L'histoire ne commence pas au VIIᵉ siècle
La colonisation arabo-musulmane de la patrie juive a commencé par une invasion.
En 636-638, les armées du calife Omar conquièrent la Terre d'Israël, mettant fin à des siècles de domination byzantine sur une population qui, malgré les exils et les répressions successives, n'avait jamais cessé d'y vivre.
Ce n'est pas un détail : c'est le point de départ d'une histoire qu'on présente trop souvent comme ayant commencé avec cette conquête, alors qu'elle ne fait que s'y poursuivre.
La prise du mont du Temple
Près de 55 ans après la conquête, en 691-692, les nouveaux maîtres du pays édifient le Dôme du Rocher directement sur le mont du Temple, le lieu le plus saint du judaïsme depuis plus de 1 700 ans, là où s'étaient dressés les deux Temples juifs, détruits par Babylone puis par Rome.
La mosquée Al-Aqsa suit vers 715. Le choix du site n'est pas anodin : bâtir sur les ruines du sanctuaire juif, c'est inscrire dans la pierre la substitution d'un peuple à un autre sur son lieu le plus sacré.
La dégradation méthodique des Juifs
Ce qui suit n'a rien d'une coexistence apaisée. En 717, des impôts écrasants, la jizya frappant les non-musulmans chassent un très grand nombre de Juifs de leurs terres ancestrales, faute de pouvoir en assumer le poids.
En 720, le calife Omar II leur interdit purement et simplement de prier sur le mont du Temple. Cette interdiction dure plus de 1 200 ans, et se perpétue, dans les faits, encore aujourd'hui sous l'autorité musulmane du site : un Juif qui prie visiblement sur l'esplanade risque toujours d'en être expulsé par la police israélienne elle-même, au nom du statu quo hérité de cette même histoire.
Réduits au statut de dhimmis, ces « infidèles » de seconde zone tolérés mais jamais égaux dans leur propre patrie les Juifs paient l'impôt spécial, portent parfois des marques distinctives, sont exclus de certaines fonctions et de certains lieux.
Ce n'était pas de la coexistence. C'était une colonisation arabe, suivie d'une tentative d'effacement juif méthodique, institutionnalisée, prolongée sur plus d'un millénaire.
Un peuple qui n'a jamais vraiment quitté sa terre
Les Juifs n'ont pas « colonisé » la Terre d'Israël. Ils en sont le peuple indigène.
Certains ne l'ont jamais quittée : les communautés de Jérusalem, d'Hébron, de Safed, de Tibériade ont traversé les siècles, survivant aux croisades, aux Mamelouks, aux Ottomans.
D'autres y sont revenus, génération après génération, chaque fois que les circonstances le permettaient, vagues d'alyah bien antérieures au sionisme politique, portées par des rabbins, des mystiques, des familles entières fuyant les persécutions d'Europe ou du monde arabe pour retrouver une terre qu'ils n'avaient jamais cessé de considérer comme la leur.
Né en 1750, Yehuda Cohen-Tanudji, dit "Hadria" a été le premier à s'installer à Tzfat(Safed) pour pouvoir étudier la Cabbale, le Zohar, dans une ville sainte jamais abandonnée par les juifs.
Le sionisme politique, à la fin du XIXᵉ siècle, n'invente donc rien : il n'est que l'expression moderne, organisée et étatique, d'un lien qui n'a jamais été rompu.
Il aboutit à la restauration d'une souveraineté juive interrompue par la force, quatorze siècles plus tôt, par les armées du calife Omar, et non à la création d'un rapport nouveau entre un peuple et une terre.
Une histoire plus ancienne que la conquête
L'histoire ne commence pas au VIIᵉ siècle. Les racines juives sur cette terre remontent à plus de 3 000 ans, bien avant l'islam, bien avant l'arabisation de la région, bien avant qu'un dôme doré ne vienne s'ériger sur les vestiges du Temple.
Ce n'est pas un peuple qui revendique une terre étrangère ; c'est un peuple qui rentre chez lui après avoir été, pendant plus d'un millénaire, empêché d'y vivre en pleine dignité. texte à mettre sous le nez des négationnistes de la nouvelle gauche en occident, dont fait parti LFI et certains socialistes en France.
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