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mercredi 17 décembre 2025

Notre démocratie est sous contrôle ... du Qatar ! JBCH N° 2512- 725

Silences assourdissants : quand l’ingérence étrangère et l’antisémitisme progressent sans provoquer d’alarme démocratique

Les accusations récurrentes de harcèlement visant des médias ou plateformes comme France 2050 et Écran de veille, attribuées à des réseaux proches de La France insoumise (LFI) et à des sphères d’influence iraniennes, posent une question fondamentale : pourquoi une telle gravité supposée suscite-t-elle si peu de réaction institutionnelle et médiatique, alors même que l’antisémitisme connaît en France une progression rapide et documentée ?


L’histoire politique récente montre que l’attentisme systématique face à des signaux faibles, lorsqu’ils concernent des ingérences étrangères ou des campagnes idéologiques coordonnées, a souvent un coût démocratique élevé.




Depuis plusieurs années, une partie de l’extrême gauche française revendique une posture dite « antisioniste », qui glisse de plus en plus souvent vers un antisémitisme notoire :  hostilité obsessionnelle à l’égard d’Israël, et parfois vers une stigmatisation  directe  des Juifs.


Cette dérive n’est plus marginale : elle s’exprime dans l’hémicycle, dans la rue, sur les réseaux sociaux et dans certaines sphères militantes.








Lorsque des médias ou intellectuels perçus comme favorables à Israël, ou simplement critiques du Hamas ou de l’Iran, sont ciblés par des campagnes de pression, d’intimidation ou de disqualification morale, le silence devient un choix politique.



Les soupçons évoquant des députés ou relais politiques “achetés” par le Qatar ou l’Iran relèvent évidemment d’un terrain hautement sensible. Les mots sont forts, mais ils traduisent un malaise réel : le Qatar finance ouvertement des réseaux d’influence idéologiques en Europe, l’Iran mène une stratégie assumée de guerre informationnelle et d’exportation idéologique, et la France n’est pas hermétique à ces influences.


Or, ce qui choque, ce n’est pas seulement l’existence possible de ces réseaux, mais l’absence d’enquêtes publiques visibles, de commissions parlementaires sérieuses ou de débats médiatiques approfondis. Comme si certains soupçons devenaient inabordables dès lors qu’ils concernent des forces politiques se revendiquant « du camp du bien ».


La progression fulgurante des actes antisémites depuis le 7 octobre n’est plus contestable. Ce qui l’est davantage, c’est l’indulgence dont bénéficient certains discours, sous prétexte qu’ils s’inscrivent dans une rhétorique “anti-impérialiste” ou “décoloniale”.


On assiste à un phénomène dangereux : l’antisémitisme n’est plus assumé, il est re-qualifié, déplacé, maquillé en critique géopolitique radicale.




Dans ce contexte, dénoncer des liens idéologiques ou financiers entre des élus, des États hostiles à Israël et des campagnes de harcèlement devient presque tabou, comme si le simple fait de poser la question était déjà suspect.


Trois raisons principales expliquent ce silence : La peur politique : accuser ou enquêter sur des forces électoralement puissantes expose à des accusations de “répression”, “islamophobie” ou “alignement sur l’extrême droite”. 



Le confort idéologique : une partie des élites médiatiques partage, consciemment ou non, les mêmes grilles de lecture que LFI sur le conflit israélo-palestinien. La fragmentation morale : l’antisémitisme n’est plus perçu comme une urgence universelle, mais comme une cause “communautaire”, ce qui est une régression historique majeure.



L’enjeu dépasse largement Israël ou la communauté juive: Une démocratie qui tolère l’ingérence étrangère, ferme les yeux sur des campagnes d’intimidation idéologiques, et relativise l’antisémitisme sous couvert de militantisme, fragilise ses propres fondations.


La question n’est donc pas seulement : ces accusations sont-elles vraies ? Mais aussi : pourquoi refuse-t-on d’y répondre avec sérieux, transparence et courage ?

 Le silence, ici, n’est pas neutre. Il est déjà une forme de renoncement.



mardi 16 décembre 2025

Le Yemen du Sud allié d'Israël. JBCH N° 2512 - 724

Le Conseil de transition du Sud (STC), acteur majeur de la guerre civile yéménite, revendique le contrôle de la majeure partie du territoire du sud du Yémen. Ses 26 membres comprennent les gouverneurs de cinq gouvernorats du sud et deux ministres

La percée militaire fulgurante du Conseil de transition du Sud (STC), adossé aux Émirats arabes unis, ouvre la voie à l’émergence d’un « nouveau Sud-Yémen » de facto autonome, voire indépendant, contrôlant Aden, l’essentiel du littoral sud, la frontière avec Oman et une partie des champs pétrolifères d’Hadramout. 


Pour Israël, cette recomposition n’est pas seulement un épisode de plus de la guerre yéménite : c’est la possible apparition, aux portes du Bab el-Mandeb et à proximité des zones contrôlées par les Houthis pro‑iraniens, d’un partenaire indirect, via Abou Dhabi – offrant un ancrage stratégique inédit, notamment autour de l’archipel de Socotra.



les forces du STC ont lancé une offensive coordonnée depuis l’Hadramout, balayant en quelques jours la plupart des positions du gouvernement reconnu internationalement dans le sud. Les villes de Seiyun et Tarim, l’aéroport d’Aden et les principaux leviers institutionnels du Sud sont tombés quasi sans combats, nombre de tribus affiliées au gouvernement ayant opté pour un « passage de relais » plutôt qu’une résistance frontale.




Le résultat est spectaculaire : en moins d’une semaine, le STC revendique le contrôle des huit gouvernorats de l’ancien Sud-Yémen, de tout le littoral méridional, des zones frontalières avec Oman et des champs pétrolifères clés de l’Hadramout, laissant à Sanaa un pouvoir surtout cantonné au nord. 




Ce basculement constitue un camouflet pour Riyad, qui voit son protégé gouvernemental marginalisé et son influence entamée, alors qu’Abou Dhabi consolide un « glacis sudiste » contre les Houthis et, au‑delà, contre l’axe pro‑iranien.


Depuis plusieurs années, les Émirats déploient une politique maritime offensive visant à sécuriser les routes énergétiques de la mer Rouge et du golfe d’Aden, en maillant la région d’une ceinture de bases. Des infrastructures militaires ont été construites ou étendues sur l’île de Mayun (Perim), au cœur du détroit de Bab el‑Mandeb, à Assab en Érythrée, à Berbera et Bosaso au Somaliland/Puntland, ainsi que sur plusieurs îles de l’archipel de Socotra désormais administré de facto par le STC.



L’objectif est double : sécuriser les flux commerciaux, dont une part substantielle du pétrole mondial, et se poser en acteur pivot de la sécurité régionale, à la fois vis‑à‑vis des États occidentaux, d’Israël et face à l’Iran et à ses alliés, notamment les Houthis qui ont multiplié attaques de missiles et de drones contre la navigation et les infrastructures. Dans ce schéma, un Sud‑Yémen aligné sur Abou Dhabi n’est pas une fin en soi mais un maillon dans une architecture de contrôle des détroits, des ports et des îles‑clefs





C’est dans ce paysage qu’émerge Socotra, île yéménite située à l’entrée orientale du golfe d’Aden, au croisement des routes menant vers la mer Rouge, l’océan Indien et, au‑delà, l’Asie. Les Émirats y ont déployé des troupes dès 2018, aménageant pistes, infrastructures portuaires et installations duales civiles‑militaires, sous la couverture d’aides humanitaires et de projets de développement.


Depuis 2020, la coopération  émirato‑israélienne sur l’île, voire de la mise en place d’un poste d’écoute et d'intervention commun a été mis en place, il est destiné à surveiller les mouvements iraniens, les communications des Houthis, mais aussi certaines activités turques, chinoises et pakistanaises dans la zone. 



Israël a construit des implantations de radars et de capteurs à l’est et à l’ouest de l’île, tandis que des rapports plus récents évoquent l’accélération de la construction d’une base militaire conjointe dans l’archipel, et une base commune qui a été largement utilisée lors de l'attaque d'Israël ci-ontre les iraniens en Juin dernier.



Pour Israël, Socotra et, plus largement, le dispositif émirati‑STC autour du golfe d’Aden offrent une profondeur stratégique méridionale. L’archipel permet de suivre les convois maritimes en provenance ou à destination de ports contrôlés par les Houthis, de mieux anticiper les tirs de missiles et de drones vers la mer Rouge, et de surveiller les routes que pourrait emprunter un ravitaillement iranien discret vers ses alliés yéménites.



L’installation de radars compatibles avec les systèmes israéliens, voire de composants liés à l’architecture de défense antimissile type Dôme de fer ou à des capacités anti‑drones, renforcerait le maillage de détection au sud de la péninsule. 


Dans une perspective de conflit élargi impliquant l’« axe de la Résistance », ce « balcon maritime » sur l’océan Indien permettrait aussi de surveiller plus en aval les mouvements navals iraniens et d’anticiper d’éventuelles tentatives de contournement par le sud des dispositifs de pression en mer Rouge et dans le golfe. 


En face, en Erythrée, Israël a installé des radars puissants couplés aux satellites Ofek. C'est probablement la fin du régime des Houtis ... prochaine cible de ces conquérants, alliés aux EAU et à Israël.




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La perversité de Poutine. JBCH N° 2512 - 723

La perversité du pouvoir de Vladimir Poutine ne réside pas seulement dans l’usage de la force brute, mais dans une stratégie systématique de déformation de la réalité, de négation morale et de subversion des règles internationales, menée avec constance depuis plus de vingt ans. 


L’Ukraine n’est pas une anomalie : elle est l’aboutissement logique d’un système fondé sur le mensonge, la peur et la domination.





L’un des traits centraux de la perversité du dictateur est l’usage de la négociation non comme un outil de paix, mais comme une arme de guerre psychologique. En prolongeant artificiellement des pourparlers sans intention réelle de compromis, le Kremlin gagne du temps, divise les alliés occidentaux, épuise l’opinion publique et prépare de nouvelles offensives. Cette tactique, déjà observée en Géorgie, en Syrie et lors des accords de Minsk, repose sur un cynisme total : la parole donnée n’a aucune valeur, elle n’est qu’un moyen tactique.




Dans cette logique, la diplomatie devient une extension du champ de bataille. Poutine instrumentalise les concepts mêmes de dialogue, de cessez-le-feu ou de médiation pour neutraliser moralement ses adversaires, tout en poursuivant ses objectifs militaires.



Comme l’a souligné la directrice du MI6, la Russie poutinienne recourt à une panoplie de méthodes hybrides : sabotages, cyberattaques, intimidations, drones près des infrastructures civiles, assassinats ciblés ou tentatives d’assassinat à l’étranger. Ces actions ne visent pas seulement des objectifs stratégiques, mais cherchent à instaurer un climat d’insécurité permanent.


Il s’agit d’une perversité typique des régimes autoritaires modernes : ne pas déclarer la guerre ouvertement, mais faire sentir partout la menace, brouiller la frontière entre paix et conflit, rendre toute opposition anxiogène. Ce terrorisme d’État à basse intensité permet au Kremlin de nier sa responsabilité tout en récoltant les effets psychologiques.


La guerre contre l’Ukraine repose sur une négation radicale de l’altérité. Pour Poutine, l’Ukraine n’est pas une nation, les Ukrainiens ne sont pas un peuple souverain, et leur désir d’autonomie est présenté comme une manipulation occidentale. Cette déshumanisation idéologique est une condition préalable à la violence de masse.




C’est là une perversité profonde : effacer symboliquement l’existence de l’autre pour légitimer sa destruction, tout en se présentant comme victime. Le discours poutinien inverse constamment les rôles : l’agresseur se dit encerclé, l’envahisseur se prétend défensif, le bourreau se pose en protecteur.



À l’intérieur de la Russie, la perversité du régime se manifeste par une corruption généralisée des institutions, une répression implacable des opposants, l’empoisonnement ou l’élimination de figures critiques, et une propagande omniprésente. La vérité devient un ennemi à abattre. Le mensonge n’est plus un accident, mais une norme de gouvernement.


Cette corruption morale s’exporte à l’étranger : financement de partis extrémistes, manipulation de réseaux sociaux, désinformation massive. Le but n’est pas de convaincre, mais de désorienter, de rendre toute vérité relative, toute valeur suspecte.



Enfin, la perversité de Poutine tient à son projet profondément révisionniste. Sous couvert de nostalgie historique et de grandeur nationale, il cherche à restaurer une sphère d’influence impériale, au mépris du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce projet est incompatible avec l’ordre international issu de 1945.


En ce sens, Poutine n’est pas seulement un autocrate russe : il est un facteur de déstabilisation globale, prêt à sacrifier des millions de vies, y compris russes, pour satisfaire une vision paranoïaque du monde.



La perversité de Vladimir Poutine ne se mesure pas uniquement à ses crimes de guerre ou à ses violations du droit international, mais à la cohérence glaçante de son système : mentir pour gouverner, terroriser pour négocier, nier pour détruire. 


Face à un tel pouvoir, la naïveté est une faute. La complaisance est une complicité. Et la lucidité, une nécessité morale.








Atarot nouveau quartier de Jérusalem. JBCH. N° 2512 - 722


Atarot, ce nouveau quartier sur le site de l’ancien aéroport de Jérusalem, constitue l’un des développements urbains les plus importants entrepris par le gouvernement israélien ces dernières années. 


Il s’inscrit dans une logique à la fois d’expansion résidentielle et de consolidation stratégique de la capitale, en direction de ses périphéries nord et nord-est. 


Depuis l’arrivée du gouvernement actuel, près de 50 000 unités de logement ont été approuvées dans la région de Judée-Samarie, et Atarot est l’un des projets emblématiques de cette politique.




Le choix du site n’est pas anodin. L’ancien aéroport, désaffecté depuis plusieurs décennies, offre une surface conséquente, adaptée à la construction d’un quartier complet, combinant logements, infrastructures publiques et espaces verts. Pour l’État israélien, il s’agit d’une opportunité unique de renforcer la présence résidentielle dans des zones périphériques de Jérusalem, tout en consolidant le maillage urbain de la capitale. L’emplacement stratégique permet également un contrôle facilité des axes routiers et une meilleure intégration des zones adjacentes, contribuant à une vision de développement cohérente.






Le projet d’Atarot provoque une réaction vive de la part des communautés arabes locales, qui considèrent cette construction comme un exemple de pression démographique et territoriale. Pour ces groupes, chaque nouvelle unité de logement représente une perte potentielle d’influence et de contrôle sur le territoire environnant. 


Cependant, pour Israël, le projet envoie un message clair : l’expansion urbaine n’est pas simplement un moyen de répondre à la demande résidentielle, mais aussi un instrument politique et stratégique visant à affirmer la continuité de la souveraineté et l’intégrité territoriale autour de Jérusalem.





Le calendrier du projet est également révélateur. Le feu vert final, prévu pour mercredi prochain, indique la volonté du gouvernement de concrétiser rapidement ses plans, malgré les critiques locales et internationales. Cette détermination illustre la capacité de l’État à prévaloir sur les contestations régionales, tout en poursuivant une politique de renforcement urbain et démographique. Chaque nouvel appartement, chaque nouvelle rue tracée sur ce site participe à une stratégie de consolidation à long terme, qui dépasse la simple construction immobilière.


Au-delà de l’aspect purement résidentiel, le projet d’Atarot possède une dimension symbolique forte. La transformation d’un ancien aéroport en quartier habité représente un acte de maîtrise territoriale et un investissement dans l’avenir de la ville. Le gouvernement israélien y voit une manière de garantir la stabilité et la sécurité des quartiers nord de Jérusalem, tout en affirmant son droit à développer la capitale selon ses propres critères. Chaque étape du chantier est ainsi perçue comme un renforcement tangible de la présence et de la souveraineté israéliennes.





Le projet suscite également un débat sur le rôle de l’urbanisme comme outil de politique. En construisant un quartier entier à Atarot, l’État démontre que la planification urbaine peut servir de levier stratégique, capable de façonner non seulement l’espace physique, mais aussi le paysage politique et social. L’effet combiné de la densification résidentielle et de la structuration des infrastructures traduit une vision à long terme, où chaque décision de construction participe à la consolidation de la capitale.

En somme, le projet d’Atarot est bien plus qu’un simple développement immobilier. Il constitue un instrument de stratégie territoriale et de politique urbaine, visant à renforcer la présence résidentielle israélienne autour de Jérusalem et à affirmer un contrôle politique et symbolique sur la région. 


Si les communautés arabes locales le perçoivent comme une catastrophe et une menace pour leurs aspirations, pour Israël, il s’agit d’une avancée majeure, traduisant une volonté claire de bâtir, renforcer et consolider la capitale. 


Le site de l’ancien aéroport devient ainsi le théâtre d’une transformation qui dépasse le domaine du logement, pour s’inscrire dans une logique globale de planification stratégique et de renforcement de l’autorité de l’État.


Israël bouge ... En 1980, j ai fait escale à Atarot, je venais d' Eilat, et de la j'ai atteint Sde Dov à Tel Aviv. Ces trois aéroports ont été détruits pour faire place à de gigantesques quartiers.




Trump va t il se fâcher contre Nathayaou ? JBCH N° 2512 - 721

La campagne électorale en Israël a commencé ... Loin de nous en gola de nous immiscer dans les affaires internes de la politique israélienne. Tous les moyens sont bons sur place pour avoir un maximum de députés à la Knesset, et dans ce pays c'est la proportionnelle totale, ce qui empêche toute majorité, si ce n'est que des alliances souvent contradictoires.


De loin , le journal Haaretz critique et condamne sans arrêt tout ce que font les dirigeants et la Chaine 12 attaque Nathanyaou à chaque éditorial jusqu'à se faire l'avocat du diable, en trahissant les secrets diffusé par des agents anti israéliens à Washington...



La récente opération israélienne ayant conduit à l’élimination du commandant militaire de Hamas, Raad Saad, a déclenché une vague de frustration au sein de l’administration américaine de l’époque Trump. Selon des responsables cités par Axios, relayés par la Chaîne 12, cette opération serait perçue par certains membres de l’équipe présidentielle comme une violation du cessez-le-feu en vigueur à Gaza, ce qui aurait mis en péril la réputation des États-Unis en tant que médiateur. 



La réaction de hauts fonctionnaires tels que Jared Kushner, conseiller spécial sur le Moyen-Orient, et Steve Witkoff, envoyé senior, traduit un sentiment de déception face à ce qu’ils considèrent comme une inflexibilité israélienne sur des dossiers sensibles.



Le cœur du mécontentement américain repose sur le respect des accords négociés par l’administration Trump, notamment le cessez-le-feu instauré à Gaza. La frappe israélienne a été interprétée comme une atteinte à cet accord, car elle a visé un leader militaire clé du Hamas après la signature du cessez-le-feu. Pour les envoyés américains, chaque action unilatérale par Israël risque de compromettre la crédibilité des États-Unis en tant que garants de la paix et de la sécurité dans la région.


Steve Witkoff et Jared Kushner, directement impliqués dans la médiation entre Israël et les groupes armés à Gaza, perçoivent l’opération comme un affront au travail diplomatique accompli, susceptible de provoquer des tensions avec les pays arabes partenaires ou complices des négociations. Leur colère traduit une inquiétude sur le fait que l’opération israélienne puisse être interprétée comme une violation du cessez-le-feu, même si Tel-Aviv estime que l’action était défensive et légitime.




L’un des aspects centraux de la déception américaine est la dimension politique et symbolique de l’opération. Le message rapporté à Netanyahu par les responsables américains indiquait clairement : « Si vous voulez ruiner votre réputation, faites-le, mais ne touchez pas à celle du président Trump ». Cette déclaration souligne l’inquiétude de Washington face à la perception internationale de la médiation américaine. Dans ce contexte, chaque action militaire israélienne, même justifiée, devient un facteur de risque pour l’image diplomatique de Trump, qui pourrait être accusé de négligence ou d’échec dans la mise en œuvre d’accords de paix.



De plus, certains pays arabes partenaires des États-Unis ont déjà exprimé leur mécontentement. L’inquiétude de l’administration américaine découle donc non seulement de l’opération israélienne elle-même, mais aussi des répercussions diplomatiques et régionales, qui pourraient compliquer la relation des États-Unis avec d’autres acteurs du Moyen-Orient.

Israël, de son côté, se défend en insistant sur le caractère défensif de l’opération. Les autorités militaires israéliennes expliquent que la frappe était motivée par la nécessité de protéger les soldats après une embuscade et de prévenir des tentatives de contrebande d’armes par le Hamas. Dans ce cadre, Tel-Aviv considère que son action est légitime, indépendamment des sensibilités diplomatiques américaines. Cette rigidité, bien que stratégique pour Israël, est interprétée par les envoyés de Trump comme une manière de ne pas tenir compte des compromis diplomatiques.




Le risque que Trump intervienne directement pour sanctionner Israël semble limité, mais pas impossible. À la différence de sanctions formelles, l’administration pourrait utiliser des moyens diplomatiques et politiques pour exprimer son mécontentement : ralentir l’approbation de nouvelles aides militaires ou financements, exercer des pressions sur la politique de Jérusalem et de Gaza, encourager d’autres partenaires régionaux à adopter des positions critiques.





Toutefois, la relation stratégique entre Israël et les États-Unis est historiquement solide, et Trump a montré dans le passé une forte proximité avec le leadership israélien. Il est donc plus probable que l’administration exprimera son mécontentement par la diplomatie et des avertissements, plutôt que par des sanctions directes.


La déception des envoyés de Trump s’explique par la perception d’une violation du cessez-le-feu, la crainte pour la réputation diplomatique des États-Unis, et la divergence sur l’approche de la sécurité et de la politique régionale. 


Israël, fidèle à sa logique de défense et de consolidation stratégique, maintient ses actions, ce qui crée une tension temporaire avec Washington. 


Si le risque de sanction directe reste faible, la situation illustre les défis constants d’une relation bilatérale où la coordination militaire et diplomatique doit être minutieusement calibrée, surtout dans des zones de conflit aussi sensibles que Gaza.