Le Nil est bien source de vie, ce Dieu vivant a nourri pendant des milliers d'années les égyptiens, et quand les soviétiques ont construit pour Nasser le fameux barrage d'Assouan, j ai cru à la Grande catastrophe, on ne maîtrise pas un Dieu de cette façon.
Mais voila qu'en aval, l'Ethiopie (Pays de Koush dans la Bible), décide de construire un nouveau barrage, les soudanais et les égyptiens s'inquiètent, les voilà dépendant d'un pays qui peut à tout moment couper le robinet !
Le Majestueux Nil Bleu se réinscrit dans dans la géopolitique africaine, voire mondiale ...
Un projet pharaonique au cœur de l’Afrique
Le Grand Ethiopian Renaissance Dam (GERD), lancé en 2011, et inauguré ce mois-ci est le plus grand barrage hydroélectrique d’Afrique. Situé sur le Nil Bleu, il symbolise la volonté de l’Éthiopie de s’émanciper de sa dépendance énergétique et de s’imposer comme puissance régionale. Avec une capacité de production de 5 000 MW et un réservoir de 74 milliards de m³, il peut transformer l’économie du pays en fournissant de l’électricité à plus de 100 millions d’habitants et en exportant vers les pays voisins.
Pour les Éthiopiens, ce barrage n’est pas seulement un outil technique, mais une fierté nationale : un chantier financé en grande partie par des ressources locales, et présenté comme une revanche historique sur des siècles de pauvreté et de dépendance.
Mais ce rêve est perçu comme une menace existentielle par l’Égypte, qui dépend du Nil pour 95 % de son eau. Le remplissage du réservoir fait craindre une chute du débit disponible, surtout en période de sécheresse. Le Soudan, lui aussi, redoute des conséquences sur ses propres barrages et ses systèmes d’irrigation.
Ces inquiétudes ont conduit à une escalade verbale : certains responsables égyptiens ont évoqué une intervention militaire si l’approvisionnement en eau venait à être compromis. L’eau, ressource vitale, devient ainsi un instrument de pouvoir et de conflit.
Depuis plus d’une décennie, des négociations ont été menées sous l’égide de l’Union africaine, avec l’appui des États-Unis, de l’ONU et de l’UE. Mais les pourparlers bloquent régulièrement sur deux points : la vitesse de remplissage du réservoir, les mécanismes de partage en cas de sécheresse.
L’Éthiopie a choisi une stratégie de fait accompli en remplissant progressivement le réservoir, malgré les protestations de ses voisins. Elle promet que le GERD réduira les inondations soudanaises et stabilisera le débit du fleuve, mais la méfiance reste totale au Caire et à Khartoum.
Le rôle discret d’Israël
Derrière les acteurs principaux (Éthiopie, Égypte, Soudan, Chine, Italie), Israël joue un rôle indirect mais stratégique. Technique : ses experts en gestion de l’eau (dessalement, irrigation, réservoirs) ont apporté un soutien discret, parfois en partenariat avec des firmes européennes. Sécuritaire : des sociétés israéliennes privées auraient fourni des radars, systèmes de surveillance et même des moyens anti-aériens pour protéger le barrage face à d’éventuelles attaques. Diplomatique : Israël tente un équilibre subtil, entre soutien à l’Éthiopie (alliée stratégique dans la Corne de l’Afrique) et préservation de sa coopération avec l’Égypte, partenaire essentiel depuis les accords de Camp David.
Ces interventions ont alimenté les accusations égyptiennes selon lesquelles Israël chercherait à affaiblir Le Caire en soutenant le barrage. Mais en réalité, Jérusalem se positionne surtout comme un médiateur discret et un acteur pragmatique, soucieux de protéger ses propres intérêts régionaux.
Comme pour les drones en Ukraine, le GERD concentre promesses et menaces : Économiques : il peut faire de l’Éthiopie un hub énergétique régional. Politiques : il modifie les rapports de force dans le bassin du Nil. Sécuritaires : il devient un point de tension potentielle pouvant déboucher sur un conflit. Environnementaux : son impact sur l’écosystème du Nil reste incertain.
Pour Israël, ce projet illustre un dilemme stratégique : renforcer son ancrage en Afrique via l’Éthiopie tout en évitant de rompre avec l’Égypte, partenaire clé pour Gaza et la stabilité régionale.
Le Grand Barrage de la Renaissance est bien plus qu’un chantier d’infrastructures. Il est devenu : un symbole de modernité et d’indépendance pour l’Éthiopie, une menace existentielle pour l’Égypte, un terrain de jeu géopolitique pour des puissances comme la Chine, l’Italie, et en arrière-plan, Israël.
Le Nil, fleuve mythique, est désormais au cœur d’une bataille de souveraineté et d’équilibre stratégique. Le GERD illustre la tension entre le droit au développement d’un pays et le droit à la survie de ses voisins.
L’histoire jugera si ce géant d’acier et de béton deviendra un pont vers la coopération régionale, ou un détonateur de conflit dans une région où l’eau est plus précieuse que le pétrole.
Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme...
C'est délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog, j'exprime en général un coup de coeur
d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne
🇬🇧 English
The Grand Ethiopian Renaissance Dam: Pride, Tensions, and Israel’s Shadow Role
1. A National Dream
In 2011, Ethiopia launched the Grand Ethiopian Renaissance Dam (GERD) on the Blue Nile, the largest hydroelectric project in Africa. With a height of 145 meters, a 1.8 km length, and a reservoir of 74 billion m³, the GERD aims to generate over 5,000 MW of electricity—enough to make Ethiopia an energy exporter.
For Ethiopians, the dam is more than infrastructure: it is a symbol of independence and modernity, largely financed by domestic resources.
Disputes Downstream
For Egypt, which relies on the Nile for 95% of its water, the GERD is an existential threat. A rapid filling of the reservoir could endanger agriculture, industry, and daily life. Sudan fears disruptions to irrigation and the functioning of its own dams.
Egyptian leaders have repeatedly warned that if their water security is threatened, they may consider military action. Thus, water becomes both a lifeline and a cause of conflict.
Diplomatic Struggles
Negotiations under the African Union, the UN, and the US have continued for over a decade. The main sticking points are:
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The pace of filling the reservoir.
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Drought-sharing mechanisms.
Ethiopia has proceeded with staged filling despite protests. It argues the dam will stabilize river flow, reduce floods in Sudan, and bring benefits to all. But mistrust remains profound.
Israel’s Role
Israel did not directly build the GERD, but it plays an indirect yet strategic part:
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Technical: Israeli experts advised on water management, irrigation, and evaporation control.
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Security: Israeli firms allegedly provided radars, surveillance systems, and air defense to protect the dam.
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Diplomacy: Israel balances support for Ethiopia—a key ally in the Horn of Africa—with its crucial partnership with Egypt since Camp David.
Egyptian media often accuse Israel of backing the GERD to weaken Cairo, but its involvement reflects geopolitical pragmatism, not hostility.
Promise and Peril
The GERD embodies both opportunity and risk:
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Economic: Potential regional energy hub.
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Political: Shifts the balance of power on the Nile.
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Security: A flashpoint for possible conflict.
The GERD is more than a dam. It is a strategic barometer for Africa and the Middle East. For Ethiopia, it is pride and progress; for Egypt, it is survival; for Israel, it is a delicate balancing act.
The Nile’s story is being rewritten—between cooperation, mistrust, and fragile diplomacy—with the GERD at its center.
🇪🇸 Español
La Gran Presa del Renacimiento Etíope: orgullo, tensiones y el papel de Israel
1. Un sueño nacional
En 2011, Etiopía lanzó la construcción de la Gran Presa del Renacimiento Etíope (GERD) sobre el Nilo Azul. Con 145 metros de altura, 1,8 km de longitud y un embalse de 74.000 millones de m³, el GERD puede generar más de 5.000 MW, convirtiendo al país en exportador de energía.
Para los etíopes, la presa es un símbolo de independencia y modernidad, financiada en gran parte con recursos nacionales.
Disputas aguas abajo
Para Egipto, que depende del Nilo para el 95% de su agua, el GERD es una amenaza existencial. Un llenado rápido del embalse podría afectar gravemente a la agricultura, la industria y la vida cotidiana. Sudán teme alteraciones en sus presas y sistemas de riego.
Los dirigentes egipcios han advertido que, si se pone en riesgo su seguridad hídrica, no descartan una respuesta militar. El agua se convierte así en una fuente de vida y de conflicto.
Diplomacia en tensión
Las negociaciones bajo la Unión Africana, la ONU y Estados Unidos llevan más de una década. Los puntos críticos son:
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El ritmo de llenado del embalse.
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Los mecanismos de reparto en épocas de sequía.
Pese a las protestas, Etiopía ha avanzado en el llenado por fases. Defiende que la presa reducirá inundaciones en Sudán, estabilizará el caudal y traerá beneficios comunes. Pero la desconfianza sigue siendo profunda.
El papel de Israel
Israel no construyó directamente el GERD, pero desempeña un papel indirecto y estratégico: Técnico: asesoría en gestión del agua, irrigación y control de evaporación. Seguridad: empresas israelíes habrían aportado radares, sistemas de vigilancia y defensa aérea para proteger la presa. Diplomático: equilibra su apoyo a Etiopía, un aliado clave en el Cuerno de África, con su alianza vital con Egipto desde Camp David.
Los medios egipcios acusan a Israel de “respaldar” el GERD para debilitar a El Cairo, pero su papel responde más a la pragmatismo geopolítico que a la confrontación.
Promesas y riesgos
El GERD encierra tanto oportunidades como amenazas: Económicas: un futuro centro energético regional. Políticas: reconfigura el poder en el Nilo. Seguridad: posible detonante de conflicto. Ambientales: impactos aún inciertos.
El GERD es más que una presa: es un termómetro estratégico para África y Oriente Medio. Para Etiopía es orgullo; para Egipto, supervivencia; para Israel, un acto de equilibrio delicado.
El futuro del Nilo se escribe hoy entre cooperación, desconfianza y diplomacia frágil, con el GERD como epicentro.
🇮🇱 גרסה בעברית
סכר התחייה האתיופי: גאווה, מתחים ותפקידה של ישראל
1. חלום לאומי
בשנת 2011 החלה אתיופיה בבניית סכר התחייה הגדול (GERD) על נהר הנילוס הכחול. זהו הסכר ההידרואלקטרי הגדול ביותר באפריקה: 145 מטרים גובה, 1.8 ק”מ אורך ומאגר של 74 מיליארד מ”ק, המסוגל לייצר מעל 5,000 מגה-ואט.
עבור האתיופים, מדובר ביותר מתשתית – זהו סמל לעצמאות ולמודרניזציה, שמומן ברובו על ידי העם עצמו.
2. חששות במורד הזרם
עבור מצרים, התלויה בנילוס עבור 95% ממי השתייה שלה, הסכר הוא איום קיומי. מילוי מהיר של המאגר עלול לפגוע בחקלאות, בתעשייה ובחיי היומיום. גם סודן חוששת מהשפעות על הסכרים שלה ועל ההשקיה.
מנהיגי מצרים הזהירו כי אם ביטחונם המימי ייפגע, הם עלולים לשקול תגובה צבאית. כך הופכים המים למקור של חיים וגם של עימות.
3. דיפלומטיה במבוי סתום
למעלה מעשור נמשכות שיחות בתיווך האיחוד האפריקאי, האו”ם וארצות הברית. נקודות המחלוקת:
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קצב מילוי המאגר.
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מנגנוני שיתוף פעולה בשנות בצורת.
אתיופיה ממשיכה במילוי בשלבים למרות ההתנגדות. היא טוענת כי הסכר יפחית הצפות בסודן ויביא תועלת לכולם. אולם חוסר האמון נותר עמוק.
4. תפקידה של ישראל
ישראל לא בנתה את הסכר ישירות, אך היא ממלאת תפקיד עקיף ואסטרטגי:
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טכני: ייעוץ בניהול מים, השקיה וצמצום התאיידות.
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ביטחוני: חברות ישראליות סיפקו לכאורה מכ”מים, מערכות פיקוח והגנה אווירית.
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דיפלומטי: איזון בין התמיכה באתיופיה – בעלת ברית חשובה בקרן אפריקה – לבין הברית החיונית עם מצרים מאז קמפ-דיוויד.
בתקשורת המצרית מאשימים את ישראל כי היא “מאחורי” הסכר, אך בפועל מדובר בפרגמטיות גיאו-פוליטית ולא בעוינות ישירה.
5. הבטחות וסיכונים
הסכר מבטא גם הזדמנויות וגם איומים:
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כלכליות: הפיכתה של אתיופיה למוקד אנרגיה אזורי.
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פוליטיות: שינוי יחסי הכוחות סביב הנילוס.
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ביטחוניות: מוקד אפשרי לסכסוך.
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סביבתיות: השלכות ארוכות טווח אינן ידועות.
מסקנ
סכר התחייה האתיופי הוא הרבה יותר מפרויקט הנדסי – הוא מדד אסטרטגי לאפריקה ולמזרח התיכון. עבור אתיופיה זהו מקור גאווה; עבור מצרים – הישרדות; עבור ישראל – מהלך של איזון עדין.
עתיד הנילוס נכתב מחדש בין שיתוף פעולה, חשדנות ודיפלומטיה שברירית, כאשר הסכר נמצא במרכז הבמה.