Israel est en train de se projeter résolument vers le 22e siècle, transformant ses contraintes géographiques et démographiques en atouts stratégiques uniques.
Malgré sa petite superficie (environ 22 000 km²) et sa population d’à peine plus de 10 millions d’habitants, l’État hébreu consolide sa position de leader mondial dans des domaines critiques :
Défense, cybersécurité, économie de l’innovation, brevets, éducation supérieure, gestion de l’eau et écosystème des start-ups.
En 2025-2026, ce dynamisme s’accélère avec des investissements massifs et des projets structurants, souvent inspirés par la vision prophétique de David Ben-Gourion, qui voyait dans le Néguev le futur de la nation. Le gouvernement multiplie les annonces pour désengorger le centre du pays, renforcer la périphérie sud et créer un nouvel axe de développement high-tech et résilient.
Le Néguev, laboratoire du futur israélien Le désert du Néguev devient le théâtre d’une ambitieuse vague d’urbanisation et d’innovation. Beersheba, capitale du sud, s’affirme comme un hub technologique majeur. Dès début 2026, l’armée israélienne (IDF) y transfère une grande partie de ses opérations en technologies de l’information et de la communication vers un campus high-tech de 150 000 m². Ce déménagement, couplé à la présence de l’université Ben-Gourion (BGU) et du centre médical Soroka, crée un triangle d’or académico-militaire-industriel comparable à certains écosystèmes de la Silicon Valley.
Le gouvernement a approuvé en novembre 2025 un plan d’un milliard de shekels pour transformer Beersheba en « métropole du futur », avec investissements dans l’éducation STEM, le cyber, le tourisme et la revitalisation du vieux centre-ville. Parallèlement, un plan de 100 millions de shekels cible les villes de l’est du Néguev (Arad, Dimona, Yeruham, Mitzpe Ramon) pour booster infrastructures, sécurité, innovation énergétique et R&D en drones.
Les projets les plus spectaculaires concernent la création de nouvelles villes. En février 2026, le cabinet a validé 6 000 unités de logement pour Menora, une cité mixte prévue avec zones commerciales et espaces publics. Des discussions portent sur jusqu’à dix nouvelles localités dans le Néguev pour absorber la croissance démographique et économique.
L’éducation supérieure reste au cœur de cette vision ben-gourionienne. Ben-Gourion University lance en 2026 Prisma Negev, un centre stratégique pour l’innovation régionale, en partenariat avec des institutions comme le MIT (via le Negev Urban Research Lab). L’objectif : former une nouvelle génération d’entrepreneurs et chercheurs tournés vers les défis du désert.
Autosuffisance militaire : un virage historique La guerre multi-fronts récente a accéléré un changement stratégique majeur. En décembre 2025, le Premier ministre Benjamin Netanyahu annonce un plan décennal de 350 milliards de shekels (environ 110 milliards de dollars) pour bâtir une industrie de l’armement indépendante. L’objectif : réduire la dépendance aux importations, notamment américaines, face aux risques d’embargos ou de pressions diplomatiques.
Israël prévoit d’augmenter massivement la production locale de munitions, de systèmes de défense (Iron Dome, David’s Sling, futur laser Iron Beam) et de technologies critiques. Des privatisations partielles d’entreprises comme Israel Aerospace Industries et Rafael sont prévues dès 2026 pour attirer capitaux privés tout en gardant le contrôle étatique. Cette « forteresse Israël 2.0 » vise l’autonomie stratégique tout en maintenant des partenariats avancés.
Infrastructures aériennes : désengorger et rayonner : Pour soutenir cette expansion, le gouvernement accélère les projets aéroportuaires. En février 2026, le cabinet approuve la création d’un nouvel aéroport international dans le nord du Néguev, près de Ziklag (entre Rahat et Netivot), à une quinzaine de kilomètres de la bande de Gaza. Ce site doit soulager Ben Gourion Airport (qui a dépassé 18 millions de passagers en 2025) et stimuler l’économie locale sur 10 ans de travaux.
Un second aéroport est planifié à Ramat David dans le nord, tandis que Ramon (près d’Eilat) continue de se développer pour le tourisme sud.
Leadership mondial maintenu et amplifié
Israël conserve son surnom de « Start-Up Nation » : leader mondial par habitant en start-ups, licornes, venture capital et dépôts de brevets. Le pays recycle plus de 87 % de ses eaux usées (record absolu) et innove sans cesse en dessalement, irrigation goutte-à-goutte et production d’eau atmosphérique. En éducation, les programmes jeunesse en entrepreneuriat reçoivent des dizaines de millions de shekels pour cultiver la relève.
Petit par la taille, Israël se rêve grand par l’intelligence, la résilience et l’audace. En ouvrant le Néguev, en conquérant l’autosuffisance militaire et en misant sur l’innovation, le pays ne se contente pas de survivre : il prépare activement son leadership dans le siècle à venir. Ben-Gourion l’avait prédit. Un demi-siècle plus tard, ses successeurs passent à l’action.
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