Parashat Vaéra : oppression, résistance et responsabilité morale –
une lecture contemporaine
La Parashat Vaéra (Exode 6,2–9,35) s’ouvre sur une révélation essentielle : Dieu se manifeste à Moïse non seulement comme le libérateur d’Israël, mais comme le garant ultime de la justice face à l’oppression.
Après l’échec apparent de la première confrontation avec Pharaon, Moïse reçoit une promesse renouvelée : la libération aura lieu, malgré l’endurcissement du pouvoir en place. Cette parasha décrit la mécanique de l’oppression, la lenteur du changement et la responsabilité morale des dirigeants, thèmes d’une actualité saisissante.
Pharaon incarne un pouvoir absolu, fermé à toute remise en question, qui repose sur la souffrance d’un peuple asservi. Son refus obstiné d’écouter, même face à des signes évidents, illustre la dérive d’un régime qui préfère la domination à la justice. Les plaies d’Égypte ne sont pas de simples punitions : elles révèlent les conséquences naturelles d’un système fondé sur le déni moral et la violence institutionnalisée. Moïse, quant à lui, représente une forme de leadership fondée sur l’éthique, la responsabilité et la persévérance, malgré les doutes de son propre peuple.
Ce schéma biblique résonne fortement avec la situation actuelle de l’Iran sous le régime des ayatollahs. Comme Pharaon, ce pouvoir religieux autoritaire maintient son emprise par la peur, la répression et la négation des aspirations fondamentales de la population. Le peuple perse, riche d’une histoire millénaire et d’une culture profondément humaniste, se trouve aujourd’hui martyrisé : libertés étouffées, opposants emprisonnés ou exécutés, femmes et jeunes générations soumis à une violence systémique. L’idéologie devient un instrument de domination, exactement comme le pouvoir sacralisé de Pharaon en Égypte.
Dans les deux cas, le refus d’écouter la voix morale est central. Pharaon ignore les avertissements de Moïse ; le régime iranien ignore les appels de son propre peuple et de la communauté internationale. Vaéra enseigne que cette surdité morale a un coût : l’injustice finit toujours par produire des conséquences, non seulement pour les dirigeants, mais surtout pour les sociétés qu’ils entraînent dans la souffrance et l’isolement.
La parasha met également en lumière le rôle crucial de la médiation. Moïse agit comme intermédiaire entre Dieu et l’homme, entre l’idéal de justice et la réalité politique. Aujourd’hui, ce rôle est assumé par des diplomates, des organisations humanitaires, des intellectuels et des citoyens courageux qui, malgré les obstacles, continuent de porter une parole de vérité. Comme dans Vaéra, le changement n’est ni immédiat ni linéaire : il exige patience, courage et persévérance.
La Parashat Vaéra n’est pas seulement un récit fondateur; c’est une grille de lecture intemporelle. Elle rappelle que tout pouvoir qui se construit sur l’oppression finit par se délégitimer, et que la libération commence toujours par une parole morale portée avec constance.
Ce texte est une mise en garde. L’histoire enseigne que les peuples aspirant à la dignité finissent par se lever, et que la justice, même retardée, ne disparaît jamais.
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