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mardi 15 juillet 2025
Lever l'interdiction d'exploitation du Gaz de Schiste
Lever l’interdiction de l’exploitation du gaz de schiste en France pourrait théoriquement entraîner des bénéfices économiques importants, mais cela soulève aussi des enjeux écologiques, techniques et sociaux majeurs. Voici une analyse complète, en distinguant : les ressources identifiées, les bénéfices potentiels (emplois, revenus, balance énergétique), et les limites ou incertitudes.
🇫🇷 1. Où se trouve le gaz de schiste en France ?
Des études géologiques (notamment du BRGM et de l’IFPEN) ont identifié plusieurs bassins sédimentaires contenant du gaz de schiste :
Principaux bassins prometteurs :
Bassin parisien
Potentiel : surtout huile de schiste, mais aussi gaz.
Profondeur : entre 2 000 et 3 000 m.
Bassin du Sud-Est (notamment en Ardèche, Drôme, Gard, Hérault, Aveyron)
Potentiel gazier plus important.
Bassin aquitain (Landes, Pyrénées)
Estimé riche en hydrocarbures non conventionnels.
💡 Quantité estimée :
Potentiel techniquement exploitable estimé par l’EIA (US Energy Information Administration) en 2013 : 3 900 milliards de m³ de gaz de schiste brut (soit 137 Tcf).
Soit environ 100 ans de consommation française actuelle (mais ce chiffre est très théorique).
💰 2. Quels bénéfices économiques potentiels ?
a)
Création d’emplois
D’après des estimations croisées (EIA, IFPEN, Deloitte) :
En régime de croisière (10-15 ans après le lancement) :
Entre 70 000 et 100 000 emplois directs et indirects créés.
Emplois dans : forage, services pétroliers, infrastructures, logistique, maintenance, géosciences.
Exemple : aux États-Unis, la révolution du schiste a généré plus de 2 millions d’emplois.
b)
Revenus pour l’État et les collectivités
Revenus tirés de :
Redevances et impôts sur les sociétés productrices,
Taxes locales sur les installations,
TVA sur les équipements et services associés.
Estimations (IFPEN et Sénat, 2014) :
Potentiel de 5 à 10 milliards d’euros/an de recettes fiscales à moyen terme.
c)
Impact sur la balance commerciale
La France importe près de 99 % de son gaz (surtout de Norvège, Algérie, Russie).
Une production domestique pourrait réduire de 10 à 20 milliards €/an les dépenses d’importations énergétiques à long terme.
🔥 3. Limites, incertitudes et risques
❗ Incertitudes sur la
rentabilité
Le gaz est en profondeur et piégé dans la roche-mère : extraction coûteuse.
Géologie française plus fragmentée qu’aux USA, rendant la fracturation plus complexe.
Marché européen du gaz très concurrentiel, avec des prix souvent plus bas que le seuil de rentabilité du schiste.
❗ Enjeux environnementaux
Fracturation hydraulique (technique interdite en France depuis 2011) nécessite de grandes quantités d’eau, de produits chimiques.
Risques :
Pollution des nappes phréatiques,
Séismes induits,
Emissions de méthane (gaz à effet de serre),
Occupation du sol importante (forages tous les 2-3 km²).
❗ Acceptabilité sociale
Forte opposition locale : collectifs anti-gaz de schiste très actifs.
Expériences passées (2011–2015) : levées de boucliers notamment en Ardèche, dans le Larzac, dans le Vexin.
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