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mardi 19 septembre 2017

La Fraternité

La Fraternité


BCH



Ô Fraternité 
Questions sur la Fraternité ... Est-ce notre But ?


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LA FRATERNITÉ : But, Moyen ou …Don ?

BCH

Regardez les livres sacrés ! L’Homme est en fait une pierre brute. C’est un animal savant qui devrait agir par instinct, instinct de conservation, instinct de domination et de soumission, instinct naturel que chaque individu porte en soi.

Pour les hommes dits préhistoriques, les animaux, et parfois les plantes, dessiner un territoire, son territoire, le marquer, et le défendre est une question de survie. Dominer un groupe, être l’étalon et faire subir sur lui, parce que c’est le Dominant, le plus fort, son autorité n’est réservée qu’a celui qui est physiquement plus fort.

Alors on parle de groupes, de sous-groupes que les sociologues et autres anthropologues appellent la FRATRIE qui soude le groupe, cette fratrie est d’origine instinctive, innée, elle permet à une famille d’être soudée jusqu’au sevrage, et au sortir de ce sevrage, il y a dissolution de la fratrie, et c’est l’individualisme animal qui reprend le dessus.

La question que vous nous posez, c’est si la Fraternité est un But, un Moyen ou un Don ?

Dès à présent, on peut déjà dessiner notre propos, notre exposé sera divisé en deux parties :

La Fraternité est un Moyen, moyen de rassembler tout ce qui est épars, un But, but de paix pour tout l’Univers.

Dans la seconde partie, nous essayerons de donner notre opinion sur le Don. Ce dernier n’est jamais bénéfique, car il ne comporte pas de mode d’emploi pour optimiser les vertus que décèle le mot Fraternité ; la Fraternité s’apprend, elle est un acte volontaire, une élévation de l’âme humaine, et n’est donc pas un don.

La Fraternité et la Solidarité doivent s'exercer en même temps dans la famille, dans le quartier, la ville, le pays et le monde. On ne doit pas interdire la mendicité, mais supprimer ses causes. Que tous les hommes soient résolus à s'unir et à s'accorder une aide mutuelle pour maintenir la paix et la sécurité dans le monde. Ainsi on peut définir tous les lieux où doivent s'exprimer et s'exercer la Fraternité et la solidarité.

Elle part de la famille, cellule de base de la société, pour englober l'humanité tout entière. Par ailleurs, elle souligne la nécessité d'agir sur les causes de l'exclusion au lieu de se voiler la face. Solidarité et Fraternité sont les conditions indispensables au cheminement vers la paix universelle.

C’est du milieu social dans lequel il vit, c’est de son éducation, de son envie d’aller vers l’autre, cet inconnu qu’on voudrait si proche, et qui doit devenir son Frère. Notre devoir est de le découvrir, de l’aimer, de refouler sa haine, de dominer ses passions et bien sûr de tailler la pierre, de la polir jusqu'à ce qu’elle ressemble à un miroir, et qu’elle tende vers la Lumière, alors nous nous rendons compte comme il est bon de se refléter dans ce miroir, ensemble, pour construire un monde de paix !

La Fraternité est une vertu qui s’acquiert, elle se mérite, car pour qu’elle existe, il faut qu’il y ait réciprocité voire même interactivité. Comment aimer l’autre, si l’autre ne le rend pas ! Ce serait alors un grave échec, et aimer seul n’est pas constructif, et de ne pas se faire aimer est contraire aux règles établies dans une société.

Pour nous Hommes, le seul moyen de réussir est de se sentir proche, tels des frères, conscients que sans l’autre tout serait difficile, qu’on ne pourrait pas construire le Centre de l’Union, ce gigantesque monument symbolique, qui se veut utopique et dans lequel nous croyons tous si fort.

Mais ne soyons pas hypocrites, l’ennemi, le vrai est en nous, notre combat doit être intérieur, en premier lieu puis extérieur. Lorsque nous aurons, un tant soit peu, gagné les premières victoires sur nous-mêmes

La Fraternité est un combat de tous les instants, un combat que nous nous devons de gagner pour qu’enfin arrive le Temps de la Paix, et de la Fraternité entre les hommes.

Alors, là, le sens du Mot Fraternité, associé à Solidarité se démarque de toutes les autres interprétations. Il démontre que les maillons qui unissent les hommes entre eux doivent être fraternels et solidaires, que l’un sans l’autre, nous ne pouvons exister, qu’ensemble, les fardeaux à porter deviennent plus légers. Qu’il est bon de partager ses peines et ses joies ; la Fraternité prend là tout son sens.

Après un vingtième siècle désastreux, qui a commencé par le massacre des Arméniens par les Turcs en 1915, avec deux guerres mondiales, des dizaines de millions de victimes ; après la Shoah, dont le seul mot fait frémir tout individu convenablement constitué, après le Goulag et Staline, les massacres au Cambodge, au Rwanda, l’apartheid en Afrique du Sud, l’ethnocide du Tibet, la purification ethnique en ex-Yougoslavie, et le massacre au Darfour,au début de ce siècle , nous devrions conclure que notre théorie de la Fraternité a lamentablement échoué !

Le révisionnisme et le négationnisme marque des points, la naissance d’un nouvel Islam radical et intégriste, le réveil des vieux démons du nationalisme en Russie nous montre que tout est à faire et que la lutte que l’on doit livrer ne fait que commencer, tel est le sens de notre engagement total, le but étant d’irradiquer le Mal.

Nous avons en notre possession les armes pour protéger notre démocratie et étendre nos valeurs à toute l’humanité ; la Transmission et l’Education (le renforcement de l’éducation civique sous une forme pratique et non livresque ), la naissance du Droit d’ingérence, la création d’un tribunal pénal international, l’imprescriptibilité des crimes contre l’humanité.

Mais d’autres défis restent à accomplir, la Fraternité avec la gente féminine, l’acceptation des immigrés de la richesse de l’apport des diverses cultures,

Notre combat se situe pourtant dans le Futur, prenons la leçon de l’Histoire, respectons notre devoir de Mémoire et soyons vigilants !

Cette vigilance qui va nous permettre de conserver, d’entretenir la Fraternité est pour nous un acte ô combien volontaire, plus rien à voir avec un quelconque don ! nous essayons d'acquérir la maîtrise de toute situation, pour nous permettre librement de juger objectivement des situations, et d'agir efficacement sur la réalité. La Fraternité ? C’est le rétablissement de cette recherche de l'altérité ( E. Levinas) le regard d'autrui, qui souvent ne demande qu'à nous rendre cette Fraternité. La Fraternité pose aussi comme préalable la question de la Laïcité, car la mise en exergue des différences, notamment confessionnelles, conduit immanquablement aux malheurs qui ont accablé l'humanité depuis des siècles. Ne nous sommes pas tous ici les adeptes d’une conduite sociale qui a toujours été à l’avant-garde des nations évoluées et tolérantes, dans cette voie triomphale de la tolérance par le biais d’un concept que nous avons élevé au-dessus des autres : la Laïcité. Nous sommes ses plus fidèles soutiens, ses combattants dans l’espace et dans le temps.

La Laïcité possède le pouvoir de rassembler tous les citoyens de quelques origine qu¹ils soient. Elle est mère de toutes les libertés, et de la Fraternité ; elle est surtout le ciment, le lien qui permet d’unir tous les hommes. Ainsi, sans préjugés, sans crainte, tu peux appeler l’autre « FRERE », on peut dès lors citer le « ô vous Frères Humains » d’Albert Cohen !

Elle admet le pluralisme religieux, elle ne nous prive d’aucune croyance et règle, si elles sont exercées dans le domaine privé, elle règle leur compte à l'irrationalité, aux dogmes, aux intégrismes sans interdire foi et prière, en prônant l’union pour combattre l’obscurantisme, le fondamentalisme, la haine, la ségrégation.

La Laïcité, c’est le plus grand commun dénominateur qui lutte contre les divisions archaïques. Nous essayons de transmettre aux pays de la toute jeune Europe cette valeur de Fraternité ô combien fragile et ô combien riche et de l’imposer comme porte-drapeau de notre nouvelle Union Européenne.

A ce jour, nous n’avons pas réussi, seul le Portugal a suivi cette voie, il est vrai que nombre sont ici les nations monarchiques. Est-ce là un échec ou est-ce le début d’un nouveau combat, d’un nouveau défi !

Votée en 1905, la loi de séparation de l’église et de l’état impose à ce dernier d’être le garant de la Laïcité. Dès sa promulgation, cette loi rétablit l’apaisement dans une société si longtemps troublée par l’affaire Dreyfus. Cette loi réaffirme clairement la Liberté religieuse et l’indépendance de l’état par rapport à toutes les religions. Pour que dans la République Française nous soyons tous Frères.

Bien heureusement, l’Espérance qui a toujours guidé les Hommes de bien est demeurée présente. René Cassin a établi la déclaration Universelle des Droits de l’Homme à l’ONU en 1948, et c’est le destin de l’Humanité qui va à compter de cette date, changer, et plus personne en ce début de millénaire ne s’oppose non seulement à l’idée, mais aussi à l’action du « Droit d’ingérence », à l’établissement d’un tribunal pénal international, bientôt à une force de police armée pour faire régner l’ordre et la justice.

Mais encore une fois, soyons vigilants, car le pouvoir peut tomber entre des mains criminelles et les forces ainsi créées, peuvent se retourner contre ceux qui soutiennent nos idées laïques et républicaines de Fraternité, de Solidarité, de Liberté et d’Egalité.

Jacques Attali, dans un de ses derniers ouvrages (Fraternités …Une nouvelle Utopie) proclame que la Fraternité est une Utopie. Il démontre que le IXXème siècle est celui de la Liberté, (celle de la fin de l’esclavage, celle de la naissance des nationalismes), le XX ème siècle celui de l’Egalité (des peuples et des droits sociaux), le XXI ème siècle sera le grand défi, celui de la Fraternité, je cite : « Si un homme reconnaît que l’autre quel qu’il soit est son frère, la Fraternité deviendra l’ordre social ; on pourra alors bâtir une société de paix et de justice. Pour l’auteur, la Fraternité sera le chantier de l’Humanité du siècle naissant, le chantier de sa survie ! »

L'indifférence est notre ennemi et les images que nous subissons au travers des médias, nous rendent aujourd'hui imperméables aux malheurs d'autrui. La dévalorisation du travail, la propagande pour l'univers de l’argent, rendent chacun enclin à jouer à la Bourse pour gagner le gros lot, au mépris du respect d'autrui : où est donc la Fraternité ? En licenciant plus de 10 000 employés, des Entreprises comme Kodak, Renault ou Electrolux ont fait grimper de 40% leurs cours à la Bourse… Triste réalité d’un monde nouveau qui a redécouvert une nouvelle idole et qui s’apprête à immoler en son nom toutes les vertus, toute la morale et toutes les valeurs patiemment acquises. Les corporatismes et lobbies rétrogrades ne défendent que leurs chapelles, quitte à pénaliser gravement autrui.

Avons nous montré une quelconque Solidarité, une quelconque Fraternité envers ces employés sacrifiés sur l’autel du Business et de la Bourse, devenue Stock Exchange?

Quant au don, la nature fait que nous agissons par pulsion, par instinct tout comme les animaux. La Culture, les règles que nous avons établies en tant qu’Hommes, à travers toute l’histoire de l’Humanité, font de nous des êtres réfléchis, que pour vivre en communauté, il faut respecter un minimum de lois.

Pourtant, on nous raconte que la passion irraisonnée, cynique caractère dont nous avons tous ressentis la présence au fond de nos personnalités, a dépassé la raison ; Caïn n’a-t-il pas tué Abel ? Romulus, lors de la construction de Rome n’a-t-il pas tué Rémus.

Faut-il payer un tribut, faut-il que le sang soit offert aux divinités ! Non je ne le crois pas, il nous faut méditer sur ce que ces deux symboles qui ont traversé les siècles nous enseignent.

L’amour fraternel est fragile. La passion, telle la jalousie a fait que dès les premières pages de la Bible, Caïn tue Abel, il faut voir là un symbole, l’Homme peut détruire à tout moment tout ce qu’il a construit.

L’Homme doit constamment construire en lui, et autour de lui une armure qui fait que le « mal » que tout homme porte en soi ne se réveille, que la bête malfaisante qui erre dans la société, et qui trouve toujours un bon terreau parmi les égarés ou parmi ceux qui ont soif de gloire, disparaisse à jamais. Camus ne dit-il pas dans « La Peste », que la bête, même vaincue et anéantie, peut se régénérer à tous moments, elle sommeille dans la cave … N’oublions pas que nous habitons sur la cave, et que le sol peut se manifester comme étant très fragile.

Dans nos recherches, dans les bibliothèques, dans les revues, dans les médias et Internet, le mot Fraternité a été confisqué, il devrait selon ce que l’on découvre dans une lecture au premier degré, m’appartenir qu’à des ordres religieux voire contemplatifs, par des sectes, par des mouvements de jeunesses non-laïcs, et l’idée que l’on aperçoit en lisant leurs définitions est dressée en une tendance stagnante, d’accueil de l’autre … vers sa doctrine, dans un profond tourbillon qui entraîne inévitablement vers le fond …vers son « dogme »…

Pendant des siècles, l’église a proclamé avoir introduit l’idée de la Fraternité Universelle ; Elle réfute l’histoire et entretient le terreau de la Négation, du révisionnisme ; comment mettre en avant cette prétention, sans évoquer et proclamer que d’autres religions se basaient, depuis des millénaires sur cette doctrine ; c’est le cas du Bouddhisme, des religions moyen-orientales, du Judaïsme, on retrouve cette idée partout, bien avant l’ère chrétienne.

Pourtant les faits sont là, c’est au nom de cette Fraternité que pendant des siècles, on a massacré, torturé, brûlé, hommes, livres, martelé des écritures gravées sur certains monuments, car chaque civilisation qui arrive prétend détenir la Vérité ou plutôt sa Vérité, elle se doit donc d’effacer les traces impies des civilisations précédentes … Et qu’avons nous fait pour empêcher la destruction des Bouddhas géants en Afghanistan ? Crime contre la Culture, selon l’UNESCO…

On peut citer les Grecs qui imposèrent leur civilisation et leur philosophie raffinées pendant des siècles, mais aussi leur religion dogmatique, les Romains dont les armées superbement organisées écrasèrent et soumirent tous les peuples du bassin méditerranéen, plus tard, les musulmans qui brûlèrent « au nom d’Allah » le joyau de l’humanité : la Bibliothèque d’Alexandrie, enfin les catholiques qui au fait de la puissance dogmatique papale, inventèrent l’Inquisition (Torquemada !) Pour convertir juifs et musulmans en Espagne puis au Portugal, et pour irradier les traces des civilisations sud-américaines comme le peuple Caraïbe disparu, tant qu’Inca, que Mayas ou qu’Aztèques ou autres, pour enfin en arriver à bénir et protéger la machine infernale qu’a été la mise en route, le fameux commerce triangulaire de l’esclavage par la traite des Noirs… et d’entretenir un silence complice pendant les années noires du nazisme !

L’abbé Pierre monte au créneau, son discours est médiatisé, il fait la une de tous les journaux télévisés, il s’approprie le mot Fraternité, pour parler des pauvres, des démunis, des sans-logis. Quand on connaît l’homme, ses faiblesses, son amitié avec un certain révisionniste maintes fois condamné par la justice, Roger (devenu Raja) Garaudy, nous devrions avoir honte de n’avoir pas réagi ! … Nous aurions faire la promotion du modèle que Coluche a créé : les restaurants du Cœur. Nous devons être plus impliqués et prouver que « Frère » n’est pas un mot qui doit être employé en circuit-fermé.

Nous nous refusons à admettre l’interprétation de l’église, la Fraternité se doit d’être active, dynamique et agissante, c’est pourquoi nous lui associons le mot Solidarité, car même, Michel Serre (Le tiers instruit) nous le montre bien, « lorsqu’on traverse la rivière pour aller à la rencontre de l’autre, il ne nous viendra jamais à l’idée de faire demi-tour, de rebrousser chemin. Non nous allons jusqu’au fond de nos idées, nous traverserons la rivière pour rencontrer … L’autre.

Il faut être actif et non contemplatif, c’est là l’essence même de la vie que nous avons choisie.

« Pour que plus jamais un Homme tire l’épée contre un autre Homme » Isaie, Prophétie, Devise posée à l’entrée du bâtiment de l’ONU à New York. 


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