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jeudi 15 octobre 2026

La Paix entre l'Arménie et l'Azerbaidjan JBCH N° 2610 - 253





 


Caucase · Géopolitique
JBCH N° 253                                                           15 Octobre 2026


Arménie–Azerbaïdjan : la paix qui dérange Moscou et Ankara


Nikol Pachinian se donne jusqu’à 2031 pour signer un traité historique

Après trente ans de guerres pour le Karabakh, Erevan et Bakou s’acheminent vers un traité de paix négocié sous l’égide de Washington. 

Une perspective qui réjouit les Arméniens fatigués de la guerre, beaucoup moins Vladimir Poutine, et pas tout à fait Recep Tayyip Erdoğan.

« La signature d’un traité de paix avec l’Azerbaïdjan est l’une des questions les plus importantes pour le gouvernement, et pour moi à titre personnel. » Le premier ministre arménien Nikol Pachinian l’a déclaré ce jeudi 15 octobre en conseil des ministres. Reconduit lors des législatives de juin, il s’est fixé un cap : la signature et la ratification du traité avant 2031.

« Je me suis fixé une tâche, un calendrier précis : régler cette question avant 2031. J’entrevois une telle possibilité. Sinon, je ne soulèverais pas cette question. »
— Nikol Pachinian, premier ministre arménien





Trente ans de guerre pour le Karabakh

Depuis la fin de l’Union soviétique, l’Arménie et l’Azerbaïdjan se sont affrontés à deux reprises pour le Haut-Karabakh, un territoire peuplé d’Arméniens mais situé en Azerbaïdjan. En 2023, Bakou en a repris le contrôle par la force, provoquant l’exode de 100 000 Arméniens.

1991-1994Première guerre du Karabakh, remportée par les Arméniens.
2020Guerre de 44 jours : l’Azerbaïdjan, armé par la Turquie et Israël, reprend une large partie du territoire.
Sept. 2023Offensive éclair de Bakou ; 100 000 Arméniens fuient le Karabakh.
Août 2025Accord de paix paraphé à la Maison-Blanche, sous l’égide de Donald Trump.
Juin 2026Nikol Pachinian remporte les législatives.
15 oct. 2026Il fixe l’horizon 2031 pour signer et ratifier le traité.


Un traité paraphé, mais pas encore signé

L’accord a été paraphé à Washington en août 2025, mais il n’a été ni signé ni ratifié. Bakou pose une condition : une révision de la Constitution arménienne. Celle-ci fait référence à la déclaration d’indépendance de 1990, qui appelait à l’unification avec le Karabakh. Pour l’Azerbaïdjan, c’est une revendication territoriale. Erevan conteste cette lecture et fait valoir que le traité lui-même règle la question. Mais toute modification constitutionnelle devra passer par un référendum national, ce qui explique le calendrier long fixé par Pachinian.





Ce que prévoit le projet de traité

  • Le respect mutuel de la souveraineté et de l’intégrité territoriale.
  • La renonciation à toute revendication territoriale.
  • L’établissement de relations diplomatiques.
  • À terme, la réouverture des voies de transport à travers le Caucase.

Pourquoi Moscou et Ankara font grise mine

Cette paix se négocie sans la Russie. C’est là toute sa portée. Pendant trente ans, Moscou s’était posé en arbitre incontournable du Caucase, vendant des armes aux deux camps et déployant ses « soldats de la paix » au Karabakh. 

En 2023, ils n’ont rien empêché. L’Arménie en a tiré les leçons : elle a gelé sa participation à l’alliance militaire dominée par Moscou, se tourne vers l’Europe, et Erevan dit désormais ne pas s’opposer au départ de la base militaire russe de Gyumri, qui « n’apporte rien à la sécurité de l’Arménie ».


Pour PoutineUne humiliation : la Russie perd son rôle d’arbitre, l’Arménie lui échappe, et c’est Washington qui parraine la paix dans ce qu’elle considérait comme son arrière-cour.
Pour ErdoğanUn succès en demi-teinte : son allié azerbaïdjanais l’emporte, mais c’est Trump, et non Ankara, qui récolte les lauriers de la paix et pilote le futur corridor de transport.

Recep Tayyip Erdoğan, parrain militaire de Bakou, voit son allié gagner sur toute la ligne. Mais il voit aussi les États-Unis s’installer durablement dans une région qu’il voulait sienne, au carrefour de la Turquie, de l’Iran et de la mer Caspienne. 

Quant à l’Iran, voisin des deux pays, il assiste impuissant à la montée en puissance d’un axe Bakou–Washington, alors que l’Azerbaïdjan est aussi l’un des partenaires les plus proches d’Israël.





Le Caucase a longtemps été le terrain de jeu des empires russe, ottoman et perse. Si ce traité est signé, il sera pour la première fois une paix voulue par les peuples eux-mêmes, parrainée de loin par l’Amérique. C’est précisément ce que ni Moscou ni Ankara ne souhaitaient voir.

© JBCH Octobre 2026 

Source : Le Figaro avec AFP, « L’une des questions les plus importantes pour le gouvernement : l’Arménie espère signer un traité de paix avec l’Azerbaïdjan d’ici cinq ans », 15 octobre 2026.

Elections dans 12 jours en Israël. JBCH N° 2610 - 252


Ce serait le premier sépharade a acceder a cette fonction 


Israël · Élections législatives
JBCH N°252                                                                      15 Octobre 2026

J – 12 · mardi 27 octobre 2026

Israël vote dans douze jours

JBCH reprisse de  Gregg Roman · 15 octobre 2026 · Middle East Insider


Ce scrutin est présenté comme l’un des plus importants de l’histoire du pays. Voici ce qui est en jeu, pour les lecteurs hors d’Israël.

Israël votera le mardi 27 octobre pour élire la 26e Knesset. C’est la première élection depuis le massacre du 7 octobre et depuis le début de la guerre avec l’Iran. 

C’est aussi la première depuis le cessez-le-feu à Gaza, entré en vigueur il y a un an. 

La dernière élection remontait à novembre 2022. La coalition élue alors disposait de 64 sièges jusqu’à la dissolution de la Knesset, le 17 juillet.




26eKnesset
120sièges
61sièges pour gouverner
3,25 %seuil d’éligibilité

Ce qui est en jeu

La guerre avec l’Iran

Le prochain gouvernement décidera de la reprise éventuelle des frappes. Le Premier ministre a déclaré cette semaine à la radio militaire que frapper avant le vote ne serait pas opportun. 


Le chef d’état-major aurait indiqué à des généraux américains qu’une frappe dans les prochaines semaines pourrait retarder l’élection. Le président américain a, de son côté, écrit que les États-Unis n’attaqueraient pas l’Iran avant les élections de mi-mandat du 3 novembre.

Gaza, un an après

Le département d’État dit constater de réels progrès vers une Gaza démilitarisée. D’autres analyses estiment que le Hamas reste la seule administration fonctionnelle à Gaza et que ses membres sont toujours armés. La mise en œuvre du plan de paix et du Conseil de paix attendrait en partie le résultat israélien.

Qui sert sous les drapeaux

Les partis ultraorthodoxes disent qu’ils ne rejoindront aucun gouvernement sans une loi exemptant les étudiants de yeshiva de la conscription. ce qui est une abherration 


La plupart des autres partis disent l’inverse. Selon le Jewish People Policy Institute, 64 % des Israéliens s’opposent au rétablissement de l’exemption. Aucun gouvernement ne peut se former sans trancher cette question.

La justice

Le ministre de la Justice Yariv Levin a déclaré que si la droite gagne, la Cour suprême aura d’autres juges et un système judiciaire différent. 


Deux tiers de la Cour doivent être remplacés lors du prochain mandat, et une loi de 2025 donne à la prochaine Knesset un rôle accru dans leur nomination.

Le 7 octobre

Il n’y a toujours pas de commission d’enquête d’État sur le massacre. L’opposition promet d’en créer une comme premier acte. 


Le parti Sionisme religieux s’y oppose si ses membres sont nommés par le président de la Cour suprême. Le Likoud ne s’est pas prononcé. Un sondage de Channel 12 donne  plus de 66 % de soutien à une telle commission.

L’économie

La Banque d’Israël chiffre le coût des guerres depuis 2023 à environ 350 milliards de shekels, soit environ 114 milliards de dollars, dont la moitié empruntée. 


L’agence Fitch a maintenu la note A avec perspective négative et avertit qu’une longue période de gouvernement intérimaire ou une répétition de l’élection retarderait l’assainissement budgétaire.

Washington

L’accord d’aide décennal de 3,8 milliards de dollars par an expire en 2028, et les négociations pour la suite sont en cours. Le plan pour Gaza, la piste saoudienne et la décision sur l’Iran dépendent du résultat. 








Interrogé sur un éventuel soutien à un candidat, le président américain a dit ne pas y avoir pensé, puis a ajouté qu’il pourrait « faire quelque chose ».

Comment fonctionne le système, et où en sont les sondages

Israël pratique la proportionnelle intégrale, avec une circonscription nationale unique.

1circonscription unique
120sièges
3,25 %seuil
61majorité

Le Middle East Forum ne soutient aucun parti. Son agrégateur, israelvote.meforum.org, compile toutes les projections publiées cette année, soit 326 au 15 octobre, chacune reliée au rapport du sondeur.

Moyenne des sondages (mercredi 14 octobre)

Projection en sièges sur 120 — la ligne rouge marque la majorité de 61
Bloc Netanyahou54
Partis d’opposition52
Listes arabes14
┆ majorité : 61 sièges

Aucun institut ne donne l’opposition à 61 sans les listes arabes. 

L’analyste Shmuel Rosner estime très faible la probabilité qu’un bloc atteigne seul la majorité.



Le seul pays du moyen-orient dans lequel les femmes arabes votent librement


Aucun bloc n’atteint 61 sièges dans la moyenne des sondages.


Les arabes israéliens : une force qu'on projette à 14 sièges 

 

Ce qui peut se passer après

Si aucun bloc n’atteint 61 sièges, trois scénarios se dessinent :

1Un gouvernement d’union élargie.
2Un gouvernement minoritaire soutenu de l’extérieur par les listes arabes.
3Une longue période de gouvernement intérimaire, suivie d’une nouvelle élection.
Chacun de ces scénarios aura des conséquences directes sur l’Iran, Gaza, la conscription, la justice et les négociations avec Washington.

Source : Gregg Roman, « Israël vote dans douze jours », Middle East Insider (Middle East Forum), 15 octobre 2026. Sondages : israelvote.meforum.org.

© JBCH Octobre 2026


Ambassade de Colombie à Jérusalem. JBCH N° 2610 - 251



Diplomatie · Jérusalem
JBCH N°251                                                    15 Octobre 2026

La Colombie ouvre son ambassade à Jérusalem

Le 10e pays dans la capitale d’Israël : un tournant, et la fin de la parenthèse Petro

C’est arrivé mercredi 14 octobre 2026, et c’est un tournant. La Colombie a officiellement inauguré son ambassade à Jérusalem, devenant le dixième pays à avoir son ambassade dans la capitale israélienne.

10eambassade ouverte à Jérusalem
5 → 10en moins de deux ans
52 Md’habitants en Colombie

Une cérémonie très symbolique

Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Sa’ar et son homologue colombien Omar Bula Escobar ont assisté à la cérémonie, au cours de laquelle le panneau de l’ambassade a été dévoilé et Sa’ar a apposé une mezouza à l’entrée du bâtiment.

Étaient présents

  • Gideon Sa’ar, ministre israélien des Affaires étrangères
  • Omar Bula Escobar, ministre colombien des Affaires étrangères
  • Moshe Lion, maire de Jérusalem
  • Vivian Aisen, ambassadrice d’Israël en Colombie

Sa’ar a tenu à souligner la portée de l’événement :

« Ouvrir une ambassade à Jérusalem n’est pas seulement la reconnaissance du fait politique simple que Jérusalem est la capitale d’Israël. C’est aussi la reconnaissance d’une vérité historique qu’aucune personne honnête ne peut nier. »— Gideon Sa’ar, ministre israélien des Affaires étrangères

Il a ajouté : « C’est la 10e ambassade à ouvrir à Jérusalem. Quand j’ai pris mes fonctions il y a moins de deux ans, il n’y en avait que cinq. » Un clin d’œil à l’accélération depuis le déménagement américain de 2018. Plusieurs pays ont depuis installé leur ambassade à Jérusalem, parmi lesquels le Guatemala, le Honduras, le Paraguay et le Somaliland.

La fin de la parenthèse Petro

Ce déménagement tient une promesse de campagne du président colombien Abelardo de la Espriella. Sa’ar l’a rappelé : « Le président colombien m’a dit bien avant son élection : “Si je suis élu président, je déplacerai immédiatement l’ambassade de Colombie à Jérusalem”. »

C’est un renversement complet. L’ancien président Gustavo Petro avait, en mai 2024, rompu les relations diplomatiques avec Israël à cause de Gaza, fermé l’ambassade de Colombie à Tel-Aviv et rappelé son ambassadeur.

Mai 2024Gustavo Petro rompt avec Israël et ferme l’ambassade de Tel-Aviv.
Août 2026Abelardo de la Espriella devient président et rétablit aussitôt les relations.
13 oct. 2026L’accord de libre-échange abrogé par Petro est rétabli.
14 oct. 2026Inauguration de l’ambassade de Colombie à Jérusalem.

Le volet économique suit immédiatement. Mardi, la veille de l’inauguration, Jérusalem et Bogota ont restauré leur accord de libre-échange, ce que le ministère israélien des Affaires étrangères a qualifié de « nouvelle étape importante pour renforcer les liens diplomatiques et économiques ».




Pourquoi ça fâche Bruxelles

La Colombie compte plus de 52 millions d’habitants : son poids diplomatique est loin d’être anecdotique. Sa décision la place en porte-à-faux avec la position européenne traditionnelle, alors que la plupart des pays maintiennent leur ambassade à Tel-Aviv.

Israël considère avec raison, l’histoire le prouve, Jérusalem comme sa capitale, tandis que les Arabes revendiquent aussi Jérusalem comme capitale d’un futur et bien hypothétique État indépendant. Lorsque le président égyptien Anouar el-Sadate est venu à Jérusalem en 1977 pour s’adresser à la Knesset, il a reconnu de fait que le pouvoir israélien siégeait là. Le statut de la ville n’en reste pas moins l’un des sujets les plus controversés du conflit au Proche-Orient.

Pour BruxellesSolution à deux États : le statut final de Jérusalem doit être négocié, la ville devenant la future capitale des deux États. Installer une ambassade à Jérusalem préjuge donc du statut final.
Pour Jérusalem et BogotaC’est exactement l’inverse : un acte de reconnaissance d’une réalité politique et historique



D’où le malaise européen. Pour le nouveau gouvernement colombien, au contraire, c’est le signal qu’Israël est, selon les mots du ministre Bula Escobar :

« un partenaire stratégique.  I l l’a toujours été, et à partir de maintenant, il le sera encore plus. »
— Omar Bula Escobar, ministre colombien des Affaires étrangères
Dix ambassades à Jérusalem, dont cinq en moins de deux ans. Pendant que l’Europe s’accroche à ses formules, le monde, lui, reconnaît ce que l’histoire a établi depuis trois mille ans : 
Jérusalem est et restera la capitale d’Israël.

© JBCH Octobre 2026

Sources : Reuters ; JNS ; The Jerusalem Post ; The Media Line ; ministère israélien des Affaires étrangères (14 octobre 2026).

Parasha Noah, Noé .... JBCH N° 2610 - 250




Paracha de la semaine · Béréchit 6:9 – 11:32

JBCH N°250                                               15 Octobre 2026

Chabbat 17 octobre 2026 · 6 ’Hechvan 5787

PARACHAT NOA’H
Après le Déluge, comment reconstruire un monde ?

Cette semaine nous lisons Béréchit 6:9 - 11:32. Le monde vient d’être créé dans Béréchit, et déjà il est détruit. La Torah dit : « La terre était corrompue devant D.ieu et remplie de violence - ’Hamas ». Le mot est le même qu’aujourd’hui.

Page 1 · Le sens simple selon la TorahLe juste qui se tait

1Noé, un juste dans sa génération

La Torah l’appelle « Ich Tzadik Tamim » - un homme juste, intègre. Rachi s’interroge : juste dans sa génération seulement, ou juste malgré sa génération corrompue ? Le Midrach nous donne deux Noé : le juste qui sauve sa famille, mais qui ne sauve pas son monde. Il entre dans la Téva - l’Arche. Le mot Téva veut dire aussi « mot » en hébreu. Il s’enferme dans les mots, il ne parle pas aux autres. C’est pour cela que la tradition l’oppose à Avraham : quand D.ieu veut détruire Sodome, Avraham discute, négocie. Noé se tait.

C’est la première leçon de la Torah : être juste pour soi ne suffit pas.

2Les trois enfants et les 70 nations

De Noé sortent Chem, ’Ham et Yafet, ancêtres des 70 nations. Après le déluge, D.ieu ne donne pas 613 mitzvot, il donne 7. Les 7 Lois de Noé, l’alliance universelle faite avec toute l’humanité après le déluge.

Le Talmud les résume :

« Sept préceptes furent commandés aux enfants de Noé : établir des tribunaux, s’abstenir de blasphème, d’idolâtrie, d’adultère, de meurtre, de vol et de manger un membre d’un animal vivant »
1Tribunaux
2Blasphème
3Idolâtrie
4Adultère
5Meurtre
6Vol
7Membre d’un animal vivant

Ce sont les fondations du droit international avant l’heure. Pas de Torah juive, mais une morale minimale pour que le monde reste habitable.

3La Tour de Babel

Juste après le déluge, les hommes veulent à nouveau faire « un nom » en construisant une tour qui touche le ciel. D.ieu brouille les langues. La Torah nous dit que l’uniformité totalitaire est plus dangereuse que la diversité.





Mieux vaut 70 langues qui se disputent que une seule qui écrase.
Kabbale et PhilosophieLe Mikvé du monde
Le regard de la Kabbale

Pour le Zohar et le Ari Zal, le Maboul n’est pas une punition, c’est un Mikvé. Le monde est impur, il doit s’immerger. Combien d’eau faut-il pour un Mikvé ? 40 Séa. Combien de jours pleut-il ? 40 jours. Le monde entier entre au Mikvé.

40Séa pour un Mikvé
40jours de pluie
58Noa’h = ’Hen, la grâce

L’eau, Mayim efface, mais elle fait renaître. Noé dans la Téva, c’est l’âme dans le corps pendant l’immersion. Le mot Noa’h en guematria vaut 58, comme ’Hen - la grâce. Au milieu du jugement le plus dur, il y a une grâce qui permet de recommencer.

Le déluge correspond à la Séfira de Yessod, la fondation, qui avait été corrompue par le vol et la débauche. Il faut laver Yessod pour reconstruire Mal’hout, le royaume.

Et l’arc-en-ciel ? Keshet. La Kabbale explique que c’est la lumière divine qui s’habille dans les nuages après l’orage. Une alliance que même quand l’humanité fautera encore, le monde ne sera plus effacé.





Maïmonide - le Rambam - dans le Guide des Égarés, voit Noé comme le premier homme qui comprend la loi naturelle. Les 7 lois ne sont pas « religieuses » au sens rituel, ce sont des lois rationnelles. Une société sans justice - Dinim - s’autodétruit. 
C’est une philosophie politique : sans tribunal, pas d’humanité.
Le Ramban ajoute : le déluge arrive parce que la génération a rendu la morale relative. Hamas ce n’est pas seulement tuer, violer, mutiler, c’est normaliser le vol. 
Quand le vol est légal, le monde coule.
Rav Kook, au début du 20ème siècle, fait le lien avec notre époque : il y a une alliance particulière avec Israël - Sinaï - et une alliance universelle avec l’humanité - Noé. 
Israël ne peut accomplir sa mission particulière que s’il porte d’abord les 7 lois universelles. C’est le sens du peuple juif : être un laboratoire de justice pour proposer un modèle aux 70 nations.
Page 3 · Et Israël aujourd’hui ?
Après le Pogrom du 7 Octobre

C’est impossible de lire Noa’h en octobre 2026 sans penser à Israël.

Israël vit depuis trois ans ce que nos sages appellent la situation militaire sans précédent avec une série de fronts ouverts depuis le 7 octobre, dont aucun n’a été résolu.

Les analyses stratégiques parlent aujourd’hui de huit théâtres d’opérations menés simultanément :

Bande de GazaCisjordanieLibanSyrieYémenIrakIranQatar

Comme à Babel, le monde entier semble parler des langues différentes mais autour d’un même point d’embrasement.

Et à l’intérieur, la Téva craque. Le chef d’état-major a lui-même averti que la reprise des combats avec l’Iran pourrait contraindre à reporter les élections prévues le 27 octobre. 

Des élections qui se tiennent dans un pays où, selon l’ancien Premier Ministre Naftali Bennett, il manquerait 20 000 soldats pour pouvoir continuer à faire la guerre, et où le débat qui n'a pas de légitimité, sur la conscription des Haredim (ultra- religieux) divise la société.

Quel est le message de Noa’h pour cela ?

1On ne reconstruit pas après un déluge avec les mêmes outils.

La Torah nous apprend que Noé sort de l’arche et la première chose qu’il fait est de planter une vigne. Il s’enivre. 

Il ne sait pas être un homme du nouveau monde. Il faut une autre génération - Avraham - pour inventer la responsabilité envers l’autre. 

Israël après le 7 Octobre est dans ce moment Noa’h : sortir de l’Arche / du bunker / du trauma, et apprendre à ne pas seulement survivre, mais à refonder.

2Les 7 lois comme boussole politique.

Quand tout s’effondre, que reste-t-il ? Les 7 lois noahides. La première est Dinim : établir une justice. 

Avant de parler de victoire militaire, la paracha demande : est-ce que notre système judiciaire est juste ? Est-ce que notre usage de la force respecte « Tu ne verseras pas le sang » ? 

Est-ce que nous volons la terre de l’autre ? La légitimité d’Israël aux yeux du monde ne tiendra pas seulement sur sa technologie militaire, mais sur sa capacité à incarner ce socle moral universel que le monde a oublié.

3De Babel à l’ONU.

La Tour de Babel est le premier projet globaliste sans D.ieu. Aujourd’hui, chaque vote à l’ONU, chaque tribunal international rappelle Bavel : une langue unique qui veut juger Israël. 

La paracha répond : D.ieu ne veut pas l’uniformité, il veut l’alliance. Il ne veut pas qu’on efface les différences, il veut 70 nations qui respectent 7 règles communes et qui laissent Israël vivre sa 8ème voie.

Noé nous a appris que D.ieu préfère recommencer avec un petit reste fidèle plutôt que de garder un monde plein mais pourri. Le déluge n’est pas la fin de l’histoire, c’est le début de la responsabilité humaine. C’est exactement là où se trouve Israël en ce Chabbat Noa’h 5787 : entre le souvenir des eaux qui ont tout emporté, et le pari de l’arc-en-ciel - que la prochaine construction humaine sera plus juste que la précédente.
 

© JBCH Octobre 2026


mercredi 14 octobre 2026

Echec de l'Occident pour tout le Moyen-Orient. JBCH N° 2610 - 249





JBCH N°   249                                                                                    14 Octobre 2026

 Tribune · Antisémitisme

« Libérez ces territoires ! » : autopsie d’un échec mondial


Jamais une cause n’a reçu autant de publicité pour obtenir si peu

Trois ans de manifestations, de slogans et de harcèlement en ligne. Résultat : aucun gain pour les Palestiniens, une vague d’antisémitisme sans précédent, et des Juifs plus attachés que jamais à Israël. L’exact inverse de ce que voulait le mouvement.

À première vue, le mouvement « Libérez la Palestine » semble prendre de l’ampleur. En réalité, il s’est avéré être un échec total qui ne mène nulle part. Jamais, dans l’histoire de l’humanité, une cause n’a bénéficié d’une telle publicité tout en obtenant si peu de résultats.

Ayant atteint une impasse, cet effort s’est transformé en une orgie mondiale d’antisémitisme qui n’a fait que renforcer chez les Juifs l’importance d’Israël, ce qui est l’inverse de ce que ce mouvement souhaitait.

L’erreur stratégique : l’Intifada mondiale

La principale erreur stratégique a été de passer d’un mouvement propalestinien à une Intifada mondiale. Ses dirigeants ont décidé que la meilleure façon de faire plier Israël était d’intimider les Juifs du monde entier. 

Cela impliquait également de faire pression sur les alliés non politisés ou juifs, en les forçant tyranniquement à déclarer « Libérez la Palestine » sous peine de subir des menaces et une réaction négative fabriquée en ligne.

En adoptant de telles tactiques répugnantes, le mouvement a irrité et aliéné les personnes mêmes qu’il aurait dû chercher à séduire. Il s’est réduit à traquer des chanteurs et des acteurs juifs, à harceler des épiceries et à invectiver des synagogues.

Les Palestiniens n’étaient qu’un élément secondaire d’une croisade plus vaste : la haine des Juifs.

Si l’Intifada mondiale, possible par les milliars de milliards déversés depuis 20 ans par le Qatar, avait pour objectif d’influencer la politique israélienne, elle organiserait des manifestations ciblées devant l’ambassade d’Israël pour condamner le gouvernement de Benjamin Netanyahou. 

En élargissant ses cibles aux artistes, aux étudiants, aux politiciens, aux chefs d’entreprise et aux lieux de culte juifs, l’Intifada mondiale a révélé sa véritable mission : utiliser la situation à Gaza comme prétexte pour déclencher des vagues d’antisémitisme. 

Dans cette équation, les Palestiniens n’étaient qu’un élément secondaire de leur croisade.

La prémisse selon laquelle la diffusion de la haine inciterait les Juifs de la diaspora à faire pression sur Israël pour qu’il change de cap était fondamentalement erronée. Après trois ans d’efforts vains pour transformer le mot « sioniste » en insulte et pour exclure systématiquement les Juifs de la vie publique, ces insultes se sont estompées et sont devenues un simple bruit de fond.

La spirale du toujours plus fort

Une telle colère amère, combinée à une incohérence chronique en matière de politique, a conduit cette croisade désespérée à se radicaliser de plus en plus. Après avoir faussement accusé Israël de génocide et adopté toutes les théories du complot antisémites les plus farfelues, le mouvement n’avait plus d’arguments à faire valoir. 

Une fois qu’un mouvement qualifie ses adversaires de tueurs de bébés, il n’a plus de marge de manœuvre rhétorique. Les militants avisés le savent : c’est pourquoi ils s’expriment avec prudence et évitent une escalade prématurée.

Le mouvement propalestinien s’est enfermé dans une position où sa seule option est de crier « Israël ». Lorsque rien ne change, il augmente le volume. Après que cela échoue inévitablement, il l’augmente encore.

IsraëlISRAËLISRAËL !

À aucun moment ces militants de seconde zone ne se demandent si leurs tactiques sont contre-productives, ni s’ils poursuivent un objectif réalisable.

80 %des Israéliens sont nés en Israël
≈ 90 %des Juifs voient en Israël la patrie ancestrale du peuple juif
3 ansde mobilisation mondiale, sans résultat politique

Lorsque vous parlez à ces radicaux, un pourcentage élevé d’entre eux croient réellement qu’ils peuvent insulter les Israéliens, dont quatre sur cinq sont nés en Israël, au point de les amener à déraciner leur vie et à partir vers des pays lointains qu’ils n’ont jamais visités. Les hallucinations sont si fortes dans ce groupe qu’ils devraient transformer leurs délires collectifs en drogue et la vendre dans les boîtes de nuit.

Des carrières bâties sur la souffrance des autres

Après trois ans à saturer les ondes et à dominer Internet sans succès, on pourrait penser qu’ils seraient assez intelligents pour passer à un terrain plus productif. Au lieu de cela, l’Intifada mondiale a souvent dégénéré en mouvement identitaire personnel, ou en quête égoïste d’abonnés sur les réseaux sociaux. 

Il est grotesque de voir des charlatans politiquement habiles exploiter cyniquement la souffrance des Palestiniens pour faire avancer leur carrière.

Prenons l’exemple de Greta Thunberg. Après avoir apparemment résolu le problème du changement climatique, elle a redirigé ses efforts vers Gaza lorsque cela est devenu à la mode. Ses détracteurs l’ont depuis longtemps qualifiée de narcissique. Alors, qu’a-t-elle fait ? Elle a littéralement navigué jusqu’à Gaza avec une flottille de bateaux de plaisance, un voyage qui a surtout permis de faire la une des journaux… pour elle-même.

Les slogans qui trahissent

Autre erreur de communication : le chant « De la rivière à la mer, la Palestine sera libre ». Comme si nous ne savions pas que, dans sa version arabe originale, les paroles disent autre chose.

Ce qu’on crie en Occident« De la rivière à la mer, la Palestine sera libre »
Ce qu’on crie en arabe« De l’eau à l’eau, la Palestine est arabe »


Nous nous souvenons également que, pendant la guerre d’indépendance d’Israël en 1948, le refrain des armées et des dirigeants arabes était qu’ils allaient « jeter les Juifs à la mer ».

Pire encore, ces génies ont exhibé toute une série de Juifs de façade opposés au sionisme, alors que près de neuf Juifs sur dix considèrent Israël comme la patrie ancestrale du peuple juif. 

Cette industrie naissante du « En tant que Juif… » a été accueillie avec à peu près autant de mépris que celui manifesté par la communauté LGBT envers la droite chrétienne, lorsque celle-ci présentait d’« anciens homosexuels » comme ses représentants.

Le théâtre de l’absurde

Le mouvement ressemble désormais à un théâtre de l’absurde, intégrant des minorités qui sont une abomination pour les fondamentalistes religieux qui mènent sa cause. 

En règle générale, on ne devrait jamais crier « Libérez la Palestine » si l’on ne serait pas soi-même libre en Palestine. Plaider pour un État qui vous opprimerait, vous et votre famille, relève d’une faible estime de soi, combinée à un manque d’information.

Des Terroristes, des corrompus  ... et des naïfs en occident qui paient pour des caisses noires cachées en Suisse

À tout le moins, ces manifestants occidentaux auraient pu accompagner leur soutien aux Gazaouis d’une défense des droits des femmes et des minorités sexuelles dans le monde musulman. Mais quand avez-vous entendu parler pour la dernière fois d’une rencontre entre Queers for Palestine et un imam conservateur pour plaider en faveur des Palestiniens LGBT ou des femmes ? Du silence : c’est tout ce que j’entends.

Face à la manière dont ils se sont rabaissés, ces idiots utiles affirment de manière absurde que la cause est si unique et si importante que des préoccupations « futiles », comme les droits des femmes ou le fait que les personnes LGBT ne soient pas exterminées, doivent attendre que la Palestine soit libre, quoi que cela signifie.

Je déteste devoir annoncer cette vérité à ces personnes égarées, mais il n’y a pas de solution miracle. Il suffit de regarder les pays islamiques prétendument modérés pour voir la réalité. Dans la Turquie « laïque », un paquebot de croisière a récemment été refoulé, d’importants militants LGBT ont été arrêtés et des centaines de comptes sur les réseaux sociaux ont été 

Par Wayne Besen, journaliste d’investigation américain

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Que diriez-vous si les défenseurs des droits LGBT, qui se battaient autrefois pour leurs propres familles, revenaient au bercail et criaient enfin : « Libérez la Turquie ! »
Wayne Besen est journaliste d’investigation américain, ancien reporter pour la chaîne WABI-TV et ancien porte-parole de la Human Rights Campaign, la principale organisation de défense des droits LGBT aux États-Unis.

© JBCH Octobre 2026