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jeudi 10 septembre 2026

Le Linge aux fenêtres JBCH 2609 - 165

«Une pollution visuelle» : cette ville française interdit le linge aux fenêtres



Afin de préserver l’image touristique de cette commune, un arrêté municipal interdit aux habitants de plusieurs rues du centre-ville d’étendre leur linge aux fenêtres ou sur les balcons.

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«Il y a du linge étendu sur la terrasse, et c’est joli», chantait l’auteur et interprète Nino Ferrer dans Le Sud. À Villeneuve-sur-Lot, dans le Lot-et-Garonne, cette image du quotidien est désormais proscrite dans une partie du centre-ville. Depuis le 3 juin, un arrêté municipal permanent interdit d’étendre du linge aux fenêtres, sur les balcons ou sur tout autre élément de façade.




La mesure, prise par la municipalité de Villeneuve-sur-Lot et signée par l’adjoint au maire chargé de la sécurité, Jean-Éric Rosier, vise à préserver les secteurs présentant un caractère «patrimonial, touristique ou commercial», selon les termes de l’arrêté. Alors que le linge suspendu aux façades fait partie de l’imaginaire associé à certaines villes du sud de l’Europe, notamment en Italie ou au Portugal, la commune de 22.000 habitants, le qualifie d’«atteinte à la tranquillité publique».

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"Le linge suspendu est un emblème culturel"

L’arrêté municipal, révélé par Sud Ouest, précise que le linge étendu, lorsqu’il est visible depuis la voie publique, est «susceptible de porter atteinte à l’harmonie des façades, à l’image de la commune, et de créer une pollution visuelle». Pour l’adjoint au maire, il s’agit de protéger l’image touristique de Villeneuve-sur-Lot. «Le linge rentre dans l’intimité des gens. Je suis favorable à une certaine retenue», a-t-il expliqué à Sud Ouest.




L’interdiction couvre un large périmètre du centre-ville : de la rue Pasteur au pont de Bastérou, sur la rive droite du Lot, ainsi que les abords des boulevards Camille-Desmoulins et Danton, sur la rive gauche. 

Les habitants concernés qui étendraient du linge visible depuis la rue s’exposent à une contravention de première classe : l’amende forfaitaire est de 38 euros, mais elle est minorée à 11 euros si elle est payée dans les trois jours suivant la remise de l’avis, ou dans les 15 jours lorsqu’il est envoyé par courrier.

La mesure ne fait toutefois pas l’unanimité sur les réseaux sociaux. Certains internautes saluent une décision destinée à améliorer l’attractivité du centre-ville. «Rendre notre centre-ville plus attractif : c’est l’objectif de cette mesure, qui s’ajoute aux aides à la rénovation des façades, à l’enfouissement des réseaux, à la végétalisation et aux travaux d’amélioration de l’habitat», écrit ainsi un utilisateur sur X. 




D’autres défendent au contraire le linge étendu comme un élément du paysage urbain et de l’identité locale. Un internaute prend notamment l’exemple de l’Italie : «Dans les ruelles étroites de Naples ou Venise, le linge suspendu au-dessus des rues est un emblème culturel. Faute de place, c’est souvent le seul moyen de faire sécher ses vêtements, créant une scène pittoresque et sociale typique de la vie italienne.»

D’autres cas en France

Pour des raisons esthétiques, d’autres villes françaises encadrent l’étendage du linge visible depuis l’espace public. 

À Béziers, dans l’Hérault, le maire Robert Ménard avait pris, en 2014, un arrêté comparable. Celui-ci interdisait d’étendre du linge aux fenêtres, aux balcons et aux façades visibles depuis la voie publique, entre 6 heures et 22 heures, dans le centre-ville historique.




À Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, l’argument «d’ordre esthétique» a également été avancé par la mairie. Depuis 2009, un arrêté, qui ne concerne que les habitants des Bords-de-Seine, stipule qu’il est «interdit d’étendre du linge aux fenêtres, sur les balcons et terrasses des immeubles»

Les contrevenants risquent une amende de 38 euros. «Du linge étendu aux balcons représente une pollution visuelle», avait, à l’époque, justifié l’adjointe au maire chargée de l’hygiène et de la propreté. Objet du quotidien, le linge étendu devient, dans certains centres-villes, un détail de façade.







© JBCH  Réflexions                      Septembre 2029

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