Le deux poids, deux mesures du Quai d'Orsay au Moyen-Orient
La politique française au Moyen-Orient donne le sentiment croissant d’un double standard moral et politique. D’un côté, une indignation affichée face aux violences imputées à Israël et au conflit israélo-arabe, de l’autre, un silence assourdissant lorsque des civils sont massacrés en Iran par milliers par le régime des mollahs, l’un des systèmes les plus répressifs au monde.
Cette asymétrie interroge : pourquoi la France parle-t-elle fort contre l’État hébreu, tout en murmurant ou se taisant face à la théocratie de Téhéran ?
Après le pogrom du 7 octobre perpétré par le Hamas – organisation terroriste composée d'assassins, une partie de la classe politique française a rapidement déplacé le débat vers la reconnaissance d’un « nouvel État arabe au proche Orient, », présenté comme réponse politique, alors même que le Hamas revendiquait et célébrait le massacre de civils.
Cette reconnaissance symbolique, déconnectée des réalités sécuritaires et idéologiques, a été perçue par beaucoup comme une forme de récompense indirecte de la violence, ou à tout le moins comme une cécité volontaire face à la nature islamiste et exterminatrice du Hamas, soutenu, financé et armé par l’Iran
À l’inverse, lorsque le régime iranien réprime dans le sang sa propre population – femmes, étudiants, minorités ethniques ou religieuses – la réaction française est timide, technocratique, prudente à l’excès.
Les pendaisons publiques, les exécutions politiques, la répression des manifestations, les massacres dans les provinces kurdes ou baloutches suscitent rarement plus que des communiqués feutrés. Or l’Iran n’est pas un acteur périphérique : il est le principal parrain du terrorisme régional, du Hezbollah au Hamas, en passant par les milices chiites irakiennes et les Houthis.
Qui protège ce régime en France ? Une partie de la diplomatie française reste prisonnière d’une tradition gaullo-mitterrandienne, y compris avec les pires régimes, au nom d’un prétendu réalisme. S’y ajoutent des intérêts économiques résiduels, une obsession du dossier nucléaire iranien, et la crainte de rompre des canaux diplomatiques considérés comme stratégiques.
Enfin, certains milieux politiques et intellectuels, marqués par un anti-américanisme et un anti-israélisme structurels, tendent à relativiser, voire à excuser, les crimes de Téhéran au nom d’un discours « anti-impérialiste » largement vidé de toute morale. Il est peut-être trop tard pour eux, car la fin de la théocratie est proche.
Ce silence n’est pas neutre. Il légitime indirectement la brutalité des mollahs, abandonne les civils iraniens à leur sort, et affaiblit la crédibilité morale de la France sur la scène internationale. On ne peut pas, sans incohérence, prétendre défendre les droits humains universels tout en fermant les yeux sur l’un des régimes les plus violents et théocratiques du XXIᵉ siècle.
En définitive, ce qui est en cause n’est pas seulement la politique moyen-orientale de la France, mais sa capacité à nommer le mal, à désigner clairement les bourreaux, quels qu’ils soient, et à cesser de confondre diplomatie, lâcheté et calcul à courte vue sous un tableau et une ambiance antisémites nauséabonds.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire