Oui, les grands magasins Saks (Saks Fifth Avenue et son groupe) traversent une crise majeure, mais ce n’est pas nécessairement “la fin” définitive.
Le 14 janvier 2026 (ou tard le 13 janvier selon les sources), Saks Global la société mère qui regroupe Saks Fifth Avenue, Neiman Marcus, Bergdorf Goodman et d’autres enseignes a déposé le bilan sous le Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites. Il s’agit d’une restructuration (pas d’une liquidation comme le Chapitre 7), ce qui permet à l’entreprise de continuer à opérer, de payer ses employés et de garder la plupart des magasins ouverts pendant la procédure.
Causes principales de cette crise : Le dépôt de bilan fait suite à plusieurs problèmes cumulés : La fusion-acquisition de Neiman Marcus en décembre 2024 (pour environ 2,7 milliards de dollars), financée par une lourde dette (plus de 2 milliards en obligations), n’a pas produit les économies attendues (600 millions prévus, seulement une partie réalisée).
Un ralentissement général de la demande en biens de luxe (inflation, tarifs douaniers, incertitude économique). Des retards de paiement massifs aux fournisseurs (des centaines de millions dus à des marques comme LVMH, Kering, Richemont, Chanel, Burberry, etc.), qui ont conduit à des arrêts de livraisons → moins de stock → moins de ventes → spirale infernale. Des problèmes opérationnels, comme des bugs d’intégration des systèmes après la fusion, et un manque d’inventaire pendant les fêtes de fin 2025.
Richard Baker (qui a orchestré la fusion) a été écarté, et un ancien PDG de Neiman Marcus (Geoffroy van Raemdonck) a pris la direction. L’entreprise a obtenu un financement de 1,75 milliard de dollars pour tenir pendant la restructuration. : Rapport avec Amazon et les ventes en ligne/internet ? Oui, il y a un lien indirect, mais ce n’est pas la cause principale.
Le commerce en ligne et les ventes directes des marques de luxe (via leurs propres boutiques ou sites) ont affaibli les grands magasins traditionnels depuis des années. Les influenceurs, les boutiques mono-marque et l’e-commerce ont pris le rôle que les department stores avaient autrefois (conseil, découverte de produits). Saks a souffert de ventes en baisse à deux chiffres pendant plusieurs trimestres.
Pour contrer cela, Saks a noué un partenariat avec Amazon en 2025 : un “Saks at Amazon” (une vitrine luxe sur Amazon Luxury Stores), avec un investissement d’Amazon de 475 millions de dollars et des garanties de paiements minimaux (jusqu’à 900 millions sur 8 ans). L’idée était d’atteindre plus de clients via internet.
Mais ce partenariat a tourné au vinaigre : Amazon a critiqué la gestion de Saks et s’est opposé à certains financements de la faillite, arguant que son investissement risquait de devenir “sans valeur”. Cela montre que même les alliances digitales n’ont pas suffi à compenser les problèmes structurels (dette, fournisseurs, stock).
Ce n’est pas Amazon ou internet seul qui a tué Saks, mais une combinaison toxique : dette excessive de la fusion + crise du luxe + fournisseurs mécontents + concurrence digitale depuis longtemps.
Les magasins iconiques (comme le flagship de la 5e Avenue à New York) devraient survivre, mais des fermetures de points de vente sont probables. C’est une page sombre pour les grands magasins de luxe traditionnels, qui continuent de perdre du terrain face au digital et aux marques direct-to-consumer. On suit l’évolution de la restructuration dans les mois à venir !
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