Rechercher dans ce blog

vendredi 11 septembre 2026

Le poids du plus grand nombre pose problème. JBCH N° 2609 - 170



N° 170
N° 170

De la démocratie, du design, des vapeurs

Décrite par Alexis de Tocqueville au XIXe siècle, alors qu’il séjourne aux États-Unis et analyse la jeune démocratie américaine, la « tyrannie de la majorité » désigne un mécanisme par lequel l’opinion du plus grand nombre finit par s’imposer aux autres, jusqu’à étouffer toute forme de dissidence.
Une faiblesse que la démocratie peut entraîner malgré elle : la pression de l’opinion majoritaire réduisant au silence les voix minoritaires, qui ne sont plus considérées, voire décriées ou mises sous silence.




Lorsqu’une rédaction menace de faire grève en réaction à l’arrivée d’un journaliste aux opinions différentes — certainement discutables — plutôt que de combattre ses idées dans le cadre de débats constructifs…

Lorsque, lors d’une manifestation citoyenne, un candidat de gauche se fait chahuter au prétexte qu’il ne serait justement “pas de gauche”, qu’il ferait “honte à la gauche”, et devrait se retirer…

Lorsqu’un champion de natation se prend une nuée d’insultes pour avoir simplement dit qu’il souhaitait rester discret sur les enjeux de la future élection présidentielle…

Lorsqu’on demande quasi systématiquement aux Français(es) de confession juive de s’exprimer, au seul motif de leur religion ou de leurs origines, sur un conflit dont ils ne sont ni les porte-parole ni les protagonistes…

L’opinion supposée faire consensus s’impose.

Un “état social” comme le décrivait Tocqueville, qui ne peut être maîtrisé que par l’équilibre des pouvoirs, l’éducation et surtout la pluralité et la liberté de la presse, “seule compensation de la démocratie”.


C’est bien la diversité des opinions, fût-elle dérangeante, qui fait l’essence même d’une démocratie

© Karine Salomon De Paz

https://itparis.kessel.media/?source_type=user_referral&source_referral=usr_c09358c7ca114f20863010759bddea70

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire