Rechercher dans ce blog

dimanche 7 septembre 2025

Comment soulager un peuple après un tel traumatisme ? (FR, EN, ES, HE). JBCH N° 343


Depuis le 7 octobre 2023, Israël traverse une guerre prolongée et d’une intensité inédite. Plus d’un an et demi après le déclenchement des massacres du Hamas, les séquelles psychologiques sont profondes. 

La psychothérapeute Sarah Abelanski a mis en garde contre les dangers du déni psychologique dans une société où, malgré une apparente adaptation, une grande partie de la population vit dans l’angoisse, la peur et les traumatismes.

Elle observe un phénomène nouveau si les Israéliens ont toujours été confrontés au terrorisme et aux attentats imprévisibles, l’ère des missiles iraniens et des destructions massives d’immeubles a installé une peur différente : celle de la vulnérabilité des abris eux-mêmes. Une question lancinante traverse les esprits « Sommes-nous réellement protégés ? »


Les chiffres sont alarmants : 34 % de la population est totalement traumatisée, et 90 % des victimes n’osent pas demander de l’aide. Beaucoup minimisent leurs douleurs, se réfugient dans le quotidien ou prétendent aller « très bien », alors même qu’ils souffrent de symptômes de stress post-traumatique : insomnies, cauchemars, maux de tête persistants, anxiété chronique. Comme l’explique Abelanski, « on voit tellement pire qu’on relativise, mais parfois trop ».


Face à cette situation, une initiative exemplaire a vu le jour : l’Opération Sarah, cellule francophone d’urgence psychologique. Créée dans l’urgence par des thérapeutes EMDR, elle vise à soutenir les nombreux francophones d’Israël – une communauté estimée à 200 000 personnes – dont beaucoup ne maîtrisent pas suffisamment l’hébreu pour suivre une thérapie dans leur langue.


Le 7 octobre 2023, lors des attaques du Hamas contre Israël, de nombreuses femmes israéliennes ont été victimes de viols et sévices sexuels d’une brutalité extrême. Ces crimes ont été commis dans les kibboutzim, sur les routes et même lors de l’attaque du festival de Reïm. Les témoignages, preuves médico-légales et vidéos saisies par l’armée israélienne confirment la dimension systématique de ces violences. Plusieurs instances internationales, dont l’ONU, ont reconnu qu’il s’agissait de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Ces actes atroces visent non seulement les victimes mais aussi la société entière, en instrumentalisant le corps des femmes comme arme de terreur.


L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est une thérapie reconnue par l’OMS, la HAS et l’INSERM comme l’une des plus efficaces pour traiter les traumatismes. En quelques jours, plus de 100 psychologues et psychiatres francophones bénévoles du monde entier – de France, d’Israël, de Belgique, de Madagascar, des Pays-Bas ou encore de Nouvelle-Calédonie se sont mobilisés. Juifs et non-juifs, tous ont rejoint ce projet humanitaire.


Chaque personne éligible bénéficie de quatre séances gratuites en visioconférence, une aide souvent suffisante pour apaiser les symptômes aigus et éviter l’évolution vers un stress post-traumatique chronique.

Au-delà du drame et de la souffrance, l’histoire du peuple juif témoigne d’une extraordinaire capacité de résilience. Cette force intérieure, nourrie par la mémoire et la foi, réapparaît à chaque crise.

  • Après la Shoah, alors que six millions de Juifs avaient été exterminés, les survivants ont bâti des familles, recréé des communautés et, pour beaucoup, participé à l’édification de l’État d’Israël.

  • Lors des guerres israélo-arabes, notamment en 1948, 1967 et 1973, la société israélienne, bien que profondément marquée par les pertes, a toujours trouvé la force de se relever, de continuer à innover et de prospérer.

  • Même dans les périodes les plus sombres, comme lors des attentats-suicides des années 2000, Tel-Aviv et Jérusalem n’ont jamais cessé de vivre : les cafés ont rouvert, les concerts ont continué, la vie a repris son cours.


Aujourd’hui encore, au cœur d’une guerre prolongée, cette résilience collective se manifeste. Les Israéliens inventent des rituels de solidarité, comme les concerts improvisés pour les soldats, les repas cuisinés par des bénévoles pour les familles déplacées, ou encore les séances de soutien psychologique collectif dans les kibboutzim du Sud.


Comme le rappelle Sarah Abelanski, la première arme contre le traumatisme est de ne pas être dans le déni : accepter ses émotions, parler de ses angoisses, protéger les enfants avec des mots adaptés. C’est aussi maintenir une routine quotidienne, couper parfois avec l’actualité pour reprendre son souffle, et chercher du soutien.


Cette démarche n’est pas seulement individuelle, elle est communautaire. Les Juifs d’Israël et de la diaspora savent depuis des générations que la force se puise dans la solidarité et la mémoire partagée. Le traumatisme du 7 octobre et de la guerre n’effacera pas la vie, mais pousse à redéfinir une espérance.


Comme après chaque épreuve de son histoire, le peuple juif démontre que la douleur n’anéantit pas, mais peut devenir un moteur de reconstruction et d’avenir. La cellule « Opération Sarah » est un exemple concret de cette résilience vivante : transformer la souffrance en solidarité, la peur en accompagnement, et le chaos en fraternité.


L’attaque du 7 octobre 2023 et la guerre qui en découle ont plongé Israël dans une crise sans précédent. Mais elles révèlent aussi la puissance d’une société capable de se relever, de se réinventer et de rester fidèle à une vocation millénaire : transformer la douleur en vie. Comme le dit un proverbe juif : « Tant que nous respirons, nous espérons. »





 © 2025 JBCH. Tous droits réservés. Reproduction du texte interdite sans autorisation


Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme...
 

C'est  délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog,  j'exprime en général un coup de coeur 

d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne


🇬🇧 English 


For more than a year and a half, Israel has been living under constant threat: terrorist attacks, rockets, and now Iranian missiles. This situation generates a psychological war that deeply affects society. According to psychotherapist Sarah Abelanski, about 34% of Israelis suffer from trauma symptoms, yet most do not seek help, often due to denial or minimization.


In the face of this hardship, the Jewish people display a unique capacity for resilience. After the October 7th massacres, initiatives like “Operation Sarah” emerged, a French-speaking emergency psychological unit offering free EMDR therapy sessions. Over 100 volunteer therapists from Israel, France, and beyond have joined forces, showing extraordinary solidarity.


This resilience has deep historical roots. After the destruction of the Temple, the diasporas, or even after the Holocaust, Jews managed to rebuild their lives and preserve their identity. The rebirth of Israel itself is the ultimate expression of this resilience.


Practical advice—maintaining routines, reducing news exposure, speaking openly about emotions—supports individuals. But beyond that, Jewish resilience is a collective force of renewal.


Even in times of fear, Israel demonstrates that pain can be turned into strength and survival into hope. As Isaiah wrote: “The people who walk in darkness will see a great light.”


🇪🇸 Español


La guerra psicológica y la resiliencia del pueblo judío


Desde hace más de un año y medio, Israel vive bajo una amenaza constante: atentados, cohetes, incursiones terroristas y ahora misiles iraníes. Esta situación genera una verdadera guerra psicológica que afecta a toda la población. Según la psicoterapeuta Sarah Abelanski, cerca del 34 % de los israelíes presentan síntomas de trauma, aunque la mayoría no pide ayuda, por miedo o por negación.


Frente a esta situación, el pueblo judío demuestra una capacidad única de resiliencia. Tras las masacres del 7 de octubre, surgieron iniciativas como la “Operación Sarah”, una célula de emergencia francófona que ofrece gratuitamente sesiones de terapia EMDR. Más de 100 terapeutas voluntarios de Israel, Francia y otros países se han unido, testimoniando la fuerza de una comunidad que se niega a rendirse.


Esta resiliencia hunde sus raíces en la historia: después de la destrucción del Templo, los exilios sucesivos o incluso la Shoá, los judíos supieron reconstruir sus vidas y mantener su identidad. La creación del Estado de Israel es una expresión suprema de esta fuerza.


Los consejos prácticos—mantener rutinas, hablar de las emociones, limitar la exposición a imágenes traumáticas—acompañan este proceso. Pero más allá, la resiliencia judía es la capacidad de reconstruir colectivamente y seguir adelante.


Israel recuerda al mundo que, incluso en la oscuridad, es posible encontrar la luz. Como escribió Isaías: “El pueblo que andaba en tinieblas vio una gran luz.”


🇮🇱 גרסה בעברית


המלחמה הפסיכולוגית והחוסן של העם היהודי


כבר למעלה משנה וחצי ישראל חיה תחת איום מתמיד: פיגועים, רקטות, חדירות טרור וכעת טילים איראניים. מצב זה יוצר מלחמה פסיכולוגית הפוגעת בכל שכבות האוכלוסייה. על פי הפסיכותרפיסטית שרה אבלנסקי, כ־34% מהישראלים מראים סימני טראומה, אך רובם אינם פונים לעזרה – לעיתים מתוך הכחשה או זלזול.


מול מציאות זו העם היהודי מגלה יכולת מיוחדת של חוסן נפשי. לאחר טבח 7 באוקטובר קמו יוזמות חדשות, כמו “מבצע שרה” – מערך חירום פסיכולוגי בשפה הצרפתית, המעניק טיפולי EMDR בחינם. מעל מאה מטפלים מתנדבים מישראל, מצרפת וממדינות נוספות התגייסו, עדות לסולידריות יוצאת דופן.


חוסן זה נטוע בהיסטוריה היהודית: לאחר חורבן הבית, הגלויות, ואף לאחר השואה, הצליחו היהודים לשקם את חייהם ולשמור על זהותם. הקמת מדינת ישראל היא הביטוי המובהק ביותר לכך.


המלצות מעשיות—שמירה על שגרה, דיבור גלוי על רגשות, הפחתת חשיפה לחדשות—מסייעות לפרט. אך מעבר לכך, החוסן היהודי הוא היכולת הקולקטיבית להיבנות מחדש ולחיות מתוך תקווה.


ישראל מזכירה לעולם שגם בלב החושך ניתן למצוא אור. כפי שאמר ישעיהו: “העם ההולכים בחושך ראו אור גדול.”

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire