Le 10e pays dans la capitale d’Israël : un tournant, et la fin de la parenthèse Petro
C’est arrivé mercredi 14 octobre 2026, et c’est un tournant. La Colombie a officiellement inauguré son ambassade à Jérusalem, devenant le dixième pays à avoir son ambassade dans la capitale israélienne.
10eambassade ouverte à Jérusalem
5 → 10en moins de deux ans
52 Md’habitants en Colombie
Une cérémonie très symbolique
Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Sa’ar et son homologue colombien Omar Bula Escobar ont assisté à la cérémonie, au cours de laquelle le panneau de l’ambassade a été dévoilé et Sa’ar a apposé une mezouza à l’entrée du bâtiment.
Étaient présents
Gideon Sa’ar, ministre israélien des Affaires étrangères
Omar Bula Escobar, ministre colombien des Affaires étrangères
Moshe Lion, maire de Jérusalem
Vivian Aisen, ambassadrice d’Israël en Colombie
Sa’ar a tenu à souligner la portée de l’événement :
« Ouvrir une ambassade à Jérusalem n’est pas seulement la reconnaissance du fait politique simple que Jérusalem est la capitale d’Israël. C’est aussi la reconnaissance d’une vérité historique qu’aucune personne honnête ne peut nier. »— Gideon Sa’ar, ministre israélien des Affaires étrangères
Il a ajouté : « C’est la 10e ambassade à ouvrir à Jérusalem. Quand j’ai pris mes fonctions il y a moins de deux ans, il n’y en avait que cinq. » Un clin d’œil à l’accélération depuis le déménagement américain de 2018. Plusieurs pays ont depuis installé leur ambassade à Jérusalem, parmi lesquels le Guatemala, le Honduras, le Paraguay et le Somaliland.
La fin de la parenthèse Petro
Ce déménagement tient une promesse de campagne du président colombien Abelardo de la Espriella. Sa’ar l’a rappelé : « Le président colombien m’a dit bien avant son élection : “Si je suis élu président, je déplacerai immédiatement l’ambassade de Colombie à Jérusalem”. »
C’est un renversement complet. L’ancien président Gustavo Petro avait, en mai 2024, rompu les relations diplomatiques avec Israël à cause de Gaza, fermé l’ambassade de Colombie à Tel-Aviv et rappelé son ambassadeur.
Mai 2024Gustavo Petro rompt avec Israël et ferme l’ambassade de Tel-Aviv.
Août 2026Abelardo de la Espriella devient président et rétablit aussitôt les relations.
13 oct. 2026L’accord de libre-échange abrogé par Petro est rétabli.
14 oct. 2026Inauguration de l’ambassade de Colombie à Jérusalem.
Le volet économique suit immédiatement. Mardi, la veille de l’inauguration, Jérusalem et Bogota ont restauré leur accord de libre-échange, ce que le ministère israélien des Affaires étrangères a qualifié de « nouvelle étape importante pour renforcer les liens diplomatiques et économiques ».
Pourquoi ça fâche Bruxelles
La Colombie compte plus de 52 millions d’habitants : son poids diplomatique est loin d’être anecdotique. Sa décision la place en porte-à-faux avec la position européenne traditionnelle, alors que la plupart des pays maintiennent leur ambassade à Tel-Aviv.
Israël considère avec raison, l’histoire le prouve, Jérusalem comme sa capitale, tandis que les Arabes revendiquent aussi Jérusalem comme capitale d’un futur et bien hypothétique État indépendant. Lorsque le président égyptien Anouar el-Sadate est venu à Jérusalem en 1977 pour s’adresser à la Knesset, il a reconnu de fait que le pouvoir israélien siégeait là. Le statut de la ville n’en reste pas moins l’un des sujets les plus controversés du conflit au Proche-Orient.
Pour BruxellesSolution à deux États : le statut final de Jérusalem doit être négocié, la ville devenant la future capitale des deux États. Installer une ambassade à Jérusalem préjuge donc du statut final.
Pour Jérusalem et BogotaC’est exactement l’inverse : un acte de reconnaissance d’une réalité politique et historique
D’où le malaise européen. Pour le nouveau gouvernement colombien, au contraire, c’est le signal qu’Israël est, selon les mots du ministre Bula Escobar :
« un partenaire stratégique. I l l’a toujours été, et à partir de maintenant, il le sera encore plus. »
— Omar Bula Escobar, ministre colombien des Affaires étrangères
Dix ambassades à Jérusalem, dont cinq en moins de deux ans. Pendant que l’Europe s’accroche à ses formules, le monde, lui, reconnaît ce que l’histoire a établi depuis trois mille ans :
Cette semaine nous lisons Béréchit 6:9 - 11:32. Le monde vient d’être créé dans Béréchit, et déjà il est détruit. La Torah dit : « La terre était corrompue devant D.ieu et remplie de violence - ’Hamas ». Le mot est le même qu’aujourd’hui.
Page 1 · Le sens simple selon la TorahLe juste qui se tait
1Noé, un juste dans sa génération
La Torah l’appelle « Ich Tzadik Tamim » - un homme juste, intègre. Rachi s’interroge : juste dans sa génération seulement, ou juste malgré sa génération corrompue ? Le Midrach nous donne deux Noé : le juste qui sauve sa famille, mais qui ne sauve pas son monde. Il entre dans la Téva - l’Arche. Le mot Téva veut dire aussi « mot » en hébreu. Il s’enferme dans les mots, il ne parle pas aux autres. C’est pour cela que la tradition l’oppose à Avraham : quand D.ieu veut détruire Sodome, Avraham discute, négocie. Noé se tait.
C’est la première leçon de la Torah : être juste pour soi ne suffit pas.
2Les trois enfants et les 70 nations
De Noé sortent Chem, ’Ham et Yafet, ancêtres des 70 nations. Après le déluge, D.ieu ne donne pas 613 mitzvot, il donne 7. Les 7 Lois de Noé, l’alliance universelle faite avec toute l’humanité après le déluge.
Le Talmud les résume :
« Sept préceptes furent commandés aux enfants de Noé : établir des tribunaux, s’abstenir de blasphème, d’idolâtrie, d’adultère, de meurtre, de vol et de manger un membre d’un animal vivant »
1Tribunaux
2Blasphème
3Idolâtrie
4Adultère
5Meurtre
6Vol
7Membre d’un animal vivant
Ce sont les fondations du droit international avant l’heure. Pas de Torah juive, mais une morale minimale pour que le monde reste habitable.
3La Tour de Babel
Juste après le déluge, les hommes veulent à nouveau faire « un nom » en construisant une tour qui touche le ciel. D.ieu brouille les langues. La Torah nous dit que l’uniformité totalitaire est plus dangereuse que la diversité.
Mieux vaut 70 langues qui se disputent que une seule qui écrase.
Kabbale et PhilosophieLe Mikvé du monde
Le regard de la Kabbale
Pour le Zohar et le Ari Zal, le Maboul n’est pas une punition, c’est un Mikvé. Le monde est impur, il doit s’immerger. Combien d’eau faut-il pour un Mikvé ? 40 Séa. Combien de jours pleut-il ? 40 jours. Le monde entier entre au Mikvé.
40Séa pour un Mikvé
40jours de pluie
58Noa’h = ’Hen, la grâce
L’eau, Mayim efface, mais elle fait renaître. Noé dans la Téva, c’est l’âme dans le corps pendant l’immersion. Le mot Noa’h en guematria vaut 58, comme ’Hen - la grâce. Au milieu du jugement le plus dur, il y a une grâce qui permet de recommencer.
Le déluge correspond à la Séfira de Yessod, la fondation, qui avait été corrompue par le vol et la débauche. Il faut laver Yessod pour reconstruire Mal’hout, le royaume.
Et l’arc-en-ciel ? Keshet. La Kabbale explique que c’est la lumière divine qui s’habille dans les nuages après l’orage. Une alliance que même quand l’humanité fautera encore, le monde ne sera plus effacé.
Maïmonide - le Rambam - dans le Guide des Égarés, voit Noé comme le premier homme qui comprend la loi naturelle. Les 7 lois ne sont pas « religieuses » au sens rituel, ce sont des lois rationnelles. Une société sans justice - Dinim - s’autodétruit.
C’est une philosophie politique : sans tribunal, pas d’humanité.
Le Rambanajoute : le déluge arrive parce que la génération a rendu la morale relative. Hamas ce n’est pas seulement tuer, violer, mutiler, c’est normaliser le vol.
Quand le vol est légal, le monde coule.
Rav Kook, au début du 20ème siècle, fait le lien avec notre époque : il y a une alliance particulière avec Israël - Sinaï - et une alliance universelle avec l’humanité - Noé.
Israël ne peut accomplir sa mission particulière que s’il porte d’abord les 7 lois universelles. C’est le sens du peuple juif : être un laboratoire de justice pour proposer un modèle aux 70 nations.
Page 3 · Et Israël aujourd’hui ?
Après le Pogrom du 7 Octobre
C’est impossible de lire Noa’h en octobre 2026 sans penser à Israël.
Israël vit depuis trois ans ce que nos sages appellent la situation militaire sans précédent avec une série de fronts ouverts depuis le 7 octobre, dont aucun n’a été résolu.
Les analyses stratégiques parlent aujourd’hui de huit théâtres d’opérations menés simultanément :
Bande de GazaCisjordanieLibanSyrieYémenIrakIranQatar
Comme à Babel, le monde entier semble parler des langues différentes mais autour d’un même point d’embrasement.
Et à l’intérieur, la Téva craque. Le chef d’état-major a lui-même averti que la reprise des combats avec l’Iran pourrait contraindre à reporter les élections prévues le 27 octobre.
Des élections qui se tiennent dans un pays où, selon l’ancien Premier Ministre Naftali Bennett, il manquerait 20 000 soldats pour pouvoir continuer à faire la guerre, et où le débat qui n'a pas de légitimité, sur la conscription des Haredim (ultra- religieux) divise la société.
Quel est le message de Noa’h pour cela ?
1On ne reconstruit pas après un déluge avec les mêmes outils.
La Torah nous apprend que Noé sort de l’arche et la première chose qu’il fait est de planter une vigne. Il s’enivre.
Il ne sait pas être un homme du nouveau monde. Il faut une autre génération - Avraham - pour inventer la responsabilité envers l’autre.
Israël après le 7 Octobre est dans ce moment Noa’h : sortir de l’Arche / du bunker / du trauma, et apprendre à ne pas seulement survivre, mais à refonder.
2Les 7 lois comme boussole politique.
Quand tout s’effondre, que reste-t-il ? Les 7 lois noahides. La première est Dinim : établir une justice.
Avant de parler de victoire militaire, la paracha demande : est-ce que notre système judiciaire est juste ? Est-ce que notre usage de la force respecte « Tu ne verseras pas le sang » ?
Est-ce que nous volons la terre de l’autre ? La légitimité d’Israël aux yeux du monde ne tiendra pas seulement sur sa technologie militaire, mais sur sa capacité à incarner ce socle moral universel que le monde a oublié.
3De Babel à l’ONU.
La Tour de Babel est le premier projet globaliste sans D.ieu. Aujourd’hui, chaque vote à l’ONU, chaque tribunal international rappelle Bavel : une langue unique qui veut juger Israël.
La paracha répond : D.ieu ne veut pas l’uniformité, il veut l’alliance. Il ne veut pas qu’on efface les différences, il veut 70 nations qui respectent 7 règles communes et qui laissent Israël vivre sa 8ème voie.
Noé nous a appris que D.ieu préfère recommencer avec un petit reste fidèle plutôt que de garder un monde plein mais pourri. Le déluge n’est pas la fin de l’histoire, c’est le début de la responsabilité humaine. C’est exactement là où se trouve Israël en ce Chabbat Noa’h 5787 : entre le souvenir des eaux qui ont tout emporté, et le pari de l’arc-en-ciel - que la prochaine construction humaine sera plus juste que la précédente.
« Libérez ces territoires ! » : autopsie d’un échec mondial
Jamais une cause n’a reçu autant de publicité pour obtenir si peu
Trois ans de manifestations, de slogans et de harcèlement en ligne. Résultat : aucun gain pour les Palestiniens, une vague d’antisémitisme sans précédent, et des Juifs plus attachés que jamais à Israël. L’exact inverse de ce que voulait le mouvement.
À première vue, le mouvement « Libérez la Palestine » semble prendre de l’ampleur. En réalité, il s’est avéré être un échec total qui ne mène nulle part. Jamais, dans l’histoire de l’humanité, une cause n’a bénéficié d’une telle publicité tout en obtenant si peu de résultats.
Ayant atteint une impasse, cet effort s’est transformé en une orgie mondiale d’antisémitisme qui n’a fait que renforcer chez les Juifs l’importance d’Israël, ce qui est l’inverse de ce que ce mouvement souhaitait.
L’erreur stratégique : l’Intifada mondiale
La principale erreur stratégique a été de passer d’un mouvement propalestinien à une Intifada mondiale. Ses dirigeants ont décidé que la meilleure façon de faire plier Israël était d’intimider les Juifs du monde entier.
Cela impliquait également de faire pression sur les alliés non politisés ou juifs, en les forçant tyranniquement à déclarer « Libérez la Palestine » sous peine de subir des menaces et une réaction négative fabriquée en ligne.
En adoptant de telles tactiques répugnantes, le mouvement a irrité et aliéné les personnes mêmes qu’il aurait dû chercher à séduire. Il s’est réduit à traquer des chanteurs et des acteurs juifs, à harceler des épiceries et à invectiver des synagogues.
Les Palestiniens n’étaient qu’un élément secondaire d’une croisade plus vaste : la haine des Juifs.
Si l’Intifada mondiale, possible par les milliars de milliards déversés depuis 20 ans par le Qatar, avait pour objectif d’influencer la politique israélienne, elle organiserait des manifestations ciblées devant l’ambassade d’Israël pour condamner le gouvernement de Benjamin Netanyahou.
En élargissant ses cibles aux artistes, aux étudiants, aux politiciens, aux chefs d’entreprise et aux lieux de culte juifs, l’Intifada mondiale a révélé sa véritable mission : utiliser la situation à Gaza comme prétexte pour déclencher des vagues d’antisémitisme.
Dans cette équation, les Palestiniens n’étaient qu’un élément secondaire de leur croisade.
La prémisse selon laquelle la diffusion de la haine inciterait les Juifs de la diaspora à faire pression sur Israël pour qu’il change de cap était fondamentalement erronée. Après trois ans d’efforts vains pour transformer le mot « sioniste » en insulte et pour exclure systématiquement les Juifs de la vie publique, ces insultes se sont estompées et sont devenues un simple bruit de fond.
La spirale du toujours plus fort
Une telle colère amère, combinée à une incohérence chronique en matière de politique, a conduit cette croisade désespérée à se radicaliser de plus en plus. Après avoir faussement accusé Israël de génocide et adopté toutes les théories du complot antisémites les plus farfelues, le mouvement n’avait plus d’arguments à faire valoir.
Une fois qu’un mouvement qualifie ses adversaires de tueurs de bébés, il n’a plus de marge de manœuvre rhétorique. Les militants avisés le savent : c’est pourquoi ils s’expriment avec prudence et évitent une escalade prématurée.
Le mouvement propalestinien s’est enfermé dans une position où sa seule option est de crier « Israël ». Lorsque rien ne change, il augmente le volume. Après que cela échoue inévitablement, il l’augmente encore.
IsraëlISRAËLISRAËL !
À aucun moment ces militants de seconde zone ne se demandent si leurs tactiques sont contre-productives, ni s’ils poursuivent un objectif réalisable.
80 %des Israéliens sont nés en Israël
≈ 90 %des Juifs voient en Israël la patrie ancestrale du peuple juif
3 ansde mobilisation mondiale, sans résultat politique
Lorsque vous parlez à ces radicaux, un pourcentage élevé d’entre eux croient réellement qu’ils peuvent insulter les Israéliens, dont quatre sur cinq sont nés en Israël, au point de les amener à déraciner leur vie et à partir vers des pays lointains qu’ils n’ont jamais visités. Les hallucinations sont si fortes dans ce groupe qu’ils devraient transformer leurs délires collectifs en drogue et la vendre dans les boîtes de nuit.
Des carrières bâties sur la souffrance des autres
Après trois ans à saturer les ondes et à dominer Internet sans succès, on pourrait penser qu’ils seraient assez intelligents pour passer à un terrain plus productif. Au lieu de cela, l’Intifada mondiale a souvent dégénéré en mouvement identitaire personnel, ou en quête égoïste d’abonnés sur les réseaux sociaux.
Il est grotesque de voir des charlatans politiquement habiles exploiter cyniquement la souffrance des Palestiniens pour faire avancer leur carrière.
Prenons l’exemple de Greta Thunberg. Après avoir apparemment résolu le problème du changement climatique, elle a redirigé ses efforts vers Gaza lorsque cela est devenu à la mode. Ses détracteurs l’ont depuis longtemps qualifiée de narcissique. Alors, qu’a-t-elle fait ? Elle a littéralement navigué jusqu’à Gaza avec une flottille de bateaux de plaisance, un voyage qui a surtout permis de faire la une des journaux… pour elle-même.
Les slogans qui trahissent
Autre erreur de communication : le chant « De la rivière à la mer, la Palestine sera libre ». Comme si nous ne savions pas que, dans sa version arabe originale, les paroles disent autre chose.
Ce qu’on crie en Occident« De la rivière à la mer, la Palestine sera libre »
Ce qu’on crie en arabe« De l’eau à l’eau, la Palestine est arabe »
Nous nous souvenons également que, pendant la guerre d’indépendance d’Israël en 1948, le refrain des armées et des dirigeants arabes était qu’ils allaient « jeter les Juifs à la mer ».
Pire encore, ces génies ont exhibé toute une série de Juifs de façade opposés au sionisme, alors que près de neuf Juifs sur dix considèrent Israël comme la patrie ancestrale du peuple juif.
Cette industrie naissante du « En tant que Juif… » a été accueillie avec à peu près autant de mépris que celui manifesté par la communauté LGBT envers la droite chrétienne, lorsque celle-ci présentait d’« anciens homosexuels » comme ses représentants.
Le théâtre de l’absurde
Le mouvement ressemble désormais à un théâtre de l’absurde, intégrant des minorités qui sont une abomination pour les fondamentalistes religieux qui mènent sa cause.
En règle générale, on ne devrait jamais crier « Libérez la Palestine » si l’on ne serait pas soi-même libre en Palestine. Plaider pour un État qui vous opprimerait, vous et votre famille, relève d’une faible estime de soi, combinée à un manque d’information.
Des Terroristes, des corrompus ... et des naïfs en occident qui paient pour des caisses noires cachées en Suisse
À tout le moins, ces manifestants occidentaux auraient pu accompagner leur soutien aux Gazaouis d’une défense des droits des femmes et des minorités sexuelles dans le monde musulman. Mais quand avez-vous entendu parler pour la dernière fois d’une rencontre entre Queers for Palestine et un imam conservateur pour plaider en faveur des Palestiniens LGBT ou des femmes ? Du silence : c’est tout ce que j’entends.
Face à la manière dont ils se sont rabaissés, ces idiots utiles affirment de manière absurde que la cause est si unique et si importante que des préoccupations « futiles », comme les droits des femmes ou le fait que les personnes LGBT ne soient pas exterminées, doivent attendre que la Palestine soit libre, quoi que cela signifie.
Je déteste devoir annoncer cette vérité à ces personnes égarées, mais il n’y a pas de solution miracle. Il suffit de regarder les pays islamiques prétendument modérés pour voir la réalité. Dans la Turquie « laïque », un paquebot de croisière a récemment été refoulé, d’importants militants LGBT ont été arrêtés et des centaines de comptes sur les réseaux sociaux ont été
Par Wayne Besen, journaliste d’investigation américain
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Que diriez-vous si les défenseurs des droits LGBT, qui se battaient autrefois pour leurs propres familles, revenaient au bercail et criaient enfin : « Libérez la Turquie ! »
Wayne Besen est journaliste d’investigation américain, ancien reporter pour la chaîne WABI-TV et ancien porte-parole de la Human Rights Campaign, la principale organisation de défense des droits LGBT aux États-Unis.
L’alliance de La Mecque devait protéger le royaume.
C’est vers Jérusalem que regarde Riyad.
Deux mois après avoir signé à La Mecque un pacte de défense « à l’OTAN » avec le Pakistan et la Turquie, l’Arabie saoudite voit l’aéroport de sa capitale frappé trois fois en une semaine. Les alliés musulmans tergiversent, Washington hésite. Et c’est d’Israël, par la porte de service américaine, que vient le renseignement.
Riyad, vitrine de la « Vision 2030 » de Mohammed ben Salmane, se découvre vulnérable. Photo : domaine public, Wikimedia Commons
IL’alliance de La Mecque : du rêve à l’épreuve
Le 7 août 2026, sous les ors d’un palais mecquois, Riyad a voulu frapper fort. Mohammed ben Salmane, Recep Tayyip Erdoğan et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif signent l’Alliance de La Mecque pour la défense. La clause centrale est calquée sur l’article 5 de l’OTAN : « toute attaque armée contre l’un des trois États sera considérée comme une attaque contre tous ».
Pour le prince héritier, c’était le couronnement d’une doctrine : l’autonomie stratégique sunnite, sans tuteur occidental, avec en prime le parapluie nucléaire pakistanais obtenu dès septembre 2025. Les communiqués parlaient d’« ère nouvelle ». Sur le papier, 1,4 million de soldats, 3 400 avions, 6 000 chars.
Une alliance sans volonté de combattre n’est qu’un communiqué de presse.
IILes Houthis : le crash-test
Le test n’a pas tardé. Pendant que l’Amérique et Israël sont en guerre contre l’Iran depuis février, les Houthis, son bras armé au Yémen, relancent le front saoudien. Ils avancent le long de la mer Rouge, prennent le port de Mokha et l’île de Perim, au cœur du détroit de Bab el-Mandeb, et pilonnent les villes, les bases et les installations pétrolières du royaume.
Riyad appelle à l’aide. Islamabad et Ankara ? Rien pendant deux mois. Il faut attendre le 5 octobre pour que l’alliance soit enfin activée, après une réunion d’urgence à Riyad : des « forces et capacités convenues » seront déployées, sans chiffres, sans calendrier, « selon les lois de chaque pays ». La Turquie précise que son aide sera surtout technique et qu’elle ne participera à aucune action offensive au Yémen. Mohammed ben Salmane demande alors à Donald Trump de frapper les Houthis. Refus : Washington se contente de fournir du renseignement et de désigner des cibles.
IIIRiyad sous le feu
Puis vient la semaine noire. Pour la première fois, la capitale elle-même est frappée, et à répétition.
8 octobreUn missile balistique frappe l’aéroport international King Khalid de Riyad. Trois morts, dont un commandant de bord de la Saudia, et des dizaines de blessés.
10 octobreAttaque coordonnée : des drones ouvrent la voie à des missiles de croisière et balistiques. 12 à 13 morts selon les sources, et plus de 300 blessés.
11 octobreNouvelle frappe : un mort, onze blessés. L’aéroport reste fermé.
12 octobreRiyad affirme avoir intercepté trois missiles visant la capitale et Khamis Mushait.
3attaques sur l’aéroport de Riyad en une semaine
≥ 16morts depuis le 8 octobre
300+blessés dans la seule attaque du 10 octobre
L’aéroport King Khalid de Riyad, frappé trois fois en une semaine. Les compagnies suspendent leurs vols, le forum d’investissement de la capitale est perturbé. Photo : Vanquish0, CC BY-SA 4.0
Le royaume a dépensé des dizaines de milliards de dollars en batteries Patriot. Elles n’ont pas suffi. Les drones saturent d’abord les radars, puis arrivent des missiles à ogive manœuvrante, conçus pour déjouer les intercepteurs. Riyad a ouvert une enquête pour comprendre pourquoi ses défenses ont cédé, et pourquoi aucune alerte n’a été donnée. Les Houthis, eux, ordonnent aux compagnies aériennes d’éviter les aéroports saoudiens, sauf ceux de La Mecque et de Médine.
IVLe canal CENTCOM : de Djeddah à Jérusalem
C’est là que l’histoire devient intéressante. Dès la mi-septembre, la presse israélienne révèle que le prince héritier a sollicité ses voisins du Golfe et l’Égypte, et aussi, indirectement, Israël. Le 14 septembre, à Djeddah, il reçoit l’amiral Brad Cooper, commandant du CENTCOM, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient. Le lendemain, selon des sources diplomatiques citées par Ynet et Israel Hayom, Israël fournit déjà du renseignement à l’Arabie saoudite via le CENTCOM, sans participation directe aux combats.
DJEDDAHDemande d’aide
→
CENTCOMRelais américain
→
JÉRUSALEMRenseignement
Le canal est logique : indirect, déniable, efficace. Ni Riyad ni Jérusalem ne le reconnaissent officiellement. Le chef des Houthis, Abdel-Malik al-Houthi, a lui-même accusé l’Arabie d’avoir « ouvert ses aéroports aux vols de renseignement israéliens ». Et il ne naît pas de rien : selon d’anciens responsables du Mossad, les contacts secrets entre les deux pays remontent à 2006.
Le détroit de Bab el-Mandeb vu de l’espace : le verrou de la mer Rouge, au cœur des combats. Photo : NASA, domaine publicUn intercepteur israélien Arrow 3 lors d’un essai : le système qui abat les missiles balistiques houthis depuis 2023. Photo : Missile Defense Agency, domaine public
Ce qu’Israël peut apporter, et que personne d’autre n’a
L’expérience : depuis le 7 octobre 2023, Israël a intercepté des centaines de missiles et de drones houthis, souvent tirés sur Eilat et Tel-Aviv.
La détection : radars, renseignement électronique et satellites qui suivent les lancements depuis le Yémen.
Le ciblage : Israël a déjà frappé le port de Hodeïda et l’aéroport de Sanaa ; il connaît les infrastructures houthies.
L’alerte précoce : exactement ce qui a manqué à Riyad le 10 octobre.
Après la semaine noire de Riyad, la question n’est plus de savoir si Israël aide l’Arabie, mais jusqu’où il ira. Aucune source n’évoque à ce jour un soutien israélien en défense antiaérienne. Mais la logique est implacable : le royaume a besoin de voir venir les missiles plus tôt, et le seul pays de la région qui les abat régulièrement, c’est Israël.
Une aide accrue, en alerte précoce et en données de trajectoire, transitant toujours par les Américains, est le scénario le plus probable.
Ma réflexion
Je ne suis pas surpris. Je l’écris ici depuis des années : la normalisation saoudo-israélienne ne passera pas par une poignée de mains à la Maison-Blanche, mais par une nécessité opérationnelle partagée. Les Houthis, qui tirent aussi sur Israël, en sont le catalyseur parfait.
L’Arabie a voulu s’émanciper des États-Unis avec un pacte islamique. Elle découvre que la géographie ne ment pas : le Pakistan est loin et fauché, la Turquie ne veut pas se battre, l’Amérique est épuisée par la guerre contre l’Iran.
Le seul acteur qui peut voir, entendre et frapper vite dans le sud de la mer Rouge, c’est Israël, ce même Israël que les capitales européennes rêvent d’isoler.
EN BREF
7 août 2026 : signature à La Mecque de l’alliance de défense Arabie saoudite, Pakistan, Turquie.
Clause d’assistance mutuelle de type article 5 de l’OTAN.
Été 2026 : offensive houthie sur la côte de la mer Rouge, Mokha et l’île de Perim tombent.
14-15 septembre : rencontre MBS et amiral Cooper à Djeddah ; Israël fournit du renseignement via le CENTCOM.
5 octobre : l’alliance est enfin activée, sans chiffres ni calendrier.
8-12 octobre : l’aéroport de Riyad frappé trois fois, au moins 16 morts.
On ne signe pas la paix parce qu’on s’aime. On la signe parce qu’on a le même radar.
Sources : Al Jazeera (7 août, 5, 9 et 12 octobre 2026) ; Breaking Defense (août 2026) ; AP via PBS NewsHour (12 octobre 2026) ; Ynet et Israel Hayom (13 et 15 septembre, 13 octobre 2026) ; The Jerusalem Post ; Christian Science Monitor (13 octobre 2026). Bilans humains selon les autorités saoudiennes, susceptibles d’évoluer. Photos : Wikimedia Commons.
De l’agent « André » aux tentations du RN et de LFI : la question qui revient
JBCH N° 247 14 Octobre 2026
Depuis Pétain, la France a connu au plus haut niveau des hommes qui ont servi d’autres intérêts que les siens.
Après François Fillon, voici le cas le plus vertigineux de la Ve République : un ministre de la Défense dont le passé d’agent de l’Est fut, de surcroît, couvert par l’Élysée.
Charles Hernu, ministre de la Défense de 1981 à 1985. Photo : US Air Force, domaine public
Charles Hernu n’est pas un ministre comme les autres. Ami intime de François Mitterrand depuis les années 1950, compagnon de la traversée du désert, fondateur en 1953 du Club des Jacobins, maire de Villeurbanne à partir de 1977, c’est lui que Mitterrand choisit en mai 1981 pour le poste le plus sensible de l’État : ministre de la Défense.
L’homme de confiance absolue. Celui qui a accès à tout : la dissuasion nucléaire, les secrets de l’OTAN, les opérations au Tchad et au Liban, les services secrets. Celui qui démissionnera en septembre 1985, emporté par l’affaire du Rainbow Warrior.
Et c’est cet homme-là qui, dans sa jeunesse politique, avait renseigné l’Est.
IL’agent « André »
Les pièces s’emboîtent dès 1953. Jeune militant de la gauche radicale, Hernu est approché à Paris par Raïko Nikolov, officier de renseignement à l’ambassade de Bulgarie. Il devient une source. En 1956, son traitement passe à un officier du KGB soviétique. Plus tard, la Securitate roumaine reprend contact à son tour. Trois services du bloc de l’Est, un seul homme.
« André »son nom de code pour les Bulgares et le KGB
« Dinu »son nom de code pour la Securitate roumaine
3services de l’Est l’ont traité
Contre de l’argent, il fournit des notes sur la vie politique française, sur la gauche non communiste, sur les réseaux atlantistes. Moscou va jusqu’à financer sa campagne législative de 1958. Ce n’est pas un militant naïf qui bavarde au café : c’est une source rémunérée, suivie par des officiers traitants.
1953Premier contact avec le renseignement bulgare.
1956Le KGB prend le relais. Hernu est élu député.
1963La Securitate roumaine renoue ; le KGB reprend la main.
1981Mitterrand le nomme ministre de la Défense.
1985Démission après le sabotage du Rainbow Warrior.
1990Il meurt d’une crise cardiaque, le 17 janvier.
1992Un dossier roumain parvient à la DST. Mitterrand en est informé.
1996L’Express révèle l’affaire.
2023Trois anciens hauts responsables de la DST confirment.
Le Rainbow Warrior à Amsterdam en 1981. Quatre ans plus tard, son sabotage par la DGSE à Auckland, qui tue le photographe Fernando Pereira, coûte son poste à Charles Hernu. Photo : Hans van Dijk / Anefo, CC0
IIUne double trahison, et un mensonge d’État
La trahison est à deux niveaux. Personnelle d’abord : Hernu a menti à Mitterrand, qui voyait en lui un frère, et l’a laissé lui confier les clés de la défense nationale. D’État ensuite : un homme qui a été source rémunérée de trois services ennemis n’aurait jamais dû approcher le secret de la dissuasion. Car même si nul n’a prouvé qu’il renseignait encore Moscou une fois ministre, son passé faisait de lui une cible idéale pour le chantage. Le KGB savait. La France, elle, ne savait pas.
Le paradoxe rend l’affaire plus troublante encore. Ministre, Hernu se montre un atlantiste ferme pendant la crise des euromissiles : il soutient l’installation des Pershing américains face aux SS-20 soviétiques. Ses défenseurs y voient la preuve de son innocence. D’autres y lisent le comportement classique d’un ancien agent qui a tourné la page, ou qui donne des gages.
François Mitterrand en 1983 : l’ami qui a nommé Hernu, puis enterré le dossier. Photo : Comet Photo AG (Zurich), CC BY-SA 4.0Un lanceur de SS-20 soviétique, au cœur de la crise des euromissiles. Photo : département de la Défense américain, domaine public
Mais le vrai scandale, le « mal français », est ailleurs. En 1992, le patron de la DST, Jacques Fournet, apporte à l’Élysée le dossier transmis par un responsable roumain. La réaction de François Mitterrand ? Classer le passé de son ami secret d’État, au motif qu’un mort ne peut se défendre. Pas d’enquête, pas de débat, pas de vérité. Il faudra attendre la presse, en 1996, puis le livre de trois anciens de la DST, Raymond Nart, Michel Guérin et Jean-François Clair, en 2023, pour l’établir : Hernu a bien été, « pendant une partie de sa carrière politique », l’agent de trois services de l’Est.
Le traître n’est jamais seul. Il lui faut, pour durer, des amis qui ne veulent pas savoir.
Hernu n’est d’ailleurs pas un cas isolé. En février 2024, L’Express révélait que son propre ancien directeur, Philippe Grumbach, avait été pendant des décennies une source du renseignement soviétique.
Chaque fois, la même indulgence : les fonctionnaires et les militaires sont poursuivis ; les hommes politiques et les notables, protégés.
IIILe RN et LFI prennent le même chemin !
La question qui se pose aujourd’hui n’est pas historique. Elle est actuelle.
Soyons précis : ni le Rassemblement national ni La France insoumise ne sont accusés d’espionnage au sens pénal.
Personne n’a retrouvé de fiches de paie du SVR. Mais la mécanique de l’influence a changé.
On ne recrute plus avec une enveloppe dans un café. On agit par des prêts bancaires, des invitations, des relais médiatiques et, surtout, par la convergence idéologique.
Il faut souligner que le "Mentor" de Bardella et copain de la "Marine" Alain Soral " se le plus antisémite, trouve logé et nourri chez Monsieur Poutine ! Soyez Vigilents !!!
Le RN : l’alignement
En 2014, un prêt de 9,4 millions d’euros obtenu auprès d’une banque tchéco-russe.
Des années de voyages à Moscou et un discours faisant de la Russie de Poutine un modèle d’ordre et de puissance.
Au Parlement européen, des votes contre ou des abstentions sur des résolutions visant le Kremlin.
Depuis 2022, une prise de distance affichée… sans jamais lever tout à fait le doute. et l'empreinte d'Alain Soral sur Bardella & Co !
LFI : la justification
Dès 2014, Jean-Luc Mélenchon renvoie dos à dos la Russie et l’OTAN sur l’Ukraine.
En 2022, refus des livraisons d’armes au nom du risque de « cobelligérance ».
En mars 2024, vote contre l’accord de sécurité franco-ukrainien.
Un anti-américanisme qui excuse presque tout à Moscou.
Un amour inconsidéré pour les partis dits Bolivariens en Amérique du Sud.
Le RN incarne l’alignement : ce n’est pas de l’espionnage, c’est de la connivence.
LFI incarne l’autre jambe : la justification idéologique de l’adversaire, l’idée que l’OTAN serait coresponsable de la guerre et que désarmer l’Ukraine servirait "leur paix"
Dans les deux cas, l’effet stratégique rejoint celui que recherchait Moscou avec Hernu : affaiblir le pilier atlantique, fissurer la solidarité européenne, disposer de relais au cœur du débat français.
Une constante de l’histoire de France
Pétain qui pactise avec l’occupant au nom de la paix. Les compagnons de route qui chantaient Staline. Hernu qui renseigne l’Est. Fillon qui, sorti du pouvoir, a siégé aux conseils d’administration de groupes pétroliers russes jusqu’à l’invasion de l’Ukraine. À chaque génération, des hommes ont cru que la France serait mieux servie en s’accommodant de la puissance d’en face.
Hernu a sans doute cru, jeune, que l’Est l’emporterait, ou qu’il fallait s’en accommoder. Il a vendu des informations pour une place dans le monde d’après.
C’est la même tentation qui guette aujourd’hui les extrêmes : vendre l’indépendance française, non plus pour de l’argent soviétique, mais pour une rente électorale.
Dire aux Français qu’ils seront plus forts seuls avec Poutine qu’avec leurs alliés.
La différence, c’est que Hernu opérait dans l’ombre, et que Mitterrand l’y a laissé. Le RN et LFI, eux, avancent en plein jour, devant les caméras, au nom de la souveraineté. C’est peut-être plus dangereux encore : on ne démasque pas ce qui ne se cache pas.
Sources : Jérôme Dupuis et Jean-Marie Pontaut, « Charles Hernu était un agent de l’Est », L’Express, 31 octobre 1996 ; The Irish Times, 31 octobre 1996 ; Raymond Nart, Michel Guérin et Jean-François Clair, La DST sur le front de la guerre froide (2023), recensé par Conflits ; L’Express, février 2024 (affaire Grumbach). Photos : Wikimedia Commons.