Rechercher dans ce blog

dimanche 20 septembre 2026

Réformer, Ne pas Taxer ! JBCH N° 2609 - 185

Économie & finances publiques





Réformer, pas taxer



Pourquoi la France, championne du monde des prélèvements et de la dépense publique, continue de s'enfoncer — et pourquoi un impôt de plus n'y changera rien.

JBCH N° 185  — chronique

D'après l'analyse d'Olivier Klein, « Réformer plutôt que taxer plus : sortir enfin du cercle vicieux français », 20 septembre 2026. 

Pour ma part, en 2017, quand Macron est arrivé au pouvoir, son premier acte a été de taxer les retraités : Tout le monde a oublié mais une CSG de 17 % a été imposée en sur ma retraite dès le mois de décembre 2017, ca s'est ressenti ... Aujourd'hui, "ils" veulent taxer à nouveau ceux qui ont cotisé toute leur vie ... Alors que les retraités dépensent en voyage, en restaurants en cadeaux pour les petits enfants, ce qui fait tourner la machine et engendre de la TVA .    
     

Il y a quelque chose de tordu chez ceux qui nous gouvernent ... Attention a l'arrivée de ceux qui promettent de raser "gratis" comme le FN-RN ... 
43,5 %du PIB en prélèvements
57 %du PIB en dépense publique
120 %du PIB de dette
ILe diagnostic

Deux cercles vicieux qui se nourrissent l'un l'autre

La France détient donc un record dont personne ne se vante : le niveau de prélèvements le plus élevé de l'OCDE, la dépense publique la plus lourde de tous les pays développés  et pourtant un déficit devenu permanent, une dette qui file vers 120 % du PIB, un taux d'emploi qui décroche et une confiance dans les institutions parmi les plus basses des démocraties occidentales. 

Si la martingale « plus d'impôts, un peu moins de dépenses » marchait, cela se saurait depuis quarante ans qu'on l'applique.

Olivier Klein, professeur à HEC, dans une analyse aussi sobre que dérangeante  montre que le pays est en fait pris dans deux engrenages qui s'aggravent mutuellement. 

Le premier est économique : la dépense progresse plus vite que la richesse, il faut donc plus d'impôts ou plus de dette pour la financer, ce qui pèse à son tour sur l'emploi, la compétitivité, l'investissement   donc sur les recettes de demain.

Chaque nouvel impôt pour boucler le budget d'aujourd'hui affaiblit un peu plus la base fiscale de demain.

Le second engrenage est démocratique, et c'est le plus grave : des déficits qui persistent malgré des moyens record nourrissent la défiance envers l'État ; cette défiance rend chaque réforme suspecte, donc plus difficile à faire ; les réformes reportées laissent les déséquilibres s'aggraver ; l'aggravation nourrit un peu plus la défiance. La boucle se referme sur elle-même, et c'est elle, plus que le taux d'IS ou la CSG, qui explique l'enlisement français.


II


La preuve par l'étranger

Le Canada, la Suède, et ce que dit vraiment la recherche

Ce n'est pas une opinion, c'est une régularité empirique. Les travaux d'Alesina, Ardagna, Favero et Giavazzi   confirmés depuis par le FMI et l'OCDE   sont sans ambiguïté : les redressements budgétaires fondés sur la maîtrise de la dépense produisent des pertes d'activité plus faibles, et sont plus durables, que ceux fondés sur la hausse des prélèvements. 

La raison est simple : un plan crédible de réformes, sans promesse de nouvel impôt, restaure la confiance des ménages et des entreprises, qui recommencent à investir.

Deux exemples suffisent à trancher le débat théorique. Le Canada, au milieu des années 1990, revoit une à une l'utilité de ses dépenses, simplifie son administration — et efface ses déficits sans alourdir la fiscalité. 

La Suède, sortie exsangue de sa crise du début des années 1990, réforme ses retraites, son marché du travail, ses règles budgétaires  et affiche trente ans plus tard l'un des États sociaux les plus généreux d'Europe avec une dette très modérée.

Aucune contradiction entre un État social ambitieux et une discipline budgétaire exigeante : à condition que la richesse produite suive.

Le cas français aggrave encore la démonstration : ces pays réformaient à partir d'un niveau de prélèvements bien inférieur au nôtre. 

Ajouter un impôt à un système déjà taxé au maximum de l'OCDE ne produit plus le même rendement  il produit surtout un peu plus d'évitement, un peu moins d'emploi, un peu moins d'investissement.

IIICe qu'il faudrait faire

L'efficacité contre l'impôt, la confiance contre la dette

Le problème français n'est donc pas un manque de recettes : c'est un manque d'efficacité. L'école française dépense autant que ses voisines et recule dans tous les classements, avec des enseignants payés deux fois moins qu'en Allemagne. 

L'hôpital absorbe plus de 11 % du PIB record mondial  tout en s'effondrant sous la tension. Le problème n'est pas le montant, c'est ce qu'on en fait.

Il faut donc réformer l'action publique elle-même  simplifier, évaluer, arrêter d'empiler les dispositifs   et surtout relever le taux d'emploi, seul levier qui élargit la base fiscale sans alourdir la charge de ceux qui travaillent déjà. 

Chaque actif de plus, c'est plus de recettes et moins de dépenses sociales, dans le même mouvement.

Klein appelle cela l'« hyperdémocratie » : un système qui n'ose plus dire non, et qui reporte sur la dette les arbitrages qu'il refuse d'assumer.

Au fond, le diagnostic dépasse la technique budgétaire. Une démocratie qui multiplie les droits sans jamais rappeler les devoirs qui les financent finit par emprunter la confiance qu'elle n'a plus. 

Cette confiance-là ne se restaure pas par un impôt de plus : elle se reconstruit par des réformes tenues dans la durée. C'est le seul chemin de sortie — et il ne remet nullement en cause le modèle social, il est la condition de sa survie.

Produire avant de redistribuer, protéger   le programme, au fond, tient en une ligne.



 © JBCH Réflexions     Septembre 2026 · 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire