La Septante
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Un événement a bouleversé l’histoire du Judaïsme
C’est la Septante
… Plus rien ne sera jamais comme avant, …
Plus jamais la religion juive ne sera la religion la plus
« sacrée »
SEPTANTE c’est soixante dix, et ce chiffre est bien connu
…
On le trouve après la destruction de la Tour de Babel, ou
Dieu a divisé en 70 les races et les langues,
Le Judaïsme n’est donc pas dogmatique, il est
universel puisqu’ il se tourne vers les
70 nations issues du Patriarche Noah !
On retrouve ce chiffre avec
les 70 hébreux qui entrèrent avec Jacob en Egypte, et qui après la rencontre
avec Joseph devenu vice roi d’Egypte se sont multipliés
Plus tard, 70 sages ont accompagné Moïse au bas du Mont
Sinaï pour être témoins du dialogue Divin (Michpatim).
On le retrouve dans les 70 facettes d’appréhender la
Tora, Ce qui est conforme à l’éthique du B’naï B’rith ou l’on ouvre la porte à
un Judaïsme pluriel.
Il y a aussi les 70 ans de l’exil du Peuple Juif à
Babylone, dont l’élite a été déportée par Nabuchodonosor après la destruction
du premier Temple et qui sont revenus en Judée sous la protection du Perse
Cyrus.
Dans quelques mois l’Etat d’Israël fêtera ses 70 ans !!
Quant à la guématria, la numérologie juive, Soixante dix, c’est la valeur numérique du mot - Khohma –
Sagesse - mot qui s’inscrit comme l’une
des 10 Séphirotes de l arbre du Zohar.
Dès leur retour de Babylonie où ils ont séjourné 70 ans, les juifs vivent sous l’égide des Perses, Cyrus
puis Darius … ils reconstruisent leide Temple et vivent paisiblement pendant deux cents ans
payant un lourd impôt de protection aux Perses.
En 332, Alexandre
se présente avec son armée devant Jérusalem, il épargne les prêtres et se
recueille dans le Temple. Le nom d’Alexandre est toujours respecté.
Empereur de la Grèce, de l'Egypte et de l'Asie, meurt
de la fièvre à 33 ans à Babylone. L'Empire
qu'il a conquis en une décennie et qui s'étend de la Grèce aux bords de
l'Indus, ne lui survivra pas : dès sa mort, il sera partagé entre ses
généraux.
L’Empire est alors divisé, morcelé entre ses généraux :
Ptolémée (Lagides) prend l’Ouest avec
l’Egypte, la Médie à Péithon, la Cappadoce à Eumène,
l’Asie Mineure à Antigone, la
Thrace à Lysimaque, la
Grèce et la Macédoine à Antipater, la Phénicie à Méléagre, la Syrie à Laomédon
et la Babylonie à Séleucos
(Séleucides), la Bithynie, la
Paphlagonie et
le Pont
redevinrent indépendants. L’Inde continua d’être gouvernée par ses rois
indigènes, Taxile et Porus,
Atropatès conserva sa satrapie
(équivalente à l’actuel l’Azerbaïdjan).
En Egypte, Ptolémée II, tout comme son père se fait
nommer Pharaon il est fils de Bérénice et il décide dès le début de son règne
de traduire tous les textes hébreux.
Le récit légendaire des circonstances de cette traduction
est le sujet central. Selon ce récit, le
roi Ptolémée II aurait lui-même commandé une traduction grecque de la Torah
pour enrichir la fameuse bibliothèque et aurait fait venir de Jérusalem à
Alexandrie 70 traducteurs tous rabbins émérites.
Selon la lettre d'Aristée (IIe siècle
avant notre ère), la Septante serait due à l'initiative
du fondateur de la Bibliothèque d'Alexandrie, Démétrios de Phalère. (il
parle lui de 72 rabbins)
Celui-ci aurait suggéré à Ptolémée II d'ordonner la traduction en
grec de tous les livres juifs, textes sacrés, commentaires, livres des prophètes et narrations profanes.
Très vite après la fondation d'Alexandrie par
Alexandre le Grand en -331, une
population juive
s'est en effet développé fortement, en particulier autour du Palais
royal ; à tel point que deux des cinq quartiers sont réservés aux
« descendants d'Abraham ».
Ils continuent à y parler leur langue (l’araméen) et à étudier les textes de l'Ancien
Testament en hébreu.
Déjà intéressé par le sort de ses sujets israélites, le
souverain apparaît également soucieux de connaître les règles des divers
peuples qui lui sont assujettis dans le cadre d'une réorganisation de son
royaume.
Mais la Traduction appelée le targoum chivîm, va permettre aux ennemis de connaître pour contrer
l’âme du Texte sacré, et à partir de ce moment tout profane peut avoir accès
aux cinq livres …
Seulement le profane n’aura jamais les clés pour
décrypter et redonner le sens et l’interprétation,
comme l’ont fait Maïmonide puis Rachi. Comment faire sans commenter à l’envi
ces textes merveilleux… le travail effectué dans les Yechivot, le pilpoul, enrichit l’étude … avec la traduction
le sacré s’envole.
Les savants juifs au
nombre de 70 sont chargés de
cette traduction qui porte le nom de Version
des Septante. (70 aussi comme le nombre des sages
présents dans le Sanhédrin).
La tradition prétend que le souverain sacrificateur de Jérusalem, Éléazar,
refuse, puis n'accède à la demande de Ptolémée II qu'à une condition :
l'affranchissement des Juifs de Judée que
son père, Ptolémée Ier, a fait prisonniers et
réduits à l'esclavage en Égypte
N’oublions pas que la langue vulgaire
des juifs était l’Araméen
Mais pour le Roi-Pharaon, seul le grec pouvait être une langue
"sacrée" à côté de l'hébreu, tant était grand le prestige des
philosophies et sciences grecques.
Pour lui et ses ministres, la Septante aurait été surtout un élément de
sauvegarde, mais aussi d'évolution, de l'identité juive dans la culture grecque.
Ce double aspect est mis en évidence par la célèbre allusion du Talmud …
ouverture pour mener les juifs à une
assimilation certaine. .Cela fut vécu comme une catastrophe par les Sages et les textes disent que
l'obscurité s'installa pendant trois jours sur le monde (voyez le Traité
Méguila 9a et le Choulk'hane Aroukh, Or ha 'hayim 580,2.). et un jeûne, celui
du 8 Tevet fut établi.
On raconte donc que le roi Ptolémée II rassembla ensuite 70 anciens, il
les plaça dans 70 maisons, sans leur révéler l’objet de ce rassemblement.
Il rendit visite à chacun et leur dit : "Écrivez-moi la Torah
de Moïse votre maître ». Ils la traduisirent et on a vérifié que les
soixante dix traductions étaient toutes identiques !
La traduction en grec se poursuit pendant deux ou trois siècles. Une
école de traducteurs s'est occupée du Livre des Psaumes à Alexandrie vers 185 avant J.-C. et entreprennent ensuite le Livre d'Ézéchiel, les douze « petits prophètes » et le Livre de Jérémie. Ils traduisent enfin des livres historiques (Livre de Josué, Livre des Juges, Livres des Rois) ainsi que
le Livre d'Isaïe. Les derniers livres (Daniel, Job, et Siracide) ont été
traduits vers 150 avant l’ère vulgaire. et l'on
hésite encore sur le lieu de traduction.
On situe en Judée, au premier siècle de l'ère chrétienne, la traduction
du Cantique des Cantiques, des Lamentations, du Livre de Ruth et d'Esther, puis celle
de l'Ecclésiaste
probablement par Aquila.
Mais la découverte des manuscrits hébreux dits de la Mer Morte à Qumrân en 1947, par un
berger, dans des jarres apparaissent comme les restes d'une bibliothèque ayant
appartenu à la secte juive des Esséniens, ces derniers attestent que la LXX
(septante) a été acceptée comme texte biblique, à côté des textes hébreux.
À l'inverse, Qumrân a révélé des formes qui expliquent la traduction des
LXX : certains passages, jusqu'à présent considérés comme des erreurs ou
des amplifications dues aux traducteurs, reçoivent désormais l'appui d'un
support historique.
Néanmoins, la quasi-totalité des textes de Qumrân sont écrits en hébreu.
Des similitudes d'interprétation sont également relevées entre certains
écrits de la secte des Esséniens et la LXX. L'attention est maintenant attirée
sur l'ensemble des écrits juifs post-bibliques,
La LXX n'est plus un document isolé. Elle se situe dans l'ensemble des
textes juifs produits juste avant l'ère chrétienne.
Ce n'est qu'au IIe siècle de l'ère
chrétienne, (+135) après l'extermination des communautés juives d'Égypte et de Cyrénaïque par Hadrien, ( un
véritable massacre de 400 000 Juifs) que la Bible en grec allait devenir
exclusivement celle des chrétiens.
Auparavant, cette traduction aurait du répondre aux besoins du peuple
juif en diaspora autour du bassin méditerranéen, dont une communauté
particulièrement hellénisée et intellectuelle, celle d'Alexandrie.
Les problèmes de traduction posés par la nouvelle présentation sont bien plus divers. Qu'on songe à la
diversité des désignations
du divin dans la Bible hébraïque ( Y en aurait au moins 70 ?) …: El, Eloah,
Elohim, El Shadday, Sabaoth, Hachem, Ado
.. dont certaines ne trouvent aucune solution satisfaisantes ou qui sont
banalisées,
On semble désacraliser le nom de Dieu, on le banalise en fait lors du passage en grec par theos, dieu.
La finesse, le respect, la dévotion l’adoration pour Dieu semblent disparaitre.
On sait que la Tora est chantée…Par le chant,
par la musique on traduit l’émotion, par des notes spéciales, on implore
l’éternel … on le supplie … Comment reproduire ces chants, ces implorations, ces
incantations, les prières … C’est une mission impossible d’autant plus que les
notes musicales sont interprétées en connaissance de la grammaire, car le texte
ne comporte pas de voyelles.
Cette traduction a permis aux grecs de
critiquer nos sages, se salir les commentaires de ridiculiser de banaliser et
d’avilir le nom de Dieu,
Les Grecs imposent les Jeux du stade, avec ses excès et avec des
athlètes nus ..! Et vont jusqu’à profaner le Temple de Jérusalem, interdire la
circoncision, interdire le Chablât, …
Les Grecs Séleucides de Damas, ont imposé leur
joug sur le Judaïsme, en prônant voire
en imposant l’assimilation … ils ont failli réussir, c’est alors que des
Cohanim prirent les armes sous la Conduite de Mattathias Cohen … c’est la
révolte des Maccabées et ils écrasèrent militairement les Grecs.
Deux siècles plus tard, c’est
grâce à cette traduction que la chrétienté a pu prendre son essor, les textes
ainsi vulgarisés furent repris et interprétés par l’église primitive et les
textes furent transformés et composés en
faveur de la nouvelle religion, afin de l’ouvrir à tous les peuples, le nouveau
testament naissait plus tard, les Evangiles apparaissaient tout
comme on le fit pour ne plus manger casher, ne plus circoncire, ne plus
observer la sainteté du Chabbat et
introduire des notions de paganisme comme la Trinité ou l adoration des saints.
Nous voilà à Alexandrie, la ville est jeune, cosmopolite,
les ruelles grouillent de marchands, passants, mendiants, Nous sommes en l’an 642, le 22 décembre, les troupes arabes du Calife Omar viennent
d’entrer en triomphateurs dans la Ville, et là au détour d’une rue, ils se trouvent face à la Grande Bibliothèque d’Alexandrie, la
plus célèbre du Monde, qui renfermait
des millions de documents, de manuscrits et qui va en cette journée disparaître
pour toujours…
Le calife Omar Ier questionné sur ce qu'on devait faire
de tous ces livres, de tous ces documents répondit : « S’ils sont conformes au
Coran, ils sont inutiles, s’ils sont contraires au Coran, ils sont pernicieux :
donc il faut les détruire ».
En conséquence, son gouverneur Amrou ibn al-Asi
fit distribuer les millions de manuscrits de papyrus de tablettes et de livres
dans les bains d'Alexandrie qu’ils chauffèrent durant plus de deux ans.
On raconte que les écrits des philosophes grecs, les tablettes
sumériennes et les papyrus sacrés disparurent. Tout comme les originaux de la
septante !
La Septante est probablement tombée dans leurs mains … Le
Coran s’en est inspiré lui aussi !!
La Septante a deux
facettes, …
La première était de mettre le texte sacré à la portée de
tous, afin que tous les profanes puissent connaître le texte…
Je pense personnellement que l intention du Roi Ptolémée
n’était pas perfide, mais allait dans le sens de sa modernité … On trouva bien
au 19ème siècle dans le désert la Pierre de Rosette qui permit de
traduire les hiéroglyphes.
Ptolémée voulut faire d’Alexandrie le « Phare »
culturel du Monde antique, et de sa bibliothèque son centre universitaire et
scientifique.
La Septante a été traduite dès lors dans toutes les langues
existant à cette époque et en particulier en Copte, d’où la naissance d’un
autre christianisme en Egypte (Delta et Haute Egypte) et jusqu’aux fins fonds
de l’Ethiopie.
Les juifs étaient nombreux à Alexandrie, ils avaient leur
propre administration, leur Beth Din, leur justice … Il fallait dès lors à l
administration de Ptolémée connaitre non seulement la Loi Juive, mais aussi les us et coutumes pour trancher les litiges et
condamner les criminels.
La seconde a été un élément de destruction de la sainteté
de la Parole de Dieu envers Moshe Rabinou, et d’assumer la permanence
historique de l’anéantissement d’Israël en tant que peuple indépendant et de sa
religion.
Rien n a été comme
avant pour les juifs de très nombreux termes grecs on envahi notre
vocabulaire … Pentateuque, Synagogue ….
Quant à la chrétienté, on ne peut s’empécher de voir
Sarah en Marie, Les 12 apôtres remplacer les 12 tribus, etc … etc ..
L’Histoire se répète, l’antisémitisme et la Haine du Juif
perdure toujours, après Aman en Perse,
les Grecs, les Romains, les Byzantins, les Arabes, les Croisés,
l’Inquisition, les Russes et les
polonais, avec les Pogroms le Stalinisme
et enfin les Nazis ont tous essayé de détruire ce peuple, ils y ont réussi
partiellement, le combat est actuel, il
est sournois et permanent
Comprenez alors que la traduction des Textes sacrés au
travers de la Septante a probablement permis la réalisation de ces trop nombreuses
rumeurs, des délations, des mensonges aboutissant à des massacres !
Bibliographie :
Houmach ;
La Bible d’Alexandrie (Ed du Cerf)
Lettre à mon frère Philocrate, Aristée
Hugues COUSIN : La
Bible Grecque
Francine Kaufmann : Jugements sur la Septante
Pierre Geoltrain Aux Origines du Christianisme,
Marguerite Harl,
Gilles Dorival et Olivier Munnich, La Bible grecque des Septante.
Rav Dufour Modia
Wikipédia,
Encyclopédie Britannica, les principaux manuscrits du texte
biblique d'après l'Encyclopaedia Biblica. Les lignes pointillées bleues
indiquent les textes utilisés pour les modifications.
MT = texte massorétique. LXX = version originale de la Septante. X [aleph] = Codex Sinaiticus. A = Codex Alexandrinus. B = Codex Vaticanus. Q = Codex Marchalianus.
MT = texte massorétique. LXX = version originale de la Septante. X [aleph] = Codex Sinaiticus. A = Codex Alexandrinus. B = Codex Vaticanus. Q = Codex Marchalianus.

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