Rechercher dans ce blog

jeudi 13 novembre 2025

Comme un vol de gerfauts ....... JBCH N° 626

Les conquérants

Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,

Fatigués de porter leurs misères hautaines,

De Palos, de Moguer, routiers et capitaines

Partaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal.

 

Ils allaient conquérir le fabuleux métal

Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,

Et les vents alizés inclinaient leurs antennes

Aux bords mystérieux du monde occidental.

 

Chaque soir, espérant des lendemains épiques,

L’azur phosphorescent de la mer des Tropiques

Enchantait leur sommeil d’un mirage doré ;

 

Ou, penchés à l’avant des blanches caravelles,

Ils regardaient monter en un ciel ignoré

Du fond de l’Océan des étoiles nouvelles.






Qui n'a pas récité ce magnifique poème,

« Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal ».
Les gerfauts, faucons du Nord, symbolisent la noblesse et la fougue des aventuriers quittant une Europe médiévale déclinante — un « charnier » marqué par la guerre, la misère et la peste — pour chercher un ailleurs héroïque.

Le rythme ample des alexandrins et les sonorités (« routiers et capitaines / ivres d’un rêve héroïque et brutal ») traduisent la fièvre de la conquête, mêlant grandeur et violence. Heredia, poète parnassien, célèbre ici la beauté plastique du geste, sans juger moralement la colonisation. Il en fait un mythe de dépassement humain, presque antique.

Les « vents alizés », les « blanches caravelles » et « l’azur phosphorescent » construisent un décor épique et lumineux ; la mer devient le théâtre du rêve et du danger. Le dernier tercet ouvre sur une vision cosmique :

« Du fond de l’Océan des étoiles nouvelles ».  
C’est la naissance d’un nouveau monde, mais aussi d’une nouvelle conscience : l’humanité découvre que le monde est plus vaste, plus mystérieux qu’elle ne l’imaginait.




Les Conquérants célèbre la tension entre l’élan héroïque et l’illusion du rêve de richesse, entre la splendeur de la découverte et la tragédie de la conquête.

Heredia y condense l’esprit de la Renaissance : foi dans l’homme, goût du risque, soif d’infini — un poème où la beauté formelle sublime l’ambiguïté historique.


https://images.bnf.fr/#/home/portfolio-3/detail-2001072/1


Un Grand compositeur juif : Camille Erlanger ..... JBCH N° 625

Camille Erlanger, compositeur juif français méconnu est décrit par Jacques Tchamkerten, musicologue suisse, auteur de monographies sur Honegger, Bloch ou Jaques-Dalcroze, et qui signe sur le site de l’Institut Européen des Musiques Juives (IEMJ), et réssuscite avec précision et passion Camille Erlanger (1863-1919), l’un de ces compositeurs d’opéras de la Belle Époque relégués dans l’oubli collectif.  




Erlanger mérite une place « non négligeable » au répertoire, au même titre que Bruneau, Leroux ou Hüe.   Erlanger est un artisan maîtrisant l’écriture dramatique, mais dont la postérité fut brève : juif alsacien, cette précision n’est pas anecdotique ; elle prépare le terrain à l’antisémitisme latent qui gangréna la réception de certaines œuvres, notamment La Sorcière en 1912, où des critiques virent dans la représentation de l’Inquisition une attaque voilée. 





Camille Erlanger naît le 25 Mai 1863; il est le fils de Joseph Erlanger, fleuriste, juif non pratiquant, et Babette Erlanger. Au Conservatoire, il suit les cours de Léo Delibes,  et, en 1888, il remporte le premier Grand Prix de Rome avec sa cantate Vélleda


Le , il épouse à Paris (8e arrondissement) Irène Hillel-Manoach (1878-1920) qui appartient à la famille Camondo. Le couple a un fils le , le futur historien Philippe Erlanger .




Il est donc Prix de Rome 1888 (Velléda, devant Dukas). Suivent les envois de Rome : Saint-Julien l’hospitalier (1895), révélateur d’une « ferveur wagnérienne » déjà sensible dans les hardiesses harmoniques.  Il a une  trajectoire fulgurante : Kermaria (1897, échec relatif), puis Le Juif polonais (1900), succès durable jusqu’aux années 1930, naturaliste à la Bruneau, repris jusqu’à Vienne par Mahler en 1906. 




Le cœur du texte catalogue les opéras avec une acuité dramaturgique rare. Le Fils de l’Étoile (1904, Garnier) est une fresque épico-wagnérienne sur le soulèvement hébreu contre Hadrien : livret opaque de Catulle Mendès, succès d’estime. 



Aphrodite (1906), adaptation érotique de Pierre Louÿs avec Mary Garden, triomphe grâce au scandale, au faste et à la musique : motifs conducteurs personnels, hybridité annonçant le modernisme (citation de Leslie Wright).  Viennent Bacchus triomphant (1909), L’Aube rouge (1911, anarchistes russes), La Sorcière (1912, violence inquisitoriale, Marthe Chenal monstre sacré), puis les inachevés Hannele Mattern (créé 1950 à Strasbourg, indifférence) et Forfaiture (1921, première adaptation d’un film à l’opéra). 




L’oubli ? Mort précoce (1919), guerres, révolutions esthétiques des Années folles, antisémitisme (L’Action française moqua sa judéité), interdiction de monter Hauptmann pendant 14-18. Seules quelques mélodies et pages symphoniques subsistent, plus une musique de film patriotique (1919).




Depuis 2023, Guillaume Tourniaire exhume : L’Aube rouge à Wexford, La Sorcière à Genève .  Notre époque, moins prisonnière des querelles passéistes, saura entendre la force expressive et l’originalité d’Erlanger. 




Il nous faut réhabiliter ce wagnérien juif français, trop longtemps relégué au rayon des curiosités.  Erlanger un grand musicien à redécouvrir !







Sondage intéressant. JBCH N° 624

Voici un résumé et commentaire du récent sondage commandé par Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) intitulé « Le regard des Français sur l’antisémitisme» du 3 au 4 novembre 2025 auprès de1 000 personnes. 




Voici les points majeurs que révèle l’enquête :

  • 61 % des Français déclarent comprendre « les craintes que peuvent ressentir les Français juifs de vivre en France actuellement ».  
  • Ce taux tombe à seulement 26 % parmi les sympathisants de La France Insoumise.  
  • 68 % estiment que l’antisémitisme est un phénomène répandu en France aujourd’hui.  
  • 66 % pensent que ce phénomène est plus répandu maintenant qu’il y a «quelques années».  
  • Sur les réseaux sociaux, 80 % jugent que l’antisémitisme y est particulièrement répandu.  
  • 81 % estiment qu’une « lutte ferme » contre l’antisémitisme est nécessaire.  
  • En revanche, seulement 49 % pensent qu’une telle lutte ferme est actuellement mise en place par les pouvoirs publics.  

Ces résultats offrent plusieurs angles de réflexion : Reconnaissance d’un problème Une large majorité reconnaît que l’antisémitisme est à la fois répandu et en augmentation — ce qui est un signal fort. Le fait que 66 % jugent qu’il est plus répandu qu’il y a quelques années montre une conscience accrue de la menace. Cela peut traduire une évolution dans l’opinion publique, mais aussi une amplification des faits, des médias, des réseaux.




Écart selon l’orientation politique Le contraste entre l’ensemble de la population (61 %) et les sympathisants LFI (26 %) dans la compréhension des craintes que ressentent les Juifs est frappant. Cela suggère que la dimension politique / partisane façonne fortement la perception de l’antisémitisme. Cela peut refléter un clivage sur la manière de définir ou reconnaître les actes ou propos comme antisémites.


Inquiétude face aux réseaux sociaux Le chiffre de 80 % sur la perception de l’antisémitisme sur les réseaux sociaux confirme que beaucoup voient ces plateformes comme un vecteur majeur de diffusion de haine. Cela implique que la lutte contre l’antisémitisme doit impérativement inclure le numérique.Distance entre nécessité et action publique 


Que 81 % jugent qu’une lutte ferme est nécessaire mais seulement 49 % estiment qu’elle est mise en place montre un fossé entre attentes citoyennes et perception de l’action politique/institutionnelle. Cela peut générer frustration, désillusion, voire sentiment de mise à l’écart pour la communauté juive.





Effets possibles sur la communauté juive Cette enquête, par ses résultats, peut renforcer le sentiment d’isolement ou de vulnérabilité de la communauté juive en France. Si une majorité reconnaît le problème mais qu’un nombre significatif doute de l’engagement réel de l’État ou de la société, cela peut affecter le sentiment d’appartenance à la République. Risques pour la cohésion sociale 


Ces données montrent que l’antisémitisme n’est pas uniquement un problème pour la communauté juive : il est perçu comme un danger pour la société dans son ensemble. Cela devrait pouvoir mobiliser plus largement. Cependant, le clivage politique et la perception d’une action insuffisante peuvent limiter cette mobilisation.





Le sondage du CRIF met en lumière une double réalité : d’un côté, une majorité des Français reconnaît l’antisémitisme comme un phénomène sérieux et en progression; de l’autre, une minorité pense que la réponse publique est à la hauteur. 


Cela constitue un appel à renforcer, non seulement les mesures de lutte, mais aussi la visibilité de ces mesures et donner à la justice souvent passive un avertissement afin d'être moins laxiste envers ces dérives et afin que la société juge que l’engagement est réel.


Pour la communauté juive, ces résultats confirment un climat perçu comme tendu et nécessitent une vigilance renforcée, tout en signalant que l’opinion publique n’est pas fermée à la reconnaissance du problème. 


Pour les pouvoirs publics et la société civile, le message est clair : agir et montrer qu’on agit.


Pour les jeunes juifs, du moins ceux qui se sentent profondément juifs, le moment de la décision de quitter la france se pose avec anxiété.





mercredi 12 novembre 2025

Le Lac de Tibériade (Kinereth) se remplit avec de l'eau dessalée. JBCH N° 623

La Mer de Galilée (ou Kinereth) constitue la principale réserve naturelle d’eau douce d’Israël. Or, en raison de plusieurs années de sécheresse profonde (notamment 2013‑2018) après la création d'un barrage de retenue au Liban, son niveau avait atteint un seuil critique, proche de la « ligne rouge » sous laquelle l’écosystème risque des dommages irréversibles. 


Pour y remédier, l’Autorité israélienne de l’eau a inauguré, le 23 octobre 2025, un projet sans précédent : injecter de l’eau dessalée issue de la Méditerranée dans la Mer de Galilée via la source d’Ein Ravid et la rivière saisonnière Tsalmon. 



Le débit initial est de l’ordre de 1 000 m³/heure (un des deux tuyaux est actif), avec la possibilité de monter à 1 500‑2 000 m³/heure selon les conditions (pluies, disponibilité d’eau dessalée). 

Le gain estimé est d’environ 0,5 cm d’élévation du niveau du lac par mois, ce qui paraît modeste mais symbolique compte tenu de la situation extrême. 


Sur le plan technique, ce projet s’inscrit dans le cadre du « National Carrier Flow Reversal Project » (inversion du transport d’eau) qui permet désormais de diriger des eaux dessalées vers le nord, au lieu de toujours prélever uniquement au nord pour le sud. 



Les études initiales indiquent que ce réservoir d’eau dessalée ne devrait pas provoquer « d’effet délétère significatif » sur l’écosystème, bien que certaines inquiétudes persistent quant à la dilution de la salinité ou aux impacts à long terme. 


Intérêts et enjeux principaux : Renforcer la sécurité hydrique d’Israël : en ajoutant une source d’eau alternative à la Mer de Galilée, l’État réduit la pression sur ce réservoir stratégique et améliore sa résilience face à la sécheresse ou aux changements climatiques. Innovation et image internationale : ce projet est présenté comme une première mondiale, renforçant le rôle d’Israël comme pionnier en traitements d’eau, dessalement et gestion hydrique avancée. 


Réduction de la dépendance aux prélèvements traditionnels : moins d’eau prélevée de la Galilée pour alimenter le sud permet de préserver le lac pour les besoins locaux, écologiques et régionaux. Effet régional et diplomatique : l’amélioration de la gestion de l’eau en Israël peut avoir des retombées pour les voisins, notamment dans le cadre de traités/hydraulique transfrontalière.


Limites, défis et perspectives Le volume injecté reste pour l’instant limité (0,5 cm/mois) : pour un impact tangible durable sur le niveau du lac, il faudra éventuellement un déploiement plus large. Le suivi écologique sur longue durée est indispensable : la modification de la salinité, la température, ou la composition chimique de l’eau peut avoir des effets indirects sur la faune et la flore aquatiques.


La Jordanie partage avec Israël un traité d’eau datant de 1994 (traité de paix Israël‑Jordanie) : la préservation de la Mer de Galilée contribue à sécuriser un flux d’eau plus stable pour la Jordanie également. Selon le projet d’inversion de transport d’eau, l’Autorité israélienne mentionne explicitement « fulfilling Israel’s commitment to the Kingdom of Jordan ».  


Si Israël libère une part plus importante du niveau du lac pour ses exportations ou pour stabiliser ses ressources internes, la Jordanie pourrait bénéficier d’une meilleure gestion régionale, voire d’extensions futures des flux d’eau dessalée vers l’est. Toutefois, de tels bénéfices ne sont pas automatiquement garantis : cela dépendra de la politique d’échange, de prix, et des priorités de l’eau dans un cadre bilatéral.


Pour la Judée‑Samarie  Bien que directement ce projet cible l’intérieur d’Israël, une meilleure gestion de l’eau et une plus grande stabilité hydrique pourrait indirectement soulager les pressions sur les aquifères partagés et sur les réserves d’eau communes. 


Si Israël dispose de davantage de marge grâce à l’eau dessalée, cela pourrait ouvrir des possibilités accrues de coopération technique ou d’infrastructures hydriques dans les territoires limitrophes, notamment à travers des accords d’eau, ce qui pourrait améliorer l’accès ou la qualité de l’eau. Cependant, l’impact direct n’est pas immédiat : les enjeux dans les territoires palestiniens sont aussi politiques — gestion, droits d’eau, contrôle de ressources — et ce projet ne change pas automatiquement ces dynamiques.


La Mer de Galilée (ou Kinereth) constitue la principale réserve naturelle d’eau douce d’Israël. Or, en raison de plusieurs années de sécheresse profonde (notamment 2013‑2018) son niveau avait atteint un seuil critique, proche de la « ligne rouge » sous laquelle l’écosystème risque des dommages irréversibles. 


Pour y remédier, l’Autorité israélienne de l’eau a inauguré, le 23 octobre 2025, un projet sans précédent : injecter de l’eau dessalée issue de la Méditerranée dans la Mer de Galilée via la source d’Ein Ravid et la rivière saisonnière Tsalmon. 


Le débit initial est de l’ordre de 1 000 m³/heure (un des deux tuyaux est actif), avec la possibilité de monter à 1 500‑2 000 m³/heure selon les conditions (pluies, disponibilité d’eau dessalée). 



Le gain estimé est d’environ 0,5 cm d’élévation du niveau du lac par mois, ce qui paraît modeste mais symbolique compte tenu de la situation extrême. 

Sur le plan technique, ce projet s’inscrit dans le cadre du « National Carrier Flow Reversal Project » (inversion du transport d’eau) qui permet désormais de diriger des eaux dessalées vers le nord, au lieu de toujours prélever uniquement au nord pour le sud. 

Les études initiales indiquent que ce réservoir d’eau dessalée ne devrait pas provoquer « d’effet délétère significatif » sur l’écosystème, bien que certaines inquiétudes persistent quant à la dilution de la salinité ou aux impacts à long terme. 

Intérêts et enjeux principaux Renforcer la sécurité hydrique d’Israël : en ajoutant une source d’eau alternative à la Mer de Galilée, l’État réduit la pression sur ce réservoir stratégique et améliore sa résilience face à la sécheresse ou aux changements climatiques. Innovation et image internationale : ce projet est présenté comme une première mondiale, renforçant le rôle d’Israël comme pionnier en traitements d’eau, dessalement et gestion hydrique avancée. 


Réduction de la dépendance aux prélèvements traditionnels : moins d’eau prélevée de la Galilée pour alimenter le sud permet de préserver le lac pour les besoins locaux, écologiques et régionaux. Effet régional et diplomatique : l’amélioration de la gestion de l’eau en Israël peut avoir des retombées pour les voisins, notamment dans le cadre de traités/hydraulique transfrontalière.


Limites, défis et perspectives Le volume injecté reste pour l’instant limité (0,5 cm/mois) : pour un impact tangible durable sur le niveau du lac, il faudra éventuellement un déploiement plus large. Le suivi écologique sur longue durée est indispensable : la modification de la salinité, la température, ou la composition chimique de l’eau peut avoir des effets indirects sur la faune et la flore aquatiques.


Pour la Syrie, il y a une crise de l'eau, 40 % d'eau potable. Le conflit qui ravage la Syrie depuis plus de dix ans a massivement provoqué la destruction des réseaux d'eau dans tout le pays. Donc le projet et la technologie israélienne intéresse le nouveau gouvernement syrien. 


Résultat, les ressources en eau potable ont diminué de 40%, entravant l'accès de millions de personnes à ce bien vital direct sur la Syrie est plus limité car elle n’est pas partie intégrante de ce réseau israélien de dessalement vers la Galilée mais le serait si un accord est signé dans les semaines à venir. 


Toutefois, à plus long terme, ce type d’innovation peut servir de modèle pour d’autres bassins du Levant où la sécheresse et la rareté d’eau posent problème. Si le partenariat Israël‑Jordanie‑Judée Samarie coopéraient, cela pourrait créer un effet d’entraînement dans la région, incitant d’autres États (comme la Syrie) à considérer techniques de dessalement ou coopération transfrontalière. En revanche, à court terme les tensions politiques et l’absence d’accords hydriques larges limitent ce potentiel.


Le projet d’acheminement d’eau dessalée dans la Mer de Galilée constitue une avancée majeure en matière de gestion de l’eau dans un environnement aride et tendu : c’est une première mondiale, un symbole d’innovation et un pas vers la résilience hydrique d’Israël.


Sur le plan régional, il offre des opportunités pour la Jordanie et peut indirectement bénéficier à la Judée‑Samarie à travers une meilleure marge hydraulique dans la zone. Pour la Syrie, l’effet demeure plus lointain et dépend de la mise en réseau et de la coopération régionale.


Cependant, le succès dépendra de la montée en échelle du débit, du suivi écologique, de la stabilité climatique et de la volonté politique d’utiliser ce gain d’eau pour renforcer aussi les partenariats régionaux.


En définitive, ce projet illustre comment l’innovation technique peut ouvrir des horizons stratégiques — mais aussi montre que l’eau reste un enjeu géopolitique complexe au Moyen‑Orient, où la technologie doit s’accompagner de diplomatie et de coopération.



Israël / Grèce Achat de 3 milliards d'euro de matériels de défense JBCH. N° 622

La Turquie d'Erdogan joue au Chat et à la Souris, elle souffle le chaud et le froid, elle achète des S 400 à la Russie et essaye d'avoir des F 35 américains, Trump a refusé et les turcs se sont tournés vers la perfide Albion, l'Angleterre pour acheter des jets  Eurofighters bien moins performants, les grecs eux ont acheté 15 Rafales à la France. ...  


Rien ne va plus avec ce régime dictatorial ...  avec un Chef d'état ouvertement Frère Musulman. 


Israël ne veut pas de forces turques à Gaza ... et pour cause ! Chypre et La Grèce accélèrent  leurs  coopérations militaires avec Israël face aux tensions turques. Certaines iles grecques se situent à deux kilomètres des côtes turques ... Eglises orthodoxes et mosquées se font face à face, les deux armées aussi.


La Grèce intensifie ses négociations avec Israël pour l’acquisition de systèmes de défense aérienne avancés d’un montant estimé à plus de trois milliards d’euros dans un contexte de tensions croissantes avec la Turquie qui revendique des zones de souveraineté en mer Égée et autour de la Thrace orientale Athènes cherche à moderniser ses forces armées dans le cadre du programme «
» afin de combler son retard technologique et de renforcer la protection de ses zones sensibles en particulier les îles de l’Égée et les territoires frontaliers.




 Les discussions portent sur trois systèmes israéliens développés par Israel Aerospace Industries et Rafael Advanced Defense Systems parmi lesquels le Barak MX, conçu pour neutraliser missiles, drones et avions à moyenne et longue portée, le Spyder pour la défense à courte et moyenne portée et éventuellement David’s Sling pour les menaces à plus grande distance Cette acquisition marque un tournant stratégique pour la Grèce qui jusque-là reposait sur des systèmes vieillissants tels que les S‑300 russes ou les Hawk américains et qui souhaite construire une architecture défensive multicouche capable de protéger son territoire et ses intérêts dans la région



Les responsables grecs soulignent que le partenariat avec Israël ne se limite pas à un transfert de technologie mais s’inscrit dans une stratégie plus large de consolidation des alliances méditerranéennes et de sécurité régionale La coopération bilatérale s’accompagne d’échanges de formation, d’exercices conjoints et de partage d’expertise technique afin de renforcer la capacité opérationnelle des forces armées grecques 


Cette alliance renforce également la position géopolitique d’Israël dans la Méditerranée orientale en consolidant un réseau de partenaires fiables capable de contrebalancer les ambitions turques et d’assurer un équilibre des forces sur le plan militaire et stratégique


Le choix de systèmes israéliens s’explique par leur rapidité de déploiement, leur efficacité reconnue sur le plan opérationnel et leur coût compétitif par rapport à certaines alternatives américaines traditionnelles L’expertise israélienne en matière de défense antimissile et de surveillance aérienne est considérée comme une référence mondiale et permet à la Grèce de rattraper rapidement son retard technologique tout en créant un dispositif de défense intégré capable de réagir à différentes menaces simultanées 





La perception grecque de la Turquie comme une menace stratégique est renforcée par les récentes tensions diplomatiques et militaires, ce qui explique l’urgence d’accélérer la signature de cet accord historique même si la conclusion finale n’est pas encore officialisée


Cette coopération s’inscrit également dans une vision plus large de sécurité régionale et de coopération méditerranéenne qui dépasse le cadre bilatéral La Grèce voit en Israël un partenaire fiable au Moyen-Orient capable de lui fournir non seulement des équipements avancés mais également une expertise stratégique précieuse Les analystes estiment que l’axe Jérusalem-Athènes pourrait devenir un pilier de stabilité dans une région confrontée à des conflits multiples et à des rivalités historiques entre acteurs étatiques L’intégration des systèmes israéliens dans l’armée grecque pourrait modifier l’équilibre militaire en Méditerranée orientale et envoyer un message clair sur la volonté d’Athènes de protéger ses frontières et d’affirmer son rôle dans la sécurité régionale


Le programme « Achilles’ Shield » illustre l’engagement de la Grèce à moderniser ses capacités militaires et à répondre aux menaces émergentes dans un contexte de compétition régionale accrue La combinaison de systèmes de défense aérienne courte, moyenne et longue portée permettra de couvrir simultanément plusieurs types de menaces tout en améliorant la coordination et la réactivité des forces armées grecques Les responsables israéliens considèrent ce partenariat comme un succès pour leur industrie de défense et un moyen de renforcer l’influence stratégique d’Israël dans la région méditerranéenne 


La coopération militaire s’accompagne également de considérations économiques et industrielles avec des contrats d’entretien, de maintenance et de mise à niveau qui prolongeront la durée de vie opérationnelle des systèmes et créeront des opportunités pour les entreprises grecques et israéliennes


La Grèce accélère sa coopération militaire avec Israël pour se protéger face à la Turquie tout en modernisant ses forces armées et en consolidant un partenariat stratégique essentiel 


La signature prochaine de cet accord pourrait transformer la défense aérienne grecque, créer un dispositif de surveillance et de protection multicouche et renforcer l’axe méditerranéen Jérusalem-Nicosie-Athènes, Nous parlerons plus tard de la situation de Chypre, envahie pour moitié par la Turquie dans le silence coupable de l'Union Européenne.



La mise en œuvre réussie de ce programme dépendra de la rapidité des négociations, de la livraison des systèmes et de l’intégration efficace dans la structure militaire grecque.


Dans un environnement régional instable et complexe, cette initiative illustre la détermination d’Athènes à défendre ses intérêts stratégiques et à collaborer avec un partenaire de confiance Israël, seul pays de la région capable de fournir technologie, expertise et sécurité au plus haut niveau.









Le Musee Mémorial du Terrorisme JBCH N0 621

Il était temps qu on commemore d'une façon éternelle les attentats sanglants qui ont eu lieu à Paris fin du XXème siècle et surtout début du XXIème siècle ... 

Paris accueillera donc le Musée-Mémorial du Terrorisme : un lieu d’histoire, de mémoire et de vérité Espérons qu on n'oublie pas :
Ilan Halimi

 ➡️ 2003 – Sébastien Selam (DJ Lam C) Assassiné à Paris (Xème arrondissement) par un voisin islamiste qui cria « J’ai tué un Juif, j’irai au paradis ».

➡️ 2006 – Ilan Halimi,Enlevé, torturé et assassiné par le « gang des barbares », dans une attaque à motivation antisémite.

➡️ 2012 – École Ozar Hatorah, Toulouse (non Paris mais emblématique) Trois enfants juifs et un enseignant assassinés par Mohamed Merah :Jonathan Sandler,Arié SandlerGabriel SandlerMyriam Monsonego.

➡️ 2015 – Hyper Cacher, Porte de Vincennes (Paris) Attaque terroriste islamiste d’Amedy Coulibaly, liée aux attentats de Charlie Hebdo. Yoav Hattab Philippe Braham François-Michel Saada Yohan Cohen

➡️ 2017 – Sarah Halimi Médecin retraitée, défenestrée par un voisin islamiste après avoir été rouée de coups et insultée en raison de sa judéité.

➡️ 2018 – Mireille Knoll Rescapée de la Shoah, poignardée et brûlée dans son appartement du 11e arrondissement de Paris, par deux jeunes hommes dont l’un criait « Allah Akbar ».

Le futur Musée-Mémorial du Terrorisme s’installera finalement à Paris, dans la caserne de Lourcine, boulevard du Port-Royal (13ᵉ arrondissement), propriété de l’État. 


Ce lieu, à la fois central et symbolique, permettra de conjuguer histoire, recueillement et pédagogie. Initialement prévu à Suresnes, le projet a été déplacé pour des raisons d’accessibilité et de coût, la facture initiale de 95 millions d’euros étant jugée excessive. Son inauguration est prévue pour 2030.




Sous la direction d’Élisabeth Pelsez, la mission de préfiguration souhaite créer un lieu « qui retrace l’histoire du terrorisme contemporain tout en rendant hommage à toutes ses victimes ». Le musée comprendra deux espaces : l’un dédié à l’étude et à la documentation historique, l’autre, plus solennel, consacré au recueillement et à la mémoire collective.



Mais au-delà de la dimension française, la mémoire universelle du terrorisme exige que l’on n’oublie aucune victime, qu’elle soit à Paris, Toulouse, Nice, New York ou Berri et Reïm, en Israël. Le 7 octobre 2023, plus de 1 300 civils israéliens – hommes, femmes, enfants, vieillards – ont été massacrés, torturés, violés et décapités lors de l’attaque barbare du Hamas contre les kibboutzim du sud d’Israël et le festival Nova, symbole de liberté et de jeunesse.


Un musée du terrorisme digne de ce nom doit offrir une place centrale à cet événement, le plus grand massacre antisémite depuis la Shoah. Il rappellera que le terrorisme n’a pas de frontières, qu’il frappe l’humanité dans ce qu’elle a de plus fragile : la vie civile, la liberté, la culture.


Ainsi, le futur musée de Paris ne sera pas seulement un lieu de commémoration française, mais aussi un espace universel de mémoire, d’éducation et de vigilance, où la voix des victimes d’Israël, de France, et d’ailleurs, se mêlera pour dire d’une seule voix : plus jamais ça.

https://www.facebook.com/watch/?v=587520973907738