Idées & Polémique
JBCH Réflexions
« Sionistes, hors des Facs » : quand l'extrême gauche recycle les slogans de l'extrême droite
Du GUD à LFI, les mêmes rhétoriques antijuives
conduit à la haine viscérale du juif par le RN et LFI
Alors que les slogans antisionistes fleurissent dans les manifestations et sur les campus depuis les massacres du 7 octobre 2023, une ironie historique s'impose : l'extrême gauche reprend mot pour mot la rhétorique que l'extrême droite néofasciste utilisait il y a un quart de siècle.
C'est un parallèle qui pourrait surprendre. En mars 2000, le GUD (Groupe Union Défense), mouvement étudiant d'extrême droite radical et violent, distribuait dans la cour de la Sorbonne un tract qui titrait : « Sionistes, hors des Facs » et « À Paris comme à Gaza, Intifada ! »
Ce même tract, comme le rapporte la journaliste Mélanie Dukan dans le magazine L'Arche, rendait hommage à Yehia Ayache, dit « l'ingénieur », l'artificier du Hamas responsable de l'assassinat de dizaines de Juifs en Israël. Ayache, qui fabriquait les ceintures d'explosifs des kamikazes, était alors décrit comme « un glorieux combattant du Hamas ».
Les néofascistes du GUD avaient déjà placardé sur les murs de Paris une photo de ce tueur djihadiste après son élimination en 1996 par le Shabak, le service de sécurité intérieure israélien.
Le tract en question portait l'emblème du Hezbollah, accolé aux symboles du GUD — le rat et la croix celtique. Une iconographie qui montre combien le « palestinisme » n'a jamais été l'apanage de la seule extrême gauche, même si ses racines françaises remontent historiquement à la Gauche prolétarienne de Benny Lévy en 1968.
Aujourd'hui, LFI (La France Insoumise) et ses sympathisants reprennent ces mêmes codes. Les « nervis d'extrême gauche » recyclent des slogans déjà formulés par des néofascistes issus du nationalisme révolutionnaire.
— Michel Winock
Le magazine néonazi et négationniste Le Choc du mois (1987-1993), fondé par l'ancien collaborationniste François Brigneau, proposait déjà des articles que Jean-Luc Mélenchon, Rima Hassan ou Thomas Portes n'auraient « certainement pas boudés », selon l'auteur.
Sous des titres comme « Israël : tout est bon pour étendre la terre compromise », on retrouvait déjà les mêmes accusations et les mêmes clichés.
Ce qu'on retrouvait déjà dans Le Choc du mois
- Les accusations de meurtres « de centaines d'enfants arabes » par l'armée israélienne
- Les clichés antisémites sur « le Juif et l'argent », avec des allégations sur Israël « vendant des permis de séjours » aux arabes
L'extrême gauche contemporaine utilise aujourd'hui exactement la même rhétorique contre les Juifs et Israël que les activistes néofascistes du GUD dans les années 1990-2000. Une convergence qui interroge, à l'heure où les récupérations politiques se multiplient autour de la cause palestinienne.
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