Voici un résumé et commentaire du récent sondage commandé par Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) intitulé « Le regard des Français sur l’antisémitisme» du 3 au 4 novembre 2025 auprès de1 000 personnes.
Voici les points majeurs que révèle l’enquête :
- 61 % des Français déclarent comprendre « les craintes que peuvent ressentir les Français juifs de vivre en France actuellement ».
- Ce taux tombe à seulement 26 % parmi les sympathisants de La France Insoumise.
- 68 % estiment que l’antisémitisme est un phénomène répandu en France aujourd’hui.
- 66 % pensent que ce phénomène est plus répandu maintenant qu’il y a «quelques années».
- Sur les réseaux sociaux, 80 % jugent que l’antisémitisme y est particulièrement répandu.
- 81 % estiment qu’une « lutte ferme » contre l’antisémitisme est nécessaire.
- En revanche, seulement 49 % pensent qu’une telle lutte ferme est actuellement mise en place par les pouvoirs publics.
Ces résultats offrent plusieurs angles de réflexion : Reconnaissance d’un problème Une large majorité reconnaît que l’antisémitisme est à la fois répandu et en augmentation — ce qui est un signal fort. Le fait que 66 % jugent qu’il est plus répandu qu’il y a quelques années montre une conscience accrue de la menace. Cela peut traduire une évolution dans l’opinion publique, mais aussi une amplification des faits, des médias, des réseaux.
Écart selon l’orientation politique Le contraste entre l’ensemble de la population (61 %) et les sympathisants LFI (26 %) dans la compréhension des craintes que ressentent les Juifs est frappant. Cela suggère que la dimension politique / partisane façonne fortement la perception de l’antisémitisme. Cela peut refléter un clivage sur la manière de définir ou reconnaître les actes ou propos comme antisémites.
Inquiétude face aux réseaux sociaux Le chiffre de 80 % sur la perception de l’antisémitisme sur les réseaux sociaux confirme que beaucoup voient ces plateformes comme un vecteur majeur de diffusion de haine. Cela implique que la lutte contre l’antisémitisme doit impérativement inclure le numérique.Distance entre nécessité et action publique
Que 81 % jugent qu’une lutte ferme est nécessaire mais seulement 49 % estiment qu’elle est mise en place montre un fossé entre attentes citoyennes et perception de l’action politique/institutionnelle. Cela peut générer frustration, désillusion, voire sentiment de mise à l’écart pour la communauté juive.
Effets possibles sur la communauté juive Cette enquête, par ses résultats, peut renforcer le sentiment d’isolement ou de vulnérabilité de la communauté juive en France. Si une majorité reconnaît le problème mais qu’un nombre significatif doute de l’engagement réel de l’État ou de la société, cela peut affecter le sentiment d’appartenance à la République. Risques pour la cohésion sociale
Ces données montrent que l’antisémitisme n’est pas uniquement un problème pour la communauté juive : il est perçu comme un danger pour la société dans son ensemble. Cela devrait pouvoir mobiliser plus largement. Cependant, le clivage politique et la perception d’une action insuffisante peuvent limiter cette mobilisation.
Le sondage du CRIF met en lumière une double réalité : d’un côté, une majorité des Français reconnaît l’antisémitisme comme un phénomène sérieux et en progression; de l’autre, une minorité pense que la réponse publique est à la hauteur.
Cela constitue un appel à renforcer, non seulement les mesures de lutte, mais aussi la visibilité de ces mesures et donner à la justice souvent passive un avertissement afin d'être moins laxiste envers ces dérives et afin que la société juge que l’engagement est réel.
Pour la communauté juive, ces résultats confirment un climat perçu comme tendu et nécessitent une vigilance renforcée, tout en signalant que l’opinion publique n’est pas fermée à la reconnaissance du problème.
Pour les pouvoirs publics et la société civile, le message est clair : agir et montrer qu’on agit.
Pour les jeunes juifs, du moins ceux qui se sentent profondément juifs, le moment de la décision de quitter la france se pose avec anxiété.
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