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lundi 17 août 2026

Ozempic et le Cerveau. JBCH 2608 - 102

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JBCH le 17 Août 2026



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Le cerveau est-il sur le point d'avoir son moment Ozempic ?








Les agonistes de l'orexine, nouveaux venus dans le traitement de la narcolepsie, ouvrent une piste inédite sur le sommeil, l'attention et les addictions


Le 5 août, l'agence américaine des médicaments a approuvé l'oveporexton, produit par Takeda, comme premier agoniste de l'orexine pour la narcolepsie. Alkermes, société de biotechnologie irlandaise, développe un produit concurrent. Ces molécules seraient-elles au cerveau ce que les GLP-1 sont devenus pour le métabolisme ?

L'orexine, un peptide comme le GLP-1

Selon le Dr Christophe de Jaeger, il faut replacer l'orexine dans le contexte plus large des peptides humains, voies de communication fondamentales de l'organisme. 




Le GLP-1 mime la satiété et impose une forme de restriction calorique sans effort de volonté, favorisant la régularisation, voire la disparition, de maladies comme le diabète de type 2 ou l'hypertension. 

L'orexine, elle, agit sur le sommeil et l'activité diurne — et, à travers cette action, sur la tension, la motivation, le TDAH ou les addictions.

Deux récepteurs, deux fonctions distinctes

Le récepteur OX1 joue plutôt sur la motivation et la récompense, tandis que l'OX2 régule le sommeil et la vigilance — c'est ce dernier qui ouvre la voie au traitement de la narcolepsie. 

L'activité de ces molécules est connue et documentée depuis vingt à trente ans ; ce sont les laboratoires qui « redécouvrent » aujourd'hui leur potentiel commercial, à l'image du succès du GLP-1.

« Nous disposons de molécules naturelles… sauf que l'industrie est obligée de mettre sur le marché des molécules brevetables. »

Le revers de la brevetabilité

La vraie limite ne réside pas dans l'activité du produit, mais dans les effets indésirables. Une molécule développée par Takeda, pourtant prometteuse, a ainsi été abandonnée en raison de risques hépatiques. 

Le paradoxe est là : les molécules naturelles, identifiées et reproductibles, sont actives sans effet indésirable direct — mais l'industrie doit les modifier pour les rendre brevetables, ce qui peut faire apparaître des effets secondaires, parfois mortels.

Ce qu'il faut retenir

  • 5 août : première approbation américaine d'un agoniste de l'orexine (oveporexton, Takeda)
  • OX1 : motivation et récompense — OX2 : sommeil et vigilance
  • Pistes explorées : narcolepsie, TDAH, addictions
  • Frein principal : effets indésirables (notamment hépatiques) liés à la brevetabilité
Traiter la cause plutôt que la conséquence

Jusqu'ici, des traitements comme le modafinil compensaient la somnolence sans agir sur son origine. 

Pour le Dr de Jaeger, l'agoniste de l'orexine constitue une innovation majeure : pour la première fois, il s'agirait de restaurer directement un mécanisme biologique défaillant plutôt que d'en traiter seulement les conséquences le modafinil restant, lui, une molécule non physiologique, ce qui explique la surveillance étroite dont il fait l'objet.





Août 2026

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