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mardi 29 juillet 2025

Camus ...Est-ce une lettre de l'au-delà ?



Les Rats sont sortis : Camus, le 7 octobre et la peste de notre temps


C’est avec une immense surprise — presque un frisson — que je suis tombé sur cette lettre anonyme, déposée comme un message dans une bouteille. Elle semble avoir été écrite par Albert Camus lui-même, pourtant mort en 1960. Elle évoque, avec des mots qui semblent résonner d’outre-tombe, le massacre du 7 octobre 2023. Comme si La Peste, L’Homme révolté et toute sa pensée sur l’absurde, la morale et la condition humaine avaient retrouvé leur voix dans notre actualité la plus brûlante.


Camus et les ténèbres de l’Histoire


Albert Camus s’est toujours opposé fermement à l’antisémitisme, qu’il considérait comme une négation absolue de la dignité humaine. Dans ses articles publiés dans Combat, le journal clandestin de la Résistance, il dénonçait sans relâche les persécutions nazies, les rafles, l’indifférence complice. Il plaidait pour le droit des Juifs à la justice après la Shoah, et voyait dans leur sort le symptôme le plus tragique de la barbarie moderne.


Dans L’Homme révolté, Camus affirmait que l’antisémitisme était l’un des visages du nihilisme meurtrier. Il rejetait toutes les idéologies fondées sur la haine. Il défendait la mémoire des victimes sans jamais la manipuler politiquement, et exigeait de l’Europe une responsabilité morale pleine et entière. Pour lui, résister à l’antisémitisme était un devoir éthique universel.





Et puis vint 2023.


Le 7 octobre : un matin que l’on ne pourra plus oublier


Il y a toujours un matin où l’on ne peut plus détourner les yeux.

Un matin de Chabbat. Un matin de fête. Le 7 octobre 2023, jour de Sim’hat Torah — fête de la Joie et de la Torah — sur cette terre d’Israël qu’on veut arracher, détruire, parce qu’elle symbolise la liberté, la paix et la vie retrouvée.


Mais ce matin-là, l’aube s’est levée sur le massacre. 


Un carnage indicible. Des enfants, des femmes, des vieillards, des nourrissons. Violés, mutilés, décapités, brûlés, assassinés. 

Des familles entières exterminées non pour ce qu’elles faisaient, mais pour ce qu’elles étaient. Ou plutôt, pour ce qu’elles représentaient : un peuple debout.


Les assassins ont filmé leurs actes. Les images existent. Et si elles ne sont pas rendues publiques, c’est par pudeur, non par absence. On détourne les yeux. Mais l’horreur ne se laisse pas oublier.


Les rats sont sortis


Camus l’avait écrit : « la peste ne meurt jamais ».

Elle dort. Elle attend. Elle se dissimule dans les replis des silences, dans les salons de l’intelligence faussement lucide, dans les “Je ne suis pas antisémite, mais…”, dans les regards faussement compatissants.


Et elle revient. Toujours.


Après cette journée d'horreur commise par les terroristes sanguinaires du Hamas, la peste , c'est l'antisémitisme. ... Elle revient dans la bouche des idéologues, dans les slogans des campus, dans les manifestations où l’on célèbre la mort des otages, dans les commentaires qui comparent l’État juif à des monstres. Elle revient, nue et arrogante, légitimée par ceux qui préfèrent les bourreaux aux victimes.


Antisémitisme, même dans la gauche morale, celle-là même qui se disait autrefois héritière de Camus, on a vu la trahison. Unbel exemple dans un parti extemiste souvent inculte qu'est LFI. 

Au lieu de pleurer avec les morts, elle a cherché des excuses à leurs tueurs. Des explications. Des causes, et un appui sans limite.

Le 8 Octobre 2023, le lendemain du massacre, au lieu de pleurs et de désolation, dans les Universités occidentales, partout, aux USA, en Grande Bretagne, aux Pays Bas, en France, en Belgique, en Australie, des masses de jeunes coiffent le keffieh que portent les arabes de palestine et hulent leur haine des Juifs ... Une première depuis l'anéantissement des nazis en 1945.


Mais ce qui s’est joué ce jour-là n’était pas politique. C’était la négation de l’humain.


La peste n’est pas morte


Elle est dans les couloirs de certaines universités, dans les tweets de certains intellectuels, dans les rues d’Europe, dans les mots tordus des médias. Elle s’infiltre partout où l’on justifie l’injustifiable.


Et la presse, au lieu de nommer le mal, a flanché. Elle a inversé les faits. Elle a utilisé les mots des bourreaux pour qualifier les victimes.


Camus écrivait :


« Il faut bien nommer les choses si l’on veut ne pas ajouter au malheur du monde. »


Il faut le dire : ce qui s’est produit le 7 octobre n’était pas un “conflit” ou une “riposte”, mais une célébration de la haine du Juif. Une jouissance dans la mort de l’Autre. Une abjection filmée et partagée.


Résister, encore


Face à cela, que faire ?

Camus répondrait : résister. Ne pas céder à la tentation de l’indifférence. Se tenir du côté des vivants contre les tueurs. Des veilleurs contre les rats.


Oui, il existera toujours, dans les pires moments, un docteur Rieux.

Un homme sans dogme mais pas sans morale. Un Juste. Une main tendue. Un regard qui ne juge pas, mais protège. Un cri qui refuse de se taire.





Mais ce refus ne va pas de soi. Il se cultive. Il se travaille chaque jour.


Il faut, à chaque génération, reconquérir l’évidence que tout être humain a droit à la dignité. Mais cela commence par refuser que la haine d’un peuple redevienne une idée acceptable, un slogan, une posture.


Et maintenant ?


L’histoire n’est ni progrès, ni éternel retour. Elle est un combat.

La riposte d'Israël contre ces terroristes va être sans pitié, mais ces derniers avaient apparemment construit des centaines de kilomètres de tunnels, et s'abritent lâchement derrière une population civile, ce qui a causé des victimes collatérales, dues à la lâcheté des terroristes. 

Ces derniers s'emparent aussi de l'aide humanitaire qu'ils revendent, bref c'est un cauchemar à résoudre pour Tzahal, l'armée la plus éthique du monde. ce fait amplifie la haine du juif et nourrit l'antisémitisme.


Chaque jour, il faut choisir son camp :

Non celui des idéologies, mais celui des vivants contre les tueurs. Des éveillés contre les rats.

Et si, un jour, les rats retournent dans les caves, ce ne sera pas parce qu’on les y aura suppliés.

Mais parce que des hommes debout auront décidé, enfin, de ne plus détourner les yeux.


 

           © 2025 JBCH. Reproduction interdite sans autorisation.



                




                


Réflexions sur l'Altérité (FR,EN,ES)


Dans la Bible, Abraham voit le visage de l’autre comme le reflet de la présence divine — « Mon seigneur, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, ne passe pas sans t’arrêter chez ton serviteur » (Genèse 18:3). Il accueille l’étranger avec générosité et humilité, incarnant l’hospitalité comme une forme sacrée de reconnaissance de l’autre.


Ce thème d’Abraham et de l’accueil de l’Autre — notamment de l’étranger — a été largement développé par des philosophes, écrivains et théologiens, tant juifs que non-juifs. Voici quelques figures majeures :


Jacques Derrida, autre philosophe français d’origine juive, Derrida s’est aussi penché sur l’hospitalité dans De l’hospitalité, où il distingue entre :Hospitalité conditionnelle (régulée par le droit, l’État), et Hospitalité inconditionnelle, plus proche de la figure d’Abraham : accueillir sans savoir qui est l’autre, sans poser de condition.

« L’hôte est celui qui, chez lui, accueille l’étranger… et devient lui-même étranger. »

Paul Ricoeur, Dans sa réflexion sur l’altérité (Soi-même comme un autre), Ricoeur évoque l’éthique de la réciprocité et du respect de l’altérité — et reconnaît l’héritage biblique, notamment la figure d’Abraham comme modèle de foi tournée vers l’Autre.
Martin Buber Dans Je et Tu, Buber insiste sur la relation dialogique entre êtres humains. Abraham, qui parle à Dieu et accueille les voyageurs inconnus, incarne cette relation vivante et ouverte.
Dans la littérature juive contemporaine, des auteurs comme André Neher ou Elie Wiesel reviennent souvent sur Abraham comme figure de l’homme en marche, tourné vers l’Autre. En théologie chrétienne, Abraham est aussi vu comme modèle d’obéissance et de charité, par exemple chez Karl Barth ou Paul Tillich.

Le geste d’Abraham accueillant les trois étrangers sous le chêne de Mamré (Genèse 18) n’est pas un simple épisode d’hospitalité antique — il devient, dans la philosophie moderne, un archétype de l’éthique du visage, de la responsabilité, et de l’ouverture à l’altérité.Visage de l’Autre, lumière de l’infini.




Mais pour  Emmanuel Lévinas, Abraham représente l’origine du monothéisme éthique, où Dieu se manifeste dans la relation à l’Autre, notamment par l’hospitalité et l’écoute.

« L’hospitalité est l’éthique elle-même. » 

 

Dans l’ombre douce d’un matin d’hiver, où la brume caresse les visages comme une promesse d’éternité, je me tiens face à l’Autre. Non pas un autre moi, un reflet dans le miroir de ma conscience, mais une présence qui me déborde, me convoque, m’oblige. Emmanuel Levinas, penseur de l’altérité, nous murmure : 

« Le visage de l’Autre, dans sa nudité et sa déréliction, est à la fois l’interdiction de tuer et l’appel à une responsabilité infinie. » (Totalité et Infini, 1961). 

Ce visage, c’est une épiphanie, une fracture dans l’ordre du même, une brèche par laquelle l’Infini se donne à voir.

Je me souviens d’une anecdote, celle d’un soir de guerre, lorsque Levinas, prisonnier dans un camp en Allemagne, croisa le regard d’un chien errant, Bobby, qui venait saluer les captifs. 

Dans Difficile liberté (1963), il raconte comment ce chien, par sa simple présence, rendait à ces hommes déshumanisés une dignité oubliée. Ce regard animal, presque un visage au sens levinassien, portait une reconnaissance, une altérité qui transcende les barreaux et les chaînes. 

Ainsi, l’Autre, qu’il soit humain ou non, nous appelle à sortir de nous-mêmes, à répondre avant même de questionner.

L’amour, un don sans retour

L’amour, chez Levinas, n’est pas une fusion, un retour au même, mais une relation asymétrique, un don sans attente de réciprocité. 

« Aimer, c’est se vouer à l’Autre, c’est être otage de son destin »

(Autrement qu’être ou au-delà de l’essence, 1974). Aimer, c’est se tenir dans la vulnérabilité, dans l’exposition à l’Autre qui me dépasse. 

Une vieille femme, dans un petit village du sud de la France, me raconta un jour comment elle avait recueilli un inconnu blessé pendant la Résistance, sans rien savoir de lui, sans attendre de gratitude. 

Elle disait : « Ses yeux me parlaient, et je ne pouvais pas détourner les miens. » Ce regard, c’est celui dont Levinas parle, celui qui « ordonne et mendie à la fois » (Totalité et Infini). Il n’y a pas de calcul dans cet amour, pas de mesure, seulement une responsabilité infinie qui s’éveille dans le face-à-face.





Levinas nous invite à penser l’amour comme une éthique, non comme une passion possessive. L’amour véritable est un exode, un départ de soi vers l’Autre, un arrachement à l’ego. « L’éthique, c’est l’expérience de l’Autre, c’est la relation avec ce qui est irréductible à ma compréhension » (Éthique et Infini, 1982). 


Dans cette relation, je ne cherche pas à comprendre l’Autre pour le ramener à moi, mais à répondre à son appel, à son unicité. C’est un poème sans fin, écrit dans le silence d’un regard, dans la fragilité d’une main tendue.


La responsabilité infinie


Le vent souffle sur les collines, et dans ce souffle, j’entends l’écho de la voix de l’Autre. Levinas nous dit : « La responsabilité pour autrui est la structure même de la subjectivité » (Autrement qu’être). Être soi, c’est être pour l’Autre, c’est porter le poids de son existence avant même de penser à la mienne. Une anecdote me revient, celle d’un médecin rencontré dans un hôpital de fortune à Haïti, après le séisme de 2010. Il travaillait sans relâche, soignant des blessés qu’il ne connaissait pas, dont il ne parlait même pas la langue. À un collègue qui lui demandait pourquoi il s’épuisait ainsi, il répondit simplement : « Leurs visages me le demandent. » Ce médecin incarnait, sans le savoir, la pensée de Levinas : la responsabilité n’est pas un choix, elle est une assignation, une élection par l’Autre.

Cette responsabilité, Levinas la décrit comme infinie, car elle ne s’épuise jamais. « Je suis responsable de l’Autre sans attendre la réciproque, dussé-je y laisser ma vie » (Éthique et Infini). Elle n’est pas un fardeau, mais une grâce, une ouverture à la transcendance. Dans le visage de l’Autre, je rencontre l’Infini, non pas comme une idée abstraite, mais comme une présence concrète, qui me lie à l’humanité entière. 

Cette idée résonne dans une autre histoire, celle d’une enseignante qui, dans une école défavorisée, passait ses soirées à aider un élève en difficulté, non pour la gloire, mais parce que, disait-elle, « son regard me rendait responsable de son avenir. »


L’altérité, une poésie vivante


Levinas nous enseigne que l’altérité n’est pas une barrière, mais une invitation. « La relation à l’Autre, c’est la paix, c’est l’éthique même » (Totalité et Infini). Cette paix n’est pas l’absence de conflit, mais la reconnaissance de l’Autre comme mystère, comme irréductible à mes catégories. 

C’est une poésie vivante, où chaque rencontre est un vers, chaque visage une strophe. Dans une librairie poussiéreuse de Paris, un jour, un vieil homme m’a tendu un livre de Levinas en disant : « Lisez ceci, et vous ne regarderez plus les gens de la même manière. » Il avait raison. Depuis, chaque visage est une question, chaque regard une prière.

L’altérité, chez Levinas, est une transcendance qui nous arrache à l’immanence de nos désirs égoïstes. « Le visage me parle et m’invite à une relation d’une hauteur infinie » (Totalité et Infini). 

Cette hauteur, c’est celle de l’amour, de la responsabilité, de l’éthique. C’est une poésie qui ne s’écrit pas avec des mots, mais avec des actes, des silences, des engagements. Comme cette femme qui, chaque matin, préparait un repas pour un sans-abri près de chez elle, non par devoir, mais parce que son visage, dans sa nudité, était une injonction à agir.





Vers l’Infini

Ainsi, la philosophie de Levinas est une ode à l’Autre, une célébration de l’amour comme responsabilité. « L’Autre me concerne avant que je ne me concerne moi-même » (Autrement qu’être). Dans ce face-à-face, je trouve ma liberté, non pas dans l’autonomie, mais dans l’assignation à autrui. 

Chaque rencontre devient un poème, chaque geste une prière. Levinas nous laisse un héritage vibrant : vivre pour l’Autre, c’est vivre pour l’Infini.

Dans la lumière déclinante du jour, je regarde le monde, et les visages autour de moi se transforment. Ils ne sont plus des silhouettes anonymes, mais des appels, des présences, des infinis. Levinas nous a appris à voir, à entendre, à répondre. 

Et dans ce répondre, nous écrivons, sans le savoir, la plus belle des poésies : celle de l’humanité qui se reconnaît dans l’Autre.


 © 2025 JBCH. Reproduction interdite sans autorisation.




🇬🇧 English 


Alterity


In the Bible, Abraham sees the face of the Other as a reflection of the divine presence — “My Lord, if I have found favor in your sight, do not pass by your servant” (Genesis 18:3). He welcomes the stranger with generosity and humility, embodying hospitality as a sacred form of acknowledging the Other.

This theme of Abraham and the welcoming of the Other — notably the stranger — has been extensively developed by philosophers, writers, and theologians, both Jewish and non-Jewish. Here are some major figures:

Jacques Derrida, another French philosopher of Jewish origin, also reflected on hospitality in On Hospitality, distinguishing between:

Conditional hospitality (regulated by law and the state), and Unconditional hospitality, closer to the figure of Abraham: welcoming without knowing who the Other is, without conditions.

“The host is the one who, in his home, welcomes the stranger… and thereby becomes himself a stranger.”

Paul Ricoeur, in his reflection on alterity (Oneself as Another), evokes the ethics of reciprocity and respect for the Other — acknowledging the biblical heritage, notably Abraham as a model of faith oriented toward the Other.

Martin Buber, in I and Thou, emphasizes the dialogical relationship between human beings. Abraham, who speaks with God and welcomes unknown travelers, embodies this living and open relationship.

In contemporary Jewish literature, authors like André Neher or Elie Wiesel often revisit Abraham as a figure of the man in motion, turned toward the Other. In Christian theology, Abraham is also seen as a model of obedience and charity, for example with Karl Barth or Paul Tillich.


Abraham’s gesture of welcoming the three strangers under the oak of Mamre (Genesis 18) is not merely an ancient episode of hospitality — in modern philosophy it becomes an archetype of the ethics of the face, responsibility, and openness to alterity.

The face of the Other, light of the Infinite.


For Emmanuel Lévinas, Abraham represents the origin of ethical monotheism, where God manifests through the relationship to the Other, particularly via hospitality and listening.


“Hospitality is ethics itself.”


In the gentle shadow of a winter morning, where mist caresses faces as a promise of eternity, I stand before the Other. Not another self, not a reflection in the mirror of my consciousness, but a presence that overflows me, summons me, obliges me. Emmanuel Lévinas, thinker of alterity, whispers to us:

“The face of the Other, in its nakedness and abandonment, is both the prohibition to kill and the call to infinite responsibility.” (Totality and Infinity, 1961).

This face is an epiphany, a fracture in the order of the same, a breach through which the Infinite reveals itself.

I recall an anecdote: one evening during the war, while Lévinas was a prisoner in a German camp, he met the gaze of a stray dog, Bobby, who came to greet the captives.

In Difficult Freedom (1963), he recounts that this dog, by his mere presence, restored forgotten dignity to these dehumanized men. This animal gaze—almost a Levinasian face—carried recognition, an alterity transcending bars and chains.

Thus, the Other, whether human or not, calls us to step outside ourselves, to respond before even questioning.


🇪🇸 Versión en español


La Alteridad

En la Biblia, Abraham contempla el rostro del Otro como reflejo de la presencia divina — “Señor mío, si he hallado gracia ante ti, no pases de largo en casa de tu siervo.” (Génesis 18:3). Él acoge al extraño con generosidad y humildad, convirtiendo la hospitalidad en una forma sagrada de reconocimiento del Otro.

Este tema de Abraham y la acogida del Otro — especialmente del extranjero — ha sido ampliamente desarrollado por filósofos, escritores y teólogos, tanto judíos como no judíos. A continuación, algunos exponentes destacados:

Jacques Derrida, otro filósofo francés de origen judío, también meditó sobre la hospitalidad en De la hospitalidad, donde distingue entre:

Hospitalidad condicional (regulada por la ley y el Estado), y Hospitalidad incondicional, más cercana a la figura de Abraham: acoger sin saber quién es el Otro, sin imponer condiciones.

“El huésped es quien, en su casa, acoge al extranjero… y se convierte a su vez en extranjero.”

Paul Ricoeur, en su reflexión sobre la alteridad (Sí mismo como otro), evoca la ética de la reciprocidad y el respeto al Otro — reconociendo la herencia bíblica, y especialmente la figura de Abraham como modelo de fe orientada hacia el Otro.

Martin Buber, en Yo y Tú, insiste en la relación dialógica entre los seres humanos. Abraham, que habla con Dios y recibe a viajeros desconocidos, personifica esta relación viva y abierta.

En la literatura judía contemporánea, autores como André Neher o Elie Wiesel retoman a menudo a Abraham como figura del hombre en movimiento, orientado hacia el Otro. En la teología cristiana, Abraham también es visto como modelo de obediencia y caridad, como en Karl Barth o Paul Tillich.

El gesto de Abraham al acoger a los tres extraños bajo el roble de Mamré (Génesis 18) no es un mero episodio de hospitalidad antigua — en la filosofía moderna se convierte en un arquetipo de la ética del rostro, la responsabilidad y la apertura a la alteridad.

“Rostro del Otro, luz del Infinito.”

Para Emmanuel Lévinas, Abraham representa el origen del monoteísmo ético, donde Dios se manifiesta en la relación con el Otro, particularmente mediante la hospitalidad y la escucha.

“La hospitalidad es la propia ética.”

En la suave penumbra de una mañana invernal, donde la niebla acaricia los rostros como promesa de eternidad, me encuentro frente al Otro. No un otro yo, no un reflejo en el espejo de mi conciencia, sino una presencia que me desborda, me convoca, me exige. Emmanuel Lévinas, pensador de la alteridad, nos murmura:

“El rostro del Otro, en su desnudez y desamparo, es tanto la prohibición de matar como el llamado a una responsabilidad infinita.” (Totalidad e Infinito, 1961).

Ese rostro es una epifanía, una fractura en el orden de lo igual, una brecha por la que el Infinito se deja ver.

Recuerdo una anécdota: una noche de guerra, cuando Lévinas era prisionero en un campo alemán, encontró la mirada de un perro callejero, Bobby, que acudía a saludar a los cautivos.

En Difícil libertad (1963), relata cómo ese perro, con su sola presencia, devolvía a aquellos hombres deshumanizados una dignidad olvidada. Esa mirada animal —casi un rostro levinassiano— portaba un reconocimiento, una alteridad que trasciende rejas y cadenas.

Así, el Otro, humano o no, nos convoca a salir de nosotros mismos, a responder antes incluso de preguntar.




lundi 28 juillet 2025

La Guerre de Tunisie 1942 / 1943

Tunisie 1942-1943 : Une guerre oubliée, une mémoire effacée


« La Tunisie fut un laboratoire de l’affrontement total entre la barbarie nazie et l’espoir allié, mais aussi un miroir des contradictions françaises. »



 


1. Une campagne décisive et sanglante


La Tunisie fut le dernier champ de bataille nord-africain de la Seconde Guerre mondiale. Après l’opération Torch en novembre 1942, où les Alliés débarquèrent au Maroc et en Algérie, les forces de l’Axe se replièrent vers l’est. 

L’Allemagne et l’Italie décidèrent de défendre coûte que coûte la Tunisie, clef stratégique entre la Méditerranée, l’Afrique et l’Europe. Hitler ordonna l’envoi de la 5e Panzerarmee et du général Rommel, replié d’Égypte, pour repousser l’avancée alliée.


Les principales batailles furent :

  • La bataille de Kasserine (février 1943), où les Américains, mal préparés, subirent de lourdes pertes face aux blindés allemands.

  • La bataille de Mareth (mars 1943), où Montgomery lança une vaste offensive contre les lignes fortifiées françaises réutilisées par les Allemands.

  • La bataille de l’Enfidaville (avril-mai 1943), où les Britanniques, appuyés par des troupes françaises et polonaises, encerclèrent les forces de l’Axe.


L’aviation joua un rôle crucial. Les combats aériens au-dessus de Tunis, Gabès ou Sfax virent s’affronter les chasseurs Spitfires, Messerschmitt et Curtiss P-40. Le ciel tunisien devint un cimetière pour des centaines d’avions.


"La Tunisie, c’était notre Stalingrad du désert », écrira plus tard un officier britannique".


2. Les otages, les représailles et les humiliations



Dans leur repli et leur obsession de résistance, les nazis ne reculèrent devant rien. À Tunis, Gabès, Sfax, Sousse, ils prirent des otages civils juifs , exécutèrent des résistants, et utilisèrent la torture dans les centres de détention improvisés.


Des documents retrouvés après-guerre révèlent que les Juifs tunisiens furent  rafflés et forcés à des travaux forcés sous la direction de la Wehrmacht : construction de pistes, transports de munitions, fortifications. Certains moururent sous les coups ou d’épuisement. 


Les nazis créèrent de véritables camps de travail à Djedeida, La Manouba et Bizerte.





Les autorités vichystes locales – gouverneur général Jean-Pierre Esteva en tête – collaborèrent sans réserve. Elles mirent en œuvre les lois antisémites de Vichy, déchurent des citoyens juifs de leurs droits, destituèrent enseignants, avocats et médecins juifs et ce dès 1940.





Le Grand Rabbin de Tunis, Haïm Bitan, dénonça :

 « L’humiliation est constante, l’humiliation est quotidienne. »


3.  L’ambivalence de la population locale


Si une partie de la population musulmane tunisienne resta à l’écart du conflit, des tensions apparurent rapidement. Certains notables arabes se montrèrent hostiles aux troupes alliées, vues comme nouvelles colonisatrices. 

Bourguiba se rendit à Rome pour convaincre Mussolini d'accorder l'indépendance à la Tunisie.




Des actes de pillage contre des propriétés juives furent recensés à la suite des bombardements. Dans certains cas, des dénonciations de Juifs aux Allemands ou à la milice vichyste étaient constantes.


4. Les résistants juifs tunisiens : des héros oubliés


La communauté juive de Tunisie ne resta pas passive. De nombreux jeunes juifs rejoignirent des réseaux de résistance clandestine. Ils collectaient des informations, sabotaient les lignes allemandes, aidaient les Alliés à identifier les positions de l’Axe.


Des figures comme Gilbert Mazliah, Georges Adda, Roger Bismuth, Jacques Zérah ont pris des risques insensés pour lutter contre les nazis. Certains furent arrêtés, torturés, et tués.


Les Français libres, arrivés avec Leclerc ou Koenig, s’appuyèrent sur cette jeunesse locale courageuse, souvent instruite, francophone et républicaine.


Le général Juin déclara en mai 1943 : « Les juifs de Tunisie n’ont pas seulement souffert, ils ont combattu. »


5. Conséquences et postérité


En mai 1943, la reddition allemande en Tunisie mit fin à la campagne nord-africaine. Ce fut une victoire stratégique majeure des Alliés. Plus de 275 000 soldats de l’Axe furent capturés. 

Mais le prix fut élevé : plus de 16 000 morts alliés, des milliers de civils tués, des quartiers entiers détruits à Tunis et Sfax.


Pour les 150 000 Juifs, ils ont évité le sort de leurs coreligionnaires de Salonique, et cette période fut le prélude aux grandes migrations post-1945, face à la montée du nationalisme arabe, aux souvenirs cuisants de la guerre et à la marginalisation progressive dans la Tunisie indépendante.


La mémoire officielle, longtemps dominée par le récit national tunisien, a trop souvent occulté l’implication des Juifs dans la résistance, leurs souffrances sous les nazis et les vexations pétainistes.


 Redonner une voix à la mémoire tunisienne juive


La campagne de Tunisie mérite d’être réinscrite dans notre mémoire historique, non comme une simple page militaire, mais comme un moment d’une rare intensité humaine.


Elle révèle les duplicité de Vichy, les lâchetés mais aussi les courages, la complexité des relations intercommunautaires, et surtout le rôle injustement effacé des Juifs tunisiens dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.


« L’Histoire n’oublie que ceux que les nations préfèrent effacer. Il est temps de rétablir la vérité. »


 © 2025 JBCH. Reproduction interdite sans autorisation.
















Les Juifs et la Commune de Paris (1871)

Les Juifs et la Commune de Paris : entre engagement républicain et soupçons éternels


« Le peuple a conquis la République comme il a conquis la Bastille : pour y faire entrer la justice. »     

Victor Hugo, 1871


La Commune de Paris, cet éclatant mais tragique épisode de l’histoire française, a suscité passions, espoirs et terreurs. Dans cette effervescence révolutionnaire, la place des Juifs a été à la fois réelle, symbolique et… diabolisée. 





Si leur présence parmi les communards fut authentique, elle donna aussi naissance à une double imagerie : celle du Juif républicain engagé, et celle, plus sombre, du « Juif conspirateur », banquier ou révolutionnaire, bouc émissaire d’un ordre en crise.


Une fidélité républicaine : l’engagement juif dans la Commune


Certains Juifs se sont illustrés avec courage dans le mouvement communard. Le plus emblématique demeure Léo Frankel, hongrois et ouvrier joaillier, nommé délégué au Travail, à l’Industrie et à l’Échange – en somme, ministre du Travail de la Commune. Il symbolise à lui seul cette synthèse entre internationalisme socialiste et espoir d’un monde affranchi des inégalités.


À ses côtés, on trouve Napoléon Gaillard, élu du 11e arrondissement, Eugène Lisbonne, juriste républicain, ou encore des dizaines d’officiers de la Garde nationale d’origine juive. Leur motivation n’était pas religieuse — ces hommes étaient républicains, laïcs, parfois même athées. Leurs idéaux se nourrissaient de justice sociale, d’émancipation humaine, de solidarité populaire.


Et dans l’ombre, Karl Marx, bien que juif allemand, saluait la Commune comme « la forme enfin trouvée de la dictature du prolétariat », dans son célèbre “Adresse du Conseil général de l’Internationale”. Il voyait dans Paris insurgée le précurseur de la révolution mondiale.



La laïcité, socle commun


Ce qui rapprochait ces Juifs engagés de la Commune, c’était une conception radicale de la République : laïque, sociale, universelle. Depuis leur émancipation en 1791, les Juifs français avaient massivement adhéré à l’idéal républicain, vu comme une libération face au carcan de l’Ancien Régime.


La Commune, en défendant la séparation de l’Église et de l’État, offrait aux Juifs une garantie précieuse : celle d’être citoyens à part entière, non plus tolérés mais intégrés. Elle incarnait une promesse d’égalité, loin des replis identitaires ou religieux.


L’antisémitisme renaît de ses cendres


Mais la défaite de la Commune, écrasée dans le sang par les Versaillais, déclencha une contre-offensive idéologique féroce. La droite monarchiste, catholique, antirépublicaine, ressuscita un antisémitisme ancien, désormais teinté de politique.


Dans des pamphlets et articles enfiévrés, les Juifs furent accusés d’avoir fomenté la révolte. Le banquier Rothschild,  et Péreire ,le député Crémieux, les « cosmopolites », les francs-maçons et les « internationalistes » juifs : tous furent dénoncés dans une rhétorique qui annonçait Édouard Drumont, son “La France juive”, et bientôt l’Affaire Dreyfus.


Même Jean Jaurès, figure intouchable de la gauche, mêlera parfois critiques du capitalisme et allusions aux banquiers juifs (les frères Pereire ou Fould), avant de se racheter très tardivement en rejoignant le camp dreyfusard.



1874  : Inauguration de la Grande Synagogue de la Rue de la Victoire à Paris





Colonisation, intégration, et fracture idéologique


C’est dans ce contexte que Crémieux — ministre et chef du Consistoire central proposa de donner la citoyenneté française aux  indigènes d’Algérie. En échange, ceux-ci devaient adopter un prénom français, abandonner la polygamie, et placer les lois républicaines au-dessus des lois religieuses.


Les Juifs acceptèrent massivement cette proposition. Ils firent le choix de l’assimilation républicaine. En revanche, la majorité des musulmans algériens refusèrent, plaçant la Charia au-dessus de toute autre autorité. Une fracture venait de naître, qui allait structurer l’histoire coloniale, puis postcoloniale, de la France.


Entre espoir et tragédie


La Commune a offert aux Juifs français un moment d’intensité républicaine, un instant de fusion avec les idéaux de progrès et d’égalité. 


Mais elle a aussi réactivé des peurs anciennes. Trop visibles dans la République, trop discrets dans leur foi, trop engagés à gauche ou trop puissants dans la banque : les Juifs furent accusés de tout et de son contraire.


La figure du Juif communard et celle du Juif capitaliste se sont confondues dans l’imaginaire antisémite. 


Le XXe siècle ne fera qu’amplifier cette contradiction tragique, jusqu’à la Shoah, avec l'horreur de la déportation soutenue par le régime de Pétain, sa milice et sa police.


Il faut relire ces pages avec lucidité. Comme l’écrivait Georges Clemenceau :


« L’antisémitisme est la forme la plus basse de l’imbécillité humaine. »


Et pourtant, 150 ans après la Commune, il est toujours là, et agit au grand jour, avec la complicité d'un parti politique , LFI,  qui fait le déshonneur de notre République laïque et indivisible.


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Macron en contact direct avec le Hamas depuis 2020 ! (FR,EN)


Macron, le Qatar et le double langage français : 

la dangereuse duplicité d’une diplomatie aveugle


Il y a des silences qui pèsent autant que des fautes. Il y a des actes officieux qui, par leur duplicité, minent les fondements d’une République prétendument éclairée. Alors que la France affichait officiellement son rejet du terrorisme islamiste, des documents saisis dans les tunnels du Hamas à Gaza révèlent une vérité bien plus dérangeante.


Les services de renseignement français auraient rencontré à Doha,  en 2020, avec l’aval d’Emmanuel Macron, des dirigeants du Hamas, organisation classée terroriste par l’Union européenne.


La République dans les pas du Qatar ?





Le Qatar, micro-émirat richissime, joue depuis des années un double jeu cynique : médiateur officiel, bailleur de fonds officieux, soutien assumé des Frères musulmans et du Hamas. En fin stratège, Doha abrite depuis 2012 le bureau politique de l’organisation palestinienne, devenu le centre névralgique de ses relations internationales. 


Le Qatar finance Gaza,  et maintient ainsi un levier sur le conflit israélo-palestinien tout en s’achetant une posture de respectabilité sur la scène internationale.


Et la France ? Plutôt que de rester ferme sur ses principes républicains, elle s’est laissée aspirer dans ce jeu trouble. En 2020, à la demande supposée du président Macron, un haut représentant de la DGSE s’est entretenu à Doha avec Khaled Mechaal et Moussa Abou Marzouk, deux figures majeures du Hamas. Lors de cette réunion secrète – révélée par des documents saisis dans les tunnels de Gaza – le représentant français aurait déclaré :


« Je viens avec l’approbation du président Macron… nous ne voulons pas seulement parler à l’Autorité palestinienne, mais aussi à vous. »


Faut-il rappeler que le Hamas est une organisation criminelle et terroriste qui prône explicitement la destruction d’Israël, éduque et instrumentalise depuis vingt ans sa population civile y compris des enfants comme bouclier humain, et commet des crimes de guerre depuis des décennies ?


Une stratégie de courtisanerie


Sarkozy avait grand ouvert les portes de la France au Qatar. Macron aime à se présenter comme un stratège du dialogue, un héritier des Lumières qui croit au pragmatisme. Mais dialoguer avec les terroristes du Hamas à huis clos, dans l’ombre de Doha, c’est piétiner l’éthique républicaine au nom d’un cynisme géopolitique nauséabond.


Car derrière cette posture se cache un alignement croissant sur les intérêts qataris, déjà observé dans d’autres sphères : soutien aux mosquées salafistes sous couvert de mécénat, contrats d’armement, investissements massifs dans les banlieues, dans le sport, l’immobilier et l'éducation et la culture française (par exemple au Festival d'Avignon). 


La France de Macron semble fascinée par le mirage qatari, prête à se compromettre pour quelques dividendes géostratégiques.






Ce flirt avec Doha n’est pas neutre. Il alimente un réseau idéologique qui légitime, finance ou excuse l’islam politique, y compris dans ses formes les plus violentes. 


Le Hamas n’est pas une organisation “résistante” : c’est une milice terroriste islamiste totalitaire dont la charte mêle antisémitisme, négation de l’État juif et appel au djihad. Pourquoi Macron accepte-t-il de traiter avec elle, même officieusement ? Par faiblesse ? Par calcul ? Par soumission à des intérêts étrangers ?


Le double langage macronien


Ce scandale vient s’ajouter à une longue série d’ambiguïtés françaises vis-à-vis du terrorisme islamiste. Pendant que des discours martiaux sont tenus à l’intérieur du pays – contre “le séparatisme”, contre “l’islam radical” –, la diplomatie française, elle, joue une partition totalement différente à l’international


Elle ferme les yeux sur le rôle du Qatar dans la propagation du salafisme, et elle fraternise avec les ennemis jurés de la démocratie et des droits de l’homme.


Ce double langage est destructeur. Il nourrit la défiance des citoyens, il brouille les repères, il désarme moralement les forces de sécurité, et il ridiculise la parole présidentielle. 


Comment défendre la liberté d’expression, les valeurs républicaines, la lutte contre l’antisémitisme, si l’on pactise en coulisse avec ceux qui les vomissent ?




Une trahison des alliés et des principes


En cautionnant une diplomatie parallèle avec le Hamas, Macron trahit aussi la confiance des partenaires démocratiques de la France, à commencer par Israël. La France prétend œuvrer pour une solution à deux États, mais elle se met à négocier avec ceux qui veulent la disparition de l’un des deux. Elle prétend combattre le terrorisme islamiste, mais elle dialogue avec ses architectes. 

Elle dit défendre les droits humains, mais elle courtise ceux qui exécutent les homosexuels à Gaza et enrôlent des enfants dans leurs rangs.

En reconnaissant l'existence en septembre prochain à l'ONU  d'un autre pays pour les arabes vivant en Palestine mandataire (Il y a déjà la Jordanie : Accords de San Rémo 1920)

Ce n’est pas du réalisme, c’est de la lâcheté politique, masquée derrière un vernis de diplomatie agile. C’est la trahison d’un héritage républicain séculaire, celui de la clarté morale, de la fermeté face aux totalitarismes, de la défense de la vérité contre la propagande.


Le prix du cynisme


L’affaire de Doha n’est pas anecdotique. Elle éclaire une tendance plus large : celle d’un pouvoir qui, par électoralisme ou opportunisme géopolitique, s’accommode de l’ambiguïté avec les pires ennemis de nos valeurs. Emmanuel Macron, président éclairé ? 


Non. Président personnellement compromis, et peut-être corrompu, suite aux discussions de Beyrouth dans lesquelles le Hezbollah accordait ( à la place du pouvoir élu ) la concession commerciale du port de Beyrouth au groupe Saadé.




L'absence du Président à la manifestation pour la Laïcité et contre l'antisémitisme le 13 Novembre 2023,  sous les conseils de son ami "humoriste" Belattar, soit disant bien écouté dans la rue arabe en France, prouve le virement qu'il a accompli vers un avenir sombre ... pour lui.





Il est temps que la France rompe clairement avec ce double jeu. Elle ne peut se réclamer de Voltaire et s’agenouiller devant les financiers du fondamentalisme. Elle ne peut à la fois dénoncer le terrorisme et entretenir des liens avec ceux qui l’incarnent.




La République vaut bien mieux que cela.

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🇬🇧 

English Version


Macron in direct contact with Hamas since 2020!
Macron, Qatar, and the French double talk: the dangerous duplicity of a blind diplomacy
There are silences that weigh as heavily as faults. There are unofficial acts which, through their duplicity, undermine the very foundations of a supposedly enlightened Republic. While France was officially denouncing Islamist terrorism, documents seized in Hamas tunnels in Gaza revealed a far more disturbing truth.
French intelligence services reportedly met with Hamas leaders in Doha in 2020, with Emmanuel Macron’s approval — an organization listed as terrorist by the European Union.
The Republic following in Qatar’s footsteps?
Qatar, the wealthy micro-emirate, has long played a cynical double game: official mediator, unofficial financier, and open supporter of the Muslim Brotherhood and Hamas. Since 2012, Doha has hosted the political bureau of the Palestinian organization, now the nerve center of its international relations.
Qatar finances Gaza, thus maintaining leverage over the Israeli-Palestinian conflict while projecting an image of international respectability.
And France? Rather than stand firm on its republican principles, it was drawn into this murky game. In 2020, at the presumed request of President Macron, a senior DGSE official met secretly in Doha with Khaled Meshaal and Mousa Abu Marzouk — two key Hamas figures. During the meeting, as revealed in documents seized in Gaza’s tunnels, the French representative reportedly stated:
“I come with President Macron’s approval… we do not want to speak only with the Palestinian Authority, but with you too.”
Let us recall: Hamas is a criminal and terrorist organization that explicitly advocates Israel’s destruction, educates and uses civilians — including children — as human shields, and has committed war crimes for decades.
A strategy of sycophancy
Sarkozy opened France’s doors to Qatar. Macron likes to present himself as a strategist of dialogue, an heir to Enlightenment values. But to secretly negotiate with Hamas in Doha’s shadow is to trample republican ethics in the name of geopolitical cynicism.
Behind this posture hides a growing alignment with Qatari interests — visible in other areas: support for Salafist mosques under the guise of philanthropy, arms deals, heavy investments in French suburbs, sports, real estate, education, and even culture (e.g., the Avignon Festival).
France under Macron seems dazzled by the Qatari mirage, willing to compromise for strategic dividends.
This flirtation with Doha is not neutral
It feeds an ideological network that legitimizes, funds, or excuses political Islam, even in its most violent forms.
Hamas is not a “resistance movement”; it is a totalitarian Islamist militia whose charter blends antisemitism, rejection of the Jewish state, and calls for jihad. Why does Macron agree to deal with them, even unofficially? Out of weakness? Calculation? Submission to foreign interests?
The Macronian double discourse
This scandal adds to a long list of French ambiguities toward Islamist terrorism. While tough speeches are made at home — against “separatism,” against “radical Islam” — French diplomacy plays a completely different tune abroad.
It turns a blind eye to Qatar’s role in spreading Salafism and fraternizes with democracy’s sworn enemies.
This double language is destructive. It fuels public mistrust, confuses moral boundaries, demoralizes security forces, and makes presidential words seem ridiculous.
How can we defend free speech, republican values, and the fight against antisemitism while secretly colluding with those who reject all three?
A betrayal of allies and principles
By supporting parallel diplomacy with Hamas, Macron betrays the trust of France’s democratic allies, starting with Israel. France claims to support a two-state solution, yet negotiates with those who want one of the two states erased. It claims to fight Islamist terrorism, yet talks with its architects.
It claims to support human rights, yet courts those who execute homosexuals in Gaza and recruit children into combat.
In recognizing at the UN this September another “state” for the Arabs of Mandatory Palestine (despite Jordan already existing since the San Remo agreements of 1920), France is not showing realism — it’s displaying political cowardice under the mask of “agile diplomacy.”
This is a betrayal of France’s republican heritage: moral clarity, firmness against totalitarianism, and truth over propaganda.
The cost of cynicism
The Doha affair is not anecdotal. It reflects a broader trend — a leadership that, for electoral or geopolitical convenience, tolerates ambiguity with the worst enemies of our values.
Macron, an enlightened president?
No — a compromised, perhaps corrupt leader, as seen during Beirut negotiations where Hezbollah (not the elected government) awarded the Saadé group the commercial port concession.
His absence at the Laïcité and anti-antisemitism rally on November 13, 2023 — under advice from his friend, “comedian” Yassine Belattar, supposedly influential in the Arab street — proves how far he has strayed… into darkness.
It is time for France to clearly break from this double game. It cannot invoke Voltaire while kneeling to the financiers of fundamentalism. It cannot condemn terrorism while engaging with its perpetrators.
The Republic is worth far more than that.