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dimanche 7 septembre 2025

Revirement : B.P revient en force sur le Pétrole. (FR). JBCH N° 342



Ils y ont tous cru : les batteries électriques devaient remplacer le pétrole... Il n'en est rien ... BP qui a cru a des solutions alternatives revient en force sur le pétrole ... Le public boude les voitures électriques et se ruent sur les voitures d'occasion, les pétroliers et les constructeurs ont reçu le message, ils reviennent sur les énergies classiques, au grand dam des partis dits écologistes.


 En février 2020, Bernard Looney, nouveau directeur général de BP, annonçait avec éclat que l’entreprise allait se transformer pour contribuer à la lutte contre le changement climatique. 




Devant investisseurs et médias, il promettait de réduire fortement la production de pétrole et de gaz, de multiplier par dix les investissements dans les énergies renouvelables et de construire 50 gigawatts de capacité solaire et éolienne.


Le slogan « Reimagining energy » incarnait cette ambition : réinventer BP et faire de la société l’un des leaders de la transition. Greenpeace parlait d’une « promesse arrivée des décennies trop tard, mais bienvenue ».


Pourtant, dès l’origine, les investisseurs étaient divisés. Beaucoup jugeaient la stratégie trop floue, trop dépendante d’objectifs de volumes plutôt que de rentabilité. 


Les slides produits par McKinsey impressionnaient par leur design, mais manquaient de logique financière. Malgré tout, l’air du temps poussait au soutien : Mark Carney, alors gouverneur de la Banque d’Angleterre, appelait à un « tournant climatique », et Larry Fink (BlackRock) affirmait que « le risque climatique est un risque d’investissement ». COP26 à Glasgow entretenait cet élan, et BP investissait massivement dans des projets d’éolien offshore.


Rapidement, les résultats déçoivent. Les investissements verts sont coûteux et peu rentables. BP paie trop cher certaines concessions, notamment en mer d’Irlande. Ses parts consacrées au bas-carbone restent marginales (environ 8 % des investissements).




Certains actionnaires, comme l’ONG « Follow This », reprochent à BP de rester trop dépendant du pétrole ; d’autres estiment au contraire que l’entreprise se détourne dangereusement de son cœur de métier. À ces critiques internes s’ajoutent les bouleversements externes : la pandémie de Covid-19 puis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui entraîne une flambée des prix du pétrole et renforce la demande d’hydrocarbures.


La promesse d’une transition rapide paraît alors irréaliste. Même au sein de BP, des voix s’élèvent pour dire que l’entreprise aurait dû imiter ExxonMobil et ignorer les pressions écologiques.

Dans ce contexte, le fonds activiste américain Elliott Management, connu pour sa brutalité et sa seule obsession des profits, voit dans BP une cible idéale. Après avoir étudié la société dès 2021, il commence en 2024 à accumuler discrètement une énorme position, aujourd’hui d’environ 3,6 milliards de livres, devenant ainsi le deuxième actionnaire après BlackRock.


Elliott critique frontalement la stratégie verte de BP : selon lui, l’entreprise s’est égarée hors de son domaine d’expertise. Exploiter du pétrole en mer n’a rien à voir avec développer du solaire ou de l’éolien. Mieux vaut, d’après le fonds, laisser le capital se diriger vers des sociétés spécialisées. Dès lors, Elliott pousse à un « retour aux fondamentaux » : plus de pétrole et de gaz, moins d’énergies renouvelables.




Sous cette pression, Murray Auchincloss, successeur de Looney, abandonne progressivement tous les objectifs de réduction de production et d’expansion verte. En 2025, il annonce un plan de 10 milliards de dollars par an d’investissements dans les hydrocarbures et la vente d’actifs solaires. BP vise désormais une production de 2,5 millions de barils par jour à l’horizon 2030.


Cinq ans après les annonces de Looney, BP a totalement renoncé à sa stratégie « net zéro ». La compagnie se recentre sur le pétrole et le gaz, tout en réduisant ses effectifs et ses coûts pour satisfaire les exigences d’Elliott. 


Ce virage reflète aussi une tendance plus large : les grandes banques comme JPMorgan ou Goldman Sachs sortent des alliances climat, le financement des fossiles repart à la hausse (+162 milliards de dollars en 2024), la réélection de Donald Trump et son discours pro-pétrole renforcent la légitimité des hydrocarbures.


L’histoire de BP illustre un retour brutal au réalisme financier et énergétique. Les promesses vertes ont séduit un temps l’opinion publique et les décideurs politiques, mais elles n’ont pas résisté à la pression des marchés, aux crises mondiales et à l’activisme des fonds comme Elliott.


Elle pose une question fondamentale : peut-on vraiment attendre des grandes compagnies pétrolières qu’elles mènent la transition écologique, ou ne sont-elles condamnées qu’à défendre leurs profits fossiles ?




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Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme...
 

C'est  délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog,  j'exprime en général un coup de coeur 

d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne

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