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mercredi 12 novembre 2025

Le Lac de Tibériade (Kinereth) se remplit avec de l'eau dessalée. JBCH N° 623

La Mer de Galilée (ou Kinereth) constitue la principale réserve naturelle d’eau douce d’Israël. Or, en raison de plusieurs années de sécheresse profonde (notamment 2013‑2018) après la création d'un barrage de retenue au Liban, son niveau avait atteint un seuil critique, proche de la « ligne rouge » sous laquelle l’écosystème risque des dommages irréversibles. 


Pour y remédier, l’Autorité israélienne de l’eau a inauguré, le 23 octobre 2025, un projet sans précédent : injecter de l’eau dessalée issue de la Méditerranée dans la Mer de Galilée via la source d’Ein Ravid et la rivière saisonnière Tsalmon. 



Le débit initial est de l’ordre de 1 000 m³/heure (un des deux tuyaux est actif), avec la possibilité de monter à 1 500‑2 000 m³/heure selon les conditions (pluies, disponibilité d’eau dessalée). 

Le gain estimé est d’environ 0,5 cm d’élévation du niveau du lac par mois, ce qui paraît modeste mais symbolique compte tenu de la situation extrême. 


Sur le plan technique, ce projet s’inscrit dans le cadre du « National Carrier Flow Reversal Project » (inversion du transport d’eau) qui permet désormais de diriger des eaux dessalées vers le nord, au lieu de toujours prélever uniquement au nord pour le sud. 



Les études initiales indiquent que ce réservoir d’eau dessalée ne devrait pas provoquer « d’effet délétère significatif » sur l’écosystème, bien que certaines inquiétudes persistent quant à la dilution de la salinité ou aux impacts à long terme. 


Intérêts et enjeux principaux : Renforcer la sécurité hydrique d’Israël : en ajoutant une source d’eau alternative à la Mer de Galilée, l’État réduit la pression sur ce réservoir stratégique et améliore sa résilience face à la sécheresse ou aux changements climatiques. Innovation et image internationale : ce projet est présenté comme une première mondiale, renforçant le rôle d’Israël comme pionnier en traitements d’eau, dessalement et gestion hydrique avancée. 


Réduction de la dépendance aux prélèvements traditionnels : moins d’eau prélevée de la Galilée pour alimenter le sud permet de préserver le lac pour les besoins locaux, écologiques et régionaux. Effet régional et diplomatique : l’amélioration de la gestion de l’eau en Israël peut avoir des retombées pour les voisins, notamment dans le cadre de traités/hydraulique transfrontalière.


Limites, défis et perspectives Le volume injecté reste pour l’instant limité (0,5 cm/mois) : pour un impact tangible durable sur le niveau du lac, il faudra éventuellement un déploiement plus large. Le suivi écologique sur longue durée est indispensable : la modification de la salinité, la température, ou la composition chimique de l’eau peut avoir des effets indirects sur la faune et la flore aquatiques.


La Jordanie partage avec Israël un traité d’eau datant de 1994 (traité de paix Israël‑Jordanie) : la préservation de la Mer de Galilée contribue à sécuriser un flux d’eau plus stable pour la Jordanie également. Selon le projet d’inversion de transport d’eau, l’Autorité israélienne mentionne explicitement « fulfilling Israel’s commitment to the Kingdom of Jordan ».  


Si Israël libère une part plus importante du niveau du lac pour ses exportations ou pour stabiliser ses ressources internes, la Jordanie pourrait bénéficier d’une meilleure gestion régionale, voire d’extensions futures des flux d’eau dessalée vers l’est. Toutefois, de tels bénéfices ne sont pas automatiquement garantis : cela dépendra de la politique d’échange, de prix, et des priorités de l’eau dans un cadre bilatéral.


Pour la Judée‑Samarie  Bien que directement ce projet cible l’intérieur d’Israël, une meilleure gestion de l’eau et une plus grande stabilité hydrique pourrait indirectement soulager les pressions sur les aquifères partagés et sur les réserves d’eau communes. 


Si Israël dispose de davantage de marge grâce à l’eau dessalée, cela pourrait ouvrir des possibilités accrues de coopération technique ou d’infrastructures hydriques dans les territoires limitrophes, notamment à travers des accords d’eau, ce qui pourrait améliorer l’accès ou la qualité de l’eau. Cependant, l’impact direct n’est pas immédiat : les enjeux dans les territoires palestiniens sont aussi politiques — gestion, droits d’eau, contrôle de ressources — et ce projet ne change pas automatiquement ces dynamiques.


La Mer de Galilée (ou Kinereth) constitue la principale réserve naturelle d’eau douce d’Israël. Or, en raison de plusieurs années de sécheresse profonde (notamment 2013‑2018) son niveau avait atteint un seuil critique, proche de la « ligne rouge » sous laquelle l’écosystème risque des dommages irréversibles. 


Pour y remédier, l’Autorité israélienne de l’eau a inauguré, le 23 octobre 2025, un projet sans précédent : injecter de l’eau dessalée issue de la Méditerranée dans la Mer de Galilée via la source d’Ein Ravid et la rivière saisonnière Tsalmon. 


Le débit initial est de l’ordre de 1 000 m³/heure (un des deux tuyaux est actif), avec la possibilité de monter à 1 500‑2 000 m³/heure selon les conditions (pluies, disponibilité d’eau dessalée). 



Le gain estimé est d’environ 0,5 cm d’élévation du niveau du lac par mois, ce qui paraît modeste mais symbolique compte tenu de la situation extrême. 

Sur le plan technique, ce projet s’inscrit dans le cadre du « National Carrier Flow Reversal Project » (inversion du transport d’eau) qui permet désormais de diriger des eaux dessalées vers le nord, au lieu de toujours prélever uniquement au nord pour le sud. 

Les études initiales indiquent que ce réservoir d’eau dessalée ne devrait pas provoquer « d’effet délétère significatif » sur l’écosystème, bien que certaines inquiétudes persistent quant à la dilution de la salinité ou aux impacts à long terme. 

Intérêts et enjeux principaux Renforcer la sécurité hydrique d’Israël : en ajoutant une source d’eau alternative à la Mer de Galilée, l’État réduit la pression sur ce réservoir stratégique et améliore sa résilience face à la sécheresse ou aux changements climatiques. Innovation et image internationale : ce projet est présenté comme une première mondiale, renforçant le rôle d’Israël comme pionnier en traitements d’eau, dessalement et gestion hydrique avancée. 


Réduction de la dépendance aux prélèvements traditionnels : moins d’eau prélevée de la Galilée pour alimenter le sud permet de préserver le lac pour les besoins locaux, écologiques et régionaux. Effet régional et diplomatique : l’amélioration de la gestion de l’eau en Israël peut avoir des retombées pour les voisins, notamment dans le cadre de traités/hydraulique transfrontalière.


Limites, défis et perspectives Le volume injecté reste pour l’instant limité (0,5 cm/mois) : pour un impact tangible durable sur le niveau du lac, il faudra éventuellement un déploiement plus large. Le suivi écologique sur longue durée est indispensable : la modification de la salinité, la température, ou la composition chimique de l’eau peut avoir des effets indirects sur la faune et la flore aquatiques.


Pour la Syrie, il y a une crise de l'eau, 40 % d'eau potable. Le conflit qui ravage la Syrie depuis plus de dix ans a massivement provoqué la destruction des réseaux d'eau dans tout le pays. Donc le projet et la technologie israélienne intéresse le nouveau gouvernement syrien. 


Résultat, les ressources en eau potable ont diminué de 40%, entravant l'accès de millions de personnes à ce bien vital direct sur la Syrie est plus limité car elle n’est pas partie intégrante de ce réseau israélien de dessalement vers la Galilée mais le serait si un accord est signé dans les semaines à venir. 


Toutefois, à plus long terme, ce type d’innovation peut servir de modèle pour d’autres bassins du Levant où la sécheresse et la rareté d’eau posent problème. Si le partenariat Israël‑Jordanie‑Judée Samarie coopéraient, cela pourrait créer un effet d’entraînement dans la région, incitant d’autres États (comme la Syrie) à considérer techniques de dessalement ou coopération transfrontalière. En revanche, à court terme les tensions politiques et l’absence d’accords hydriques larges limitent ce potentiel.


Le projet d’acheminement d’eau dessalée dans la Mer de Galilée constitue une avancée majeure en matière de gestion de l’eau dans un environnement aride et tendu : c’est une première mondiale, un symbole d’innovation et un pas vers la résilience hydrique d’Israël.


Sur le plan régional, il offre des opportunités pour la Jordanie et peut indirectement bénéficier à la Judée‑Samarie à travers une meilleure marge hydraulique dans la zone. Pour la Syrie, l’effet demeure plus lointain et dépend de la mise en réseau et de la coopération régionale.


Cependant, le succès dépendra de la montée en échelle du débit, du suivi écologique, de la stabilité climatique et de la volonté politique d’utiliser ce gain d’eau pour renforcer aussi les partenariats régionaux.


En définitive, ce projet illustre comment l’innovation technique peut ouvrir des horizons stratégiques — mais aussi montre que l’eau reste un enjeu géopolitique complexe au Moyen‑Orient, où la technologie doit s’accompagner de diplomatie et de coopération.



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