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International
La Géorgie, maillon stratégique de l'approvisionnement pétrolier d'Israël
Entre 50 et 60 % du pétrole importé d'Azerbaïdjan et du Kazakhstan transite par Tbilissi
14 août 2026
C'est sur le port d'Ashdod que j'ai pour la première fois entendu le mot "Grouchi" ... Géorgien ...
Quand on pense à la Géorgie depuis Israël, on imagine volontiers vacances, montagnes et escapades à Tbilissi rarement le pétrole.
Pourtant, ce petit pays du Caucase joue un rôle discret mais capital dans la sécurité énergétique de l'État hébreu : plus de la moitié du brut qu'Israël importe d'Azerbaïdjan et du Kazakhstan passe par son territoire.
Ce chiffre a été révélé par l'ambassadeur d'Israël en Géorgie, Walid Abu Haya. Il donne une tout autre dimension aux relations entre Jérusalem et Tbilissi, à l'heure où les tensions régionales rappellent combien les routes d'approvisionnement énergétique sont devenues des enjeux stratégiques de premier ordre.
La position géographique du pays explique largement cette importance. Coincée entre Russie, Turquie, Arménie et Azerbaïdjan, avec un débouché sur la mer Noire, la Géorgie se trouve au carrefour des routes reliant l'Asie centrale à l'Europe et au Moyen-Orient. Tbilissi entend d'ailleurs consolider ce statut de corridor, notamment avec le futur port en eaux profondes d'Anaklia.
Au-delà du pétrole, les liens entre les deux pays s'enracinent dans près de 2 600 ans de présence juive en Géorgie. Après l'effondrement de l'URSS, Israël fut le quatrième pays à reconnaître l'indépendance géorgienne et ouvrit son ambassade à Tbilissi dès février 1993.
Les deux États coopèrent aussi étroitement sur le plan sécuritaire, échangeant informations et renseignements. La proximité de l'Iran, avec lequel Tbilissi entretient des relations diplomatiques, fait l'objet d'une attention particulière : des tentatives d'influence iraniennes auprès des populations chiites du pays, notamment dans le champ éducatif, sont évoquées par des sources publiques. L'ambassadeur dit néanmoins faire confiance aux autorités géorgiennes pour contenir toute menace visant Israël, son ambassade ou les intérêts juifs.
Le lien le plus visible entre les deux pays reste toutefois le tourisme : plus de 400 000 Israéliens ont visité la Géorgie en 2025, plaçant Israël au quatrième rang des pays d'origine des touristes étrangers, derrière la Russie, la Turquie et l'Arménie. À un peu plus de deux heures de vol, la destination a profité du recul de la Turquie, longtemps prisée, depuis le 7 octobre 2023.
Le commerce bilatéral, évalué entre 50 et 60 millions de dollars en 2024, ne reflète qu'une partie des échanges réels : tourisme, immobilier, agriculture et secteur médical génèrent ensemble plusieurs centaines de millions de dollars d'activité chaque année. Par l'intermédiaire de l'agence MASHAV, Israël a par ailleurs formé plus de 2 000 Géorgiens en trente ans, dans l'agriculture, l'éducation, la santé et la sécurité — une coopération que les deux pays souhaitent désormais étendre à l'innovation, la cybersécurité et l'intelligence artificielle.
Les chiffres clés
- 50 à 60 % du pétrole azerbaïdjanais et kazakh importé par Israël transite par la Géorgie
- + de 400 000 touristes israéliens en Géorgie en 2025
- Commerce bilatéral : 50-60 M$ en 2024
- + de 2 000 Géorgiens formés en Israël via MASHAV en 30 ans
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