Discours de Trump sur le plan de paix Israël-Syrie
Le discours de Donald Trump, tel que rapporté dans l’article de Herb Keinon daté du 9 janvier 2026, met en avant une approche novatrice pour résoudre les tensions frontalières entre Israël et la Syrie : transformer la zone contestée autour du Mont Hermon en un pôle économique prospère, incluant un complexe de ski, des éoliennes, un pipeline pétrolier, des centres de données et des usines pharmaceutiques.
Cette vision s’inscrit dans une stratégie plus large de “paix par la prospérité”, inspirée des Accords d’Abraham de 2019-2020, où les incitations économiques priment sur les négociations purement sécuritaires. Trump, via ses émissaires immobiliers Jared Kushner et Steve Witkoff, propose de “geler” les conflits en convertissant les zones disputées en projets coopératifs, évitant ainsi une occupation militaire prolongée tout en favorisant la stabilité. Mais dans quelle mesure ce plan est-il réalisable ?
D’un point de vue économique et diplomatique, l’idée n’est pas aussi farfelue qu’elle y paraît. Premièrement, le modèle “paix par la prospérité” a déjà prouvé son efficacité. Les Accords d’Abraham, lancés sous la première administration Trump, ont normalisé les relations entre Israël et plusieurs pays arabes (Émirats arabes unis, Bahreïn, Maroc, Soudan) en misant sur des investissements mutuels plutôt que sur des concessions territoriales immédiates.
Ici, le plan pourrait générer environ 4 milliards de dollars de croissance du PIB syrien (soit 20 % d’augmentation), créer 15 000 emplois, booster la production d’énergie de 800 mégawatts et réduire la dépendance pharmaceutique de la Syrie de 40 %, selon des rapports cités dans l’article. Ces bénéfices pourraient inciter le nouveau dirigeant syrien, Ahmed al-Sharaa (décrit par Trump comme un “gars fort” avec qui “on s’entend bien”), à coopérer, surtout après la chute d’Assad en novembre 2024 et la nécessité de stabiliser un pays ravagé par la guerre civile.
Deuxièmement, les discussions à Paris, dirigées par les États-Unis, ont déjà abouti à un communiqué conjoint le 7 janvier 2026, évoquant des “discussions productives” sur la sécurité, la stabilité et la prospérité mutuelle, avec la création d’un “mécanisme de fusion” pour coordonner l’intelligence, la désescalade militaire et les opportunités commerciales.
Cela marque un progrès concret : après deux mois d’impasse, les parties parlent non seulement de sécurité, mais aussi de projets civils. Le mont Hermon, avec son potentiel touristique (neige en hiver, hospitalité druze), pourrait devenir un symbole de coopération, géré conjointement par les communautés druzes des deux côtés de la frontière, comme le rapportent des sources israéliennes et américaines.
Des partenaires régionaux non identifiés sont déjà impliqués, selon des fuites, et le plan s’inspire de modèles comme Zermatt en Suisse, transformant une zone aride en corridor économique dynamique.
Troisièmement, du côté sécuritaire, ce plan répond partiellement aux besoins post-7 octobre 2023 d’Israël : au lieu d’une occupation indéfinie, il crée une zone tampon démilitarisée remplie de projets économiques, réduisant les risques d’attaques jihadistes (Iran, Hezbollah, Hamas) tout en respectant la souveraineté syrienne.
Trump, en “faisant en sorte qu’ils s’entendent”, mise sur des incitations positives pour éviter l’escalade, et les États-Unis, soucieux de stabiliser Sharaa, soutiennent cette approche hybride. À court terme, cela pourrait geler le statu quo sans retrait immédiat des forces israéliennes, ouvrant la voie à un accord intérimaire.
Sans accord sur les frontières, les retraits ou les time-tables, le communiqué de Paris reste vague, et les négociations pourraient s’enliser comme par le passé.
Économiquement, les investissements requis (éoliennes, pipeline, stations de ski) dépendent de financements privés et régionaux, mais dans un contexte de sanctions persistantes contre la Syrie et de tensions avec l’Iran (qui pourrait saboter le plan), attirer des capitaux semble risqué.
De plus, le tourisme sur le mont Hermon suppose une paix durable, or la région reste volatile : attaques ISIS récentes (comme celle tuant deux soldats US en décembre 2025) rappellent les menaces. L’idée d’un “Aspen de l’Est” sonne poétique, mais l’article admet qu’elle paraît “folle” au premier abord, rappelant la chanson “Imagine” de Lennon – une utopie loin de la réalité des conflits enracinés.
Les Israéliens, marqués par les traumas du 7 octobre, voient le plan avec un mélange d’optimisme prudent et de scepticisme. Du côté officiel, Benjamin Netanyahu, lors de sa conférence de presse avec Trump à Mar-a-Lago en décembre 2025, a salué l’approche, soulignant la nécessité d’une zone frontalière “sûre” sans terroristes, protégeant les Druzes et les communautés du Golan.
Cependant, l’opposition critique : Meital Lehavi, vice-maire de Tel-Aviv, accuse Netanyahu de sacrifier les intérêts nationaux pour un “deal politique” avec Trump, citant des fêtes à Mar-a-Lago pendant que des otages comme Ran Gvili restent à Gaza.
Des experts, notent que les Israéliens rêvent depuis longtemps d’une paix avec la Syrie (manger du houmous à Damas), mais voient le plan comme un pas intérimaire rafraîchissant, quoique distant d’un accord complet.
Le discours de Trump est partiellement réalisable comme mesure intérimaire pour stabiliser la frontière, mais son succès dépendra de la volonté syrienne. Les Israéliens, divisés, y voient une opportunité innovante, mais pas une panacée.
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