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mercredi 16 septembre 2026

Mauvaise impression de JD Vance JBCH N° 2026 - 179

Chronique — Diplomatie américaine





Il faut se méfier de Vance !

Vice-président sans véritable expérience diplomatique avant 2025, JD Vance théorise à Los Angeles une doctrine du désengagement qui doit autant à l'inculture stratégique qu'au calcul électoral. 

Son passage par le Pakistan, où les pourparlers qu'il pilotait avec Téhéran se sont achevés sans le moindre accord, en avait déjà donné la mesure : un isolationniste qui négocie mal négocie mal partout, y compris quand il s'agit d'Israël.



La phrase est tombée comme un pavé dans la mare pro-israélienne de Washington. Invité mardi de l'All-In Summit à Los Angeles, le vice-président JD Vance a prévenu que les États-Unis ne pouvaient pas laisser leur politique au Moyen-Orient devenir « subservient to the State of Israel »   inféodée à l'État d'Israël.

Interrogé par l'animateur Jason Calacanis sur l'influence supposée du Premier ministre Benjamin Netanyahu sur la Maison Blanche, Vance a déroulé une doctrine d'une froide clarté.

« Nous avons beaucoup de relations importantes, beaucoup de partenariats importants au sein de l'OTAN, mais cela ne signifie pas que nous allons rendre notre politique étrangère européenne complètement inféodée à l'OTAN, de la même manière que nous ne pouvons pas laisser notre politique étrangère au Moyen-Orient être inféodée à l'État d'Israël. »


La formule n'est pas anodine. Elle intervient alors même que l'administration prépare une vente d'armes de 2,8 milliards de dollars à Israël, preuve que le partenariat reste « solide » selon ses propres mots. 

Vance a d'ailleurs pris soin de rappeler qu'Israël reste « un partenaire important en matière de technologie militaire et de partage de renseignements ».

Mais le message est double.

1. Une réponse à sa base

Depuis juillet, Vance multiplie les signaux que l'opinion américaine est en train de basculer. Il avait déjà estimé qu'Israël était en train de « perdre la bataille de l'opinion publique » aux États-Unis. 

Face à une droite populiste de plus en plus isolationniste, qui voit dans le soutien inconditionnel à Jérusalem un héritage néo-conservateur, Vance se positionne comme le tenant d'une « rational foreign policy »   une politique étrangère rationnelle fondée sur les seuls intérêts américains.


2. Une normalisation de la divergence

« Nous allons travailler avec les gens quand nous travaillons avec eux, nous allons être en désaccord quand nous sommes en désaccord. » La phrase, déjà entendue en juin à propos de l'Iran, devient une doctrine. 

Pour Vance, Netanyahu fait ce qu'il doit faire pour Israël ; Trump et lui doivent faire ce qu'ils doivent faire pour l'Amérique. Ce n'est pas une rupture, c'est une mise à distance transactionnelle.




Faut-il s'en méfier ?

Oui, si l'on est à Jérusalem.

Car derrière la rhétorique de l'alliance, Vance, favori pour 2028, installe l'idée qu'être pro-américain ne signifie plus être automatiquement pro-israélien. 

Il légitime publiquement le désaccord ouvert, comme il l'a fait en critiquant un vote symbolique de la Knesset sur l'annexion de la Judée Samarie , qualifié d'« insulte ».

Non, si l'on est à Washington.

La déclaration est moins anti-israélienne qu'ultra-souverainiste. 

C'est la même logique appliquée à l'OTAN. L'Amérique d'abord ne veut plus de vassalité, même envers ses amis.

Le vrai signal n'est pas la défiance envers Israël. C'est la fin de l'alignement automatique.



Le constat

Il faut se méfier de Vance — non pas parce qu'il « lâcherait » Israël, mais parce qu'il incarne un isolationnisme sans culture stratégique, drapé dans le vocabulaire rassurant du réalisme. 

Un vice-président qui découvre le Moyen-Orient en cours de mandat et théorise, sur un plateau de podcast, le désengagement américain comme une évidence de bon sens.

Son passage par le Pakistan en avait déjà montré les limites : parti négocier avec l'Iran sur le nucléaire, il en est revenu sans accord, Téhéran ayant simplement refusé d'y souscrire  une négociation qui s'est soldée par rien, sinon la preuve qu'on ne fait pas plier un régime par la seule force de la conviction. 


Traiter avec légèreté des dossiers aussi lourds que l'Iran ou le Pakistan, puis vouloir imposer la même « rationalité » cavalière au dossier israélien, ce n'est pas de la doctrine : c'est de l'improvisation habillée en stratégie.




© JBCH Réflexions                 Septembre 2026

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