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samedi 26 juillet 2025

Marco Rubio prochain Président ? en 3 langues FR GB et ES


Pourquoi Marco Rubio a toutes les chances d’être le prochain président des États-Unis

Marco Rubio, actuel secrétaire d’État des États-Unis et conseiller à la sécurité nationale par intérim, est souvent cité comme un candidat potentiel pour l’élection présidentielle de 2028. Plusieurs raisons expliquent pourquoi il pourrait avoir de bonnes chances de devenir le prochain président des États-Unis.

Un parcours politique solide

Tout d’abord, Marco Rubio bénéficie d’une carrière politique impressionnante. Ancien sénateur de Floride, il a également été candidat lors des primaires républicaines de 2016, où il s’est fait remarquer sur la scène nationale. Son expérience au niveau étatique et fédéral lui a permis de développer une expertise politique significative. En 2025, sa nomination au poste de secrétaire d’État par le président Trump a renforcé sa stature, témoignant de la confiance que l’administration actuelle place en lui.

Visibilité et influence grâce à ses rôles actuels

En tant que secrétaire d’État, Rubio joue un rôle central dans la politique étrangère américaine. Cette position lui offre une visibilité importante et lui permet de se positionner comme un leader compétent sur la scène internationale. De plus, son rôle supplémentaire de conseiller à la sécurité nationale par intérim accroît son influence au sein du gouvernement. Ces responsabilités de haut niveau le placent sous les projecteurs, un atout précieux pour une éventuelle campagne présidentielle.

Soutien politique et base électorale

Rubio bénéficie du soutien de figures influentes au sein du Parti républicain. Le président Trump, par exemple, l’a mentionné comme un successeur potentiel, ce qui pourrait mobiliser la base républicaine en sa faveur. Par ailleurs, en tant que cubano-américain, Rubio a un avantage unique : il pourrait attirer un soutien significatif parmi les électeurs latinos, un groupe démographique dont l’influence ne cesse de croître dans les élections américaines.

Défis à relever

Cependant, le chemin vers la présidence n’est pas sans obstacles. Rubio devra composer avec un paysage politique complexe, potentiellement marqué par des controverses ou des échecs liés à l’administration actuelle. De plus, la concurrence au sein du Parti républicain pourrait être rude, avec d’autres figures comme JD Vance également évoquées comme candidats potentiels.

Malgré ces défis, Marco Rubio semble bien placé pour briguer la présidence en 2028. Son expérience, sa visibilité, son soutien politique et sa capacité à mobiliser des électeurs clés, notamment les Latinos, font de lui un candidat sérieux. Sa confirmation unanime par le Sénat en 2025 pour le poste de secrétaire d’État montre également qu’il bénéficie d’un large appui bipartisan, un avantage dans une élection générale. En somme, Rubio possède de nombreux atouts qui pourraient le mener à la Maison-Blanche.

Response in English


Why Marco Rubio Has a Strong Chance of Becoming the Next U.S. President

Marco Rubio, the current U.S. Secretary of State and acting National Security Advisor, is frequently mentioned as a potential candidate for the 2028 presidential election. Several factors suggest he has a strong chance of becoming the next president of the United States.

A Robust Political Background
First and foremost, Marco Rubio boasts an impressive political career. A former senator from Florida, he gained national attention as a candidate in the 2016 Republican primaries. His experience at both state and federal levels has equipped him with substantial political expertise. In 2025, his appointment as Secretary of State by President Trump further solidified his prominence, reflecting the trust placed in him by the current administration.

Visibility and Influence from Current Roles
As Secretary of State, Rubio is at the core of U.S. foreign policy, giving him significant visibility and the opportunity to establish himself as a capable leader on the global stage. His additional role as acting National Security Advisor enhances his influence within the government. These high-profile positions keep him in the public eye, a critical advantage for any presidential hopeful.
Political Support and Voter Base
Rubio enjoys support from key Republican Party figures. Notably, President Trump has named him as a potential successor, which could rally the Republican base behind him. Additionally, as a Cuban-American, Rubio has the potential to garner substantial support from Latino voters, a demographic increasingly pivotal in U.S. elections.
Challenges Ahead
That said, the road to the presidency is not without hurdles. Rubio will need to navigate a complex political landscape, possibly tainted by controversies or setbacks tied to the current administration. He may also face stiff competition within his party, with figures like JD Vance emerging as possible contenders.
Despite these challenges, Marco Rubio appears well-positioned for a 2028 presidential run. His experience, visibility, political backing, and ability to appeal to key voter groups, particularly Latinos, make him a formidable candidate. His unanimous Senate confirmation as Secretary of State in 2025 further demonstrates broad bipartisan support, a potential asset in a general election. In short, Rubio has numerous strengths that could propel him to the White House.

Respuesta en español

Por qué Marco Rubio tiene grandes posibilidades de ser el próximo presidente de EE. UU.

Marco Rubio, actual Secretario de Estado de los Estados Unidos y consejero interino de Seguridad Nacional, es frecuentemente mencionado como un posible candidato para las elecciones presidenciales de 2028. Varios factores indican que tiene grandes posibilidades de convertirse en el próximo presidente de los Estados Unidos.

Una sólida trayectoria política

En primer lugar, Marco Rubio cuenta con una carrera política destacada. Exsenador de Florida, se dio a conocer a nivel nacional como candidato en las primarias republicanas de 2016. Su experiencia tanto a nivel estatal como federal le ha proporcionado un conocimiento político considerable. En 2025, su nombramiento como Secretario de Estado por el presidente Trump consolidó su relevancia, reflejando la confianza que la administración actual tiene en él.

Visibilidad e influencia por sus cargos actuales

Como Secretario de Estado, Rubio está en el centro de la política exterior estadounidense, lo que le otorga una visibilidad significativa y la oportunidad de posicionarse como un líder competente en el ámbito internacional. Su rol adicional como consejero interino de Seguridad Nacional incrementa su influencia dentro del gobierno. Estos cargos de alto perfil lo mantienen en el foco público, una ventaja clave para cualquier aspirante presidencial.
Apoyo político y base electoral

Rubio cuenta con el respaldo de figuras importantes del Partido Republicano. El presidente Trump lo ha señalado como un posible sucesor, lo que podría unir a la base republicana en su favor. Además, como cubano-americano, Rubio tiene el potencial de obtener un apoyo considerable entre los votantes latinos, un grupo demográfico cada vez más decisivo en las elecciones de EE. UU.

Desafíos por delante>BR>
Sin embargo, el camino hacia la presidencia está lleno de obstáculos. Rubio deberá enfrentar un panorama político complejo, posiblemente afectado por controversias o fracasos de la administración actual. Asimismo, podría encontrarse con una fuerte competencia dentro de su partido, con nombres como JD Vance también mencionados como posibles candidatos.

A pesar de estos retos, Marco Rubio parece estar en una buena posición para postularse a la presidencia en 2028. Su experiencia, visibilidad, apoyo político y capacidad para atraer a grupos clave de votantes, especialmente los latinos, lo convierten en un contendiente sólido. Su confirmación unánime por el Senado en 2025 como Secretario de Estado también demuestra un amplio apoyo bipartidista, un recurso valioso en una elección general. En resumen, Rubio tiene muchas fortalezas que podrían llevarlo a la Casa Blanca.

vendredi 25 juillet 2025

Le Dibbouk (FR HE)


C'est ma grand-mère Georgette de Paz née Scemama qui m'a parlé pour la première fois du Dibbuk ... j'avais sept ans ... En effet elle était lettrée, et connaissait tous les récits de la mystique juive, arrivés par miracle de l'est de l'Europe aux rivages de Carthage, le Golem, le Dibbouk, tout l'intéréssait

Dibbouk, <

Le mot vient de l’hébreu “דִּיבּוּק” (dibbuk), issu de la racine ד.ב.ק (d.b.q), qui signifie « adhérer », « s’attacher ». Le dibbouk est donc une âme collée à un corps humain.

• Le concept apparaît surtout dans la Kabbale lourianique (du nom d’Isaac Louria, XVIe siècle, Safed, Tzfat).

Il se rattache à la théorie de la réincarnation (guilgoul) : une âme fautive peut être condamnée à errer, et parfois se fixer dans le corps d’un vivant pour accomplir une réparation (tikoun).

• Le dibbouk peut causer : des maladies inexpliquées, des troubles du comportement, des états de transe ou de possession.

• Le dibbouk peut causer :

• La délivrance d’un dibbouk nécessite souvent un exorcisme mené par un rabbin ou un maître kabbaliste.

• Cet exorcisme inclut généralement :des prières spécifiques (notamment les psaumes), des souffles rituels, • des appels à la techouva (repentance) de l’âme errante, et parfois l’usage du shofar.

On retrouve ainsi le Dibbouk dans la culture

• dans le théâtre yiddish a popularisé le dibbouk avec la pièce célèbre : “Le Dibbouk” (Der Dybbuk, 1914) de S. Ansky, une œuvre dramatique où une jeune femme est possédée par l’esprit de son amant défunt.

• Dans la culture populaire :

Le dibbouk apparaît dans des romans, films d’horreur, séries (comme The Possession, ou A Serious Man des frères Coen).

Il a parfois été confondu avec des concepts chrétiens de démon ou de possession diabolique, bien qu’il s’agisse en réalité d’un esprit humain en souffrance, pas d’un démon.

Voici un extrait emblématique de la pièce “Le Dibbouk” (Der Dybbuk) écrite en 1914 par S. Ansky, une œuvre majeure du théâtre yiddish mystique. La scène suivante est l’une des plus célèbres, au moment où l’on découvre que Leah, promise à un autre homme, est possédée par l’esprit de Hanan, son ancien amour mort tragiquement :Voici un extrait emblématique de la pièce “Le Dibbouk” (Der Dybbuk) écrite en 1914 par S. Ansky, une œuvre majeure du théâtre yiddish mystique. La scène suivante est l’une des plus célèbres, au moment où l’on découvre que Leah, promise à un autre homme, est possédée par l’esprit de Hanan, son ancien amour mort tragiquement :

🎭 Extrait (traduction française)

[Leah, possédée, s’exprime avec la voix du Dibbouk – l’âme de Hanan]
LE DIBBOUK (par la bouche de Leah) :“Pourquoi m’avez-vous arraché à elle ? Pourquoi l’avez-vous promise à un autre ? Je l’aimais… Et mon âme ne pouvait se détacher de la sienne. Même dans la mort, je l’ai cherchée… Quand ils ont rompu notre serment, je suis revenu. J’ai frappé à la porte de son cœur. Et elle m’a ouvert… Elle est à moi. Son âme m’appartient.”

🕯️ Contexte de la scène

Le rabbin exorciste, aidé d’une assemblée pieuse, tente de délivrer Leah en dialoguant avec le Dibbouk. L’âme de Hanan révèle qu’il était lié à Leah par un pacte secret d’amour, et qu’il est revenu la hanter lorsqu’elle fut promise à un autre homme. Le dilemme moral se noue : peut-on forcer une âme à quitter une autre si l’union entre les deux était spirituellement authentique ?

📖 Intérêt de la pièce

La pièce mêle amour mystique, fatalité, Kabbale et justice divine, dans un style à la fois dramatique et métaphysique. Elle fut jouée pour la première fois en 1920 à Varsovie, puis à travers le monde entier dans les cercles yiddish et israéliens. C’est une œuvre profondément influencée par le folklore juif d’Europe de l’Est et la tradition kabbalistique.

Guilgoul – La réincarnation de l’âme

Dans la Kabbale, notamment chez les maîtres de Safed comme le Ari (R. Isaac Louria), le guilgoul désigne le processus par lequel une âme revient sur terre dans un autre corps pour achever ce qu’elle n’a pas accompli dans une vie précédente.

Dans Le Dibbouk : • L’âme de Hanan, qui n’a pas pu réaliser son union avec Leah de son vivant, refuse de quitter ce monde. • Son amour inachevé, son désespoir, son attachement passionnel sont les symptômes d’une âme non libérée, encore liée au monde matériel et aux émotions humaines. • Son intrusion dans le corps de Leah évoque une forme de guilgoul déviant, une incarnation forcée et incomplète — ce que les kabbalistes qualifient parfois de “guilgoul me’urav” (réincarnation entremêlée, confuse).

Tikoun – La réparation

Tikoun est le processus spirituel par lequel une âme — par les mitsvot, la prière, les épreuves ou l’amour — répare les fautes passées, ses lacunes ou même les déséquilibres du monde.

Dans Le Dibbouk : • La présence du Dibbouk est le symptôme d’une âme en détresse qui cherche son tikoun, c’est-à-dire une réparation de son destin brisé. • La tentative du rabbin exorciste vise à libérer l’âme de Hanan afin qu’elle puisse trouver repos et réparation — en la confrontant à sa propre vérité, à son attachement, et en l’invitant à se détacher. • Ce processus est emprunt de compassion : le rabbin ne condamne pas l’âme, il cherche à l’aider à accomplir son tikoun.

Entre mystique et théâtre

Le génie de Le Dibbouk, c’est de traduire pour la scène des concepts ésotériques profonds de la tradition juive : • Le Dibbouk = un guilgoul mal achevé : un passage illégal ou incomplet d’une âme dans un autre corps. • Le refus de l’oubli, la passion non résolue = un tikoun à accomplir. • Le rituel d’exorcisme = un acte de réparation collective par la communauté, le rabbin, et l’âme elle-même.
⸻ 💡
Réflexion contemporaine

Cette pièce, bien au-delà du folklore, interroge notre relation aux dettes du passé, à ce que nous n’avons pas su clore dans nos vies, à l’amour non accompli, et à la réparation intérieure. Dans la pensée kabbalistique, chaque relation inachevée, chaque acte manqué, chaque injustice non réparée peut appeler une forme de tikoun — parfois à travers plusieurs vies.

Notre ami Laurent Duval nous a prete ce document :

http://www.laurent-duval.eu/_Share/Video/OUALID-Dayan_2019_Dibbuk.mkv

© 2025 JBCH. Reproduction interdite sans autorisation.

En Hebreux :


זה סיפור שסיפרה לי סבתא שלי, ז’ורז’ט דה פאז לבית שממה, כשהייתי בן שבע.
היא הייתה אישה מלומדת, חובבת סיפורי מיסטיקה יהודית, שהגיעו בנס מחופי מזרח אירופה אל קרתגו: הגולם, הדיבוק — הכול ריתק אותה.

המילה “דיבוק” (דִּיבּוּק) באה מהשורש ד.ב.ק — להידבק, להיצמד. הדיבוק הוא נשמה הנדבקת בגופו של אדם חי.
המושג מופיע בעיקר בקבלה הלוריאנית (על שם ר’ יצחק לוריא – האר”י, המאה ה-16 בצפת).
הוא קשור לתורת הגלגול: נשמה שלא תיקנה את עצמה בגלגולה הקודם עלולה להיתקע בין העולמות, ואף להיכנס לגופו של אדם חי לצורך תיקון (תיקון = תיקון).
הדיבוק עשוי לגרום ל:
מחלות ללא הסבר רפואי,
שינויים קיצוניים בהתנהגות,
מצבי טראנס או אחיזה.
הוצאת דיבוק (גירוש נשמה) דורשת לרוב טקס מיוחד של רב מקובל:
תפילות (בעיקר תהילים),
נשיפות ריטואליות,
קריאה לתשובה של הנשמה,
ולעיתים תקיעת שופר.

🎭 התיאטרון היידי הפך את הדיבוק לדמות איקונית עם המחזה “הדיבוק” (1914) מאת ש. אנסקי, שבו רוחה של האהוב המת חנן נכנסת לגופה של לֵאָה, כלתו לשעבר.
👻 בתרבות הפופולרית, הדיבוק מופיע בספרים, סרטים, סדרות (למשל The Possession, או A Serious Man של האחים כהן).
חשוב להבחין: מדובר בנשמה אנושית שסובלת – לא בשד או שדון נוצרי.

הדיבוק מדבר מגרונה של לאה:
“למה תלשתם אותי ממנה? למה הבטחתם אותה לאחר? אני אהבתי אותה… נשמתי לא יכלה להתנתק משלה. גם אחרי המוות, חיפשתי אותה… כששברו את שבועתנו, חזרתי. דפקתי על דלת ליבה. והיא פתחה לי… היא שלי. נשמתה שייכת לי.”

הרב והקהילה מנסים לגאול את לאה על ידי דיאלוג עם נשמתו של חנן, האהוב שנפטר. מתברר שהייתה ביניהם ברית סודית, וכששברו אותה, נשמתו חזרה — מסרבת להיעלם. השאלה: האם ניתן להפריד שתי נשמות שקשרן אמיתי?

🔁 גלגול נשמות – Guilgoul
בקבלת האר”י, הנשמה חוזרת שוב בגלגולים עד שתשלים את תיקונה.
חנן, אשר לא הצליח לאהוב את לאה בחייו, חוזר בדמות דיבוק.
אהבתו הבלתי מושלמת ואחיזתו בעולם – הם ביטוי לגלגול מקולקל.
זהו גלגול מעורב — Guilgoul Meurav — נשמה שנצמדה שלא כראוי לגוף אחר.
🛠️ תיקון – Tikoun
התיקון הוא תהליך הריפוי של הנשמה והעולם:
נשמה המחפשת תיקון תתגלגל או תתדבק בגוף.
הרב אינו מגרש מתוך זעם — הוא מנסה לגאול, להביא שלום לנשמה.
הקריאה היא תמיד לחמלה ותשובה, לא לעונש.

יופייה של הדיבוק הוא בכך שהיא מציגה רעיונות קבליים עמוקים דרך דרמה אנושית:
הדיבוק = גלגול לא מושלם.
אהבה בלתי פתורה = קריאה לתיקון.
טקס הגירוש = פעולה משותפת של הקהילה, הרב והנשמה.

מעבר לסיפור העל-טבעי, המחזה שואל:
מה עלינו לתקן?
אילו קשרים השארנו פתוחים?
מה גורר אותנו חזרה למקומות ולרגשות שלא סיימנו איתם?
הקבלה מלמדת: כל מערכת יחסים שלא נסגרה, כל מעשה שלא הושלם — מזמינה תיקון. לפעמים בעולם הזה, לפעמים בגלגול הבא.
🔗 תודתנו ללורן דובל על שיתוף הסרט:
http://www.laurent-duval.eu/_Share/Video/OUALID-Dayan_2019_Dibbuk.mkv
© 2025 JBCH. אין להעתיק או להפיץ ללא רשות מפורשת.

דיבוק — דיבוק נשמה בגוף חי

הדיבוק בתרבות

📖 קטע מפורסם מהמחזה “הדיבוק” (ש. אנסקי)

🕯️ הרקע לסצנה

🧠 רעיונות מרכזיים בקבלה

🧙 בין תיאטרון למיסטיקה

💭 מחשבה עכשווית


Vote d'intention à la Knesset hier à Jérusalem et le premier écho malheureusement venu de Paris !


Hier — le 23 juillet 2025, soit hier (il est actuellement le 25 juillet 2025) — la Knesset israélienne a approuvé une motion symbolique et non contraignante, par 71 voix contre 13, appelant à « appliquer la souveraineté israélienne à la Judée, à la Samarie et à la vallée du Jourdain » . Cette résolution reflète un virage politique clair vers l’annexion, mais n’a aucune valeur légale immédiate ni effet juridique concret .

La motion est déclaratoire, visant à inscrire officiellement le débat de l’annexion à l’agenda politique, sans qu’elle n’engendre de loi ou de modifications administratives automatiques . Sur le plan international, cette démarche a déclenché des critiques fortes de la part de l’Union Européenne, des Nations unies, de l’Autorité palestinienne, et de nombreux pays, dénonçant un acte contraire au droit international et susceptible d’entraver la solution à deux États .

Vote de 23 juillet 2025 (hier)

Non contraignant, juste symbolique

Large majorité (71 députés contre 13)

Aucune conséquence juridique immédiate

Fortes réactions internationales négatives

La première réaction est arrivée de Paris, par un X personnel d'Emmanuel Macron, reconnaissant l'existence d'un autre nouveau pays pour les arabes de Palestine, suite à un appel de son veil ami Mahmoud Abbas, ce message incompréhensible a permis au Président de prendre la couverture médiatique à la place des règlements de compte qui se passent au sein de son gouvernement.

Le texte de Macron : « Compte tenu de son engagement historique en faveur d’une paix juste et durable au Moyen‑Orient, j’ai décidé que la France reconnaîtra l’État de Palestine. La priorité immédiate aujourd’hui est de mettre fin à la guerre à Gaza et d’apporter un soulagement à la population civile. La paix est possible." 

Imaginez la joie des terroristes du Hamas qui avaient assassinés 1700 israeliens dans les Kibboutz du sud d'Israël, le 7 Octobre 2023 ... Ce texte est une prime pour les terroristes, une erreur monumentale d'une France en plein déclin
https://www.youtube.com/watch?v=Cvwp5tBM8fM&ab_channel=PublicS%C3%A9nat

© 2025 JBCH. Reproduction interdite sans autorisation.

Thaï et Khmers ... Pourquoi ce conflit


Ces peuples sont réputés être aujoud'hui paisible et profiter des largesses dues au tourisme international, pourtant ...

Le différend entre le Cambodge et la Thaïlande remonte à plusieurs décennies, voire siècles, et s’articule principalement autour d’un traçage frontalier ambigu hérité de la période coloniale française.

La Thaîlande est probablement le seul pays du Sud Est asiatique à ne pas avoir été colonnisé !

Aux XIXᵉ et XXᵉ siècles, les traités franco-siamois (notamment ceux de 1904 et 1907) ont fixé la frontière selon des critères géographiques, mais ont généré des discordances entre cartes et accords écrits. Une carte d’État-major française de 1907 place le temple de Preah Vihear en territoire cambodgien, tandis que la Thaïlande conteste cette position
.
En 1962, la Cour internationale de justice (CIJ) a attribué la souveraineté du temple Preah Vihear au Cambodge. Toutefois, la zone environnante est restée litigieuse, et un différend subsiste jusqu’à aujourd’hui . Entre 2008 et 2011, des tensions ont éclaté de façon récurrente. L’inscription du temple à l’UNESCO en 2008 ravive les nationalismes. Des affrontements armés, bombardements et évacuations massives ont suivi, malgré dix ans de négociations infructueuses via une commission conjointe frontalière .

Ces tensions persistantes ont préparé le terrain pour la crise actuelle.

Échauffourées récentes : montée des tensions depuis début 2025 (≈ 300 mots)

En 2025, le conflit a connu une nouvelle accélération.

Le 13 février, des autorités thaïlandaises interdisent aux touristes cambodgiens de chanter l’hymne national au temple Prasat Ta Muen Thom, situé dans une zone contestée, aggravant les tensions . Le 28 mai 2025, un échange de tirs éclate dans la zone de l’« Emerald Triangle » (frontière tripartite avec le Laos). Un soldat cambodgien est tué et chaque camp s’accuse mutuellement d’avoir déclenché les hostilités. L’incident conduit à des sanctions mutuelles : fermeture des frontières, embargos commerciaux, interdictions médiatiques . Le Cambodge annonce son intention de porter l’affaire devant la CIJ pour obtenir une décision juridique définitive. La Thaïlande, pour sa part, privilégie les négociations bilatérales et conteste la compétence de la CIJ dans ce différend . Des tensions politiques intérieures en Thaïlande s’ajoutent à la crise. Le rôle de la Première ministre Paetongtarn Shinawatra est scruté après la fuite d’un enregistrement téléphonique où elle apparaît proche de l’ancien dirigeant cambodgien Hun Sen, déclenchant une polémique nationale .

La flambée d’hostilités du 24–25 juillet 2025

affrontements directs

Le 24 juillet 2025, à l’aube, des drones cambodgiens survolent les environs du temple Prasat Ta Muen Thom. Le camp thaïlandais rapporte qu’environ six soldats cambodgiens armés se sont avancés près du grillage défensif, avant d’ouvrir le feu à environ 200 mètres de leur base. Le Cambodge, pour sa part, parle d’une attaque thaïlandaise violant son territoire .

À 9h40, la Thaïlande accuse le Cambodge d’avoir tiré un lance-roquettes BM‑21 sur Prasat Don Tuan (zone civile). En réponse, des tirs d’artillerie thaïlandais sont déclenchés près du temple Ta Kwai .

À 10h58, l’aviation thaïlandaise déploie six F‑16 pour bombarder des positions cambodgiennes dans la province d’Ubon Ratchathani, affirmant avoir détruit des bases adverses .

Conséquences humaines et militaires

Un poste-service à Sisaket (province thaïlandaise) est touché par un tir cambodgien BM‑21, faisant au moins huit morts, dont un enfant de huit ans. Un hôpital à Phnom Dongrak est aussi touché – évacué par les secours . Dans l’après-midi, l’armée thaï swe la destruction de deux chars cambodgiens à Khao Sattasom avant de lancer une offensive terrestre et aérienne baptisée « Operation Yuttha Bodin », dirigée par le général Pana Klaewblaudtuk . Hun Sen annonce qu’il coordonne lui-même la riposte via vidéoconférence .

Déplacements forcés et réactions internationales

Plus de 130 000 civils thaïlandais et plus de 4 000 Cambodgiens ont fui leurs foyers, selon l’ONU et les autorités locales. Des camps sanitaires et abris temporaires ont été installés dans les provinces frontalières (Surin, Ubon Ratchathani et Oddar Meanchey) . Ce conflit est désormais le plus violent entre les deux pays depuis plus d’une décennie. Selon des sources officielles, une quinzaine de civils thaïlandais (dont un enfant) et plusieurs soldats ont perdu la vie. Le Cambodge fait état d’au moins un décès civil également . La situation a mené à des condamnations internationales immédiates. L’ONU, les États-Unis, la Chine, et l’ASEAN appellent à une cessation des hostilités. Le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir en session d’urgence. Le Premier ministre malaisien, en tant que président de l’ASEAN, propose de jouer un rôle de médiateur .

facteurs déclencheurs et origine du conflit

Le conflit observé ce jour (24–25 juillet 2025) est la conséquence directe de : Tensions historiques : des frontières mal définies héritées des traités franco-siamois, avec un litige (Preah Vihear) déjà tranché en partie par la CIJ mais dont le tracé reste contesté . Escalade progressive depuis début 2025 : incidents symboliques (chant interdit, échanges de tirs au printemps, mort d’un soldat), diplomatie gelée, embargo et ruptures politiques
.
Déclenchement violent au matin du 24 juillet, avec tirs, bombardements, roquettes, offensive conjointe, pertes civiles, évacuations massives et mobilisation de l’aviation thaïlandaise .

Dimension géopolitique : nationalisme exacerbé, rivalités politiques entre anciens dirigeants (Thaksin – Hun Sen), compétition diplomatique, et réaction internationale rapide face aux risques régionaux .

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jeudi 24 juillet 2025

De Jerusalem en Espagne, d'Espagne à Tanger, de Tanger à Tunis .... Les Cohen-Hadria / Cohen-Tanudji


COHEN-HADRIA ... COHEN-TANUDJI

La famille Cohen-Tanudji, issue des Cohen de Tanger, représente un exemple frappant de continuité et d’adaptation au fil des siècles, tout en préservant un riche héritage spirituel et intellectuel. Fuyant l’occupation portugaise et l’Inquisition au début du XVe siècle, ils ont quitté Tanger vers 1415 et se sont réfugiés en Algérie, avant de trouver une nouvelle terre d’accueil en Tunisie. Cette migration forcée, conséquence de la répression religieuse et politique, n’a pas seulement marqué un déplacement géographique, mais a également forge un esprit résilient et une tradition de transmission de la sagesse à travers les générations.

En Tunisie, Ishmael Ha‑Kohen Tanudji, figure centrale de cette lignée, a exercé les fonctions de grand rabbin d’abord à Sousse, puis à Tunis, où il a laissé une empreinte indélébile dans le domaine religieux et spirituel. Il s'est rendu en Egypte, et a été nommé Grand Rabbin. son ouvrage majeur, le “Sepher Haziccarone”, sous-titré “Hadria”, où le terme “Hadria” symbolise la lumière divine. Cette lumière est un concept central dans la Kabbale, représentant la connaissance profonde du divin, une lumière qui éclaire l’âme et les esprits des chercheurs de vérité.

Le choix de faire imprimer un “Sepher Haziccarone” à Ferrare (Italie)en 1555 n’est pas anodin. À cette époque, Ferrare était un centre culturel important, notamment pour les Juifs, qui avaient trouvé refuge dans cette ville après les persécutions. L’impression de l’ouvrage à Ferrare illustre le lien entre la diaspora juive et les grands centres de savoir. Cela marque également une époque où les livres et les idées circulaient malgré les frontières, et où la sagesse kabbalistique se diffusait au-delà des terres d’Israël.

Au-delà de l’œuvre spirituelle, la lignée des Cohen-Tanudji a également été marquée par une forte composante intellectuelle et scientifique. Le nom de Claude Cohen-Tanudji, prix Nobel de physique, en est la preuve la plus éclatante. Claude Cohen-Tanudji, descendant direct de Ishmael Cohen-Tanudji, incarne la transmission de l’esprit de recherche et de quête de vérité, qu’elle soit spirituelle ou scientifique. Son prix Nobel, remporté dans le domaine de la physique, montre que les valeurs d’excellence, d’engagement intellectuel et de recherche de compréhension universelle sont profondément ancrées dans la famille.

Cet ouvrage rassemble des décisions halakhiques tirées des premiers maîtres rabbiniques, organisées selon l’ordre des traités du Talmud ; c’est un guide succinct couvrant divers sujets de loi juive 

Les Cohen-Tanudji ont toujours cherché à comprendre et à expliquer le monde, que ce soit à travers l’étude mystique de la Kabbale ou la recherche scientifique dans le domaine de la physique. Ils ont démontré qu’il n’y a pas de véritable contradiction entre la recherche de la lumière divine et la quête de la vérité scientifique. En effet, les ancêtres de Claude Cohen-Tanudji, à travers leur engagement dans l’étude de la Kabbale, ont toujours cherché à comprendre l’ordre divin, à percevoir cette lumière cachée qui régit l’univers, une quête qui trouve des résonances dans les découvertes modernes de la science.

L’histoire des Cohen-Tanudji, depuis leur fuite de Tanger jusqu’aux réalisations contemporaines, symbolise l’importance de l’héritage spirituel et intellectuel dans la construction d’une identité. Les valeurs d’excellence, de transmission du savoir et de recherche de la vérité ont guidé leur trajectoire à travers les siècles et les continents. Aujourd’hui, cet héritage continue de marquer l’âme et la pensée juives, tout en restant profondément ancré dans l’évolution des savoirs.

L’impact de cette lignée sur les domaines spirituel et scientifique, de la Kabbale à la physique moderne, témoigne de la continuité d’une recherche ininterrompue de sens et de vérité. Les Cohen-Tanudji montrent que les grandes traditions intellectuelles, qu’elles soient mystiques ou scientifiques, sont toutes liées par la même quête profonde du savoir et de la lumière.

En effet, il est essentiel de ne pas omettre le lien avec le Hadria de Cohen-Hadria, un élément fondamental de l’héritage intellectuel et spirituel de la famille Cohen-Tanudji. J-B Cohen-Hadria, un descendant direct de cette lignée, a non seulement porté ce nom en hommage à ses ancêtres, mais il a aussi prolongé leur quête de vérité à travers des travaux contemporains, qui continuent de refléter l’esprit de recherche et de lumière divines propres à la famille.

Le terme Hadria, qui signifie en hébreu “splendeur de Dieu” (ou Hadar Hachem), résonne particulièrement à travers l’œuvre de Yehudah ben Abraham Cohen-Hadria, et représente un prolongement de la tradition spirituelle et mystique qui a traversé les âges. Ce concept de lumière divine est au cœur de l’ouvrage de Yehudah ben Abraham Cohen-Tanudji, un “Sepher Haziccarone”, où le Hadria est un symbole de la lumière qui éclaire le chemin spirituel et intellectuel.

Ishmael Cohen-Tanudji, s’inscrit dans cette démarche de transmission et d’élévation spirituelle, qu’il s’agisse des recherches mystiques ou des approches modernes. Ce nom, Hadria, porte l’empreinte d’une famille qui, à travers ses différentes époques, a cherché à illuminer l’esprit humain, à travers la Kabbale et les sciences modernes, dans une quête de sens et de connaissance.

Son descendant, Joshua Cohen-Tanudji, fut un caïd notable et mécène, qui organisa l’envoi d’une imprimerie juive depuis Livourne et promut l’étude du Talmud  . Son fils Shalom Cohen‑Tanudji devint également rabbin et commentateur talmudique influent  Dans cette lignée, Cohen-Hadria ne se contente pas seulement d’être le porteur d’un héritage ancien, mais il continue de diffuser la lumière du savoir à travers ses propres recherches et contributions contemporaines. Le Hadria, qu’il porte, continue d’éclairer les chemins de ceux qui cherchent à comprendre le monde tant sur le plan spirituel que scientifique.

Né en 1750, Yehuda ben Abraham Cohen-Tanudji/Hadria , nommé Grand rabbin de Sousse puis de Tunis, se rend en 1812 à Safed, l’un des berceaux de la mystique juive, où il étudia avec dévotion la Kabbale lourianique, renforce l’idée d’une quête permanente de lumière et de vérité. Ses enseignements sont rassemblés dans Œuvres Principales : Ereẓ Yehudah (Terre de Juda) 1797, Livourne commentaires bibliques et talmudiques, ainsi que des enseignements éthiques et communautaires. insiste sur l'accessibilité de l'étude à tous et sur l'obligation morale d'enseigner.
Admat Yehudah (Sol de Juda) 1828, imprimé à Livourne sont des réflexions halakhiques (loi juive), préoccupations communautaires, histoire juive tunisienne et méditerranéenne, le but est de préserver la mémoire des traditions nord-africaines face à l’exil.Yehudah Cohen-Tanudji était considéré comme un « masséh » (homme juste), figure de continuité entre la mémoire du judaïsme nord-africain et l’idéal sioniste spirituel déjà en germe au XIX° siècle. Sa descendance spirituelle a contribué à l'émergence du patronyme Cohen-Hadria, porté par plusieurs figures influentes au XX° siècle.

Migrant en Terre Promise vers 1812, il s’établit à Safed,(Tzfat) haut lieu de l’étude mystique juive. Il a joué un rôle dans le renforcement du lien spirituel entre les communautés séfarades du Maghreb et la Terre d’Israël.Les Cohen-Tanudji ont toujours cherché à comprendre et à expliquer le monde, que ce soit à travers l’étude mystique de la Kabbale ou la recherche scientifique dans le domaine de la physique. Ils ont démontré qu’il n’y a pas de véritable contradiction entre la recherche de la lumière divine et la quête de la vérité scientifique. En effet, les ancêtres de Claude Cohen-Tanudji,Prix Nobel de Physique, ont à travers leur engagement dans l’étude de la Kabbale,toujours cherché à comprendre l’ordre divin, à percevoir cette lumière cachée qui régit l’univers, une quête qui trouve des résonances dans les découvertes modernes de la science.

La présence de Yehudah ben Abraham Cohen-Tanudji, dit aussi Cohen-Hadria, à Safed (Tzfat) en Galilée constitue l’ultime et peut-être la plus spirituellement marquante étape de sa vie. Ce séjour,s’inscrit dans le cadre de la grande effervescence mystique qui animait alors la ville sainte.

Safed, haut lieu de la mystique juive. À cette époque, Safed est devenue un centre majeur de la Kabbale grâce à la présence de figures telles que : • Rabbi Moché Cordovero (Ramak) • Rabbi Isaac Louria (Ari haKadosh) • Rabbi Haïm Vital C’est dans ce creuset spirituel que Yehudah ben Abraham s’établit pour étudier la Kabbale lourianique, doctrine mystique complexe qui conçoit la création comme un processus de contraction divine (tsimtsoum) et de réparation du monde (tiqqoun).
Son œuvre : une lumière révélée. À Safed, Cohen-Tanudji approfondit sa vision mystique et donne forme à son œuvre maîtresse :le Sepher Haziccarone – Hadria • Le titre évoque à la fois la mémoire (ziccarone) et la lumière divine (Hadria, d’« Hadar Hashem » – splendeur de Dieu). • Il y consigne ses méditations, enseignements et interprétations kabbalistiques. • L’ouvrage est à la fois un testament spirituel et une tentative de transmission de la lumière perçue dans les profondeurs du texte sacré. Ce livre, imprimé plus tard à Ferrare, en Italie, témoigne de la volonté de Cohen-Tanudji de faire rayonner la sagesse de Safed bien au-delà des montagnes de Galilée.

Sa spiritualité à Safed. Ce séjour est marqué par : • Une ascèse mystique intense, dans l’esprit des cabalistes de Tsfat qui pratiquaient jeûnes, veilles et prières prolongées. • Un lien profond avec la Terre d’Israël, en particulier avec le mystère de la Shekhina (présence divine) que les cabalistes cherchaient à « relever » dans la Galilée. • Une vision réparatrice du monde, inscrite dans l’horizon du tiqqoun olam, caractéristique de la pensée lourianique.Il décède en 1835.

Yehudah ben Abraham Cohen-Hadria ne fut pas seulement un disciple de la Kabbale de Safed, mais un passeur. À travers lui, une partie de cette lumière s’est transmise à l’Afrique du Nord, puis à travers les siècles jusqu’aux descendants modernes. Son passage à Safed symbolise le couronnement mystique d’une vie de rabbin, de juge, de maître et d’érudit, dans la quête de la lumière divine et de l’unité cachée du monde.

Joseph Cohen‑Tanugi Ḥadria émerge comme un rabbin moderniste, conscient des enjeux de la tradition hébraïque face aux transformations coloniales et culturelles  .
Ses écrits : essai historique & poésie biblique : Essai historique (Tolédot ḥakhamé Tunis / essai historique), Il rédige un essai en hébreu (titre possible d’après mémoire Tolédot ḥakhamé Tunis), dans lequel il retrace l’histoire des sages rabbiniques tunisiens, en privilégiant une approche documentée et moderniste, s’appuyant sur des archives et témoignages oraux  Un Recueil de poésie biblique (Shirat Myriam, 1924) C'est un recueil de chants inspirés de figures bibliques (notamment Miryam) se distingue par une tonalité poétique nouvelle, mêlant hébreu traditionnel et sensibilité moderne, explorée dans une maîtrise stylistique rare à son époque dans la tradition tunisienne hébraïque  .

Contrairement à ses prédécesseurs, Joseph Cohen‑Tanugi Ḥadria adopte une démarche historique et rigoureusement documentée, intégrant l’héritage talmudique tout en ouvrant à une réflexion historico-culturelle sur la communauté juive tunisienne du Protectorat , Sa poésie biblique montre une sensibilité littéraire nouvelle : réécriture des thèmes bibliques dans une forme expressive qui dialogue avec la modernité tout en restant ancrée dans le sacré.

L’approche de Cohen‑Tanugi s’inscrit dans un renouveau intellectuel tunisien : aux côtés de rabbins comme Semah Sarfati, Nathan Borgel, Isaac Lumbroso, etc., il fait partie du courant talmudique moderniste favorisé par l’imprimé italo-tunisien et l’accès aux idées européennes via Livourne ., son positionnement moderne n’est donc pas isolé : il reflète une génération de lettrés juifs tunisiens cherchant à conjuguer tradition hébraïque, culture française, et réflexion historique, marquant une transition vers des formes renouvelées d’érudition juive locale 

Le nom « Cohen‑Hadria » apparaît dans les générations suivantes à partir de sa mort, en référence à son titre honorifique et à sa descendance, initiant une lignée rabbinique influente en Tunisie Ses fils — Abraham, Moshe, Haïm — poursuivirent son œuvre rabbinique, notamment à Tunis et en Terre Sainte .

Le mot Hadria, comme la lumière divine qu’il évoque, transcende les siècles et continue d’illuminer les travaux des descendants de cette lignée exceptionnelle. Aujourd’hui, il représente un pont entre l’ancien et le moderne, entre la mystique et la science, et symbolise un engagement constant dans la quête du savoir et de la vérité.

Le Hadria de Cohen-Hadria ne fait donc pas que refléter un héritage spirituel ; il représente également la perpétuation de cette tradition de recherche, d’excellence et de transmission d’un savoir universel, tel qu’incarné par les ancêtres de cette lignée. Ce nom, cette lumière, continue de briller à travers les générations, et ses rayons éclairent toujours les pensées et les actions de ceux qui y sont associés.

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Le 7 Octobre : Le Rapport Dinah


Extrait de la Bible : Dinah fille de Jacob et de Léah sort et entre en contact avec les jeunes femmes locales. Là, Shechem, fils de Hamor, le prince de la région, la voit, la prend de force et la viole.

Voici un compte rendu en français du rapport du Projet Dinah, publié en juillet 2025, présentation officielle faite en Israël :

• Le rapport s’intitule « A Quest for Justice : October 7 and Beyond » et a été dévoilé le 8 juillet 2025 à Jérusalem, lors d’une présentation devant la Première Dame d’Israël, Michal Herzog .

• Il s’agit du premier document juridique détaillé visant à incriminer le Hamas pour l’usage de la violence sexuelle comme arme de guerre, qualifiée de crime contre l’humanité .

• Le Projet Dinah est initié par trois juristes reconnues : Ruth Halperin‑Kaddari, Sharon Zagagi‑Pinhas (ancienne procureure militaire) et la juge Nava Ben‑Or, accompagnées d’expertes en genre, enquêtrices, médecins légistes, psychologues… .
• Le rapport s’appuie sur : • 15 anciens otages libérés ayant subi ou assisté à des violences sexuelles ; • 17 autres témoins, notamment des premiers intervenants et professionnels médicaux ; • Des preuves médico-légales, visuelles (photos, vidéos) et sonores examinées par des experts . • Au total, plus de 80 pages documentent ces actes à travers plusieurs sites, notamment le festival Nova, la route 232, la base de Nahal Oz, et les kibboutzim de Re’im, Nir Oz et Kfar Aza .

• Les violences sexuelles commises le 7 octobre 2023 ont été « généralisées et systématiques », dans une intention de terreur et de déshumanisation de la société israélienne . • Le Hamas aurait employé ces violences dans le cadre d’un schéma génocidaire . • Les victimes ont été retrouvées partiellement ou entièrement nues, les mains ligotées, parfois à des poteaux ou arbres. Des cas de viols collectifs suivis d’exécutions et de mutilations génitales sont décrits .




• Le rapport établit un cadre juridique basé sur le droit international, pour permettre des poursuites à l’encontre des responsables du Hamas, même en l’absence d’identification individuelle (responsabilité collective ou “joint criminal enterprise”) . • Il vise à intégrer les violences sexuelles dans les actes d’accusation contre les détenus du Hamas, selon la procureure Nava Ben‑Or 🌐“on estime que ces infractions doivent être incluses dans toute mise en examen” .

• Le projet aspire aussi à faire reconnaître le Hamas comme entité terroriste par l’ONU pour usage de violences sexuelles en temps de guerre, et à imposer des sanctions ciblées 

• Le Dinah Project cherche à contrer la désinformation, la minimisation et le négationnisme, en révélant au monde entier la réalité des violences sexuelles pendant le conflit .

• Le rapport a été présenté à des représentants de l’ONU, du Conseil des droits de l’Homme à Genève, ainsi qu’à des responsables politiques dans plus de 20 pays, pour promouvoir des standards internationaux dans la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits  .

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mercredi 23 juillet 2025

Bergson le Grand Philosophe du XXème siècle


Henri Bergson (1859-1941), l’un des philosophes les plus influents du tournant du XXe siècle, est connu pour sa tentative de réconcilier la philosophie avec la vie, en insistant sur des concepts comme la durée, l’élan vital et l’intuition. Issu d’une famille juive – son père, Michał Bergson, était un musicien juif polonais, et sa mère, Katherine Levison, était d’origine juive anglaise

Son héritage juif, bien que discret, a pu influencer subtilement sa pensée, notamment dans sa conception du temps, de l’intuition et de la créativité. Cet essai explore comment son éducation dans un contexte juif a pu inspirer sa philosophie, en mettant en lumière les parallèles entre sa pensée et certains aspects de la tradition juive, tout en intégrant des citations emblématiques pour illustrer ces liens.

Contexte de l’éducation juive de Bergson

Bergson est né dans une famille juive cultivée, Son père, un pianiste et compositeur, et sa mère, issue d’une famille juive anglaise, lui ont offert un environnement cosmopolite, entre la Pologne, l’Angleterre et la France. Juif dit laïc, il s’oppose aux lois ségrégationnistes du régime de Vichy(par solidarité avec les Juifs persécutés) son héritage juif a pu façonner sa sensibilité philosophique.

La tradition juive, avec sa richesse intellectuelle, son accent sur le temps, la mémoire et l’éthique, offre des parallèles fascinants avec les concepts bergsoniens, même si ces influences restent implicites.

Le judaïsme et la conception bergsonienne du temps (la durée)

Un des concepts centraux de Bergson est la durée, qu’il définit comme un temps qualitatif, un flux continu d’expériences vécues, par opposition au temps mécanique des horloges. Dans L’Évolution créatrice (1907), il écrit : « Le temps est invention, ou il n’est rien du tout.

» Cette vision du temps comme un processus créatif et dynamique résonne avec la conception juive du temps, qui n’est pas linéaire mais chargé de sens spirituel et historique.

Dans le judaïsme, le temps est marqué par des cycles (sabbat, fêtes) et une mémoire collective qui relie le passé au présent dans un continuum vivant. La centralité de la mémoire dans la tradition juive – par exemple, le commandement de se souvenir (zakhor) de l’Exode ou du Shabbat – pourrait avoir inspiré, l’idée bergsonienne que la conscience est un « trait d’union entre ce qui a été et ce qui sera, un pont jeté entre le passé et l’avenir » (L’Énergie spirituelle, 1919).

Dans la pensée juive, le temps n’est pas une simple succession d’événements, mais une expérience qualitative où chaque moment porte une signification éthique et spirituelle.

La notion de durée chez Bergson, qui met l’accent sur la fluidité et la créativité du temps, peut être vue comme une transposition philosophique de cette sensibilité juive.

Par exemple, la Kabbale, une tradition mystique juive, explore le temps comme une émanation divine, un flux continu qui transcende les catégories humaines.

Bien que Bergson n’ait pas directement puisé dans la Kabbale, son enfance dans un milieu juif, même sécularisé, a pu l’exposer à des récits et des pratiques où le temps est vécu comme une force vivante, non réductible à une mesure.

L’intuition et les limites du langage : une résonance avec la mystique juive

Bergson soutient que le langage, bien qu’essentiel à l’humanité, est limité dans sa capacité à saisir la complexité de la pensée et de l’expérience.

Dans Introduction à la métaphysique (1903), il déclare : « L’intuition est ce qui donne accès à la réalité profonde des choses, là où l’analyse échoue. » Cette idée trouve un écho dans la tradition juive, où le langage est à la fois sacré et insuffisant pour capturer la totalité de la vérité divine.

Dans la pensée juive, la Torah est vue comme une parole divine infinie, mais son interprétation, à travers le midrash ou le Talmud, révèle que le langage humain ne peut jamais épuiser le sens.
Cette approche interprétative, qui valorise la pluralité des significations, pourrait avoir influencé la méfiance de Bergson envers les concepts figés et son plaidoyer pour l’intuition comme mode de connaissance.
La mystique juive, notamment la Kabbale, met l’accent sur une connaissance intuitive ou spirituelle qui transcende le langage. Les kabbalistes décrivent souvent l’expérience de Dieu comme une réalité ineffable, accessible par une forme d’intuition

Son insistance sur l’intuition comme moyen de saisir la durée et l’élan vital pourrait refléter une sensibilité héritée de cette tradition juive, où la vérité profonde échappe aux mots et demande une immersion dans l’expérience vécue.

Cette idée se retrouve dans sa célèbre affirmation : « Exister, c’est changer, changer c’est mûrir, mûrir c’est se créer indéfiniment soi-même » (L’Évolution créatrice, 1907), qui célèbre la créativité et le mouvement, des thèmes compatibles avec la vision juive de la vie comme un processus dynamique de transformation.

Éthique et responsabilité : un écho de l’héritage juif

L’éducation juive de Bergson, même sécularisée, a probablement instillé en lui une sensibilité à l’éthique et à la responsabilité collective, des valeurs centrales dans le judaïsme.

Dans Les Deux Sources de la morale et de la religion (1932), Bergson distingue une morale statique, issue des conventions sociales, d’une morale dynamique, portée par des individus créateurs et inspirés. Cette distinction peut rappeler l’idée juive d’une éthique en évolution, où des figures comme les prophètes ou les sages réinterprètent la loi pour répondre aux besoins du moment.

Bergson écrit : « L’univers est une machine à faire des âmes » (Les Deux Sources), suggérant une vision du monde où l’évolution tend vers une spiritualité croissante, une idée qui pourrait faire écho à l’eschatologie juive, où l’histoire humaine progresse vers une rédemption spirituelle.

Sa décision de rester solidaire des Juifs sous le régime de Vichy, refusant une exemption des lois antisémites témoigne d’un sens profond de la responsabilité éthique. Ce choix reflète peut-être l’influence d’une éducation juive qui valorise la solidarité communautaire et la justice, des principes ancrés dans des commandements comme tzedakah (charité) et tikkun olam (réparation du monde).

Une influence subtile mais profonde

Bien que Bergson n’ait pas explicitement lié sa philosophie à son héritage juif, son éducation dans une famille juive cosmopolite a pu façonner sa pensée de manière subtile.

Sa conception de la durée résonne avec la vision juive du temps comme une expérience vivante et spirituelle. Sa valorisation de l’intuition face aux limites du langage fait écho à la tradition juive, où la vérité divine est infinie et accessible par une approche intérieure. Enfin, son sens de l’éthique et de la responsabilité reflète des valeurs juives fondamentales, même sécularisées. Comme il l’écrit dans L’Énergie spirituelle : « Penser en homme d’action, agir en homme de pensée. » Cette maxime incarne sa volonté de rendre la philosophie vivante, un projet qui pourrait avoir été nourri par la richesse de son héritage juif, où la pensée et l’action s’entrelacent dans une quête de sens.
Pour ceux qui se demandent si Bergson peut réconcilier avec la philosophie, son approche, ancrée dans l’expérience vécue et la créativité, offre une porte d’entrée accessible et inspirante.

Son héritage juif, ajoute une profondeur culturelle à sa pensée, la rendant universelle tout en étant enracinée dans une tradition de questionnement et de vitalité spirituelle.

Il décède en pleine guerre en 1941.

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Connaissez-vous les Sassoon ?

C'est ma petite nièce Sasha Rachel Goldstein-Sabbah, Docteur Emérite à l'Université de Leiden, aux Pays-Bas, Professeur à l'Université de Gronigue, qui a été la première à me parler de cette Grande famille, égale par son pouvoir et sa fortune à celle des Rothchild. Son ouvrage, "Baghdadi Jewish,Networks in Hashemite Iraq",est une source de connaissances, elle travaille aujourd'hui sur la vie et l'oeuvre de cette grande Dame qu'a été Flora Sassoon.Merci Sasha !

Ils ont établi un empire commercial mondial sur trois continents et sont devenus des proches de la famille royale britannique. Pourtant, la dynastie Sassoon, qui a fait fortune dans le commerce d’opium, de coton, de thé et de soieries, n’était pas originaire de Londres, Paris ou New York, mais de Bagdad.

Le commerce de l’opium, particulièrement au XIXe siècle, est un chapitre complexe et controversé de l’histoire mondiale, impliquant des puissances coloniales, des réseaux commerciaux asiatiques et des conséquences sociales et économiques majeures. En lien avec la famille Sassoon, il a joué un rôle central dans l’essor de leur empire économique. Cette réponse retrace l’histoire du commerce de l’opium, ses origines, son développement, ses acteurs clés, ses impacts et son déclin, en s’appuyant sur le contexte historique et les informations disponibles, tout en mettant en perspective l’implication des Sassoon.

Origines du commerce de l’opium

L’opium, dérivé du pavot à opium (Papaver somniferum), est utilisé depuis l’Antiquité à des fins médicinales et récréatives dans des régions comme le Moyen-Orient, l’Inde et la Chine. Cependant, son commerce à grande échelle a émergé à l’époque moderne, principalement sous l’impulsion des puissances coloniales européennes.

Contexte précolonial :

• En Asie, l’opium était cultivé et utilisé localement, notamment en Inde, où il était produit dans les régions du Bengale et du Bihar sous le contrôle des empereurs moghols. Il servait à des fins médicales, mais aussi comme substance psychoactive dans certaines communautés. • En Chine, l’opium était connu dès la dynastie Tang (618–907), mais son usage restait limité jusqu’au XVIIIe siècle, lorsqu’il devint plus populaire sous forme de mélange fumable avec du tabac, importé par les Portugais.

Entrée des Européens :

• Au XVIIe siècle, les compagnies coloniales européennes, comme la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC) et la Compagnie britannique des Indes orientales (EIC), ont commencé à s’intéresser à l’opium pour son potentiel commercial. Les Portugais, puis les Britanniques, ont développé le commerce de l’opium entre l’Inde et la Chine, où la demande croissante pour l’opium fumé a créé un marché lucratif.

Développement du commerce de l’opium au XIXe siècle

Le commerce de l’opium a atteint son apogée au XIXe siècle, devenant une pierre angulaire de l’économie coloniale britannique et impliquant des acteurs comme la famille Sassoon.

Rôle de l’Inde coloniale :

• Sous le contrôle de l’EIC, l’Inde est devenue le principal centre de production d’opium, notamment dans les régions du Bengale et du Malwa. L’EIC a monopolisé la culture et la vente de l’opium, obligeant les agriculteurs indiens à cultiver le pavot au détriment des cultures vivrières, ce qui a parfois entraîné des famines locales.
• L’opium indien, connu sous le nom de « opium du Bengale » ou « opium de Patna », était de haute qualité et très prisé en Chine. Il était exporté en grandes quantités via les ports de Calcutta et Bombay.

Commerce triangulaire :
• Le commerce de l’opium s’inscrivait dans un système triangulaire : l’opium produit en Inde était vendu en Chine, où il était échangé contre du thé, de la soie et de la porcelaine, qui étaient ensuite exportés vers l’Europe. Les profits en argent (souvent sous forme d’argent métal) revenaient aux marchands britanniques et à leurs partenaires. • Ce commerce permettait de compenser le déficit commercial britannique avec la Chine, qui importait peu de produits européens mais exportait massivement du thé, très demandé en Grande-Bretagne.

Implication de la famille Sassoon :

• La famille Sassoon, établie à Bombay à partir de 1832 sous la direction de David Sassoon, est devenue l’un des principaux acteurs du commerce de l’opium. Leur entreprise, David Sassoon & Co., a prospéré en exportant de l’opium indien vers la Chine, notamment via Hong Kong et Shanghai. • Les Sassoon se sont distingués par leur efficacité logistique, utilisant leurs réseaux familiaux et communautaires (principalement des juifs de Bagdad) pour gérer leurs opérations commerciales. Ils ont également investi dans des navires à vapeur pour transporter l’opium plus rapidement, ce qui leur a donné un avantage concurrentiel sur d’autres marchands, comme la firme britannique Jardine Matheson. • Leur implication dans le commerce de l’opium leur a permis d’accumuler une immense fortune, qu’ils ont réinvestie dans d’autres secteurs comme les textiles, l’immobilier (ex. : Hôtel Cathay à Shanghai) et la finance.

Les guerres de l’opium et leurs conséquences

Le commerce de l’opium a provoqué des tensions majeures entre la Chine et les puissances coloniales, culminant dans les guerres de l’opium, qui ont eu des répercussions sociales, politiques et économiques profondes.

Première guerre de l’opium (1839–1842) :

• En Chine, l’opium importé en masse a entraîné une crise d’addiction, affectant des millions de personnes, y compris des fonctionnaires et des soldats. En 1839, l’empereur Qing Daoguang chargea le commissaire Lin Zexu de mettre fin au commerce de l’opium. Lin confisqua et détruisit des milliers de caisses d’opium appartenant à des marchands britanniques à Canton, provoquant l’indignation de Londres.

• La Grande-Bretagne, déterminée à protéger ses intérêts commerciaux, déclara la guerre à la Chine. La supériorité militaire britannique (navires à vapeur, artillerie moderne) conduisit à une victoire rapide, scellée par le traité de Nankin (1842). Ce traité imposa à la Chine :

• L’ouverture de cinq ports (Canton, Shanghai, Ningbo, Fuzhou, Xiamen) au commerce étranger.

• La cession de Hong Kong à la Grande-Bretagne.

• Le paiement d’indemnités aux marchands britanniques, y compris pour l’opium détruit.
• Les Sassoon, bien qu’impliqués dans le commerce de l’opium, n’étaient pas directement visés par les confiscations de Lin Zexu, mais ils ont bénéficié de l’ouverture des ports chinois, qui a facilité leurs opérations à Shanghai et Hong Kong.

Seconde guerre de l’opium (1856–1860) :

• Les tensions persistantes entre la Chine et les puissances occidentales (Royaume-Uni et France) ont conduit à une seconde guerre, déclenchée par l’incident du navire Arrow. La victoire occidentale a abouti au traité de Tianjin (1858) et à la convention de Pékin (1860), qui ont légalisé le commerce de l’opium en Chine, ouvert davantage de ports et imposé de nouvelles concessions territoriales et commerciales. • Ces guerres ont affaibli la dynastie Qing, exacerbé la crise sociale liée à l’addiction à l’opium et renforcé l’influence des marchands étrangers, y compris les Sassoon, en Chine. • Impact social en Chine : • L’opium a causé une crise d’addiction massive, avec des estimations suggérant que 10 à 15 % de la population chinoise consommait de l’opium à la fin du XIXe siècle. Cela a entraîné des problèmes sociaux, économiques et sanitaires graves, notamment l’effondrement de la productivité dans certaines régions et l’affaiblissement de l’armée Qing. • Le commerce de l’opium a également alimenté le ressentiment anti-occidental en Chine, contribuant à des mouvements comme la révolte des Taiping (1850–1864), qui a causé des millions de morts.

Autres acteurs et réseaux du commerce de l’opium

Outre les Sassoon, plusieurs acteurs ont joué un rôle clé dans le commerce de l’opium : • Puissances coloniales : • Royaume-Uni : La Compagnie des Indes orientales et des firmes comme Jardine Matheson dominaient le commerce, soutenues par la puissance militaire britannique. • États-Unis : Des marchands américains, comme ceux de la firme Russell & Company, participaient également, bien que leur rôle fût moindre. • France et autres puissances : Elles ont profité des traités inégaux pour accéder aux marchés chinois. • Marchands locaux : • En Inde, des marchands parsis et indiens collaboraient avec les Sassoon et les Britanniques pour cultiver et transporter l’opium. • En Chine, des intermédiaires locaux facilitaient la distribution de l’opium, souvent en contrebande pour contourner les restrictions Qing.

Autres acteurs et réseaux du commerce de l’opium

• Réseaux juifs : Les Sassoon, en tant que juifs de Bagdad, ont mobilisé leur communauté diasporique pour gérer leurs opérations, employant des coreligionnaires dans leurs bureaux à Bombay, Shanghai et Hong Kong, ce qui renforçait leur cohésion et leur efficacité.

La Famille Sassoon

La dynastie Sassoon a produit plusieurs figures marquantes qui ont façonné son empire et son héritage :
• David Sassoon
(1792–1864) : Patriarche de la famille, il a fui Bagdad pour Bushehr en 1828, puis s’est installé à Bombay en 1832, où il a fondé David Sassoon & Co.. Il a bâti un empire commercial centré sur le coton, l’opium et les textiles, avec des ramifications en Chine, en Asie du Sud-Est et en Europe. Connu pour sa philanthropie, il a financé des écoles, des hôpitaux et des synagogues à Bombay. • Albert Sassoon (1818–1896) : Fils de David, il a repris et développé l’entreprise familiale, diversifiant ses activités dans la navigation et l’immobilier. Philanthrope, il a contribué à des projets communautaires à Bombay et a été anobli par la reine Victoria. • Edward Albert Sassoon (1856–1912) : Fils d’Albert, il s’est installé en Angleterre, où il a été membre du Parlement britannique pour le Parti conservateur (1899–1912). Marié à Aline Caroline de Rothschild, il a renforcé les liens entre les Sassoon et l’élite européenne. • Philip Sassoon (1888–1939) : Fils d’Edward, il a servi comme secrétaire militaire du maréchal Douglas Haig pendant la Première Guerre mondiale et comme sous-secrétaire d’État à l’Air dans les années 1920 et 1930. • Siegfried Sassoon (1886–1967) : Petit-fils de David, il est devenu l’un des poètes britanniques les plus connus de la Première Guerre mondiale, célèbre pour ses poèmes dénonçant les horreurs de la guerre. • Moses Sassoon (1828–1909) : Fils de David, il est retourné à Bagdad avant de s’installer en Égypte, où il a fondé Joseph Sassoon & Sons, une maison financière influente. • Jacob Sassoon (1850–1936) : Fils de Moses, il est devenu l’un des plus grands propriétaires de plantations de coton en Égypte et a fondé la Misr Spinning and Weaving Company. Il a également été impliqué dans le Crédit Foncier égyptien. • Elias Sassoon : Zioniste convaincu, il a financé des opérations pour aider les juifs à fuir l’Europe pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a également investi dans la Socony-Vacuum Oil Company, contribuant à l’exploitation pétrolière au Moyen-Orient. • Joseph Sassoon : Historien contemporain et descendant de la famille, il est l’auteur de The Sassoons: The Great Global Merchants and the Making of an Empire (2022), un ouvrage détaillant l’histoire de la dynastie.

Flora Sassoon : Née à Bombay, dans la branche indienne des Sassoon, Fille de S.D. Sassoon, puissant marchand et philanthrope, Epouse de Solomon David Sassoon (son cousin) Polyglotte, érudite en Talmud, Zohar, science, médecine, Activiste, philanthrope, pionnière de l'éducation juive et des droits des femme

Érudition religieuse
Flora connaissait parfaitement l’hébreu, l’araméen, le judéo-arabe et étudiait le Talmud et la Kabbale. Elle enseignait à ses enfants personnellement la Torah et les traditions juives.
Chef d’entreprise Veuve à 33 ans, elle prit la direction de la maison Sassoon & Co. à Bombay — chose inédite à l’époque pour une femme, surtout dans le monde des affaires juif ou indien. Elle géra les affaires avec habileté, tout en conservant une stricte observance religieuse.
Engagement communautaire et sioniste
Soutien actif des écoles juives, de la traduction de textes hébraïques, et du renouveau spirituel sépharade. Correspondance avec les grands rabbins de Bagdad, Jérusalem et Vilna, ainsi qu’avec des penseurs comme Solomon Schechter.
Philanthropie et reconnaissance internationale
Soutien à des hôpitaux, des orphelinats, des écoles juives en Inde, Palestine et Irak. En contact avec le mouvement sioniste, sans toutefois s’y engager pleinement politiquement.
Lors de son voyage à Bagdad en 1910, elle fut reçue comme une princesse, tant elle était admirée dans le monde juif oriental. Elle fut la seule femme à siéger en tant que déléguée à la Conférence rabbinique internationale de 1927.

🧬 Héritage
Flora Sassoon incarne une synthèse rare : Spiritualité profonde, Modernité intellectuelle, Leadership économique, Fidélité aux traditions juives orientales. Elle est aujourd’hui redécouverte comme une figure féminine d’avant-garde dans l’histoire des Juifs sépharades et orientaux.

Déclin du commerce de l’opium

Le commerce de l’opium a commencé à décliner à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle sous la pression de réformes internationales et de changements politiques : • Opposition en Chine :• À partir des années 1900, la dynastie Qing, puis le gouvernement républicain chinois, ont lancé des campagnes pour éradiquer l’addiction à l’opium, interdisant sa culture et sa consommation. Ces efforts ont été partiellement couronnés de succès, bien que l’opium soit resté un problème jusqu’au milieu du XXe siècle.• La révolution chinoise de 1911 et l’instabilité politique ont réduit l’influence des marchands étrangers. • Pressions internationales : Au début du XXe siècle, les mouvements anti-opium ont gagné du terrain en Europe et aux États-Unis, poussés par des missionnaires et des réformateurs. La Conférence internationale de l’opium de Shanghai (1909) et la Conférence de La Haye (1912) ont marqué les premières tentatives de réglementation mondiale du commerce des stupéfiants. •La Grande-Bretagne, sous pression, a mis fin au commerce de l’opium indien vers la Chine en 1917.

Diversification des Sassoon :

• Face au déclin du commerce de l’opium, les Sassoon ont diversifié leurs activités, investissant dans les textiles, l’immobilier, la navigation et la finance. Leur implantation à Shanghai (Hôtel Cathay) et leurs activités bancaires en Égypte témoignent de cette transition réussie.

Impact et controverses

Le commerce de l’opium reste un sujet controversé en raison de ses conséquences sociales et de son rôle dans l’impérialisme occidental :• Conséquences sociales : En Chine, l’addiction à l’opium a dévasté des communautés entières, affaibli l’économie et contribué à l’effondrement de la dynastie Qing. En Inde, la monoculture forcée du pavot a exacerbé la pauvreté rurale.

• Rôle des Sassoon : Bien que les Sassoon aient été des acteurs majeurs, ils opéraient dans un système colonial dominé par les Britanniques. Leur participation au commerce de l’opium est souvent critiquée pour ses impacts négatifs, mais elle reflète également leur adaptation aux réalités économiques de l’époque.

• Héritage économique : Les profits tirés de l’opium ont permis aux Sassoon de financer des projets philanthropiques (écoles, hôpitaux, synagogues) et de bâtir un empire diversifié, ce qui nuance leur héritage.

Le commerce de l’opium au XIXe siècle a été un moteur économique pour les puissances coloniales et des marchands comme la famille Sassoon, mais il a eu des conséquences dévastatrices, notamment en Chine, où il a alimenté des crises sociales et politiques. Les Sassoon, à partir de leur base à Bombay, ont joué un rôle central dans ce commerce, exportant l’opium indien vers la Chine et accumulant une fortune qui a soutenu leur empire économique en Asie. 

Leur succès repose sur leur réseau familial, leur adoption de pratiques modernes et leur collaboration avec les Britanniques. Cependant, le déclin du commerce de l’opium à la fin du XIXe siècle a poussé les Sassoon à diversifier leurs activités, consolidant leur influence dans d’autres secteurs. Ce commerce, bien que lucratif, reste un symbole des excès de l’impérialisme colonial et de ses impacts durables sur les sociétés asiatiques.

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mardi 22 juillet 2025

Du sang congolais dans nos poches ...


Le sang dans nos poches : l’enfer du coltan congolais

Nous avons tous du sang congolais au fond de nos poches. Ce sang, invisible à l’œil nu, colle aux écrans de nos smartphones, pulse dans nos ordinateurs, vibre dans les batteries de nos voitures électriques. Il provient de l’est du Congo, cette région que l’on oublie soigneusement dans les capitales occidentales, tout en s’y connectant chaque jour par la technologie.

Le coltan, cet alliage de colombite et tantalite, est l’or noir de l’ère numérique. Il est essentiel pour fabriquer des condensateurs miniatures, ceux qui permettent à nos appareils de fonctionner à haute fréquence. Mais derrière le mot “coltan”, il y a des enfants qui meurent dans des mines creusées à mains nues, des femmes violées, des familles déplacées, des villages réduits en cendres.

Depuis près de trente ans, la région du Kivu vit une guerre sourde. Plus de six millions de morts depuis la fin du génocide rwandais. Des milices, dont le tristement célèbre M23 soutenu par le Rwanda, financent leurs armes grâce à l’exploitation illégale de ces minerais. Le coltan extrait au Congo transite clandestinement vers Kigali,au Rwanda, puis entre légalement dans la chaîne d’approvisionnement mondiale. Il est blanchi, certifié “responsable”, et fini dans les usines d’assemblage en Chine,en général avant de revenir vers nous estampillé Apple, Samsung, Huawei ou Tesla. Le système est parfaitement rodé, cynique, accepté.

Et où sont les gouvernements ? Ils ferment les yeux. Où sont les multinationales ? Elles publient de belles chartes éthiques, pendant que leurs sous-traitants, eux, achètent à des trafiquants. Où sont les ONG ? Elles crient dans le désert. Où sommes-nous, consommateurs ? Aveugles, passifs, complices.

⚰️ Bilan global des victimes – 10 dernières années dans le Kivu

• Depuis le début du conflit post-1994, plus de 6 millions de personnes sont mortes à l’est du Congo, principalement à cause des violences, de la famine et des maladies  
.
• Sur la période de 2014 à 2021, la violence liée aux groupes armés – dont ceux exploitant les minerais – est restée constante, puis a augmenté régulièrement selon le rapport du Government Accountability Office (USA)  .

• Le groupe M23, appuyé par le Rwanda, contrôle aujourd’hui les mines clés de coltan (notamment Rubaya), et engrange environ 300 000 USD par mois grâce à ce trafic  
Il y a une hypocrisie mondiale à dénoncer. On boycotte le cacao du travail des enfants, le coton du Xinjiang, mais le cobalt et le coltan congolais restent hors de tout scandale collectif. Pourquoi ? Parce que nous ne voulons pas choisir entre éthique et confort. Parce que le Congo n’a pas de lobby, pas de voix forte dans les médias, pas d’image séduisante à offrir aux consciences occidentales.

Et pendant ce temps, le président rwandais Paul Kagamé joue aux bons élèves avec les Américains, tout en pillant le Congo au vu et au su de tout le monde. La Belgique, ancienne puissance coloniale, regarde ailleurs. L’Union européenne se tait, de peur d’égratigner les intérêts chinois ou de compromettre ses précieuses batteries vertes.

Le monde se prépare à la révolution technologique du XXIe siècle, une transition “écologique” soi-disant vertueuse. Mais si cette transition repose sur les os d’enfants congolais, sur les gémissements étouffés de femmes mutilées, alors ce n’est pas une révolution, c’est une honte planétaire.

Il est temps de nommer les choses. Le coltan du Congo est un minerai de guerre. Les multinationales qui l’achètent sans contrôle sont des receleurs. Les États qui laissent faire sont complices. Et nous, si nous restons silencieux, nous sommes les derniers maillons de cette chaîne sanglante.

.En dernière minute, Le ministre des affaires étrangères rwandais, Olivier Nduhungirehe, et la ministre des affaires étrangères congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, signent un accord de paix en présence du secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, à Washington, le 27 juin 2025.

Il n’y aura pas de justice climatique sans justice humaine. Et il n’y aura pas de justice humaine tant que l’est du Congo sera livré aux milices, pendant que l’Occident récolte les dividendes de son silence.


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Israël va t-il se rapprocher de l'Ukraine ?


Concernant la visite du ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, en Ukraine, ce jour 22 juillet 2025,les éventuelles discussions sur la livraison d’armes défensives comme le Dôme de fer ou des systèmes laser anti-drones, et les implications pour la neutralité d’Israël envers la Russie.

Contexte de la visite de Gideon Saar en Ukraine

Gideon Saar, ministre israélien des Affaires étrangères, est arrivé en Ukraine pour une visite diplomatique. C’est la deuxième visite d’un ministre israélien des Affaires étrangères depuis le début de la guerre entre l’Ukraine et la Russie en février 2022, et la première depuis celle d’Eli Cohen en février 2023. Saar devrait rencontrer son homologue ukrainien, Andrii Sybiha, ainsi que la communauté juive du pays. Une rencontre avec le président Volodymyr Zelensky est également envisageable. il pourrait y avoir des discussions sur la livraison d’armes défensives telles que le Dôme de fer, des lasers anti-drones (comme l’Iron Beam) ou d’autres systèmes, et sur cela aura surement un impact de cette visite

Discussions potentielles sur les armes défensives

Il est possible que la visite de Saar inclut des négociations sur la fourniture d’armes défensives, le contexte des relations entre Israël et l’Ukraine suggère que ce sujet pourrait être abordé, compte tenu des demandes répétées de l’Ukraine pour des systèmes de défense avancés et de l’évolution récente de la position d’Israël :

1. Dôme de fer :

• L’Ukraine a régulièrement demandé le Dôme de fer, un système conçu pour intercepter des roquettes et obus à courte portée (4 à 70 km), pour contrer les attaques de missiles et drones russes. Cependant, comme mentionné précédemment, Israël a hésité à fournir ce système pour plusieurs raisons :

• Échelle géographique : L’Ukraine, avec ses 603 628 km², est beaucoup plus vaste qu’Israël (22 000 km²), ce qui rend le Dôme de fer moins adapté pour protéger de grandes zones.

• Risques technologiques : Israël craint que le système, s’il était capturé par la Russie, ne soit transféré à l’Iran pour une rétro-ingénierie, ce qui poserait une menace pour la sécurité israélienne.

• Rien dans l’article ne suggère que la visite de Saar modifiera cette position. Toutefois, une rencontre avec Zelensky pourrait inclure de nouvelles demandes ukrainiennes pour ce système, bien qu’un accord semble improbable sans garanties solides contre les risques de transfert technologique.

2. Systèmes laser anti-drones (Iron Beam)
:
L’Iron Beam, un système de défense basé sur le laser destiné à compléter le Dôme de fer, est encore en phase de développement et n’est pas pleinement opérationnel. Son déploiement en Ukraine poserait des défis logistiques, notamment le besoin d’une infrastructure énergétique robuste et sa sensibilité aux conditions météorologiques (brouillard, nuages). L’Ukraine a manifesté un intérêt pour des technologies anti-drones avancées pour contrer les drones Shahed de fabrication iranienne utilisés par la Russie. Cependant, jusqu’à présent, Israël s’est limité à fournir des systèmes moins sensibles, comme le ReDrone (Elbit Systems) ou le Drone Dome (Rafael), qui détectent et brouillent les drones plutôt que de les détruire par laser.

• L'ordre du jour ne mentionne pas officiellement de discussions sur les systèmes militaires et suggère que toute conversation sur l’Iron Beam serait probablement exploratoire plutôt que décisive.

3. Autres systèmes défensifs
:
• En juin 2025, Israël a confirmé la livraison de systèmes Patriot MIM-104 désaffectés à l’Ukraine, marquant un changement significatif par rapport à sa position initiale de neutralité. Ces systèmes sont mieux adaptés pour contrer les menaces auxquelles l’Ukraine est confrontée, comme les missiles balistiques et les drones avancés, par rapport au Dôme de fer. Si des discussions sur l’aide militaire ont lieu pendant la visite de Saar, elles pourraient porter sur l’extension ou l’opérationnalisation de ce soutien, par exemple en fournissant des systèmes Patriot supplémentaires ou une assistance technique (formation, maintenance).

• Une aide défensive non létale, comme le système d’alerte précoce contre les missiles et drones déjà fourni par Israël, pourrait également être renforcée ou élargie lors des discussions.
Impact sur la neutralité d’Israël envers la Russie

La visite de Saar et toute discussion potentielle sur une aide militaire accrue à l’Ukraine pourraient tendre davantage les relations entre Israël et la Russie, bien que la neutralité israélienne ait déjà été mise à l’épreuve par des développements récents :

1. Évolution de la neutralité israélienne :

• La livraison de systèmes Patriot en juin 2025 indique un éloignement progressif de la neutralité stricte d’Israël. Ce changement est motivé par plusieurs facteurs :

• Affaiblissement de la Russie en Syrie : La présence militaire russe en Syrie, où Israël mène des frappes contre des cibles iraniennes, s’est réduite en raison des pertes subies en Ukraine. Cela donne à Israël plus de marge de manœuvre pour soutenir l’Ukraine sans craindre de représailles immédiates à ses opérations en Syrie.

• Pressions occidentales : Les alliés d’Israël, notamment les États-Unis, ont poussé pour un soutien accru à l’Ukraine, en particulier face à l’utilisation par la Russie de drones iraniens (Shahed-136), qui pourraient être adaptés pour menacer Israël via des proxies comme le Hezbollah.

• Contexte diplomatique : La visite de Saar, en tant que geste diplomatique, vise probablement à renforcer les relations bilatérales avec l’Ukraine tout en répondant aux attentes des partenaires occidentaux.

2. Maintien d’un équilibre délicat :

• Malgré la livraison des Patriot, Israël reste prudent pour éviter une rupture totale avec la Russie. La fourniture de systèmes comme le Dôme de fer ou l’Iron Beam, qui sont technologiquement sensibles, pourrait provoquer une réaction plus forte de Moscou, qui n'est plus actif en Syrie, nvisagerait de franchir cette ligne rouge lors de sa visite.

• Les responsables russes, comme Dmitri Medvedev, ont averti que tout soutien militaire accru à l’Ukraine pourrait nuire gravement aux relations avec Israël. Il y a deux millions de juifs issus de Russie en Israel, le Russe est la troisième langue parlée dans le pays, et leur attachement à Moscou reste fort. Cela incite Jérusalem à limiter l’ampleur de son aide militaire au vu du lobbying russe et ses deux chaines de TV.

Conclusion

La visite de Gideon Saar en Ukraine, vise principalement à renforcer les relations diplomatiques, avec des rencontres prévues avec le ministre ukrainien des Affaires étrangères et la communauté juive, et une possible discussion avec le président Zelensky. Il est possible que des négociations sur la livraison d’armes défensives comme le Dôme de fer ou des systèmes laser anti-drones, le contexte suggère que l’Ukraine pourrait renouveler ses demandes pour ces technologies.

Cependant, en raison des préoccupations stratégiques et technologiques d’Israël, il est peu probable que de tels systèmes soient fournis à ce stade. La livraison récente de systèmes Patriot montre une évolution vers un soutien militaire plus direct, mais Israël cherche toujours à maintenir un équilibre avec la Russie pour préserver ses intérêts en Syrie. Pour des informations plus précises sur les résultats de la visite de Saar, il serait nécessaire de suivre les communiqués officiels ou les reportages ultérieurs.

N'ayant plus d'accord avec la Russie quant au survol de la Syrie, et au vu de l'appui de la Russie à l'Iran pendant la guerre des 12 jours, Israël afin de géner les Russes pouraient aider l'Ukraine , Israël afin de gêner les Russes pourraient aider l'Ukraine à se défendre .

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