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Décrite par Alexis de Tocqueville au XIXe siècle, alors qu’il séjourne aux États-Unis et analyse la jeune démocratie américaine, la « tyrannie de la majorité » désigne un mécanisme par lequel l’opinion du plus grand nombre finit par s’imposer aux autres, jusqu’à étouffer toute forme de dissidence. |
Lorsqu’une rédaction menace de faire grève en réaction à l’arrivée d’un journaliste aux opinions différentes — certainement discutables — plutôt que de combattre ses idées dans le cadre de débats constructifs… |
Lorsque, lors d’une manifestation citoyenne, un candidat de gauche se fait chahuter au prétexte qu’il ne serait justement “pas de gauche”, qu’il ferait “honte à la gauche”, et devrait se retirer… |
Lorsqu’un champion de natation se prend une nuée d’insultes pour avoir simplement dit qu’il souhaitait rester discret sur les enjeux de la future élection présidentielle… |
Lorsqu’on demande quasi systématiquement aux Français(es) de confession juive de s’exprimer, au seul motif de leur religion ou de leurs origines, sur un conflit dont ils ne sont ni les porte-parole ni les protagonistes… |
L’opinion supposée faire consensus s’impose. |
Un “état social” comme le décrivait Tocqueville, qui ne peut être maîtrisé que par l’équilibre des pouvoirs, l’éducation et surtout la pluralité et la liberté de la presse, “seule compensation de la démocratie”.
© Karine Salomon De Paz https://itparis.kessel.media/?source_type=user_referral&source_referral=usr_c09358c7ca114f20863010759bddea70 |
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