Étude sur un pharaon obscur, Ahmosis en remontant le temps, ouvrant une nouvelle voie de recherche pour dater l’Exode (La Sortie d'Egypte)
Un article de "PLOS ONE" situe le règne d’Ahmosis sur l’Égypte plusieurs décennies après l’éruption volcanique de Thera-Santorin dans la mer Égée, avec d’immenses implications pour l’histoire de la région.
Depuis plusieurs années, les égyptologues réexaminent le règne d’Ahmosis Ier, fondateur du Nouvel Empire et vainqueur des Hyksos, à la lumière d’un événement cataclysmique : l’éruption du volcan de Santorin.
L’explosion, l’une des plus puissantes de l’Antiquité, aurait ravagé la Méditerranée orientale, provoquant tsunamis, obscurité et bouleversements climatiques. Or un texte énigmatique du règne d’Ahmose, la “Stèle de la Tempête”, décrit précisément des phénomènes d’une violence exceptionnelle : cieux obscurcis, pluies torrentielles, destruction de temples, panique à travers l’Égypte. Pour certains chercheurs, il s’agit du premier récit d’une catastrophe environnementale majeure.
La question centrale reste la datation. Si l’éruption a eu lieu autour de 1550 av. J.-C., comme le suggèrent désormais plusieurs analyses, elle coïncide presque exactement avec le début du règne d’Ahmose. Cela renforcerait l’idée que le jeune pharaon a dû gouverner un pays frappé par les retombées volcaniques, au moment même où il menait la reconquête contre les Hyksos. Une Égypte affaiblie par le chaos climatique expliquerait aussi l’effondrement rapide de ces derniers.
Ce contexte troublé a inspiré nombre de comparaisons avec les plaies d’Égypte du Livre de l’Exode : ténèbres, eaux contaminées, destructions soudaines. Sans établir de lien direct, les historiens reconnaissent que la mémoire d’un tel cataclysme a pu nourrir plus tard des traditions fondatrices.
Au croisement de l’archéologie, de la géologie et du récit biblique, l’affaire Ahmosis–Santorin redonne aujourd’hui une profondeur nouvelle à l’une des périodes les plus mystérieuses de l’histoire égyptienne.
Pour la première fois, deux chercheurs ont utilisé l’analyse au radiocarbone pour situer précisément l’époque du règne du pharaon Nebpehtire Ahmosis sur l’Égypte, déterminant qu’il a accédé au trône dans la seconde moitié du XVIe siècle avant notre ère.
Pr Hendrik J. Bruins
En procédant ainsi, ils ont ouvert de nouvelles perspectives pour enquêter sur un lien longtemps supposé entre les événements de l’Exode biblique et l’éruption volcanique dévastatrice de Thera dans la mer Égée, contemporaine présumée d’Ahmose, selon le Pr Hendrik J. Bruins de l’université Ben-Gourion du Néguev, auteur principal d’une étude publiée dans PLOS ONE.
Contexte archéologique : L’éruption du volcan de Thera-Santorin fascine les archéologues pour son lien potentiel avec des récits comme la légende grecque de l’Atlantide ou le récit biblique de la libération des Israélites d’Égypte.
Située à environ 120 km au nord de la Crète, elle a probablement provoqué des jours d’obscurité, des tsunamis et une colonne de feu visible en Égypte, comme en attestent les débris de pumice trouvés en Israël et en Égypte actuels.
Le Pharaon Ahmose, fondateur de la 18e dynastie et du Nouvel Empire, a régné après une période obscure, unifiant l’Égypte et chassant les Hyksos.
La stèle de la Tempête, artefact de son époque, décrit des phénomènes climatiques désastreux souvent associés à Thera, mais l’analyse radiocarbone sur des échantillons liés à Ahmose (brique de boue d’Abydos, shabtis) et à l’éruption montre que son règne a commencé 60 à 90 ans plus tard.
Implications pour l’Exode et Israël : Cette datation soutient une « chronologie basse » pour le début de la 18e dynastie (vers 1540-1530 av. J.-C.), reléguant Thera (vers 1627-1600 av. J.-C.) à une Période Intermédiaire. Pour l’histoire d’Israël, cela questionne le lien entre la transition Âge du Bronze moyen-fin et les campagnes égyptiennes, potentiellement antérieures à Thoutmôsis III.
Bruins explore un lien avec l’Exode, voyant dans les trois jours d’obscurité une éruption comme Thera (comparable à Tambora en 1815), plutôt que XIIIe siècle av. J.-C. souvent proposé sans preuves archéologiques solides. Il prépare une étude sur les destructions cananéennes pour valider ces hypothèses par datation.
On recherche et on essaye de prouver la réalité scientifique de Pessah .. et on trouvera ... peut-être !
Il y a quelques années, à l'issue d'une conférence au Centre communautaire de Boulogne, , j’ai eu la chance extraordinaire de rencontrer Rav Eliyahu Avichail
Rav Avichail, un homme d’un âge avancé mais d’une vitalité impressionnante, avec une barbe blanche et des yeux pétillants de passion, m’a immédiatement captivé. Sa vie entière avait été consacrée à la recherche des tribus perdues d’Israël, ces descendants des dix tribus du Nord exilées par les Assyriens il y a plus de 2 700 ans.
Fondateur de l’association Amishav en 1975, il avait parcouru le monde – de l’Afghanistan à l’Éthiopie, en passant par l’Inde et la Birmanie – pour retrouver ces fragments oubliés du peuple juif. Il me raconta, avec une voix tremblante d’émotion, comment il avait dédié des décennies à étudier des traditions orales, des coutumes et des textes anciens pour prouver leur lien avec le judaïsme. “C’est une mission divine”, me dit-il, “de ramener les enfants perdus à la maison.”
Au cours de notre conversation, qui dura plus d’une heure autour d’un thé chaud, Rav Avichail me parla avec fierté de l’un de ses plus grands accomplissements : avoir convaincu Rav Yisrael Meir Lau, l’ancien Grand Rabbin d’Israël et une figure respectée du judaïsme mondial, de se rendre dans l’Est de l’Inde, plus précisément dans l’État de Mizoram, pour examiner et reconnaître la judéité d’une communauté appelée les Bnei Menashe (ou “fils de Manassé”).
Rav Lau, survivant de la Shoah et symbole de résilience juive, était initialement sceptique, comme beaucoup de rabbins face à des revendications aussi lointaines. Mais Rav Avichail, armé de preuves historiques, de chants traditionnels et de témoignages, l’avait persuadé de faire le voyage.
Ce déplacement, dans les années 1990, marqua un tournant : il permit d’ouvrir la voie à une reconnaissance plus formelle de ces “Menashe” comme descendants de la tribu biblique de Manassé. Rav Avichail me décrivit les villages isolés de Mizoram, où ces gens pratiquaient un judaïsme ancestral malgré l’isolement, observant le Shabbat, les fêtes et même des rites sacrificiels.
“Ils n’ont jamais oublié qui ils étaient”, insista-t-il. Cette rencontre avec Rav Avichail m’a profondément marqué, et elle m’a inspiré à en apprendre davantage sur les Bnei Menashe. Voici leur histoire, que je vais raconter en détail, comme un chapitre vivant de l’histoire juive.
L’histoire des Bnei Menashe remonte à l’époque biblique, plus précisément à l’année 722 avant l’ère commune, lorsque l’empire assyrien, sous le roi Salmanasar V, conquit le royaume d’Israël du Nord. Les dix tribus qui composaient ce royaume dont celle de Manassé, fils de Joseph furent exilées en masse vers les confins de l’empire. La Bible en parle dans le Deuxième Livre des Rois (17:6) : “Le roi d’Assyrie prit Samarie et déporta les Israélites en Assyrie, et il les établit à Halah et sur le Habor, fleuve de Gozan, et dans les villes des Mèdes.”
Ces tribus, séparées du royaume de Juda au Sud, disparurent progressivement des annales historiques, devenant les fameuses “Dix Tribus Perdues”. Mais selon les traditions orales des Bnei Menashe, leurs ancêtres ne se résignèrent pas à l’esclavage assyrien. Après des années de captivité, ils s’échappèrent et entamèrent une migration épique vers l’Est, fuyant les persécutions et cherchant une terre de liberté.
Cette migration, transmise de génération en génération à travers des chants et des légendes, les mena d’abord à travers la Perse (l’Iran actuel), puis l’Afghanistan et les régions montagneuses de l’Asie centrale. Ils traversèrent des déserts arides et des chaînes de montagnes impitoyables, préservant leur identité juive malgré les épreuves. Leurs coutumes – observance du Shabbat, circoncision, lois alimentaires – devinrent des marqueurs secrets de leur héritage. Au fil des siècles, ils adoptèrent des éléments des cultures locales pour survivre, mais gardèrent des souvenirs bibliques : des noms comme “Menasia” (pour Manassé) et des prières évoquant Sion.
Contrairement à d’autres groupes juifs qui maintinrent des liens écrits, les Bnei Menashe reposèrent sur une transmission orale, ce qui rend leur histoire à la fois mystique et contestée. Des chercheurs comme Hillel Halkin, dans son livreAcross the Sabbath River, ont documenté ces traditions, les reliant à des pratiques proto-juives.
Une partie fascinante de leur périple concerne leur arrivée en Chine, un épisode bien ancré dans leur mémoire collective. Selon leurs légendes, après avoir traversé l’Afghanistan et le Tibet, les ancêtres des Bnei Menashe atteignirent la Chine vers le Ier siècle avant l’ère commune.
Ils s’installèrent dans une région appelée “Sinlung”, décrite comme une grotte ou une vallée cachée dans le sud-ouest de la Chine, peut-être près de la province du Sichuan ou du Yunnan. Là, ils vécurent pendant plusieurs siècles, formant une communauté isolée.
Certains historiens spéculent qu’ils pourraient être liés aux Juifs de Kaifeng, une autre communauté juive ancienne en Chine, arrivée via la Route de la Soie autour du VIIIe siècle. Cependant, les Bnei Menashe insistent sur leur antériorité : leurs chants parlent d’un exil assyrien direct, et non d’une dispersion postérieure.
Oui, ils atteignirent bien la Chine, et des preuves linguistiques et culturelles le soutiennent. Par exemple, leurs langues (appartenant à la famille tibéto-birmane) contiennent des mots hébraïques anciens, comme “Sabbath” pour le jour de repos. Des artefacts, tels que des scrolls ou des chants rituels, évoquent des traversées de rivières et de montagnes, similaires aux récits bibliques.
Mais la persécution en Chine – peut-être sous les dynasties Han ou Tang – les força à migrer plus au sud. Ils descendirent le long du fleuve Mékong, traversant le Vietnam, la Thaïlande et la Birmanie (Myanmar actuel).
Ce trajet, qui dura des siècles, les mena finalement aux collines de l’Inde du Nord-Est, où ils s’établirent vers le XVIIIe siècle. Aujourd’hui, la majorité vit dans les États de Manipur et de Mizoram, des régions frontalières avec la Birmanie, où ils forment une minorité ethnique au sein des groupes Kuki-Chin-Mizo.
Quant à leur proximité avec les Karen, elle est à la fois géographique et ethnique. Les Karen sont un peuple tibéto-birman vivant principalement en Birmanie, juste de l’autre côté de la frontière de Mizoram et Manipur. Comme les Bnei Menashe, qui font partie des groupes Chin et Kuki, les Karen, peuple de 7,5 millions d'habitants, partagent une langue et une culture similaires, issues de la même famille linguistique.
Certains chercheurs notent des similitudes dans leurs mythes d’origine : les Karen ont aussi des légendes d’un “peuple ancien” venu de l’Ouest, et des missionnaires chrétiens au XIXe siècle ont vu en eux des descendants potentiels des tribus perdues.
Des organisations comme Shivtei Menashe mentionnent explicitement les Karen et les Kachin (un autre groupe birman) comme apparentés aux Bnei Menashe. Géographiquement, les conflits ethniques en Birmanie et en Inde ont parfois mêlé ces communautés, et certains Bnei Menashe ont des liens familiaux avec des Karen. Cependant, les Bnei Menashe se distinguent par leur revendication juive spécifique, contrairement aux Karen, majoritairement chrétiens ou animistes.
La redécouverte moderne des Bnei Menashe doit beaucoup à des figures comme Rav Avichail, qui les contacta dans les années 1980. Intrigué par des lettres de missionnaires chrétiens décrivant des “Israélites” en Inde, il se rendit sur place et fut stupéfait par leurs pratiques : ils célébraient Pessah avec des sacrifices d’agneaux, observaient Yom Kippour et chantaient des psaumes en hébreu ancien.
En 2005, le Grand Rabbin séfarade Shlomo Amar reconnut officiellement leur ascendance juive, les qualifiant de “zera Yisrael” (semence d’Israël), bien que requérant une conversion formelle pour lever tout doute halakhique. Cela ouvrit la voie à l’aliyah : plus de 5 000 ont immigré depuis, avec un plan gouvernemental israélien annoncé en novembre 2025 pour ramener les 6 000 restants d’ici 2030.
Leur vie en Inde était marquée par l’isolement et les persécutions. Convertis au christianisme au XIXe siècle par des missionnaires britanniques, beaucoup redécouvrirent leur judaïsme dans les années 1950 via la Bible, rejetant le christianisme pour embrasser des pratiques orthodoxes.
Des organisations comme Shavei Israel, fondée par Michael Freund, les aidèrent à apprendre l’hébreu et les rites modernes. Mais des conflits ethniques en Manipur, comme les violences de 2023 entre Kukis et Meiteis, ont accéléré leur désir de partir.
L’arrivée en Israël est un moment de pure émotion pour les Bnei Menashe. Imaginez : après 2 700 ans d’exil, atterrir à l’aéroport Ben-Gurion, entourés de familles en larmes et de chants de bienvenue.
Des témoignages décrivent des sentiments d’accomplissement divin, comme si les prophéties d’Isaïe (43:5) – “Je ramènerai ta descendance de l’Orient” – se réalisaient. Une immigrante, arrivée en 2020, confia : “Je suis heureuse et en état de choc… Je ne peux même pas exprimer mes sentiments.” Beaucoup pleurent de joie, embrassant le sol, sentant enfin “à la maison”. Leur accueil est chaleureux : le gouvernement israélien, via l’Agence Juive, les installe souvent dans le Nord, comme à Nof HaGalil, avec des programmes d’intégration, des cours d’hébreu et des aides au logement. Ils servent dans l’armée (IDF), élèvent des enfants juifs et étudient la Torah, renforçant la société israélienne.
Cependant, des défis existent : adaptation culturelle, emplois (souvent dans l’agriculture ou les usines), et une conversion orthodoxe obligatoire, qui peut durer des mois. . Comme l’écrit Freund, ils sont une “bénédiction” pour Israël, travaillant dur et défendant le pays.
Leur retour est un miracle biblique, un pont entre passé et présent, rappelant que le peuple juif est une tapisserie infinie. Que leur intégration se fasse avec compassion, et que leur chant de Sion résonne enfin en Terre Promise.
Jacques-Bernard Cohen-Hadria / Salomon Berner BB de Boulogne Billancourt ... Qui sont les Alterjuifs?
Terme utilisé par Shmuel Trigano pour qualifier des juifs qui condamnent le peuple juif, Israël et la judéité au nom d’une certaine morale juive (on verra bientôt de quoi il s’agit), et qui s’expriment « en tant que juifs » pour se démarquer de la majorité des juifs.
Il s’agit d’écrivains, de penseurs, de journalistes, de chercheurs universitaires ne cachant pas leurs affinités fréquentes avec les courants écologistes ou d’extrême-gauche, affirmant leur judéité mais la limitant au plan strictement personnel et privé, adhérant sans s’y référer aux déclarations du Compte de Clermont-Tonnerre, en 1789, à l’Assemblée : « Il faut tout donner aux juifs comme individus et rien comme nation ».
de Clermon-Tonnerre
Ces Alterjuifs nient la notion même de peuple juif, tournant le dos à son histoire et à sa spécificité́ , ne lui reconnaissant aucun droit ou attachement à la terre d’Israël sur laquelle ils ne perçoivent sa présence qu’en tant que puissance colonisatrice, donc condamnable.
Shmouel Trigano
Ces ennemis juifs d’Israël semblent prisonniers de choix et d’a priori intellectuels communs qui leur font placer tout en haut de l’échelle leur engagement très « politiquement correct » en faveur de l’universalisme, des valeurs de l’époque des lumières, du cosmopolitisme ou du multiculturalisme. Par contre défendre aujourd’hui le sionisme et Israël équivaut à leurs yeux à une profonde déchéance, de la même façon que revendiquer sa différence en tant que juif mérite les étiquettes de tribalisme, d’intégrisme, de communautarisme, de racisme, de démarche ethnique, etc..
Comme le discours de l’alterjuif est en parfaite correspondance avec la pensée dominante en Europe et dans le reste du monde quant à l’image du juif et d’Israël, il se taille la part du lion dans les média(s) occidentaux qui l’instituent comme porte parole de l’âme et de la conscience juive, censurant toute autre expression ou identifiant tout autre position à une attitude communautariste.
Signalons de ce point de vue les vues alterjuives d'un certain nombre de personnalités qui interviennent régulièrement dans les colonnes du Monde, de Libération, de Médiapart, ou mieux, de Telerama et du Monde diplomatique, comme le journaliste Michel Warschawski, Guillaume Weil-Raynal, la cinéaste Simone Bitton, le médecin et ancien président de Médecins sans frontières Rony Brauman, le journaliste Uri Avnery, l'historien post-sioniste Ilan Pappé, Gisèle Halimi, et le cinéaste israélien Eyal Sivan.. . et bien d'autres depuis le 7 Octobre 2023.
Edgar Nahum dit Morin
Pour compléter ce panorama de la scène alterjuive française, il faut y ajouter « le penseur de la complexité́ » Edgar Morin, les journalistes Jean Daniel, Daniel Mermet, et Denis Sieffert, et last but not the least, l’historienne et Senatrice Esther Benbassa, directrice d’étude à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, titulaire de la chaire d’histoire du judaïsme moderne, qui s’est acharnée récemment dans une controverse publique à décrédibiliser Bat Ye’or, et son immense et passionnant travail sur la dhimmitude. Aujourd'hui Sénatrice Esther Benbassa s'allie à ces thèses sous couvert d'une coloration écologiste nauséabonde.
Mentionnons aussi pour leurs positions antisionistes les plus extrêmes Noam Chomsky, Judith Butler, Tony Judt (USA) et tout récemment Avraham Burg, ancien Président de la Knesset et de l’Agence juive, qui vient de publier un livre en français, « Vaincre Hitler » ou « quitter le Ghetto sioniste » dont nous allons reparler plus loin, tellement il peut servir de stéréotype au mode de pensée des alterjuifs.
Noam Chomsky
Regardons maintenant d’un peu plus près la posture et la rhétorique, car rhétorique il y a, des auteurs alterjuifs : La mystification de l’universel
Les alterjuifs commencent toujours par s’exprimer au nom de la « morale juive », une sorte de morale universelle qui transcende les limites de la condition juive concrète, un vague moralisme altruiste si fréquent dans le droit de l'homme des années 90 , une morale selective innocentant l’agresseur et accablant la victime.
Les Alterjuifs prétendent incarner en fait le vrai « judaïsme », les autres juifs étant condamnés du fait qu’ils s’identifient à un soi-disant peuple, à une communauté́ , à un État, réputés sans fondement ou mauvais parce qu’ethnocentrique.
Pour fonder leur universel, ils dédoublent l’identité d’Israël en dissociant dans un premier temps le juif selon l’esprit d’une part (eux les alterjuifs sur le chemin tracé par Spinoza, ou bien, et c’est de loin leur préféré́ , le peuple arabe qui souffre) et le juif selon la chair d’autre part (Israël, le peuple juif prisonnier de la Loi).
Puis dans un deuxième temps, ils essayent d’exclure les juifs restés attachés à leurs particularismes juifs au profit de « l’Israël nouveau » ainsi exalté, très rapidement identifié au mieux à l’homme dans ce qu’il a d’universel, au pire au bloc arabo- musulman.
C’est en effet un trait récurrent que la dénégation du peuple juif s’accompagne toujours de l’exaltation d’un autre peuple,
Sous la direction de Claude Julien, le Monde diplomatique est devenu un journal de la gauche radicale, nauséabond, il «se revendiquant engagé et militant, caution intellectuelle de la gauche tiers- mondiste, élément central du mouvement français de solidarité avec les Palestiniens »
Parmi les collaborateurs du journal on trouve nombre d’alterjuifs comme le philosophe Étienne Balibar, Alain Gresh, Dominique Vidal, Maxime Rodinson, et Serge Halimi. Le Monde diplomatique donne également la parole à plusieurs tendances de la gauche et celle israélienne : Amram Mitzna ou Yossi Beilin du parti travailliste israélien. Shlomo Sand historien négationniste ... adjectifs qui les caractérisent (il pense à lui) ne se reconnaissent ni dans la synagogue, ni dans l’Etat d’Israël... ils veulent reprendre comme leur idéal et dans sa plénitude véritablement humaniste la recherche qu’avait formulée l’homme à double identité́ Saül/Paul d’un monde où juifs et gentils ne se définiraient que par leur substance commune, l’humanité́ ».
Pour apprécier l’utopie de cette posture, il faut se rappeler que si le sionisme s’est crée, c’est parce que l’émancipation des juifs européens comme citoyens individuels avait échoué́ ou présentait de graves défaillances (l’affaire Dreyfus). L’antisémitisme, lui, ne s’y trompe pas et a toujours pris pour cible les juifs en tant que peuple.
De même que le grand mérite de Herzl fut d’apporter une solution politique viable au peuple juif européen. Les alterjuifs font de nouveau miroiter le mythe de la fin des nations et des Etats, oubliant que l’échec du socialisme et de la mystique marxiste est avant tout un terrible échec de l’universalisme des socialistes juifs.
Le fond de leur morale est encore plus révélateur : Israël aurait trahi l’héritage de la Shoa en se comportant comme les bourreaux nazis. Ils n’acceptent l’existence du peuple juif que dans la mort et la victimisation, à l’image de la mémoire de la Shoa. Israël ne trouverait grâce à leurs yeux que s’il se comportait différemment des autres Etats, et adoptait une démarche suicidaire ou la démarche non-violente d’un Gandhi. Les juifs ont trop de vie à leurs yeux, ils sont trop en chair et cela les dérange personnellement. (voir la différence de ressenti sur la disparition éventuelle d’Israël entre Raymond Aron et Guy Sorman)
Il n’en reste pas moins que le désir d’émancipation, voire d’assimilation, reste une grande tentation pour les juifs européens et que le chant des alterjuifs, bien qu’illusoire, leur fournit une clé: ils n’ont qu’à disparaître en tant que juifs et embrasser l’identité de la majorité pour que tout rentre dans l’ordre.
Nathan Sharansky
Le déni des actes antisémites et la diabolisation d’Israël dans le conflit israélo-arabe. Sur ce dernier point, Nathan Sharanski quand il était Ministre Israélien de Jérusalem et des questions de la Diaspora avait inventé une formule simple, qu’il appelait le test des 3D, pour distinguer la critique légitime d’Israël de l’antisémitisme : la Diabolisation, le Deux poidsdeux mesures, (double standard), la Délégitimation.
Le premier D est le test de la diabolisation: quand on fait des comparaisons entre les Israéliens et les nazis, entre les camps de réfugiés palestiniens et Auschwitz, etc.
Le deuxième D est le double standard : Quand la critique touche sélectivement Israël ; quand Israël est accusé par les Nations Unies sur la question des droits de l’homme alors que le comportement des principaux auteurs d’abus comme la Chine, Cuba, ou la Syrie est passé sous silence, que sous la Présidence de Kurt Waldheim en 1975 une résolution de l’ONU condamne le sionisme comme racisme, quand le Magen David Adom etait le seul au monde à ne pas être admis au sein de la Croix Rouge Internationale, il s’agit bien d’antisémitisme.
Le troisième D est le test de la délégitimation: quand le droit fondamental d’Israël à exister est refusé, cas unique en regard de tous les peuples du monde, il s’agit aussi d’antisémitisme.
Il suffit d’appliquer le test des 3 D aux écrits des alterjuifs pour voir «qu’en tant que juifs », ils expriment des opinions antisémites, ce qu’ils savent et essayent d’atténuer en commençant toujours par condamner l’antisémitisme dans son principe, ceci au nom des valeurs universelles qu’ils défendent. Cette précaution oratoire n’enlève rien au caractère antisémite de leurs propos et au fait que leur opposition à l’existence d’un peuple juif et à Israël est avant tout inspirée par leur souhait parfois inconscient de voir disparaître ces réalités juives qui persistent et qui les gênent dans leurs petites ambitions personnelles.
Ils vilipendent le juif du réel, trop communautariste, trop religieux, trop pro-israëlien, en un mot trop « vivant » et lui préfèrent le juif victimisé et défunt de la Shoa. La place des juifs est dans les camps. ou dans les musées. Comme l’ont écrit nombre d’alterjuifs, l’image du soldat israélien est en elle-même une abomination autant que le fait de rendre le coup porté par un ennemi. Agresseurs les alterjuifs se décrivent comme victimes. Ils se plaignent d’être systématiquement agressés par les autres juifs lorsqu’ils s’expriment.
La plupart des auteurs alterjuifs français ont réfuté́ le caractère antisémite des violences et délits commis en France et qui ont culminé en automne 2004. Voilà̀ typiquement comment ils procèdent :
Ils commencent par remettre en question l’importance quantitative des faits et marchandent les chiffres à la baisse, en les comparant par exemple aux données relatives aux autres violences sur le plan national (Guillaume Weill-Reynal), occultant curieusement que la communauté́ juive représente moins de 1% de la population nationale alors que les actes antisémites commis en France représentent 62% dès l’ensemble des actes racistes de la même période.
Puis ils disqualifient l’importance des faits relatés par d’autres observateurs plus inquiets en utilisant une terminologie caricaturale: déclarations alarmistes, exagérations délirantes, manifestations paranoïaques sont les termes qui se dégagent des discours de Denis Sieffert, Michel Warchawski, Edgar Morin né Edgar Nahum, Jean Daniel né Bensaïd et d’autres encore, et n’hésitent pas à recourir au thème du complot manigancé par les instances communautaires pour expliquer que tout cela sert les intérêts bien compris de ceux qui veulent gonfler l’aliah vers Israël.
Pour finir par accuser les victimes et excuser, voire plaindre, les coupables à qui ils trouvent des circonstances atténuantes, et parfois une motivation légitime.
Aux USA des alter-juifs gauchistes américains ont fondé J-Street avec l’argent du milliardaire juif américain gauchisant George Soros. et l'aide de l'administration d'Obama, Puis, J-Street a lancé J-Call, en Europe qui s'appuye sur des ONG antisionistes dont la LDH.
Quelles sont les motivations de ces individus ? Elles sont diverses mais leur critique systématique contre Israël ou contre leur peuple (les autres juifs) est souvent leur principal tremplin à partir duquel ils construisent leur notoriété́ médiatique en tant qu’intellectuels, hommes publics, ou chercheurs. Ils se font accepter, applaudir, grâce à leurs prises de positions en parfaite correspondance avec la pensée dominante en France, en Europe et dans le reste du monde :
Les nombreux honneurs qu’ils reçoivent pour leur «courage » de la part de gens pas très honorables laissent penser qu’ils préfèrent cet exercice autrement plus facile à celui de la défense des juifs ou de cette minuscule nation assiégée qu’est Israël.
J'ai vécu en Côte d'Ivoire, j'ai vu la façon dont ce pays avait geré le prix du cacao :
Le Président avait créé une caisse de compensation afin d'en réguler le cours.Ce qui a permis a une grande partie des ivoiriens avaient survécu aux crises internationales.
L’arrivée des Juifs séfarades chassés d’Espagne et du Portugal aux XVIᵉ–XVIIᵉ siècles a été décisive pour l’introduction du chocolat à Bayonne, notamment dans le quartier Saint-Esprit à Bayonne où ils s’installèrent.
Maîtres dans l’art de travailler le cacao, qu’ils avaient connu dans l’empire espagnol, ils furent les premiers en France à en maîtriser la torréfaction et la préparation.
Louis XV déguste un chocolat chaud issu ded fabriques juives de Bayonne
Leur savoir-faire suscita rapidement une activité artisanale florissante, bientôt imitée puis réglementée. Malgré des restrictions corporatives visant à les exclure, leur influence technique et commerciale posa les bases de la tradition chocolatière bayonnaise.
Ainsi, Bayonne doit en grande partie à ces familles juives l’essor d’un des produits emblématiques de son identité gourmande.
Quartier de St Esprit Bayonne
Dans le nord-ouest ivoirien, les regards se baissent dès qu’il est question de cacao. « Personne ne vous parlera ici, les gens ont trop peur », souffle un planteur de Danané. Dans la première puissance cacaoyère mondiale, l’« or brun » n’est pas qu’une culture : c’est un pacte économique et politique, un héritage direct d’Houphouët-Boigny, et aujourd’hui un marché sous tension qui fait grimper le prix du chocolat dans les rayons européens.
Depuis les années 1960, la Côte d’Ivoire vit sous le modèle que le « Vieux » avait conçu : un prix garanti pour les paysans, une régulation centralisée via le Caistab, et une rente stable permettant à l’État d’asseoir sa politique. Cette architecture a longtemps assuré la paix sociale et l’ascension du pays. Mais si l’État fixe toujours un prix bord champ — 2.800 FCFA le kilo pour la campagne 2024, généreuse hausse décidée à la veille de l’élection — l’équilibre houphouëtiste s’effrite.
La raison : un cacao devenu trop précieux, trop rare, trop tentant. Le changement climatique, les maladies des cacaoyers et la chute des rendements ont fait flamber les cours, montés jusqu’à 13.000 dollars la tonne l’an dernier. Une envolée qui se répercute directement sur le coût du chocolat, mais pas sur les revenus des planteurs, qui voient à peine une fraction de cette manne. Alors, dans les zones frontalières, les trafiquants prospèrent.
À Danané, la scène est connue : des acheteurs surgissent dans les plantations, paient au-dessus du prix officiel, et se chargent du reste. En 2023-2024, près de 200.000 tonnes auraient quitté la Côte d’Ivoire clandestinement, un chiffre probablement sous-estimé.
Les routes empruntées sont les mêmes que celles utilisées jadis pour convoyer des armes. Quelques kilomètres plus loin, au Liberia ou en Guinée, le kilo de fèves se vend entre 3.000 et 5.000 FCFA — une différence impossible à ignorer dans une région où la pauvreté dépasse 50 %.
La contrebande prospère d’autant plus qu’elle bénéficie de complicités bien placées. À Sipilou, un réseau mêlant préfet, douaniers et policiers a récemment été démantelé. Selon la presse locale, chaque camion franchissant illégalement la frontière rapportait jusqu’à 15 millions de FCFA en pots-de-vin.
Le gouvernement a riposté avec une force spéciale, l’« Opération Verrou 322 ». Près de 600 tonnes ont été saisies depuis octobre 2024. Une goutte d’eau dans un trafic estimé à des dizaines de milliers de tonnes.
À Bruxelles, on s’inquiète aussi. L’Union européenne, qui transforme 60 % du cacao mondial, imposera dès 2026 une traçabilité stricte pour lutter contre la déforestation. Une réforme qui pourrait rebattre les cartes mais pose la même question que les planteurs : comment enrayer un système où les écarts de prix, les réseaux clandestins et la pauvreté rendent la tentation plus forte que les règlements ?
Houphouët-Boigny avait construit un édifice où stabilité rimait avec contrôle. Aujourd’hui, cet édifice tremble, emporté par une économie mondiale en surchauffe. Le cacao ivoirien n’a jamais autant rapporté. Mais jamais il n’a autant échappé au pays qui le fait pousser.