JBCH Réflexions — Édition du 15 août 2026. Rubrique Ethique Juive
JBCH RÉFLEXIONS
« Regarder loin, pour comprendre proche »
Économie & Terroir
L'or liquide du Maroc
Entre tradition berbère et marché mondial
D'après Mes analyses, mes lectures dans les journaux français et Internationaux_et les Medias, un complément se touve dans JBCH Clips
Page I — L'arbre, le geste, la récolte
Au cœur des plaines arides du sud-ouest marocain, entre Essaouira et les contreforts de l'Anti-Atlas, s'étend une forêt millénaire classée au patrimoine mondial de l'UNESCO : l'arganeraie. C'est là, et nulle part ailleurs sur terre, que poussent les arganiers, arbres aux branches noueuses dont le fruit cache un trésor. L'argan, véritable emblème du Maroc, est l'histoire d'un savoir-faire ancestral transmis de génération en génération par les femmes berbères.
L'arganier pousse exclusivement dans cette région semi-désertique, résistant à la chaleur torride et aux sols pauvres. Pendant des siècles, il a structuré l'économie rurale locale, bien avant de devenir un produit d'exportation mondialisé.
La récolte des fruits mûrs, qui tombent naturellement au sol entre juin et septembre, obéit à un rituel singulier. Les chèvres, agiles grimpeuses, montent aux branches pour dévorer la pulpe charnue, laissant tomber les noyaux durs ou les évacuant intacts dans leurs excréments. Les femmes des coopératives collectent alors ces noyaux au sol, les nettoient et les font sécher au soleil avant de les briser, une à une, entre deux pierres.
Cette amande, grillée pour la cuisine ou conservée brute pour les cosmétiques, est ensuite broyée et malaxée avec de l'eau tiède pour former une pâte onctueuse. Sous la pression mécanique ou, selon la tradition, sous le travail patient des mains, l'huile dorée s'écoule goutte à goutte, puis décante avant d'être filtrée et stockée à l'abri de la lumière.
Le geste, en chiffres
- Récolte : juin à septembre
- 30 kg de fruits nécessaires par litre d'huile
- Une journée de travail manuel par litre
- Un savoir-faire porté par les coopératives féminines berbères
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Économie & Terroir
L'or liquide du Maroc
Entre tradition berbère et marché mondial
Page II — Du terroir au marché mondial
Sur le plan commercial, l'huile d'argan a conquis deux marchés distincts. En alimentation, son goût de noisette grillée, caractéristique des amandes torréfiées, sublime les tagines et les couscous, tandis que son huile brute règne en star des instituts de beauté du monde entier. Les laboratoires internationaux l'intègrent dans des crèmes, sérums et shampoings prétendument anti-âge, tandis que les coopératives féminines vendent leur production biologique certifiée vers l'Europe, l'Asie et l'Amérique du Nord.
Les bienfaits de cet or liquide ne sont plus à démontrer. Riche en acides gras insaturés et en vitamine E, l'huile alimentaire aide à réguler le cholestérol et protège le système cardiovasculaire. Dans le domaine cosmétique, ses propriétés antioxydantes, hydratantes et restructurantes en font un remède naturel contre le vieillissement cutané, la sécheresse de la peau et la fragilité des cheveux.
Ce qui fait sa valeur
- Alimentaire : goût de noisette grillée, régulation du cholestérol
- Cosmétique : antioxydante, hydratante, restructurante
- Débouchés : Europe, Asie, Amérique du Nord
- Certification biologique portée par les coopératives locales
Ainsi, de l'arganeraie marocaine aux comptoirs des parfumeries parisiennes ou des spas new-yorkais, l'argan raconte une success story où le patrimoine naturel et le savoir-faire ancestral des femmes berbères se transforment en un produit d'exception aux vertus universelles.
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