Culture — Arts
Le legs dense du Tintoret
Le Jacquemart-André rend justice, en sept salles, au plus indompté des peintres vénitiens
Avant que le Grand Palais ne consacre dans deux semaines la postérité de Cézanne, le musée Jacquemart-André prend une longueur d'avance avec un parcours aussi resserré qu'éclairant sur Jacopo Robusti, dit le Tintoret.
Fils de teinturier vénitien, artiste conquérant et pratiquement increvable, né en 1518 ou 1519, mort en 1594 , il a laissé une œuvre que Cézanne lui-même qualifiait, dans une formule restée célèbre, de « peinture couillarde ».
Sept salles suffisent à faire sentir ce mélange d'expressionnisme et de réalisme, cette délicatesse affamée et cyclonique qui n'a jamais cessé d'aller au pas de charge.
La deuxième salle, intitulée « Sensualité et ironie », concentre à elle seule trois chefs-d'œuvre, dont une saisissante Danaé, prêtée par le musée des Beaux-Arts de Lyon.
On y retrouve la marque de fabrique du peintre : une lumière lagunaire taillée à coups de perspectives brutales, presque animales, qui alourdissent la chair sans jamais l'épaissir.
Ce qu'il faut en retenir
Une exposition courte, dense et pédagogique, qui fait moins le tour exhaustif du peintre qu'elle n'en restitue le tempérament : la vitesse, l'excès maîtrisé, le refus du sage académisme vénitien.
De quoi patienter avant le grand rendez-vous cézannien du Grand Palais.
© JBCH Septembre 2026
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire