est le minuscule miroir, ce désert qui ne finit pas de finir est fondateur selon lui du monothéisme. Le voyageur accomplit dans le désert son apprentissage du silence et de l’écoute.

C’est dans cet infini que surgit dans sa conscience l’Eternel indicible et dans le silence du désert qu’il en recueillera la parole Dvar, Dvarim , racine de Débir (Dvir)

D’ailleurs en hébreu biblique, le désert est nommé MITBAR, à partir de la même racine (daleth, beith, reish) qui procure le mot PAROLE.

Symbole fertile de la bible, c’est également dans le désert que Moise recueillera les tables de la loi et fera pendant quarante ans d’errance le dur apprentissage de la liberté.

Le désert n’a pas de forme, ni le ciel qui le couvre. Ce qui est figé dans une forme, comme une idole, ne peut être qu’un outil ou un ornement, mais ne peut « représenter » D.
Tel est le sens du message d’Abraham, le briseur d’idoles.

Le terme qui lui indique l’ordre « Lekh, Lekha », va vers toi révèle en hébreu une dimension de rupture et de réalisation intérieure, indissociablement liées.
Va vers toi, on retrouve ici « le connais toi, toi-même » socratique.
Abraham va vers sa propre source qu’il ne connaît pas, pour cela il doit s’éloigner de la vie profane, des influences extérieures, se « déconditionner » en vue de sa quête spirituelle.


Suivant le crédo de la Bible « Tu aimeras ton Prochain comme toi-même, Abraham s’est donné corps et âme aux autres.

Premier sacrifice en quittant sa Terre Natale d’Our (Lekh Lekha … Pars vers toi-même …son chemin initiatique commence là …) puis en acceptant, pour faire plaisir à son père d’épouser sa demi-sœur Saraï,

C’est donc par le biais de l’autre que l’on se transforme ; ce souci constant de se fondre à l’autre nous fait passer d’un état voire d’un Temple matériel à un temple spirituel, Ceci s’établit dans une véritable mutation individuelle intérieure.

Pour passer de l’une à l’autre, nous devons nous sacrifier, tout comme Abraham, il s’agit de s’affranchir des jougs, de la servitude imposée par le monde ambiant, et d’abandonner son être, de muer, tout comme le reptile, de changer sa peau.

Ainsi, nous suivons le chemin tracé par Abraham, et ce n’est pas pour rien que nous le considérons comme le Père des trois religions monothéistes.

Abraham repart à la mort de son père, il quitte Haran vers la Terre promise, Canaan, il guide son peuple, et s’installe, et apprend à prendre des décisions qui vont structurer son être.

Première épreuve : A peine arrivé, une famine ravage tout le pays, et déjà il doit sauver sa famille et son peuple, et doit se réfugier en Egypte. Second sacrifice en acceptant de faire passer son épouse Saraï pour sa sœur en l’offrant à Pharaon, sauvant sa tribu d’une mort certaine des mains des sbires de ce dernier.

IL combat l’épée à la main ses ennemis et triomphe , il sait aussi négocier et se faire apprécier de ses voisins par sa générosité,

Sacrifice enfin, en attendant tous les jours à l’heure de la sieste, sous une chaleur torride des étrangers, afin de leur faire honneur, et un jour, Nouvel initié, il doit accomplir son voyage intérieur, son introspection. L’homme doit s’exiler pour s’engendrer lui-même dans la volonté divine.

Le trajet suivi, le mène de Chaldée à Canaan puis en Egypte et de nouveau à Canaan... Une sorte de mouvement pendulaire. L’exil et les voyages d Abraham apparaissent d’emblée comme symboliques de la vocation, liée à une dimension métaphysique et non à une faute commise comme le déluge qui résultait d’une corruption du monde.

Sa vie se déroule comme un véritable périple initiatique jalonné par dix épreuves fondamentales qui aboutiront à sa transformation totale et à l’alliance avec D.
Il serait fastidieux de reprendre les différentes épreuves traversées par Abraham lors de ses voyages, je vous invite à lire ou relire la bible.


Pour mémoire, ce sont :

-la fournaise ardente
-l’exil du pays natal, que nous avons évoqué
-la famine en Canaan et le nouvel exil en Egypte
-Sarai, son épouse qui deviendra Sarah, captive chez Pharaon et la séparation d’avec Loth, son neveu qui l’avait suivi en exil.
-la guerre contre les ravisseurs de Loth
-l’annonce de quatre cents années de servitude en exil, pour sa descendance.
Sarah et Agar : la naissance d’Ismaël.
-l’enlèvement de Sarah par Abimelekh, roi de Gherar, après la destruction de Sodome et Gomorrhe.
-la circoncision
-la naissance d’Isaac et le renvoi d’Agar et Ismaël.
-le sacrifice d’Isaac.

Ces dix épreuves, dix étant le chiffre de la perfection, ( On rappelle les dix séphirots) , marquent le dépassement de soi nécessaire à Abraham pour devenir ce qu’il est. Les neuf premières épreuves sont imposées par D.et préparent à l’ultime épreuve du sacrifice qu’il lui sera, quant à elle, proposée pour tester sa foi et son degré ultime de perfection.

Selon le Midrash, ces épreuves permettaient de mesurer la progression spirituelle d’Abraham et de marquer les étapes du parcours entrepris.

Les péripéties qui ont jalonnées les voyages d’Abraham sont toutes, bien sûr, porteuses de sens. Mais, nous en avons retenu trois qui nous semblent porteuses d’un enseignement sur le plan éthique et moral :


Trois étrangers se présentèrent à lui, il les reçut avec la plus grande hospitalité, ces derniers, des anges, lui annoncèrent en récompense la naissance d’un fils légitime, celui à qui il transmettra le message et donnera sa bénédiction : Isaac. Ce dernier, arrive au monde alors que sa mère avait atteint 90 ans.

Le repas d’hospitalité offert par Abraham aux trois visiteurs, au chêne de Mambré symbolise cette rencontre où l’humanité entière est invitée.

« alors qu’il prie, trois hommes fatigués, des voyageurs qui se révéleront être des anges, serviteurs de D. viennent à passer prés de l’entrée de sa tente, pendant la chaleur du jour .Abraham quitte D. pour courir vers eux et les invite à se reposer et se restaurer chez lui » gen.18.

L’hospitalité abrahamique de Mambré est le symbole de la rencontre avec le sacré, c’est aussi l’ouverture au chemin de la fraternité entre les hommes, par l’exemple de l’hospitalité, hospitalité qui était certes une nécessité vitale pour les nomades mais qui devient avec Abraham une vertu . A Mambré il a compris que le respect de l’ hôte, la loi de justice et d’amour fonde les relations d’homme à homme

Certains exégètes verront dans le festin de Mambré la loi évangélique de la charité chrétienne et la préfiguration de la Cène. Dans l’église d’orient, le repas des 3 anges a été, de tradition, la manière la plus courante de représenter la sainte trinité.

La prière sur Sodome est aussi porteuse d’enseignement. Elle illustre encore le souci d’autrui qui habitait Abraham et se situe après le récit de mambre : Abraham prie D. de se montrer miséricordieux envers les villes de Sodome et Gomorrhe, pourtant dépravées et éloignées de son propre idéal et cela en raison de quelques « justes » qui pourraient y habiter, mais il ne trouve pas même dix justes en leur sein qui seraient susceptibles de justifier le pardon pour ces villes perverties à un tel degré.

Cette prière pour les pécheurs est la préfiguration de la rédemption de l’humanité. Elle s’inscrit fondamentalement dans l’histoire du salut. C’est la première prise de conscience pour l’homme de la solidarité du péché, de la solidarité aussi de la misère humaine.

L’ultime épreuve du non sacrifice de son fils Isaac au mont Moriah questionne, quant à elle, au plus haut point notre esprit cartésien. Au nom de quel principe, fut il le plus élevé peut-on sacrifier un fils ?
La limite de la foi n’est elle pas de ne porter atteinte à aucun être humain ?
Si l’acte avait été accompli, Abraham n’aurait il pas été désigné comme un intégriste ?
Jusqu’à quel sacrifice et quelle limite peut et doit aller la soumission à la volonté de D.

C’est le paradoxe de la foi que Kierkegaard a repris dans sa théorie de l’angoisse existentielle. La foi au sens de la croyance nue en D. et non pas au sens théologal d’une foi qui adhère aux vérités divines universelles.
Cette foi donc est par essence incompréhensible et indescriptible,
L’homme est confronté à l’absurde et croit en même temps à la possibilité de cet absurde.


Pour en revenir à l’épreuve du sacrifice, il s’agit bien sur d’un acte symbolique porteur de sens, Abraham n’a pas immolé son fils, il l’a, diront les psy. libéré sur la plan Freudien en tranchant, avec le couteau du sacrifice, les liens qui lient le père au fils (le récit se poursuit d’ailleurs par le mariage d’Isaac et sa descendance), de plus il a parachevé sa propre libération. Jusqu’ à ce moment précis il croyait en un D.justicier qui avait détruit Sodome et lui avait demandé l’exil d’ Ismaël et le sacrifice d’Isaac. Lorsque l’ange de Yahvé, sa conscience, pourront dire les non croyants, arrête son bras, il a pu comprendre que D. était amour.


Le midrach rappelle que D.ne demandait pas d’immoler Isaac, mais de le faire « monter » au nom de l’amour. En le faisant monter tu as accompli mes paroles maintenant redescends-le.

C’est ici sur la colline de Moriah « que le premier croyant érigea un autel pour immoler son passé ainsi que son avenir, C’est ici que l’homme en bâtissant le Temple (de Jérusalem), se montra capable et digne de sanctifier l’espace comme D. l’avait fait en son temps » écrit E.Wiesel dans le mendiant de Jérusalem.

Le non sacrifice d’Isaac est devenu le symbole de l’absurde comme nous l’avons dit plus haut mais également de l’absolu dans la dévotion du juif pour D. et du véritable don de soi.


S’il est reconnu comme le père de tous les croyants ou père de l’éthique , par filiation (père des juifs et des arabes par Isaac et Ismaël) ou par adoption par les musulmans non arabes et par les chrétiens qui préfigurent en lui le christ, il reste avant tout le premier initié qui au nom d’un principe élevé a tenté d’œuvrer au bonheur de l’humanité, en ayant comme support que cette « révélation », c'est-à-dire cette manifestation du divin dans l’immanence de la conscience humaine, cette foi « pure » de tout dogme religieux que ce soit la Torah, les évangiles ou le coran .

Abraham peut être considéré comme un « grand initié » qui a ouvert le chemin de la spiritualité, il reste le symbole de la foi nue, de la foi généreuse, c’est le chevalier de la foi.

La dynamique abrahamique s’inscrit dans notre démarche, Abraham est un être en devenir et perfectible ; il n’est pas sage de naissance, il le devient par son propre effort et par les différentes épreuves qui le mettent en marche vers la lumière refoulée du 1er jour de la création dont il active le retour pour créer un monde plus fraternel, de bonté et d’amour.

La connaissance que nous recherchons au travers de notre parcours d’homme, nous la nommons « primordiale » parce qu’elle se situe dans un passé lointain de l’humanité, qu’elle est cette parole que l’on nous demande de retrouver au moyen de nos propres lumières, sinon celle entre autre d’Abraham qui a eu le privilège de l’entendre ;

« Lek Lekha…va pour toi, loin de ton pays, de ton lieu natal et de ta maison paternelle, va vers le pays que je t’indiquerai et par toi seront bénies toutes les familles de la terre, les pluies grâce a toi, la rosée grâce à toi aussi » Gen 12-3


D. met Abraham à l'épreuve et lui demande de lui « rendre » son fils Isaac, de le lui sacrifier. Il accepte. Isaac a trente sept ans. Ce faisant, il reconnaît ainsi celui dont il tient l'enfant.

L’histoire raconte qu’au moment du sacrifice, un ange retint le couteau, et c’est un bélier qui sera sacrifié. Le symbole est grand : Le peuple juif ne sacrifiera jamais les enfants, contrairement aux sociétés idolâtres qui l’entourent. C’est le Non Sacrifice d’Isaac ; Abraham rompt la tradition qui était d’offrir le meilleur aux Dieux ou à Dieu (Elohim), le meilleur, c’était le fils aîné mâle, on retrouve cette tradition plus tard en Amérique Centrale après des peuples pré-colombiens, Mayas, Aztèques, Incas, et auprès de nombreux peuples primitifs.

Désormais pour Abraham et sa descendance, la vie est sacrée, l’Homme est sacré (d’où vient sacrifice), sa vie est sacrée, il ne commet pas le meurtre ordonné par son Dieu, au contraire des adorateurs de Baal et des cultes païens antiques, par lui, plus jamais il ne se produira de sacrifices humains. Plus tard, Abraham remplacera le sacrifice du jeune mâle par la circoncision. Abraham crée ainsi l’Alliance avec son Dieu.

L’œuvre s’accomplit, nous essayons de la parfaire, elle est si fragile et si éphémère, mais nous savons maintenant tout comme Abraham, qu’elle réclame Amour et Sacrifice,


NB: En écrivant ces quelques lignes, je tiens à rendre hommage à celui qui est et sera considéré comme le plus grand philosophe de notre temps : Emmanuel Lévinas./.


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