La politique britannique au Proche-Orient :
Entre calculs impérialistes et ambiguïtés durables
Des promesses contradictoires : les accords Sykes-Picot et la déclaration Balfour
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la Grande-Bretagne mène une politique clairement opportuniste au Proche-Orient, dictée par ses intérêts coloniaux.
Skyes et Picot en 1917
En 1916, elle signe avec la France les accords Sykes-Picot, qui se partagent les provinces arabes de l’Empire ottoman : la France obtient la Syrie et le Liban ; la Grande-Bretagne, la Mésopotamie et la Palestine Ottomane.
En 1917, Londres ajoute une nouvelle promesse, cette fois faite aux sionistes, par la déclaration Balfour, qui affirme le soutien britannique à l’établissement d’un “foyer national juif en Palestine mandataire”.
Le gouvernement britannique cherche à obtenir à la fois le soutien des juifs pour l’effort de guerre (notamment aux États-Unis et en Russie) et à garder le contrôle stratégique de la Palestine mandataire, car elle permet de sécuriser l’accès au canal de Suez et au pétrole du Moyen-Orient.
En 1921, ces accords sont paraphés avec la Société des Nations (SDN) par le Traité de San Remo. Ces accords n’ont jamais été annulés jusqu’à ce jour.
La politique britannique au Proche-Orient :
entre calculs impérialistes et ambiguïtés durables
Des promesses contradictoires :
Création soudaine de la Jordanie :
Abdallah 1er de Jordanie
Par surprise, à travers le cadre du mandat britannique sur la Palestine (1920-1948), Londres crée en 1921 un Émirat de Transjordanie, confié à l’émir Abdallah un ami, issu de la famille hachémite. Amputant de près de 50% le territoire de la Palestine mandataire.
Cette décision est prise unilatéralement, sans consultation des populations locales. Le but réel est double : récompenser les Hachémites pour leur alliance pendant la guerre et se ménager un État tampon entre ce qu’il reste de Palestine mandataire et les nationalistes arabes du Hedjaz, tout en contournant sournoisement les engagements pris et signés à San Remo et négligeant ce qu'ils avaient promis aux juifs.
La Jordanie, cet état inventé par les anglais deviendra officiellement indépendante en 1946, toujours sous parrainage britannique, et conservera une armée de bédouins dirigée par des officiers britanniques jusqu’en 1956.
Ce découpage arbitraire et illégal du Proche-Orient est symptomatique de la volonté britannique de créer des entités politiques dépendantes, instrumentalisables, et capables de maintenir l’ordre sans affaiblir la domination impériale.
Le mandat britannique en Palestine :
Entre blocage de l’immigration juive et répression entre les deux guerres, les tensions augmentent dans ce territoire entre les populations arabes et juives.
Les Britanniques, qui entendent maintenir la stabilité tout en gardant le contrôle du territoire, mènent une politique de plus en plus restrictive et répressive à l’égard du projet sioniste, celui de retrouver sa souveraineté sur sa terre historique et ancestrale, qu’ils ont toujours habitée.
Dans les années 1930 et surtout après 1939, alors que les persécutions nazies s’intensifient, Londres limite sévèrement l’immigration juive en Terre sainte par le Livre blanc de 1939. Ce livre veut apaiser le soulèvement de la population arabe de Palestine en limitant la vente de nouvelles terres aux Juifs.
Principalement composée de bédouins sous commandement d'officiers britanniques, ils mettent sur pieds une armée solide entrainée qui a résisté en 1948 aux contre-attaques des israéliens et qui a conservé la vieille ville de Jérusalem, qu'elle perdra en 1967, lors de la guerre des 6 jours.
Exodus 1947
Une brigade juive est créée et sert avec honneur aux côtés du Général Montgomery en Libye.
Drapeau de la Brigade Juive dans l'armée britannique de Montgomery
Brigade juive qui défile en Libye
Cette politique devient moralement inadmissible après la Shoah : les survivants juifs des camps d’extermination, entassés dans des camps de réfugiés en Europe, puis à Chypre et se voient refuser l’entrée en en Terre promise.
La Royal Navy intercepte des navires d’immigrés … ( juifs de retour des camps de la mort) devenus illégaux (comme l’Exodus), et les renvoie en Europe.
Dans le même temps, la résistance juive notamment l’Irgoun, la Haganah le Groupe Stern et d’autres mènent des actions violentes contre les infrastructures et les forces britanniques, ce qui entraîne une répression brutale, avec de nombreuses pendaisons.
L’Hôtel King David qui abritait l’État-Major britannique explose faisant de très nombreuses victimes.
Attentat Hotel King David à Jérusalem
Londres, dépassée, transfère finalement la question à l’ONU en 1947.
La réticence à reconnaître Israël, et les ambiguïtés persistantes
Londres s’abstient lors du vote du plan de partage de l’ONU de 1947.
Lors de la proclamation de l’État d’Israël en 1948, la Grande-Bretagne ne reconnaît pas immédiatement le nouvel État et adopte une attitude neutre, voire hostile.
Déclaration d'indépendance del'Etat d'Israël
Officiellement, elle se retire du mandat ; en réalité, elle conserve des liens étroits avec la Jordanie, qui occupe avec sa bénédiction un nouveau territoire en Judée et en Samarie qu’elle appellera pour la première fois la Cisjordanie, en 1948, dès la première guerre israélo-arabe.
Les habitants sont donc des jordaniens, les juifs qui habitaient ces territoires et dans la vieille ville de Jérusalem, ont été soit exterminés, soit ont eu la chance de s’enfuir, tous les biens des juifs saisis illégalement et attribués à de nouveaux arrivants arabes.
L’hostilité initiale britannique s’explique par plusieurs facteurs : ses intérêts pétroliers dans les pays arabes, le ressentiment envers les attaques des groupes indépendantistes juifs, et une volonté de ménager les États arabes avec lesquels elle entretient de d'intéressantes relations stratégiques.
Ce passé explique le manque de chaleur durable des relations anglo-israéliennes, malgré une normalisation diplomatique progressive.
Keir Starmer et la reconnaissance d’un État palestinien : déclaration de Juillet 2025;
Une nouvelle ambiguïté ? Une nouvelle trahison ?
En 2024, Keir Starmer, leader travailliste devenu Premier ministre en 2025, annonce son soutien à la reconnaissance d’un État qu’il appelle palestinien.
Cette position, partagée par plusieurs chancelleries européennes dont la France, s’inscrit dans une volonté affichée de relancer un processus de paix.
Mais elle est perçue par certains comme une réédition de l’approche équivoque britannique, consistant à faire des annonces symboliques sans garantir la sécurité d’Israël ni exiger des réformes réelles du côté arabe.
Le Royaume-Uni, historiquement responsable d’avoir semé la confusion entre les promesses faites aux Arabes et celles faites aux Juifs, continue d’entretenir une posture d’équilibre instable, jugée parfois hostile par les soutiens d’Israël.
La reconnaissance d’un État dit de palestine unilatéral, en l’absence de négociations, pourrait raviver de vieux soupçons : celui d’un soutien britannique aux équilibres géopolitiques traditionnels au détriment des droits.
Les rues de Londres ressemblent aujourd'hui à une rue arabe du moyen orient, les manifestations anti-sionistes et antisémites sont quotidiennes, le Maire, d'origine pakistanaise laisse faire, le gouvernement est dépassé et semble vouloir calmer les arabes et les musulmans du pays, devenu depuis le 7 Octobre 2023 pro Hamas.
Mais a Grande Bretagne reste toujours « La Perfide Albion » quand en 1415, à la bataille d’Azincourt, les anglais , malgré leurs promesses ont exécuté les soldats français prisonniers, au détriment de l’Honneur.
Aujourd’hui, ce dicton reprend force et vigueur, la Grande Bretagne trahit une nouvelle fois son allié : Israël.
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