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dimanche 10 septembre 2017

La Septante

La Septante

BCH


Un événement a bouleversé l’histoire du Judaïsme

C’est la Septante … Plus rien ne sera jamais comme avant, …


Plus jamais la religion juive ne sera la religion la plus « sacrée »
SEPTANTE c’est soixante dix, et ce chiffre est bien connu …
On le trouve après la destruction de la Tour de Babel, ou Dieu a divisé en 70 les races et les langues,

Le Judaïsme n’est donc pas dogmatique, il est universel  puisqu’ il se tourne vers les 70 nations issues du Patriarche Noah !

 On retrouve ce chiffre avec les 70 hébreux qui entrèrent avec Jacob en Egypte, et qui après la rencontre avec Joseph devenu vice roi d’Egypte se sont multipliés

Plus tard, 70 sages ont accompagné Moïse au bas du Mont Sinaï pour être témoins du dialogue Divin (Michpatim).

On le retrouve dans les 70 facettes d’appréhender la Tora, Ce qui est conforme à l’éthique du B’naï B’rith ou l’on ouvre la porte à un Judaïsme pluriel.

Il y a aussi les 70 ans de l’exil du Peuple Juif à Babylone, dont l’élite a été déportée par Nabuchodonosor après la destruction du premier Temple et qui sont revenus en Judée sous la protection du Perse Cyrus.

Dans quelques mois  l’Etat d’Israël fêtera ses 70 ans !!

Quant à la guématria,  la numérologie juive, Soixante dix,  c’est la valeur numérique du mot - Khohma – Sagesse -  mot qui s’inscrit comme l’une des 10 Séphirotes de l arbre du Zohar.  

Dès leur retour de Babylonie où ils ont séjourné 70 ans,  les juifs vivent sous l’égide des Perses, Cyrus puis Darius … ils reconstruisent leide Temple et vivent paisiblement pendant deux cents ans payant un lourd impôt de protection aux Perses.

En 332,  Alexandre se présente avec son armée devant Jérusalem, il épargne les prêtres et se recueille dans le Temple. Le nom d’Alexandre est toujours respecté.


Empereur  de la Grèce, de l'Egypte et de l'Asie, meurt de la fièvre à 33 ans à Babylone. L'Empire qu'il a conquis en une décennie et qui s'étend de la Grèce aux bords de l'Indus, ne lui survivra pas : dès sa mort, il sera partagé entre ses généraux. 

L’Empire est alors divisé, morcelé entre ses généraux : Ptolémée (Lagides)  prend l’Ouest avec l’Egypte, la Médie à Péithon, la Cappadoce à Eumène, l’Asie Mineure à Antigone, la Thrace à Lysimaque, la Grèce et la Macédoine à Antipater, la Phénicie à Méléagre, la Syrie à Laomédon et la Babylonie à Séleucos (Séleucides), la Bithynie, la Paphlagonie  et le Pont redevinrent indépendants. L’Inde continua d’être gouvernée par ses rois indigènes, Taxile et Porus, Atropatès conserva sa satrapie (équivalente à l’actuel l’Azerbaïdjan).


En Egypte, Ptolémée II, tout comme son père se fait nommer Pharaon il est fils de Bérénice et il décide dès le début de son règne de  traduire tous les textes hébreux. 

Le récit légendaire des circonstances de cette traduction est le sujet central.  Selon ce récit, le roi Ptolémée II aurait lui-même commandé une traduction grecque de la Torah pour enrichir la fameuse bibliothèque et aurait fait venir de Jérusalem à Alexandrie 70 traducteurs tous rabbins émérites.

Selon la lettre d'Aristée (IIe siècle avant notre ère), la Septante serait due à l'initiative du fondateur de la Bibliothèque d'Alexandrie, Démétrios de Phalère. (il parle lui de 72 rabbins)



Celui-ci aurait suggéré à Ptolémée II d'ordonner la traduction en grec de tous les livres juifs, textes sacrés, commentaires,  livres des prophètes et narrations profanes.


Très vite après la fondation d'Alexandrie par Alexandre le Grand en -331, une population juive s'est en effet développé fortement, en particulier autour du Palais royal ; à tel point que deux des cinq quartiers sont réservés aux « descendants d'Abraham ». Ils continuent à y parler leur langue (l’araméen) et à étudier les textes de l'Ancien Testament en hébreu.


Déjà intéressé par le sort de ses sujets israélites, le souverain apparaît également soucieux de connaître les règles des divers peuples qui lui sont assujettis dans le cadre d'une réorganisation de son royaume.

Mais la Traduction appelée le targoum chivîm,  va permettre aux ennemis de connaître pour contrer l’âme du Texte sacré, et à partir de ce moment tout profane peut avoir accès aux cinq livres …

Seulement le profane n’aura jamais les clés pour décrypter et redonner le sens et  l’interprétation, comme l’ont fait Maïmonide puis Rachi. Comment faire sans commenter à l’envi ces textes merveilleux… le travail effectué dans les Yechivot,  le pilpoul, enrichit l’étude … avec la traduction le sacré s’envole.
Les savants juifs au  nombre de 70  sont chargés de cette traduction qui  porte le nom de Version des Septante. (70 aussi comme le nombre des sages présents dans le Sanhédrin).

La tradition prétend que le souverain sacrificateur de Jérusalem, Éléazar, refuse, puis n'accède à la demande de Ptolémée II qu'à une condition : l'affranchissement des Juifs de Judée que son père, Ptolémée Ier, a fait prisonniers et réduits à l'esclavage en Égypte



N’oublions pas que  la langue vulgaire des juifs était l’Araméen 
Mais pour le Roi-Pharaon, seul le grec pouvait être une langue "sacrée" à côté de l'hébreu, tant était grand le prestige des philosophies et sciences grecques.
Une traduction unifiée a donc été faite, pour le souverain lagide Ptolémée II.
Pour lui et ses ministres, la Septante aurait été surtout un élément de sauvegarde, mais aussi d'évolution, de l'identité juive dans la culture grecque.


Ce double aspect est mis en évidence par la célèbre allusion du Talmud … ouverture pour mener les juifs  à une assimilation certaine. .[]Cela fut vécu comme une catastrophe  par les Sages et les textes disent que l'obscurité s'installa pendant trois jours sur le monde (voyez le Traité Méguila 9a et le Choulk'hane Aroukh, Or ha 'hayim 580,2.). et un jeûne, celui du 8 Tevet fut établi.
On raconte donc que le roi Ptolémée II rassembla ensuite 70 anciens, il les plaça dans 70 maisons, sans leur révéler l’objet de ce rassemblement.
Il rendit visite à chacun et leur dit : "Écrivez-moi la Torah de Moïse votre maître ».   Ils la traduisirent et on a vérifié que les soixante dix traductions étaient toutes identiques !

La traduction en grec se poursuit pendant deux ou trois siècles. Une école de traducteurs s'est occupée du Livre des Psaumes à Alexandrie vers 185 avant J.-C. et entreprennent ensuite le Livre d'Ézéchiel, les douze « petits prophètes » et le Livre de Jérémie. Ils traduisent enfin des livres historiques (Livre de Josué, Livre des Juges, Livres des Rois) ainsi que le Livre d'Isaïe. Les derniers livres (Daniel, Job, et Siracide) ont été traduits vers 150 avant l’ère vulgaire. et l'on hésite encore sur le lieu de traduction.


On situe en Judée, au premier siècle de l'ère chrétienne, la traduction du Cantique des Cantiques, des Lamentations, du Livre de Ruth et d'Esther, puis celle de l'Ecclésiaste probablement par Aquila.




Mais la découverte des manuscrits hébreux dits de la Mer Morte à  Qumrân en 1947, par un berger, dans des jarres apparaissent comme les restes d'une bibliothèque ayant appartenu à la secte juive des Esséniens, ces derniers attestent que la LXX (septante) a été acceptée comme texte biblique, à côté des textes hébreux.

À l'inverse, Qumrân a révélé des formes qui expliquent la traduction des LXX : certains passages, jusqu'à présent considérés comme des erreurs ou des amplifications dues aux traducteurs, reçoivent désormais l'appui d'un support historique.


Néanmoins, la quasi-totalité des textes de Qumrân sont écrits en hébreu.    
Des similitudes d'interprétation sont également relevées entre certains écrits de la secte des Esséniens et la LXX. L'attention est maintenant attirée sur l'ensemble des écrits juifs post-bibliques,   
La LXX n'est plus un document isolé. Elle se situe dans l'ensemble des textes juifs produits juste avant l'ère chrétienne.
On peut remarquer que le grec utilisé dans la Septante renferme de nombreuses tournures sémitiques  
Ce n'est qu'au IIe siècle de l'ère chrétienne, (+135) après l'extermination des communautés juives d'Égypte et de Cyrénaïque par Hadrien, ( un véritable massacre de 400 000 Juifs) que la Bible en grec allait devenir exclusivement celle des chrétiens.

Auparavant, cette traduction aurait du répondre aux besoins du peuple juif en diaspora autour du bassin méditerranéen, dont une communauté particulièrement hellénisée et intellectuelle, celle d'Alexandrie.

Les problèmes de traduction posés par la nouvelle présentation  sont bien plus divers. Qu'on songe à la diversité des désignations du divin dans la Bible hébraïque ( Y en aurait au moins 70 ?) …: El, Eloah, Elohim, El Shadday, Sabaoth,  Hachem, Ado .. dont certaines ne trouvent aucune solution satisfaisantes ou qui sont banalisées,



On semble désacraliser le nom de Dieu, on le banalise en fait  lors du passage en grec par theos, dieu. La finesse, le respect, la dévotion l’adoration pour Dieu semblent disparaitre.

On sait que la Tora est chantée…Par le chant, par la musique on traduit l’émotion, par des notes spéciales, on implore l’éternel … on le supplie … Comment reproduire ces chants, ces implorations, ces incantations, les prières … C’est une mission impossible d’autant plus que les notes musicales sont interprétées en connaissance de la grammaire, car le texte ne comporte pas de voyelles.

Cette traduction a permis aux grecs de critiquer nos sages, se salir les commentaires de ridiculiser de banaliser et d’avilir le nom de Dieu,
Les Grecs imposent  les Jeux du stade, avec ses excès et avec des athlètes nus  ..!   Et vont jusqu’à  profaner le Temple de Jérusalem, interdire la circoncision, interdire le Chablât,  …

Les Grecs Séleucides de Damas, ont imposé leur joug sur le Judaïsme, en prônant  voire en imposant l’assimilation … ils ont failli réussir, c’est alors que des Cohanim prirent les armes sous la Conduite de Mattathias Cohen … c’est la révolte des Maccabées et ils écrasèrent militairement les Grecs.


Deux siècles plus  tard, c’est grâce à cette traduction que la chrétienté a pu prendre son essor, les textes ainsi vulgarisés furent repris et interprétés par l’église primitive et les textes furent transformés et  composés en faveur de la nouvelle religion, afin de l’ouvrir à tous les peuples, le nouveau testament naissait plus tard, les Evangiles apparaissaient   tout comme on le fit pour ne plus manger casher, ne plus circoncire, ne plus observer la sainteté du Chabbat  et introduire des notions de paganisme comme la Trinité ou l adoration des saints.

Nous voilà à Alexandrie, la ville est jeune, cosmopolite, les ruelles grouillent de marchands, passants, mendiants,  Nous sommes en l’an 642, le 22 décembre,  les troupes arabes du Calife Omar viennent d’entrer en triomphateurs dans la Ville, et là au détour d’une rue, ils se trouvent face à la Grande Bibliothèque d’Alexandrie, la plus célèbre du Monde,  qui renfermait des millions de documents, de manuscrits et qui va en cette journée disparaître pour toujours…

Le calife Omar Ier questionné sur ce qu'on devait faire de tous ces livres, de tous ces documents répondit : « S’ils sont conformes au Coran, ils sont inutiles, s’ils sont contraires au Coran, ils sont pernicieux : donc il faut les détruire ». 

En conséquence, son gouverneur Amrou ibn al-Asi fit distribuer les millions de manuscrits de papyrus de tablettes et de livres dans les bains d'Alexandrie qu’ils chauffèrent durant plus de deux ans.

On raconte que les écrits des philosophes grecs, les tablettes sumériennes et les papyrus sacrés disparurent. Tout comme les originaux de la septante !
La Septante est probablement tombée dans leurs mains … Le Coran s’en est inspiré lui aussi !!

 La Septante a deux facettes,  …

La première était de mettre le texte sacré à la portée de tous, afin que tous les profanes puissent connaître le texte…

Je pense personnellement que l intention du Roi Ptolémée n’était pas perfide, mais allait dans le sens de sa modernité … On trouva bien au 19ème siècle dans le désert la Pierre de Rosette qui permit de traduire les hiéroglyphes.
Ptolémée voulut faire d’Alexandrie le « Phare » culturel du Monde antique, et de sa bibliothèque son centre universitaire et scientifique.

La Septante a été traduite dès lors dans toutes les langues existant à cette époque et en particulier en Copte, d’où la naissance d’un autre christianisme en Egypte (Delta et Haute Egypte) et jusqu’aux fins fonds de l’Ethiopie.
Les juifs étaient nombreux à Alexandrie, ils avaient leur propre administration, leur Beth Din, leur justice … Il fallait dès lors à l administration de Ptolémée connaitre non seulement la Loi Juive, mais aussi les us et coutumes pour trancher les litiges et condamner les criminels.


La seconde a été un élément de destruction de la sainteté de la Parole de Dieu envers Moshe Rabinou, et d’assumer la permanence historique de l’anéantissement d’Israël en tant que peuple indépendant et de sa religion.
Rien n a été comme  avant pour les juifs de très nombreux termes grecs on envahi notre vocabulaire … Pentateuque, Synagogue ….

Quant à la chrétienté, on ne peut s’empécher de voir Sarah en Marie, Les 12 apôtres remplacer les 12 tribus, etc … etc ..


L’Histoire se répète, l’antisémitisme et la Haine du Juif perdure toujours, après Aman en Perse,  les Grecs, les Romains, les Byzantins, les Arabes, les Croisés, l’Inquisition, les Russes  et les polonais, avec  les Pogroms le Stalinisme et enfin les Nazis ont tous essayé de détruire ce peuple, ils y ont réussi partiellement,  le combat est actuel, il est sournois et permanent
Comprenez alors que la traduction des Textes sacrés au travers de la Septante a probablement permis la réalisation de ces trop nombreuses rumeurs, des délations, des mensonges aboutissant à des  massacres !



Bibliographie :
Houmach ;
La Bible d’Alexandrie (Ed du Cerf)
Lettre  à mon frère Philocrate, Aristée
Hugues COUSIN : La Bible Grecque
Francine Kaufmann : Jugements sur la Septante
Pierre Geoltrain   Aux Origines du Christianisme

Marguerite Harl, Gilles Dorival et Olivier Munnich, La Bible grecque des Septante. 
Rav Dufour Modia
Wikipédia,
Encyclopédie Britannica, les principaux manuscrits du texte biblique d'après l'Encyclopaedia Biblica. Les lignes pointillées bleues indiquent les textes utilisés pour les modifications.
MT = texte massorétique. LXX = version originale de la Septante. X [aleph] = Codex Sinaiticus. A = Codex Alexandrinus. B = Codex Vaticanus. Q = Codex Marchalianus
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